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mardi, 28 avril 2026

Le mot “bec-de-gaz” n'a plus cours

Cela fait une heure que je suis levé, et que je traite diverses bricoles de boulot, dont la préparation de la rencontre de demain à la Machine à lire, librairie bordelaise qui fut un de nos repaires pendant nos années d’études, à Claire et moi. La journée promet d’être un peu étrange.

 

Grâce à la réélection de l’équipe municipale sortante, il n’y a toujours qu’un lampadaire sur deux d’allumé quand je me réveille entre 5 h et 6 h 30, ce qui signifie que désormais je vois trembler au vent les feuilles de l’érable sur fond de ciel fuligineux, et sans lumière électrique : fuligineux, le jour se levant sous les nuages aujourd’hui. Le néflier que nous n’avons pas fait abattre il y a six ans, par contre, est quasiment totalement mort : cette année, il n’y a que quelques rameaux verts, tout le reste bois sec.

 

Hier j’ai presque corrigé le paquet de copies de L3 ; cette activité est vraiment un pensum. Aujourd’hui, préparation du cours d’agrégation de jeudi : zéro inspiration.

 

06:20 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 27 avril 2026

Traducteur... ices...

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En 2026, on peut se bombarder « Centre International de la Traduction Théâtrale » et écrire traducteur(s) au masculin partout sur son site (cliquer sur l'image pour agrandir).

 

Pour rappel, en France, 80% des personnes qui exercent ce métier sont des femmes.

Pour rappel aussi, le « masculin neutre » est un mythe. Son adoption date de la fin du 17e et 18e siècles et s’appuyait sur des argumentations sexistes. Le masculin n’a jamais été neutre : il a été décidé de l’utiliser comme forme commune par suprémacisme masculiniste, alors que plein d’autres formes étaient possibles jusque-là (comme l’accord de proximité, avec le genre du dernier nom par exemple).

 

dimanche, 26 avril 2026

Lever la chape

Aujourd’hui je veux tenter de m’affranchir de la chape de mélancolie qui m’a saisi depuis que nous sommes rentrés. Toute la journée hier, d’abord en voiture puis surtout à la maison pendant que j’accomplissais machinalement les tâches domestiques (lessives, rangement, nettoyage), tous les aspects désastreux de notre séjour à Venise sont venus colorer l’ensemble de la semaine, alors que sur le coup je me trouvais pris dans une forme de dissociation terrible : en même temps que livrés à d’indéniables et non négligeables emmerdes, nous étions dans cette ville littéralement incroyable. Hier après-midi, en fin d’après-midi surtout, je me suis senti terriblement déprimé.

Il faut donc que je secoue tout cela. J’ai commencé à le faire en dormant dix heures (avec une interruption inévitable, à 3 h du matin, liée à ma foutue sinusite), puis en tentant de rattraper un peu le retard d’écriture dans l’autre blog. Écrire aide forcément.

Je dois aussi me mettre à mes copies.

Mais est-ce là une thérapie ?

 

10:04 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 25 avril 2026

Extorsion / Décalage

Réveillés à 3 h 35. Traînant notre valise, qui nous vaudra une extorsion de 70 euros en supplément du supplément, jusqu’à l’aéroport : petit déjeuner à 5 h (avec un excellent jus d’orange pressées). Sur le bord de la RN10, déjeuner à 10 h 30. Tout est décalé. Impression corporelle de décalage avec tout, comme si l’incident de jeudi soir avait tout mis de guingois. À partir de 13 h, tâches ménagères et encore tâches ménagères.

 

15:03 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 24 avril 2026

— à Orlanda

"La Main", allégorie à la Chirico.

jeudi, 23 avril 2026

Sans sonnet

En voyage, le temps manque pour tout. On préfère jouir des lieux, du temps qui passe. On peut perdre aussi deux ou trois heures à déclarer auprès des Carabinieri le vol d’un portefeuille contenant un passeport afin de pouvoir ensuite téléphoner au consulat, puis envoyer un mail au consulat afin de tenter d’obtenir un document temporaire de voyage sans lequel, c’est évident, on ne passera ni les contrôles de sécurité de l’aéroport ni l’embarquement.

Même sans cette mésaventure – une première en trente-cinq ans de voyages pour Claire et moi – je n’arrivais plus à écrire, notamment ces fameux Sonnets vénitiens, dont j’ai quelques bribes par ci par là. Peu importe, ils n’ont pas vocation à être tous écrits à Venise.

