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mardi, 01 septembre 2026

Avec des si

Hier j’ai passé une bonne partie de la journée sur la route, de Tours à l’aéroport de Mérignac – où j’allais chercher O* et E*, de retour de Marrakech – puis de Mérignac à Tours ; ça a bien roulé, même si je me suis fait la réflexion qu’il y avait un nombre vraiment pharamineux de caravanes et de camping-cars (la location au mois en camping doit encore être une réalité), et à l’exception des 40 minutes passées à faire les deux derniers kilomètres d’autoroute, en raison d’un assez vilain accrochage entre un poids lourd et une voiture. Dans des cas comme celui-ci on se dit que si on était arrivé dix minutes plus tard on aurait vu des messages sur les panneaux lumineux et on serait sorti à Chambray, ou que si on était passé dix minutes plus tôt on serait passé avant l’accrochage. À dire vrai, avec des si, on aurait pu aussi être pris dans l’accident, dons réjouissons-nous du verre d’eau à moitié plein.

Le trajet en voiture m’a permis d’entendre un peu en détail le récit de différents épisodes du séjour marocain, ce qui ne se serait pas produit de la même façon si on s’était simplement vus quelques jours plus tard autour d’un repas.

Aujourd’hui je dois finaliser un cours dont je ne me dépêtre pas, et qui commence demain ; je vais aussi acheter un nouvel ordinateur de bureau, car celui-ci est vraiment trop capricieux ; là, il fonctionne sans trop de difficulté, mais il y a des moments où la moindre opération – changer d’onglet, ouvrir un PDF… – prend deux minutes, et c’est à rendre fou. Malheureusement il n’y a jamais de bon moment, et là ce n’est pas le jour idéal.

 

07:15 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 31 août 2026

L'Inconnue

Hier soir nous avons vu, au cinéma, L’Inconnue, film d’Arthur Harari écrit et réalisé en étroite collaboration avec ses frères Lucas (auteur de la BD à l'origine du film) et Tom (directeur de la photographie). Histoire de dédoublement et d’échange de personnalités dans la plus pure tradition du surnaturel (on songe beaucoup à Jean-Paul et Chamisso, outre Maupassant), l’histoire, remarquablement interprétée par Léa Seydoux (qui m’a bluffé pour la première fois) et Niels Schneider, peut dérouler une multiplicité de lectures allégoriques, d’ailleurs complémentaires :

* sur la judéité et le trauma transgénérationnel de la diaspora qui a fui l’Allemagne (avec clin d’œil complexe à Robert Zimmerman alias Bob Dylan – il faudrait aussi creuser la piste du voyage avorté à Mannheim, le « foyer de l’homme » littéralement)

* sur la spectralité photographique et l’incarnation de personnages au cinéma (avec clin d’œil appuyé – mais qu’aucun critique ne note – aux Trois Lumières de Fritz Lang)

* sur la dysphorie de genre

* sur la dualité des artistes

* sur la mort et le passage dans l’au-delà (via l’orgasme – là encore, le palimpseste de Fritz Lang se pose là)

 

Seydoux négatif.PNG

Le film est très beau, émouvant par sa sobriété même (plusieurs critiques parlent de « froideur », ce qui me semble erroné).

 

09:19 Publié dans 2026, Tographe | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 30 août 2026

De la lecture comme aspirateur à merde

Sur la quatrième de couverture d’un roman que lisait ma mère, il y avait la phrase de recommandation (ou blurb – aucune idée comment on dit “blurb” dans le langage éditorial français) suivante : « Presses all the buttons to make you hoover her stuff up ».

Si j’essaie de traduire ça donnerait quelque chose comme : « ce roman appuie sur les bons boutons pour que vous gobiez tout ce qu’il vous crache ». Manque la métaphore explicite qui me scandalise, car comme je l’ai écrit sur Facebook, on ne saurait imaginer meilleure définition de ce que n’est pas, de ce que ne peut absolument pas être, selon moi, l’écriture : dans cette brève phrase, les lecteurices sont métaphorisé·es en aspirateurs, de sorte que, par inférence, le texte, le livre, est de la poussière, des détritus que la lecture doit faire disparaître.

Une traduction plus audacieuse irait plus loin dans la métaphore du détritus : « Elle fait tout ce qu’il faut pour que vous aspiriez goulûment toute sa merde. »

En un sens, il y a l’aveu explicite que la lecture est vue comme une pure consommation sans lendemain, que les textes ainsi promus sont des merdes, au point que je me demande si le ou la journaliste du Daily Telegraph qui a pondu cette formule n’a pas fait exprès d’insulter la romancière.

