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vendredi, 17 avril 2026

Notre Sœur Rabat-Joie, jour de parution

C’est aujourd’hui que paraît Notre Sœur Rabat-Joie, co-traduit avec Patricia Houéfa Grange.

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Tout à l’heure, près de la mare, j’enregistrerai une petite vidéo afin d’ajouter quelques roulements de tambour à ceux de la maison d’édition. Patricia a déjà fait une publication à J – 2 avant-hier, que j’ai relayée. Hier j’ai pris un selfie en casquette rouge avant d’aller promener, et la légende a eu quelque succès sur Facebook.

 

Je crois l’avoir déjà raconté mais après tout, la répétition ou le radotage ne sont pas inutiles.

Ce livre, je le connais depuis trente ans, pile. Our Sister Killjoy. Quel titre, quand on y réfléchit.

Dans l’édition Longman, avec fleurs et fruits dessinés en couverture.

C’était à Oxford, dans le séminaire de Robert Young, qui l’avait mis en parallèle de Wide Sargasso Sea (je continue de ne pas très bien comprendre pourquoi). Depuis, je l’ai un peu fait lire (pas assez), mis quelques extraits dans des brochures de séminaire. En 2024, un an après la mort d’Ama Ata Aidoo, j’ai chouiné, comme je le fais parfois, sur un réseau social (Bluesky ? Instagram ?) sur le fait que ce livre ne soit pas disponible en français, et j’ai eu la joie d’être contacté par Sarah Fila Bakabadio, qui avait été ma collègue à Tours il y a un peu plus de dix ans, et qui est l’une des éditrices de Rot-Bo-Krik.

 

A partir de là, tout s’est enchaîné : échantillon de traduction, discussion avec les trois éditeurices (maintenant iels sont 4), approbation du projet, exigence (de ma part) d’embarquer une traductrice africaine ou afrodescendante… En février 2025, Houéfa est donc partie dans l’aventure avec nous, et j’ai traduit avec elle ce petit livre d’une très grande puissance. Après pas mal d’allers-retours entre elle et moi, nous avons rendu notre texte complet à l’éditeur début août.

Nouvelles navettes, discussions, relecture complète du texte par Mathilde Deprez (qui a noté un contresens énorme et atroce que j’avais commis et qui était resté jusque là inaperçu), intervention sur l’expérience de co-traduction à Nantes fin octobre (avec Houéfa en visio)… Depuis, on ronge un peu notre frein, mais l’organisation de la petite tournée nous a aussi un peu occupé-es.

Je n’ai pas encore beaucoup l’habitude des publications, de la médiatisation etc., et c’est aussi la première fois que ma co-traductrice est embarquée, pour une traduction, dans une tournée à proprement parler. Dans la mesure où cela fait trente ans que je tiens ce texte pour un livre vraiment capital, pas seulement à titre de « classique afroféministe » (c’est l’étiquette pensée avec la maison d’édition car c’est la meilleure manière de résumer une bonne partie des enjeux du livre), mais parce qu’il est extrêmement ambivalent, et en cela ce qu’est pour moi la grande littérature, il va de soi que j’aimerais que ce livre soit un succès de librairie, qu’il se vende bien, qu’il trouve des échos nombreux etc.

 

Une petite énigme sur laquelle je n’ai pas interrogé J.-B. Naudy dans nos échanges, c’est cette petite phrase à la page 6 : « Les éditions Ròt-Bò-Krik remercient Elvan Zabunyan de les avoir encouragées à publier ce texte. »

 

jeudi, 16 avril 2026

Terre et ciel (Raharimanana, Rivages, mai 2026)

Ce matin, j’ai enfin terminé de lire le difficile et beau livre de Raharimanana, Terre et ciel, dont il faut que je dise quelques mots à chaud : épopée constituée de 23 tantara (eux-mêmes divisés en antsa) et d’un épilogue, reprenant plusieurs mythes fondateurs malagasy mais avec pour fil narratif central la quête d’Iboniamasiboniamanoro cherchant sa promise – ou qu’il pense telle – Iampelasoamanoro ; le narrateur principal, Rakosombe, donne régulièrement sa voix à d’autres (la « vieille » Konantitra, Iboniamasiboniamanoro lui-même, et d’autres), et l’épilogue est raconté par l’oiseau-feuille-feu.

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Il y a des chapitres splendides, une écriture toujours en plis, en pliures, à la recherche de ce qu’on ne peut simplifier. Epopée qui évoque le Shâhnâmeh ou Gilgamesh, dans les ramifications de récits qui n’ont pas dimension humaine, ce livre est aussi un roman interrogeant le langage même. Comme le dit Rakosombe dans le Prologue : «  Morceaux de récit au sol, les mots s'empoussièrent, frôlent, frôlent. Festival de nuit et de silence, le récit se réveille avant de se dire, le bruit des ailes s'efface dans l’éphémère du vol, rien ne s’expose sans abîme. Les mots tournoient, pâles, bientôt suivis d’autres, échappés des ombres des sens, rescapés de l'obscur de la narration, au-dessus de ce gouffre qu’est la langue, les mots s’écroulent et il me faut les rattraper. » (p. 9) Ces phrases sont d’ailleurs répétées à la fin du dernier tantara, lorsque Rakosombe « s’efface » (pp. 423-4).