 

Ni voitures, ni trottinettes : Venise.

Aucun oiseau, à peu près aucun insecte : Venise.

Des endroits où la cohue est presque permanente, d’autres déserts, comme abandonnés par le temps : Venise.

 

(Ce n’est pas un sonnet, on s’en contentera.)

 

mercredi, 22 avril 2026

Variation sur un thème pictural rebattu

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mardi, 21 avril 2026

IX – On croise le futur…

 

On croise le futur

Et pas du tout des spectres :

Ce joueur de luth avec son plectre

Figea l’œil dans le mur.

 

Je me gratte (j’ai tort)

La joue d'une façon directe,

Et voici qu’un insecte

(Moustique) tombe mort.

 

Entre les deux quatrains

Une nuit a passé,

Mais tout au présent se conjugue :

 

Le plexiglas et le burin,

T-shirts ACDC

Et vénus de Lespugue.

 

dimanche, 19 avril 2026

VII – Des « quais neufs »...

 

Des « quais neufs » ce que l’on voit de San Michele

   Laisse rêveur, l’esprit tendu vers l’heure

Où l’on s’y rendra (après une nuit meilleure) :

   Ah ! ah ! cacophonie ! hôtes zélés

 

   D’un lit effondré, d’un logis dont les

Effluves débectants (que ma narine meure !)

Rendent l’appréciation au bas mot inférieure,

   L’insomnie vient-elle tout emmêler ?

 

   Retour au point de départ : l’isola

San Michele (traduction : l’île Saint-Michel)

   N’est pas ici ce qui nous désola.

 

Sans nero di seppia, sans masques, sans strudel,

La ville excite l’œil (ni Titien ni Zola !).

   Les points d’exclamation sont nos pixels.

 

samedi, 18 avril 2026

VI – Sur le vaporetto…

 

Sur le vaporetto, passé le héron cen-

Dré guettant sur son poteau, altier et sublime,

On aperçoit les tours de la Sérénissime.

On imagine, au soir, ce ciel bleuté en sang.

 

C’est le matin, pourtant. En dégainant les rimes

– C’est meilleur pour l’énergie que le Guronsan –

Je sens se poser sur mes vers l’embrun d'encens

Et les dévotions qui absolvent les crimes.

 

Avant de voir le bateau virer soudain vers

Burano, sans que l’oiseau se soucie de nous,

L’œil s’attarde, ébloui, sur un huîtrier pie.

 

Le rouge de son bec donne un sens à ces vers :

D’autres face à une châsse sont à genoux.

L’œil connaît le repos, et le cœur un répit.

 

V – Approchant (je veux, mon neveu) …

 

Approchant (je veux, mon neveu)

De la côte où tout se dilate,

La nuée enfin se fait plate :

Je rumine un ultime aveu.

 

Ce livre en guise de baveux,

Pour croquer l'instant où n'éclate

Aucun mot, le poète blablate.

Entamons la descente : Ve-

 

Nise apparaît, dans la buée.

Depuis si longtemps la ruée

Vers la cité lacustre affine

 

D'autres vies (che sera sera).

Humant l'ail et la paraffine

Nous apercevons Tessera.

 

IV – Comme on a survolé les Alpes…

 

Comme on a survolé les Alpes

Le soleil sur la neige aveugle

– Et penserez-vous qu'un bœuf beugle

Ou que ce duvet blanc l'on palpe –

 

L'œil penché sur la nuée (help !),

Voici comme au fond d'une mug

Les traces laissées par le grog

Du dieu qui sèmera nos scalps.

 

Bref ! Du hublot on voit la neige ;

Les stressés se croient pris au piège.

Calé dans le siège d'Airbus

 

On devient je. Et je rumine

Les souvenirs d'hommes imbus :

Vers Venise je m'achemine.

 

vendredi, 17 avril 2026

Notre Sœur Rabat-Joie, jour de parution

C’est aujourd’hui que paraît Notre Sœur Rabat-Joie, co-traduit avec Patricia Houéfa Grange.

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Tout à l’heure, près de la mare, j’enregistrerai une petite vidéo afin d’ajouter quelques roulements de tambour à ceux de la maison d’édition. Patricia a déjà fait une publication à J – 2 avant-hier, que j’ai relayée. Hier j’ai pris un selfie en casquette rouge avant d’aller promener, et la légende a eu quelque succès sur Facebook.