 

samedi, 29 août 2026

Galihougnes en terre tourangelle

Ce serait le 103e anniversaire de mon grand-père paternel, mort il y a huit ans. Depuis le début de l’après-midi, il tombe une petite pluie fine ; il pleut un peu tous les jours, mais pas assez longtemps, ou trop brusquement. Personne ne semble comprendre qu’il faudrait quatre ou cinq heures de pluie soutenue mais pas drue pendant plusieurs heures chaque nuit jusqu’à la fin septembre pour que la terre refasse les réserves dont l’agriculture intensive et les bassines criminelles l’ont privée.

Grandes-Brosses,  28 août 2026    Parmi les innombrables incendies de l’été, un qui a pu passer inaperçu en-dehors du petit landerneau de Touraine, c’est le feu qui a détruit l’ancien hôpital des Grandes Brosses, sur la commune de Mettray, mais à deux pas de chez nous. Nous étions dans les Landes (ou en Suisse ?) quand ça s’est produit. Hier nous sommes allés promener au parc de la Cousinerie, voir ce qu’il en était ; la démolition de cette bâtisse du dix-huitième siècle, abandonnée depuis plusieurs années et livrée aux squatteurs autant qu’aux praticiens d’Urbex, est bien entamée.

Quelques ornières étaient pleines d’eau, du fait des averses du matin : de véritables galihougnes en terre tourangelle.

La « maison du 200 » (27.08.2026)    Ces derniers jours nous avons pu remarquer, au cours de plusieurs promenades, qu’il nous était impossible de nous rappeler exactement quand avait eu lieu telle ou telle construction, ou tel réaménagement, ni même ce qu’il y avait à tel endroit il y a vingt ans. Cela fait vingt-trois ans que nous vivons dans ce quartier, plus ou moins (cinq ans et demi sur les hauts de Sainte-Radegonde, dix-huit dans le quartier des Sçavans), et la forme d’une ville blabla. Avant-hier j’ai pris deux photos de la « maison du 200 » qui n’a jamais l’air tout à fait abandonnée mais dont la submersion sous la vigne vierge a désormais des allures de château de Ronce-Rose ; il y a quelques mois on pouvait encore avoir quelques doutes car les volets et même le portail sont ouverts (sont, car ils le sont toujours).

vendredi, 28 août 2026

Téméraire défonce

Ce matin, je me suis réveillé en me souvenant, pour la deuxième fois cette semaine – or, cela arrive quatre ou cinq fois dans l’année à tout casser –, du rêve que je venais de faire, et qui était assez élaboré.

Le sujet principal du rêve, avec pas mal d’épisodes et de scènes qui m’échappent à présent, était une pièce de théâtre que je montais avec des amis. Lors de la deuxième représentation, dans un théâtre assez grand et cossu, j’apercevais mon père assis vers les rangées du milieu et ma sœur, au deuxième rang, et j’allais dans la salle pour les prévenir que s’ils pensaient que ça commençait à 20 h 30, en fait l’horaire officiel était bien 20 h 45, et donc qu’ils allaient poireauter. Une fois dans la salle, plus de père ni de sœur ; c’était plutôt une cour d’école avec des bancs, comme pour une kermesse, et j’étais alpagué par des camarades de mon fils cadet, qui voulaient me dire le prénom de leurs parents respectifs. Une petite fille de six ou sept ans me racontait alors comment sa mère s’était trouvée à s’appeler « Téméraire-Défonce » (ou Témérairedéfonce, je pense que j’ajoute le trait d’union). Dans la scène suivante, je vérifie sur le site de l’INSEE et je vois qu’en effet le prénom Téméraire a été donné une fois à une personne en France.

(Sur quoi, comme on dit, je me réveillai.)

 

07:18 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 27 août 2026

Nada mas

Hier, on a appris la mort de l’écrivain hongrois Peter Nadas, et ce matin celle de l’artiste japonaise Yayoi Kusama (survenue il y a treize jours).

Le premier, je tourne autour de son œuvre depuis pas mal de temps ; il va peut-être falloir s’y employer. Yayoi Kusama, nous l’avons découverte en 2011, à Madrid, au Museo Reina Sofia, et admiré de nouveau la belle rétrospective au Guggenheim de Bilbao en 2023 ; nous avons deux catalogues, mais je ne me suis jamais lancé dans son autobiographie.

 

N’ayant jamais rien lu de Nadas, dont les livres massifs demandent d’avoir un peu de temps devant soi, je me suis amusé à aller consulter le début de son roman de 1986, Emlékiratok könyve, dans la traduction française de Georges Kassai (Le livre des mémoires, 1998) et dans la traduction anglaise d’Ivan Sanders et Imre Goldstein (A Book of Memories, 1997) -- cliquer sur les images pour agrandir. C’est un exercice amusant et instructif même, quoiqu’il soit difficile de le formaliser dans le contexte universitaire, pour pas mal de raisons.