Par l’écriture comme par le projet narratif, c’est finalement davantage à Alexis Wright, en particulier son dernier roman (Praiseworthy), que m’a fait penser ce livre, mais aussi aux huit tomes de l’Oiseau schizophone de Frankétienne. Le glossaire, long de près de cinquante pages, est comme un récit supplémentaire ; je m’y suis reporté à plusieurs reprises au cours de ma lecture, mais je l’ai également lu d’un tenant, après l’épilogue.

 

Le langage n’est jamais jeux verbaux gratuits, comme dans l’épilogue, lorsque la répétition d’une quadruple paronomase vient tisser ensemble les quatre éléments et les quatre points cardinaux du premier tantara, tout en cherchant à dire la dualité homme/femme, et en fait la non-binarité, d’Iboniamasiboniamanoro :

La mort n’était qu’absence relative, l’autre l’antre et l’astre.

Feuille, feu. De l’âtre dans l’antre, jusqu’à l’astre de l’autre.

Feu, feuille. De l’âtre dans l’autre pour antre et astre. Feuille, feu. L’astre dans l’antre, c’était l’autre.

Feuille, feu, paroles, ainsi Iboniamasiboniamanoro entre dans la maison d’Iampelasoamanoro : ni mâle ni femelle, ni lui-même ni un tout autre, ni présent ni absent, ni vivant ni mort, ni corps ni esprit. Antre et monde où demeurer si la fille de la fille des filles d’Ifaratadidy-l’horizon-des-mémoires, le veut bien.

(p. 436)

 

Terre et ciel paraîtra le 6 mai 2026.

 

mercredi, 15 avril 2026

III. – Finalement deux nuits d’hôtel...

 

Finalement deux nuits d’hôtel

Supplémentaires : une la veille

Du départ tôtif (qu’appareille

Le Boeing que l’on dirait tel

 

Pour la Vénétie) en cheptel,

L’autre de l’auteur des Merveilles

(Ô périphrase nonpareille !),

À sacrifier le coquetel.

 

Peut-être a-t-on manqué de gnac

Si l’on s’endort à Mérignac

Où le cheptel devient cohorte…

 

Vendredi soir, sans Tiepolo

Ni Tupolev, cherchant la porte,

Lorgner côté Marco Polo.

 

mardi, 14 avril 2026

II. – Ce n’est pas au Palais ducal...

 

Ce n’est pas au Palais ducal –

Qu’on doit dire « palais des Doges »,

Où on se promenait en toge

Quand le plancher était bancal, –

 

Qu’on pourra voir un caracal

– Où que le merveilleux se loge –

Et en quelque martyrologe

Fait espace, pétrir le cal

 

Accumulé sur le clavier,

Tarir de rimes le vivier

En tapotant sur le smartphone.

 

L’œil happé par la colonnade

Tandis que la plume griffonne,

Ce qui s’écrit : pantalonnade.

 

lundi, 13 avril 2026

I. – C’est ici, à l’hôtel des Thermes...

 

C’est ici, à l’hôtel des Thermes,

Que commencerait (chambre deux-

Cent-trente-deux) la série de

Sonnets « vénitiens » – c’est le terme.

 

On avait attendu que germe

Lentement ce plan hasardeux

Pour approfondir mon art de

Rester à fleur de l’épiderme.

 

De la fenêtre de la chambre

On voit le fronton carrelé

Et l’effigie d’un homme en mitre.

 

Avril n’est déjà plus décembre,

Et il est temps d’écrire les

Sonnets vénitiens – c’est le titre.

 

Nuits sèches

Il fait toujours trop chaud – quoi qu’on fasse – et trop sec dans les chambres d’hôtel. Pour cela seulement je ne pourrais pas vivre souvent à l’hôtel, et je ne cherche pas particulièrement à multiplier les déplacements. Avec la sinusite chronique qui m’affecte et qui raccourcit déjà habituellement mes nuits, c’est un peu la cata. Je me suis levé à 5 h 30, j’aurais bien aimé dormir plus longtemps.

Au moins, cela me permet de lire mes mails, de faire le tour des réseaux sociaux, d’écrire une partie des billets de blog en retard.

 

06:15 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 12 avril 2026

De Gaulle rochefortais

Cette sculpture de De Gaulle, qui ressemble beaucoup à celles de Michel Audiard (c’est ce qu’il fait de mieux), est-elle de Michel Audiard ? Dans les allées où, à Rochefort, à partir de mars, chante le Petit-duc scops, je ne l’avais pas vue les fois précédentes : je pense qu’on bifurquait avant, pour longer l’école.

 

samedi, 11 avril 2026

Catapultages

Tandis qu’on discutait avec Franck Collin au café de la gare, nous avons vu un jeune homme en trottinette électrique et une jeune femme à bicyclette se télescoper, à un endroit où pourtant les voies sont bien délimitées, spacieuses.