 

Je crois l’avoir déjà raconté mais après tout, la répétition ou le radotage ne sont pas inutiles.

Ce livre, je le connais depuis trente ans, pile. Our Sister Killjoy. Quel titre, quand on y réfléchit.

Dans l’édition Longman, avec fleurs et fruits dessinés en couverture.

C’était à Oxford, dans le séminaire de Robert Young, qui l’avait mis en parallèle de Wide Sargasso Sea (je continue de ne pas très bien comprendre pourquoi). Depuis, je l’ai un peu fait lire (pas assez), mis quelques extraits dans des brochures de séminaire. En 2024, un an après la mort d’Ama Ata Aidoo, j’ai chouiné, comme je le fais parfois, sur un réseau social (Bluesky ? Instagram ?) sur le fait que ce livre ne soit pas disponible en français, et j’ai eu la joie d’être contacté par Sarah Fila Bakabadio, qui avait été ma collègue à Tours il y a un peu plus de dix ans, et qui est l’une des éditrices de Rot-Bo-Krik.

 

A partir de là, tout s’est enchaîné : échantillon de traduction, discussion avec les trois éditeurices (maintenant iels sont 4), approbation du projet, exigence (de ma part) d’embarquer une traductrice africaine ou afrodescendante… En février 2025, Houéfa est donc partie dans l’aventure avec nous, et j’ai traduit avec elle ce petit livre d’une très grande puissance. Après pas mal d’allers-retours entre elle et moi, nous avons rendu notre texte complet à l’éditeur début août.

Nouvelles navettes, discussions, relecture complète du texte par Mathilde Deprez (qui a noté un contresens énorme et atroce que j’avais commis et qui était resté jusque là inaperçu), intervention sur l’expérience de co-traduction à Nantes fin octobre (avec Houéfa en visio)… Depuis, on ronge un peu notre frein, mais l’organisation de la petite tournée nous a aussi un peu occupé-es.

Je n’ai pas encore beaucoup l’habitude des publications, de la médiatisation etc., et c’est aussi la première fois que ma co-traductrice est embarquée, pour une traduction, dans une tournée à proprement parler. Dans la mesure où cela fait trente ans que je tiens ce texte pour un livre vraiment capital, pas seulement à titre de « classique afroféministe » (c’est l’étiquette pensée avec la maison d’édition car c’est la meilleure manière de résumer une bonne partie des enjeux du livre), mais parce qu’il est extrêmement ambivalent, et en cela ce qu’est pour moi la grande littérature, il va de soi que j’aimerais que ce livre soit un succès de librairie, qu’il se vende bien, qu’il trouve des échos nombreux etc.

 

Une petite énigme sur laquelle je n’ai pas interrogé J.-B. Naudy dans nos échanges, c’est cette petite phrase à la page 6 : « Les éditions Ròt-Bò-Krik remercient Elvan Zabunyan de les avoir encouragées à publier ce texte. »

 

jeudi, 16 avril 2026

Terre et ciel (Raharimanana, Rivages, mai 2026)

Ce matin, j’ai enfin terminé de lire le difficile et beau livre de Raharimanana, Terre et ciel, dont il faut que je dise quelques mots à chaud : épopée constituée de 23 tantara (eux-mêmes divisés en antsa) et d’un épilogue, reprenant plusieurs mythes fondateurs malagasy mais avec pour fil narratif central la quête d’Iboniamasiboniamanoro cherchant sa promise – ou qu’il pense telle – Iampelasoamanoro ; le narrateur principal, Rakosombe, donne régulièrement sa voix à d’autres (la « vieille » Konantitra, Iboniamasiboniamanoro lui-même, et d’autres), et l’épilogue est raconté par l’oiseau-feuille-feu.

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Il y a des chapitres splendides, une écriture toujours en plis, en pliures, à la recherche de ce qu’on ne peut simplifier. Epopée qui évoque le Shâhnâmeh ou Gilgamesh, dans les ramifications de récits qui n’ont pas dimension humaine, ce livre est aussi un roman interrogeant le langage même. Comme le dit Rakosombe dans le Prologue : «  Morceaux de récit au sol, les mots s'empoussièrent, frôlent, frôlent. Festival de nuit et de silence, le récit se réveille avant de se dire, le bruit des ailes s'efface dans l’éphémère du vol, rien ne s’expose sans abîme. Les mots tournoient, pâles, bientôt suivis d’autres, échappés des ombres des sens, rescapés de l'obscur de la narration, au-dessus de ce gouffre qu’est la langue, les mots s’écroulent et il me faut les rattraper. » (p. 9) Ces phrases sont d’ailleurs répétées à la fin du dernier tantara, lorsque Rakosombe « s’efface » (pp. 423-4).