NadasVE.png

NadasVF.png

Ici, on constate déjà un choix différent pour le titre du chapitre : « marginalité » est nettement moins péjoratif que « anomalous nature ». Autre choix contrasté, sans que je puisse bien sûr avoir la moindre idée de ce que dit le texte hongrois : en anglais, ce sont les oiseaux qui gobent les baies, tandis qu’en français les fruits sont « la proie des oiseaux ».  Même modulation plus loin, avec une tournure passive en anglais (be forgotten) et une tournure impersonnelle sans passif en français (« Non qu’il soit possible d’oublier quoi que ce soit ») ; cette divergence est plus classique.

En français, double répétition (j’ai voulu / que je l’aie voulu ; ainsi en alla-t-il / ainsi en est-il allé), et rien de tel en anglais.

Du point de vue lexical, enchifrené est nettement plus soutenu que l’anglais (rheumy state). [Anecdote personnelle : pendant longtemps j’ai chanté Tonton Nestor de Brassens en disant enchiffonné car je ne connaissais tout simplement pas l’adjectif enchifrené et n’avais donc pu l’entendre.]

Le début du huitième paragraphe, dont on n’aperçoit que le début dans mes captures d’écran un peu bâclées, a une tonalité très beckettienne. What is mine >< ce qui m’appartient en propre : peut-être que le texte hongrois insiste particulièrement sur cet élément, mais pourquoi pas « ce qui est à moi » ?

 

mercredi, 26 août 2026

Zézaiements et mise en route

Je n’étais pas levé – et donc sorti de la tente moustiquaire qui entoure le lit – depuis une minute que j’étais entouré de zézaiements : deux moustiques autour de moi, et sur moi, tandis que je préparais le café ! C’était il y a une heure. Nous n’avions jamais été envahis de moustiques comme cette année ; nous qui aimons beaucoup passer nos matinées et nos soirées sur la terrasse avons dû généralement nous replier sur le salon. C’est pénible.

Aujourd’hui je me remets pour de bon au travail. (Déjà hier, les trois heures de travail via Teams avec Patricia sur le poème d’Ama Ata Aidoo que nous voulons proposer à la revue Po&SIE, c’était chouette mais c’était du travail.)

 

08:01 Publié dans 2026, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 25 août 2026

Reprise lente

C’est la honte, encore une semaine sans écrire. Mais en reprenant le train-train ici, ça va reprendre aussi.

Les quatre jours à Guernesey avec mes parents étaient très chouette : très peu de pluie, pas mal de soleil, de belles excursions, de belles promenades, et même une baignade dans le paysage rocheux sublime du Moulin Huet…

 

Tout à l’heure je vais échanger avec Patricia autour d’un long poème d’Ama Ata Aidoo que nous traduisons ensemble, on ne change pas une équipe qui gagne (un trio en n’oubliant pas l’autrice).

 

13:57 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 24 août 2026

Bords de Loire

Le spectacle, sans précédent, de la Loire quasiment asséchée est tout à fait désolant. Entre Sainte-Radegonde et le pont de Fil, la promenade habituelle avait des allures d’apocalypse. Un homme, accompagné de deux petits-enfants, promenait en laisse un chat de toute beauté (avec des taches rectangulaires comme une panthère).

Mes parents sont rentrés chez eux. Pas trop de dégâts, malgré l’énorme tempête de grêle qui a dévasté la commune et privé beaucoup de personnes – mais pas eux – d’électricité.

O* et E* se sont envolés pour Marrakech.

 

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dimanche, 23 août 2026

Retour au bercail (II)

Retour cette nuit dans nos pénates. En pleine forme pour conduire.

 

Finalement, plus de vingt ans après, je m’emploie ici à ce que je refusais de faire : un journal.

Dans huit jours je ferai ma vingt-cinquième rentrée à l’université de Tours, qui s’appelait alors (en 2002) François-Rabelais ; j’ai rarement eu aussi peu d’envie de m’y remettre.

 

08:00 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (1)

mardi, 18 août 2026

18082026

Avant de reprendre le large, je note ici que, depuis notre retour rue Mariotte dimanche, je n’ai pas ouvert mon ordinateur portable. Je n’ai donc pas écrit une seule ligne, encore, sur les 400 ou 500 pages qu’il me restait à commenter de notre/ma (re)lecture des Misérables. Le temps file à toute vitesse, sur la fin de l’été ; c’est toujours comme ça.

Paresseusement je vais combler la lacune des deux derniers jours, dans ce blog, avec des captures d’écran de BeReal. Un bon petit recyclage, comme dirait le duc d’Elbeuf.

