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vendredi, 03 novembre 2006

Pride & Prejudice, de Laurence Olivier

Hier soir, nous avons vu Pride & Prejudice, dans la version tournée par Robert Z. Leonard en 1940 aux Etats-Unis, avec Greer Garson et Laurence Olivier dans les rôles principaux. Je connais déjà bien la version la plus récente, de Joe Wright (2005), car elle se trouve être, cette année, au programme des concours d'enseignement.

Aucune des deux n'est véritablement à la hauteur (ni même n'arrive à la cheville, s'il m'est permis de risquer cette personnification hardie) du roman, mais c'est une autre histoire. Au moins, le film américain de 1940 a le mérite de souligner (au risque même de l'exagération) les aspects comiques et satiriques du roman, ce que la plupart des "lectures" récentes tendent à gommer ou effacer, au profit de contresens romanticisants et fleur bleue qui sont à l'extrême opposé de l'esthétique de Jane Austen.

Ce qui est très divertissant, dans le film de Robert Z. Leonard, ce sont justement les contresens délibérés, les libertés prises avec l'intrigue et les personnages, libertés qui, au moins, suggèrent au spectateur de ne pas attendre une quelconque (hypothétique ! irréalisable ?) fidélité au texte. Le plus hallucinant est le dérapage hollywoodien qui transforme la tante de Darcy, Lady Catherine de Bourgh, en entremetteuse qui regarde d'un oeil bienveillant la passion de son neveu pour Elizabeth ! Toutefois, tout cela est assumé avec tant de franchise et de bonne grâce que l'on parvient à trouver cette relecture tout à fait stimulante.

Apparemment, beaucoup d'encre a coulé au sujet des costumes qui, récupérés après le tournage de Gone with the Wind, sont tout à fait anachroniques. C'est juste, mais là encore, il s'agit d'une transposition délibérée de la part du cinéaste et de son scénariste, qui n'est autre qu'Aldous Huxley. En effet, dès le début, Mrs Bennet annonce : "Best news we've had since Waterloo!". D'emblée, cette réplique place l'histoire dans un contexte historique qui n'est pas du tout celui du roman, à savoir la toute fin du dix-huitième du siècle. On pourrait multiplier les exemples : les Bingley jouent au piquet, et non plus au lanturlu. De même, lors du bal, la valse est considérée par Miss Bingley comme une danse totalement démodée, et la mazurka fait son apparition.

L'interprétation est, à certains égards, datée ou stéréotypée, mais elle rend compte, de manière générale, des relations entre personnages. Il est toujours possible de hausser les sourcils en remarquant que l'actrice choisie pour jouer Lizzie a dix ans de plus que la soeur aînée (vérification faite, Greer Garson avait bel et bien sept ans de plus que Maureen O' Sullivan) et quinze de plus que n'en requiert le rôle, mais, en fin de compte, cela n'a pas une très grande importance. Après tout, dans le film de Joe Wright, Keira Knightley a le bon âge, mais elle ne joue pas bien, alors...

 

P.S. : Accessoirement, ceci est la 1309ème note publiée dans ce carnétoile... Pour en finir avec les chiffres ronds...

14:55 Publié dans Tographe | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : Cinéma, Film, Littérature

Commentaires

Hoctus est Mort, Vive Hoctus !

Écrit par : Tzara2stra | vendredi, 03 novembre 2006

Il existe en DVD une autre version filmée de "Pride and Prejudice", issue d'un feuilleton de la BBC et réalisée par Simon Hangton. La connaissez-vous ? On m'en a dit grand bien, mais votre avis de spécialiste m'intéresserait fort.

Écrit par : Etienne | samedi, 04 novembre 2006

Je corrige : Simon Langton

Écrit par : Etienne | samedi, 04 novembre 2006

Eh bien, sans être aucunement spécialiste, je possède cette version, que je n'ai pas encore trouvé le temps de regarder. On la dit plus fidèle que les autres, mais il faut dire qu'avec un film de six heures, le réalisateur ne travaille pas de la même façon que les autres auteurs d'adaptations du roman.

Écrit par : Guillaume Cingal | samedi, 04 novembre 2006

Guillaume, excusez-moi de revenir à la charge, mais quand vous aurez vu cette version, pourrez-vous nous dire ce que vous en avez pensé ?

Écrit par : Etienne | mardi, 14 novembre 2006

Pas lu, pas pris :-)

(Sérieusement, c'est en standby, comme on dit dans les agences de téléphonie.)

Écrit par : Guillaume | mardi, 14 novembre 2006

La version de Simon Langton est magnifique ...Non seulement, les acteurs jouent très bien, mais on retrouve le texte de Jane Austen presque mot pour mot ... La personnalité des personnages y est beaucoup plus développée ,étant donné la durée de 6 heures, et du coup l'humour de Jane Austen y est brillamment restitué.

Écrit par : isabelle | jeudi, 07 décembre 2006

La version 2005 est plutôt fidèle sauf, à mon sens, cette petite allumeuse d’Elizabeth. Je l’imaginais (et l’imagine toujours) moins idiote (constantly giggling with her sisters) dans le roman qu’elle ne l’est dans le film. Je suis déçue par ce personnage. Mais évidemment, il faut que « ça rapporte », bien obligé de mettre une beautiful girl dans le film, c’est la règle… Qui a vu la dernière scène du film qui est proposée aux Etats-Unis ? C’est un document annexe dans le DVD. Ca vaut le coup !

Écrit par : Aurélie | vendredi, 08 décembre 2006

Oui, elle vaut son pesant de cacahouètes.

Écrit par : Guillaume | vendredi, 08 décembre 2006

Les commentaires sont fermés.