Par l’écriture comme par le projet narratif, c’est finalement davantage à Alexis Wright, en particulier son dernier roman (Praiseworthy), que m’a fait penser ce livre, mais aussi aux huit tomes de l’Oiseau schizophone de Frankétienne. Le glossaire, long de près de cinquante pages, est comme un récit supplémentaire ; je m’y suis reporté à plusieurs reprises au cours de ma lecture, mais je l’ai également lu d’un tenant, après l’épilogue.

 

Le langage n’est jamais jeux verbaux gratuits, comme dans l’épilogue, lorsque la répétition d’une quadruple paronomase vient tisser ensemble les quatre éléments et les quatre points cardinaux du premier tantara, tout en cherchant à dire la dualité homme/femme, et en fait la non-binarité, d’Iboniamasiboniamanoro :

La mort n’était qu’absence relative, l’autre l’antre et l’astre.

Feuille, feu. De l’âtre dans l’antre, jusqu’à l’astre de l’autre.

Feu, feuille. De l’âtre dans l’autre pour antre et astre. Feuille, feu. L’astre dans l’antre, c’était l’autre.

Feuille, feu, paroles, ainsi Iboniamasiboniamanoro entre dans la maison d’Iampelasoamanoro : ni mâle ni femelle, ni lui-même ni un tout autre, ni présent ni absent, ni vivant ni mort, ni corps ni esprit. Antre et monde où demeurer si la fille de la fille des filles d’Ifaratadidy-l’horizon-des-mémoires, le veut bien.

(p. 436)

 

Terre et ciel paraîtra le 6 mai 2026.

 

mercredi, 15 avril 2026

III. – Finalement deux nuits d’hôtel...

 

Finalement deux nuits d’hôtel

Supplémentaires : une la veille

Du départ tôtif (qu’appareille

Le Boeing que l’on dirait tel

 

Pour la Vénétie) en cheptel,

L’autre de l’auteur des Merveilles

(Ô périphrase nonpareille !),

À sacrifier le coquetel.

 

Peut-être a-t-on manqué de gnac

Si l’on s’endort à Mérignac

Où le cheptel devient cohorte…

 

Vendredi soir, sans Tiepolo

Ni Tupolev, cherchant la porte,

Lorgner côté Marco Polo.

 

mardi, 14 avril 2026

II. – Ce n’est pas au Palais ducal...

 

Ce n’est pas au Palais ducal –

Qu’on doit dire « palais des Doges »,

Où on se promenait en toge

Quand le plancher était bancal, –

 

Qu’on pourra voir un caracal

– Où que le merveilleux se loge –

Et en quelque martyrologe

Fait espace, pétrir le cal

 

Accumulé sur le clavier,

Tarir de rimes le vivier

En tapotant sur le smartphone.

 

L’œil happé par la colonnade

Tandis que la plume griffonne,

Ce qui s’écrit : pantalonnade.

 

lundi, 13 avril 2026

I. – C’est ici, à l’hôtel des Thermes...

 

C’est ici, à l’hôtel des Thermes,

Que commencerait (chambre deux-

Cent-trente-deux) la série de

Sonnets « vénitiens » – c’est le terme.

 

On avait attendu que germe

Lentement ce plan hasardeux

Pour approfondir mon art de

Rester à fleur de l’épiderme.

 

De la fenêtre de la chambre

On voit le fronton carrelé

Et l’effigie d’un homme en mitre.

 

Avril n’est déjà plus décembre,

Et il est temps d’écrire les

Sonnets vénitiens – c’est le titre.

 

Nuits sèches

Il fait toujours trop chaud – quoi qu’on fasse – et trop sec dans les chambres d’hôtel. Pour cela seulement je ne pourrais pas vivre souvent à l’hôtel, et je ne cherche pas particulièrement à multiplier les déplacements. Avec la sinusite chronique qui m’affecte et qui raccourcit déjà habituellement mes nuits, c’est un peu la cata. Je me suis levé à 5 h 30, j’aurais bien aimé dormir plus longtemps.