 

08:30 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 17 août 2026

Auchan, 8 h 29

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Dès le lever de rideau de l’hypermarché, y être – c’est rare – pour acheter en urgence du lait pour le petit déjeuner de mon père, car il n’y avait plus que du lait végétal, et précisément d’épeautre. O* et E* sont venu-es déjeuner, puis on s’est retrouvés le soir en ville pour une belle soirée estivale ; en 23 ans dans cette ville, je n’avais jamais dîné place Foire-le-Roi. Dans le centre-ville, contrairement à chez nous – où c’est une invasion – pas un seul moustique.

 

dimanche, 16 août 2026

Tasse pénible

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Les aires d’autoroute devraient constituer une catégorie à part dans la série des Kleptomanies.

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samedi, 15 août 2026

Assomption (mais qu'assumer ?)

Réveillé à 5 h, par l’envie de pisser en fait, je me suis installé sur la terrasse, avec une mug de café réchauffé, d’abord à faire le tour des réseaux sociaux puis à faire quelques parties de koï-koï, avant de me décider à allumer l’ordinateur et à écrire quelques mots ici, dans l’obscurité presque totale – presque, étant donné que l’écran de l’ordinateur attire quelques phalènes, et quelques moustiques bien sûr.

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C’est notre dernière journée à Cagnotte, chez mes parents. À noter que cette année nous n’aurons pas été tellement embêtés par les moustiques, même si nous avons dû installer la moustiquaire dans la chambre il y a quelques nuits de cela.

 

Je parlais d’obscurité presque totale, car, de fait, ici à la campagne pas de lampadaires, et de surcroît le ciel, qui a été couvert une bonne partie de la journée d’hier, est encore très voilé, peu d’étoiles. Comme c’est arrivé souvent l’été – et je pense en particulier aux années 2010-2020, quand les enfants étaient encore jeunes, voire très jeunes, et qu’on a profité au maximum d’eux – je n’ai pas foutu grand-chose depuis trois semaines ; j’ai même du retard dans les billets relatifs à la relecture des Misérables. Il faudra s’y remettre petit à petit au retour de Guernesey, tout en préparant la rentrée ; cette année, mes premiers cours (de master et d’agrégation) ont lieu dès le 2 septembre.

 

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Avant-hier soir j’ai commencé un roman pioché presque au hasard dans la bibliothèque de ma mère, Duffy Is Dead de J. M. O’Neill. Ce n’est pas mal, disons que ça se laisse lire, même si, arrivé à la moitié, leurs histoires de semi-poivrots commencent à me saouler. J'en note ici une seule phrase : “He liked to walk, it was no effort on such caisson legs to carry his weight.” (p. 72). La scène dans le cimetière, au chapitre 4, est vraiment très bien.

Je n’avais jamais entendu parler de cet auteur irlandais, qui ne semble pas avoir d’article Wikipédia à son nom (j’ai dû mal chercher) : il a travaillé pour l’administration coloniale, notamment au Ghana, avant de tenir un pub et un théâtre jusque dans les années 80. Il a écrit et publié ses six romans après sa retraite, donc à plus de 65 ans, entre 1987 et 1999. [Je note ici sans rapport, après avoir visualisé mon double autoportrait via BeReal : mes cheveux et ma barbe n'ont jamais poussé aussi vite que depuis trois ou quatre semaines. Don't let this be my epitaph.]

 

WhatsApp Image 2026-08-14 at 16.02.58.jpegClaire va lire L’Odyssée avec E° et moi, finalement, mais peut-être plus tard – à suivre. Par contre, j’ai téléchargé pour elle les deux traductions dont on avait parlé, celle de Mugler que j’ai achetée avant notre départ pour Cagnotte, et celle de Lascoux qu’elle avait avisée, et j’ai lu la longue introduction de Lascoux à la sienne, ainsi que les 100 premiers vers ; c’est rudement bien. Je songe à lire les deux traductions, plus peut-être celle d’Emily Wilson dont tout le monde avait parlé à sa sortie, et qui a été remise en avant, d’abord par le fait que Nolan a dit s’être inspiré de son texte, ensuite par la polémique née de la tribune – d’assez mauvaise foi, il faut dire) qu’elle a écrite pour dézinguer le film. J’avais lu je ne sais où que l’éditeur de la traduction d’Emily Wilson en avait vendu près d’un million depuis qu’il a été annoncé que Nolan préparait une adaptation de L’Odyssée ; ça me semble énorme. En tout cas, à la librairie La Boîte à livres, à Tours, ils avaient exposé facilement sept ou huit traductions françaises disponibles (Lascoux en cite une bonne vingtaine, dont celle d’Anne Dacier bien sûr).

 

vendredi, 14 août 2026

Gilets jaunes

Ce matin nous sommes allés faire les courses, pour les deux derniers jours chez mes parents et pour le pique-nique de retour. Nous avons aussi acheté trois gilets jaunes, car nous nous sommes aperçus qu’il n’y en avait plus qu’un seul dans la voiture, et un triangle de signalisation car je ne suis pas sûr qu’il y en ait un dans un état correct dans le grand sac à fouillis qui se trouve dans le coffre. Dans la file d’attente de la charcuterie, où j’achetais des saucisses pour mes parents, j’ai eu le plaisir infime de répondre gentiment à la dame qui passait pour faire goûter des saucisses pimentées : « non merci, je suis végétarien ». Histoire que son désarroi ne soit pas trop grand, j’ai précisé que je faisais les courses pour mes parents.

 Je ne sais que lire, après Les Misérables, ou plutôt tout paraît un peu fade ; avant-hier soir, j’ai essayé de lire le roman de Compton Mackenzie que possède ma mère, mais ça m’est tombé des mains. À partir de dimanche je vais attaquer L’Odyssée dans la traduction en vers de 14 syllabes qui m’attend à la maison (le nom du traducteur m’échappe : Frédéric Mugler ?), et le « dernier » Lobo Antunes ; ça va forcément me relancer.

 

10:33 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 13 août 2026

Ânes et rebot

Belle et agréable – quoique torride et étouffante – journée à Espelette, avec Frédéric, Véronique et leurs enfants, qui ont drôlement grandi ; ce sont des adolescents, et ils sont vraiment très gentils, très bien éduqués (le contraire eût été étonnant).

Nous avons fait une promenade de 7 kilomètres autour d’Espelette, par les bois et le long de prairies où paissaient, paisibles, des ânes.

La discussion n’a jamais tourné autour de questions professionnelles, et c’était très chouette aussi pour cela. Ils n’auront pas vu de partie de pelote, alors qu’ils sont restés deux semaines dans le Pays basque, et alors qu’il y avait des finales de main nue au fronton d’Espelette au début de leur séjour ; j’ai raconté à Frédéric la finale de rebot à Saint-Palais, que nous n’avons vue qu’une fois, en 2012, et qui est une expérience culturelle mémorable. Il faut vraiment qu'on se revoie plus régulièrement, car notre dernière soirée ensemble remontait à 2023.

 

Finale du Championnat de France, rebot, catégorie seniors. Saint-Palais (Donapaleu), 15 août 2012.

mercredi, 12 août 2026

12082026

Hier à 23 h 30, fini de lire Les Misérables ; il reste à mettre au propre les derniers billets de blog. Juste avant, nous avions vu une demi-douzaine d’étoiles filantes, allongés dans la nuit au milieu des arbres fruitiers, accompagnés par les ululements d’une chouette hulotte, peut-être pas très contente de nous voir sur son territoire.

Ce matin, au réveil, en allant pisser au fond du jardin, j'ai pu observer les deux lièvres ensemble, dans le champ en jachère, avant qu'ils ne détalent vers la haie du Campot.

 

Avec ma mère, nous avons commencé à discuter du séjour à Guernesey, autour de son petit guide et de la carte de l’île qu’elle possède. Irons-nous à Herm ? peut-être pas. Aurigny, si on pouvait s’y rendre depuis Cherbourg une autre année, ce serait aussi bien.

 

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lundi, 10 août 2026

Zinzelière installée

Cette nuit nous avons fini par installer la moustiquaire, à 3 heures du matin, après un début de nuit très perturbé par l’orage terrible, et donc par les moustiques. Sous l’influence des Misérables, on pourrait se mettre à dire zinzelière, au lieu de moustiquaire : quand Gavroche ramène les deux enfants perdus dans l’éléphant, les rats « mord[ai]ent les mailles comme s’ils cherchaient à percer cette zinzelière d’un nouveau genre ».

Cette nuit, E° a fini de lire le roman ; j’ai 200 pages de retard sur lui, finalement (et davantage encore pour les annotations du blog). E° a mis dix-sept jours ; nous mettrons, je crois, trois semaines.

 

dimanche, 09 août 2026

Pas dans le bingo

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samedi, 08 août 2026

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vendredi, 07 août 2026

Meuglements

Cagnotte. Ce matin, j’écris sur la terrasse en entendant le meuglement presque ininterrompu des vaches. Hier soir, ma mère espérait qu’elles ne meugleraient pas trop la nuit, car l’été elle dort normalement la fenêtre ouverte derrière les volets. Sans doute leur a-t-on arraché leur veau ; ces meuglements terribles devraient suffire à rendre n’importe qui végétarien et à mettre fin à ce cycle concentrationnaire abject.

 

07:32 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 06 août 2026

Migration

Arrivés à Cagnotte ce midi après avoir roulé sans encombre depuis Rochefort.