Au moins, cela me permet de lire mes mails, de faire le tour des réseaux sociaux, d’écrire une partie des billets de blog en retard.

 

06:15 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 12 avril 2026

De Gaulle rochefortais

Cette sculpture de De Gaulle, qui ressemble beaucoup à celles de Michel Audiard (c’est ce qu’il fait de mieux), est-elle de Michel Audiard ? Dans les allées où, à Rochefort, à partir de mars, chante le Petit-duc scops, je ne l’avais pas vue les fois précédentes : je pense qu’on bifurquait avant, pour longer l’école.

 

samedi, 11 avril 2026

Catapultages

Tandis qu’on discutait avec Franck Collin au café de la gare, nous avons vu un jeune homme en trottinette électrique et une jeune femme à bicyclette se télescoper, à un endroit où pourtant les voies sont bien délimitées, spacieuses.

À midi moins dix, j’ai réussi à reprendre la voiture alors que l’agent chargé des contraventions s’en approchait (je débordais d’une demi-heure, n’ayant payé que pour 1 h 20).

 

L’émission que j’ai enregistrée ce matin, avec trois immenses spécialistes de Walcott, sera, sans être forcément la préférée (j’aime toutes les émissions, sans pouvoir hiérarchiser, car elles sont toutes très différentes en fait), celle qui se rapproche le plus, dans son sujet et dans sa densité, des émissions de radio que ne fait plus France culture. (Franck l’a répété deux fois lors de nos discussions : il n’y a plus aucune émission consacrée à la poésie. Moi qui ai toujours écouté très sporadiquement la radio, connaissant mal la grille, je me contente d’opiner vaguement.)

 

12:17 Publié dans 2026, ILMC | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 10 avril 2026

Constab Ballads

Jean-Baptiste, dans un échange WhatsApp que j’ai eu avec lui en marge du colloque sur la Caraïbe auquel j’assistais, m’a appris la publication récente d’une anthologie de poèmes de McKay traduits en français, la première, tout en précisant que les fabuleuses Constab Ballads restaient inédites. Je ne connaissais pas cette œuvre que j’ai commencé à lire, et qui est certes fabuleuse, mais aussi très difficile à traduire, vu le mélange d’African American English, de patois, et de rimes anglaises riches.

 

jeudi, 09 avril 2026

ILMC, déjà quarante émissions...

En ce moment le site Web de Radio Campus Tours est inaccessible, mais il y a d’autres moyens pour écouter les émissions (plateformes de podcast notamment).

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Pendant ce temps, I Love Mes Cheveux ne chôme pas :

(1) Nous avons enregistré le 31 mars une émission « Traduire les littératures hispanophones », diffusée lundi dernier et pas encore mise en ligne à cause de la panne Web, avec Margot Nguyen Béraud (Ciclic Centre-Val de Loire / ATLAS - Association pour la promotion de la traduction littéraire).

(2) Nous avons enregistré le 7 avril en direct aux Assises du journalisme une émission « Presse et plurilinguisme » avec Jamie Smith-Maillet (podcast à suivre mais déjà écoutable sur le Soundcloud de Radio Campus France).

(3) Enfin, après-demain matin, dès l’aube, nous enregistrerons une émission autour de Derek Walcott, Prix Nobel de Littérature 1992.

 

Pourquoi ? Figurez-vous que trois des plus éminent-es walcottien-nes sont à Tours ces jours-ci :

* Kerry-Jane Wallart (Université d’Orléans)

* Cécile Chapon (Université de Tours / Laboratoire ICD)

* Franck Collin (Université de la Martinique, traducteur d’Omeros, le grand poème épique de Derek Walcott, paru en mars 2026 aux Classiques Garnier)

 

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06:25 Publié dans 2026, ILMC | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 08 avril 2026

Agacement

On ne compte plus les posts Instagram d’influenceur•euses qui disent qu’il faut décoloniser nos bibliothèques personnelles... et qui montrent ensuite des livres d’auteurices toustes né•es et édité•es en Europe et Amérique du Nord. La diaspora et les littératures d’afrodescendant•es font partie de mes objets d’étude, mais il faut lire aussi (principalement) des Africain•es. Non ?