Rochefort : ville dont la moitié est à vendre, l’autre en cours de démolition. Et jolie avec ça. A. et F*, avec qui nous avons passé la soirée, avaient l’air en forme, même s’ils seront contents de prendre une grosse semaine de vacances dans dix jours. Cela fait bizarre de penser que notre fils aîné, dont je notais les « propos de garçonnet » à la création de ce blog – il avait quatre ans – vient de franchir le quart de siècle, est installé dans la vie, a un métier depuis plus d’un an, s’investit dans la vie publique…

Cet après-midi, je suis allé promener, seul donc d’un bon pas, jusqu’au chemin de Bigalette, « là où mes parents ont vu un blaireau » (réplique d’A. justement, que cite souvent mon père). Dans les bosquets le long du Bassecq, j’ai entendu chanter des Leiothrix (je pensais que c’était un chant voisin de celui du merle et l’application Merlin m’a aidé à les identifier) et trois Alouettes lulu (là encore, merci Merlin).

 

Dans la tête presque toute la journée : Paramour d’Ino Casablanca. J’aime bien cette chanson mais comme c’est agaçant d’avoir un air dans la tête sans connaître les paroles, je viens de vérifier le refrain sur le site Genius. O* pense qu’il parle de son amour pour la France, et c’est tout à fait possible qu’il y ait en effet double sens tout au long de la chanson. Ce qui m’intrigue depuis que j’ai découvert cette chanson il y a quelques mois, c’est le titre en un seul mot : est-ce qu’Ino Casablanca connaît le mot anglais un peu archaïque paramour (l'amant ou la maîtresse, terme autrefois moins péjoratif qu'aujourd'hui) ?

 

mercredi, 05 août 2026

05082026

Levé à 4 h 45, trop réveillé pour tenter de me rendormir. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas levé aussi tôt, je crois : entre janvier et mars, quand je donnais le grand coup de collier pour la traduction de French, c’était assez courant. Là, je me suis fait réchauffer du café en admirant la rue toute noire : les lampadaires ne s’allumeront qu’à 5 h 30.

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C’est un peu ballot que ce soit cette nuit qui ait été brève car nous prenons la route pour Rochefort cet après-midi.

Hier midi, avec O*, nous avons pu déjeuner, et même rester un long moment à discuter, sur la terrasse. Entre 16 h et 18 h, après une folle partie d’Abyss, j’ai lu aussi sur la terrasse, pas trop ennuyé par les moustiques. Mais après ça, le bal infernal qui nous empêche de passer du temps dehors depuis plusieurs semaines, alors que nous aimons tant cela, a repris : piqûres, agaceries – intenable. On a dîné dans la salle à manger.

 

Hier soir, après un tour sur les bords de la Loire, que nous n’avons jamais vue aussi basse (une longue langue de sable qu’on ne voit jamais au niveau des arches du pont Mirabeau occupe les deux-tiers du lit au bas mot), nous sommes repassés devant la maison du 14 rue Guillaume Apollinaire, qui est à vendre : façade refaite, muret d’enceinte refait, six panneaux solaires ajoutés, et même une glycine sous les fenêtres de ce qui était notre bureau-bibliothèque, à l’étage.

 

mardi, 04 août 2026

French / Dispatch

Hier soir, nous avons regardé The French Dispatch de Wes Anderson, qui se tire assez bien des pièges du film à sketches et des chausse-trapes de la voix off, grâce aux acteurs bien sûr, mais au prix d’une certaine hystérie rococo. Au final, on ne sait pas trop ce que le cinéaste a cherché à (nous) montrer. Je ne suis toujours pas allé récupérer le « nouveau » Lobo Antunes aux Temps sauvages.

 

P. B. m’a envoyé le projet final de couverture pour La Seconde Emancipation. C’est très bien, mais ça doit rester confidentiel pour le moment. Le nom du traducteur est en couverture, à présent. Il me tarde que ce livre sorte, et, bien que je n’en aie besoin ni financièrement ni pour me tenir occupé, j’aimerais être reparti sur un nouveau chantier de traduction ; je n’ai qu’à me remettre à Scale Boy et à prospecter, feignant que je suis.

 

17:18 Publié dans 2026, Tographe, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 03 août 2026

Ceuta, un tournant

Les gigantesques incendies, les trois canicules, la sècheresse, tout devrait remettre au centre des débats politiques la transition énergétique, le changement radical de modèle agricole, la fin des aventures écocidaires du genre mégabassines. Bien sûr, il n’en est rien ; il n’en sera rien. On a même vu l’extrême-droite diffuser avec succès des fake news concernant la responsabilité des « écologistes » dans les feux de forêt : il y a une semaine, même les articles de TF1 ou BFM sur Facebook pour « débunker » ces saloperies étaient farcis de commentaires d’internautes qui ne sont même pas, hélas, des bots russes ou indiens, et qui reprenaient les inepties que démontait, point par point, la publication. On le sait pourtant, ceux qui n’ont cessé de refuser les augmentations de salaires pour les pompiers, de financer l’entretien des massifs etc., ce sont les parlementaires du RN et de la droite.

Les événements de Ceuta (qui sont en fait un non-événement) ont permis à la fachosphère de reprendre totalement la main, en France et ailleurs. J’ai écrit que c’était un non-événement car Ceuta est une enclave coloniale espagnole en Afrique, et que les deux enclaves ne font pas partie de l’espace Schengen : en arrivant par milliers à Ceuta, les migrants marocains se sont aperçus qu’ils n’étaient finalement arrivés nulle part, et, expulsés, ils sont tous repartis de là où ils venaient, épuisés, ruinés, sans doute dupés par des « passeurs » abjects. Il ne s’est donc rien passé que d’ordinaire, pas l’once du début d’une « submersion migratoire ». Mais Meloni a annoncé exclure temporairement l’Espagne des accords Schengen, Marine Le Pen a annoncé qu’elle présidente à partir de 2027 l’espace Schengen ne serait libre que pour les ressortissants de l’UE (ce qui est débile : si on rétablit des frontières pour contrôler que les personnes sont des ressortissants de l’UE, tout le monde sera contrôlé), et s’ensuit la course à l’échalote, avec ces 22 Etats de l’UE sur 27 qui baissent leur froc devant le fascisme rampant désormais galopant.

Je copie-colle ci-après deux analyses trouvées sur Facebook. Elles sont plus cohérentes et mieux écrites que mes quelques phrases à chaud ci-dessus. Cette affaire est sans doute un tournant ; on ne peut pas toujours s’enfouir la tête dans le sable.

 

Texte de Vincent Présumey

La fausse « crise migratoire » (vraie crise sociale et générationnelle au Maroc) de Ceuta se confirme avoir été une vaste provocation. Au passage, quelques interventions violentes en défense de Trump et de Netanyahou sur mon mur l’ont confirmé. Sa conséquence politique vise à reconstituer dans l’UE un clivage visant à l’affaiblir envers les menaces russes et nord-américaine, menaces y compris militaires, et à court terme. Et elle vise à aider à porter au pouvoir le RN en France et l’AfD en Allemagne.

De ce point de vue, la précipitation de la première ministre social-démocrate du Danemark à s’associer à tous les gouvernements d’union des droites est d’une bêtise exceptionnelle et menace directement les intérêts nationaux réels des deux nations que sont le Danemark et le Groenland. Plus généralement, les gouvernements finlandais, polonais, estonien, letton et lituanien signataires de cette déclaration se tirent une balle dans le pied. Il s’agit également de réduire la portée de la victoire démocratique qu’a été l’expulsion d’Orban du pouvoir en Hongrie.

Donc, nous avons une lettre signée par 22 Etats sur 27 qui appelle à une suspension "temporaire" de l’Espagne de l’espace Schengen (dont Ceuta ne fait pas partie !). Concrètement cela voudrait dire mettre un cordon autour de l’Espagne !

L’Espagne n’est pas punie en réalité pour sa politique migratoire (en réalité, le double de migrants sont venus par l’Italie de Meloni depuis qu’elle est au pouvoir !), mais pour ses positions diplomatiques sur la Palestine, contre Trump, et aussi en faveur de l’Ukraine même si ce dernier fait est moins souligné. Et pour avoir dessiné un axe diplomatique anti-Trump avec le Brésil et le Mexique.

Les 5 Etats qui n’ont pas signé sont, outre l’Espagne : la France, le Portugal, l’Irlande, le Luxembourg. La non signature française n’est pas due à une position liée à l’immigration (Macron, en disant prendre des mesures sur les Pyrénées, totalement inaccessibles depuis Ceuta, est d’ailleurs tombé dans le panneau), mais à la perception de ce qui est en cause : la dislocation de toute unité européenne contre Trump et Poutine, opération qui ne va pas éloigner la guerre, mais la rapprocher. Mais la non signature française, la France étant seule avec le Portugal à avoir une frontière terrestre avec l’Espagne, sape complétement cette initiative sur ce plan. Mais pas, toutefois,  la division politique qu’elle vise à affirmer.

Les plus stupides dans cette affaire sont bien entendu les "souverainistes", et les plus stupides entre les stupides les "souverainistes de gauche", qui, en montrant les crocs sur Ceuta, croient défier le "belliciste Macron" alors qu’ils ne sont que les caniches de Trump et de Poutine, candidats collabos.

 

 

Texte de Martin Vander Elst

 

Le moment où l’Europe bascula.