 

mardi, 07 avril 2026

Je n'aime pas les page-turners

Un signe indiquant avec certitude que je dispose à nouveau d’un peu de temps, c’est que j’ai cinq ou six livres en cours de lecture simultanément. Hier, repoussant encore au lendemain (aïe, zut, demain c’est aujourd’hui) la correction des copies, j’en ai terminé deux : les pages italiennes de Henry James et le dernier opus publié par les éditions Louise Bottu, J’ai donné trois valium à l’humaniste qui sommeillait en moi de N. Nescio (nouvel hétéronyme de l’éditeur ?). Dans les livres en cours de lecture, je ne compte pas le Poème du Chili de Gabriela Mistral traduit par Irène Gayraud, que je lis, chant par chant, parfois avec deux semaines d’interruption, depuis quatre mois, admirable long poème dont je serai triste de l’avoir terminé quand je l’aurai terminé, ni l’Omeros de Walcott traduit par Franck Collin, auquel je dois consacrer l’émission de radio de samedi prochain.

 

lundi, 06 avril 2026

Cent fois moins souvent

Je n’écris presque jamais à ce sujet, car cela ne sert à rien, mais bien sûr que la fascisation croissante du monde ne nous laisse quasiment pas de répit. Croissante : elle accélère, comme la destruction capitaliste du monde (et j’entends « monde » en un sens plus large que planète par exemple).

 

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Cette fascisation, on peut – naïvement – s’en croire protégé, mais il ne se passe pas un jour sans y penser. L’exemple le plus terrible, et sans doute le plus menaçant, est le second mandat de Trump. Hier, il a publié un tweet qui est peut-être le plus délirant et le plus inquiétant de sa carrière de fasciste dérangé. Au pied de la lettre, cela pourrait signifier qu’un conflit nucléaire de grande ampleur aura commencé d’ici la fin de la semaine.

Je lis tous les jours la presse, Mediapart et le Guardian notamment, mais pas seulement – je butine. Ce matin, sans même avoir à cliquer sur les liens, les titres des quatre articles de la rubrique “Climate Crisis & Environment” du Guardian suffisent à résumer ce dans quoi, indéfectiblement, on s’enfonce. J’ai dû l’écrire dix fois déjà, c’est-à-dire cent fois moins souvent que je ne l’ai pensé, mais cette humanité qui préfère accélérer la destruction capitaliste et trouver à vilipender ou sacrifier d’autres peuples, d’autres “races” etc., plutôt que de revendiquer une fiscalité plus juste et la transition écologique, me laisse pantois plus encore qu’elle ne me met hors de moi.

 

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Au milieu de tout cela, sans aucunement me croire « protégé », je vaque : cours, lectures, recherche, traductions… et même loisirs, dites donc… Je passe une heure par jour, environ, à lire la presse, et plus de temps sans doute à m’angoisser ; ça ne peut pas être une activité à plein temps, à moins de devenir fou.

 

07:07 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 05 avril 2026

Terre et ciel (Raharimanana) — premières pages

Hier, Jean-Luc Raharimanana m’a envoyé son « nouveau roman » (ainsi qu’il me l’avait annoncé (mais le sous-titre indique tantara comme genre, j’y reviendrai)), avec une dédicace d’autant plus émouvante que j’ai ainsi pu commencer à lire ce livre un mois avant qu’il ne débarque sur les étals des librairies.

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Cette fois-ci, et je peux le dire même si je n’ai lu que cinquante pages soit un petit huitième du livre, Raharimanana amorce un nouveau virage dans une œuvre qui n’a jamais choisi la facilité ni la répétition. Il s’agit d’un tantara, c’est-à-dire d’un récit épique malgache. Le livre raconte, en vingt-trois récits, un des grands mythes fondateurs de l’ontologie malgache, mais du point de vue, peut-être détourné ou faussé (il est trop tôt pour le dire), d’un des personnages a priori secondaires.

 

Attendons. Peut-être que je me trompe. En tout cas, c’est très beau, et tout en étant riche de cette voix singulière, ça ne ressemble à rien de ce qu’a écrit Jean-Luc jusqu’à présent.

Ce que ce texte m’évoque, par-delà sa très évidente et profonde malgachité qui devrait proscrire ce genre d’analogie (mais j’écris ici une ébauche juste pour moi), c’est davantage les Perfect Nine de Ngũgĩ wa Thiong’o, le dernier roman d’Alexis Wright, Praiseworthy, ou les livres de la seconde partie de la carrière d’Ayi Kwei Armah (The Resolutionaries par exemple).

 

 

Illustration : lecture de la page 43, BeReal, hier 22 h 03