 

Vingt-deux États membres de l’Union européenne sur vingt-sept ont signé la lettre initiée par l’Italie et le Danemark demandant la suspension temporaire de l’Espagne de l’espace Schengen, un renforcement de la politique migratoire commune, notamment en matière de protection des frontières extérieures de l’Union, une accélération des procédures de retour des personnes en séjour irrégulier ainsi qu’une réflexion sur les règles juridiques encadrant ces politiques. Seuls cinq États résistent encore, tant bien que mal, à cette fuite en avant sécuritaire : la France, l’Espagne, l’Irlande, le Luxembourg et le Portugal. La Belgique de De Wever, Prévot, Bouchez, Rousseau et Mahdi s’est, quant à elle, rangée du côté de la structure psychique du fascisme.

On dira, à juste titre, que cette évolution se préparait depuis longtemps. Le Pacte européen sur la migration et l’asile ainsi que les politiques d’externalisation du traitement des demandes d’asile constituaient déjà des signaux sans équivoque. Mais quelque chose a néanmoins changé. Nous voyons, en temps réel, l’Europe basculer sous le poids de sa propre phobie migratoire, au point de perdre progressivement le contact avec le réel.

Or le réel juridique est ici parfaitement clair.

La libre circulation des personnes ne s’applique pas de manière ordinaire aux enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, bien qu’elles relèvent de l’espace Schengen. En raison de leur situation géographique singulière en Afrique du Nord, ces territoires sont soumis à un régime dérogatoire prévu dès l’intégration de l’Espagne dans l’acquis de Schengen. Entrer à Ceuta ou à Melilla n’ouvre aucun droit automatique à circuler librement dans le reste de l’espace Schengen. Des contrôles systématiques d’identité et des documents de voyage sont maintenus lors des déplacements vers la péninsule Ibérique, que ce soit par voie maritime ou aérienne.

La base juridique de cette dérogation est connue. Elle résulte principalement du Code frontières Schengen, de l’Acte d’adhésion de l’Espagne à la Communauté européenne et des accords d’application de Schengen. L’article 41 du règlement (UE) 2016/399 autorise le maintien de règles particulières pour les déplacements entre Ceuta, Melilla et le reste du territoire espagnol, tandis que les accords d’adhésion de l’Espagne à Schengen préservent les contrôles d’identité sur les liaisons avec la péninsule.

C’est précisément ce régime qui explique que les autorités espagnoles, avec le concours des autorités marocaines, aient procédé à des retours immédiats après les franchissements massifs de la frontière. Mais cette pratique soulève d’autres questions juridiques, notamment lorsqu’elle concerne des personnes susceptibles de bénéficier d’une protection internationale ou des mineurs non accompagnés. La séquence actuelle ne révèle donc pas une prétendue « submersion » de l’espace Schengen. Elle met au contraire en lumière le caractère profondément exceptionnel – et historiquement hérité des logiques coloniales – du régime juridique appliqué à Ceuta et à Melilla.

Nous sommes peut-être entrés dans un moment où les représentations construites par l’extrême droite deviennent les catégories ordinaires de l’action gouvernementale européenne, parfois au mépris du droit lui-même. Vingt-deux gouvernements signent aujourd’hui une lettre dont la portée juridique apparaît délirante. Et la Belgique en fait partie.

J’espère qu’à présent chacun mesurera l’importance des prochaines échéances politiques, notamment en France. Si ce dernier verrou venait à céder, c’est tout l’équilibre politique européen qui serait profondément transformé.

L’histoire ne juge ni ne condamne. Elle condense, accélère et cristallise des rapports de force déjà à l’œuvre.

Notre question, dans des temps plus obscurs que jamais, est peut-être devenue moins politique qu’éthique : comment maintenir un minimum d’humanité ? Comment préserver un rapport suffisamment exigeant à la vérité face aux constructions imaginaires du fascisme contemporain ? C’est une tâche inédite, à laquelle nos institutions démocratiques nous ont malheureusement très peu préparés.

Nous tiendrons fermement sur le réel.

Invitation to the Waltz

Hier soir, j’ai fini de lire le roman de Rosamond Lehmann commencé la veille, Invitation to the Waltz, dont le sujet est celui d’une nouvelle de Mansfield mais qui se verrait détaillé, approfondi, dilué on pourrait dire, sauf que ça se lit très bien, avec quelques beaux portraits ; l’admiration béate de la jeune protagoniste pour les classes supérieures et les codes de la grande bourgeoisie anglaise est, dans la troisième partie, soumise à quelques sérieux contre-feux. Surtout, c’est très bien écrit, très de son temps (1932), entre les nouvelles de Mansfield, donc, et les romans tardifs de Ford Madox Ford. Je pourrais, paraphrasant le Guillaume Cingal de 1983 disant de Henri Bosco « ah oui, il a écrit beaucoup de dictées » (ça fait partie des anecdotes qui ont marqué mon père) : il y a là pas mal de beaux textes de version. (Déformation professionnelle.)