À midi moins dix, j’ai réussi à reprendre la voiture alors que l’agent chargé des contraventions s’en approchait (je débordais d’une demi-heure, n’ayant payé que pour 1 h 20).

 

L’émission que j’ai enregistrée ce matin, avec trois immenses spécialistes de Walcott, sera, sans être forcément la préférée (j’aime toutes les émissions, sans pouvoir hiérarchiser, car elles sont toutes très différentes en fait), celle qui se rapproche le plus, dans son sujet et dans sa densité, des émissions de radio que ne fait plus France culture. (Franck l’a répété deux fois lors de nos discussions : il n’y a plus aucune émission consacrée à la poésie. Moi qui ai toujours écouté très sporadiquement la radio, connaissant mal la grille, je me contente d’opiner vaguement.)

 

12:17 Publié dans 2026, ILMC | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 10 avril 2026

Constab Ballads

Jean-Baptiste, dans un échange WhatsApp que j’ai eu avec lui en marge du colloque sur la Caraïbe auquel j’assistais, m’a appris la publication récente d’une anthologie de poèmes de McKay traduits en français, la première, tout en précisant que les fabuleuses Constab Ballads restaient inédites. Je ne connaissais pas cette œuvre que j’ai commencé à lire, et qui est certes fabuleuse, mais aussi très difficile à traduire, vu le mélange d’African American English, de patois, et de rimes anglaises riches.

 

jeudi, 09 avril 2026

ILMC, déjà quarante émissions...

En ce moment le site Web de Radio Campus Tours est inaccessible, mais il y a d’autres moyens pour écouter les émissions (plateformes de podcast notamment).

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Pendant ce temps, I Love Mes Cheveux ne chôme pas :

(1) Nous avons enregistré le 31 mars une émission « Traduire les littératures hispanophones », diffusée lundi dernier et pas encore mise en ligne à cause de la panne Web, avec Margot Nguyen Béraud (Ciclic Centre-Val de Loire / ATLAS - Association pour la promotion de la traduction littéraire).

(2) Nous avons enregistré le 7 avril en direct aux Assises du journalisme une émission « Presse et plurilinguisme » avec Jamie Smith-Maillet (podcast à suivre mais déjà écoutable sur le Soundcloud de Radio Campus France).

(3) Enfin, après-demain matin, dès l’aube, nous enregistrerons une émission autour de Derek Walcott, Prix Nobel de Littérature 1992.

 

Pourquoi ? Figurez-vous que trois des plus éminent-es walcottien-nes sont à Tours ces jours-ci :

* Kerry-Jane Wallart (Université d’Orléans)

* Cécile Chapon (Université de Tours / Laboratoire ICD)

* Franck Collin (Université de la Martinique, traducteur d’Omeros, le grand poème épique de Derek Walcott, paru en mars 2026 aux Classiques Garnier)

 

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06:25 Publié dans 2026, ILMC | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 08 avril 2026

Agacement

On ne compte plus les posts Instagram d’influenceur•euses qui disent qu’il faut décoloniser nos bibliothèques personnelles... et qui montrent ensuite des livres d’auteurices toustes né•es et édité•es en Europe et Amérique du Nord. La diaspora et les littératures d’afrodescendant•es font partie de mes objets d’étude, mais il faut lire aussi (principalement) des Africain•es. Non ?

 

mardi, 07 avril 2026

Je n'aime pas les page-turners

Un signe indiquant avec certitude que je dispose à nouveau d’un peu de temps, c’est que j’ai cinq ou six livres en cours de lecture simultanément. Hier, repoussant encore au lendemain (aïe, zut, demain c’est aujourd’hui) la correction des copies, j’en ai terminé deux : les pages italiennes de Henry James et le dernier opus publié par les éditions Louise Bottu, J’ai donné trois valium à l’humaniste qui sommeillait en moi de N. Nescio (nouvel hétéronyme de l’éditeur ?). Dans les livres en cours de lecture, je ne compte pas le Poème du Chili de Gabriela Mistral traduit par Irène Gayraud, que je lis, chant par chant, parfois avec deux semaines d’interruption, depuis quatre mois, admirable long poème dont je serai triste de l’avoir terminé quand je l’aurai terminé, ni l’Omeros de Walcott traduit par Franck Collin, auquel je dois consacrer l’émission de radio de samedi prochain.

 

lundi, 06 avril 2026

Cent fois moins souvent

Je n’écris presque jamais à ce sujet, car cela ne sert à rien, mais bien sûr que la fascisation croissante du monde ne nous laisse quasiment pas de répit. Croissante : elle accélère, comme la destruction capitaliste du monde (et j’entends « monde » en un sens plus large que planète par exemple).

 

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Cette fascisation, on peut – naïvement – s’en croire protégé, mais il ne se passe pas un jour sans y penser. L’exemple le plus terrible, et sans doute le plus menaçant, est le second mandat de Trump. Hier, il a publié un tweet qui est peut-être le plus délirant et le plus inquiétant de sa carrière de fasciste dérangé. Au pied de la lettre, cela pourrait signifier qu’un conflit nucléaire de grande ampleur aura commencé d’ici la fin de la semaine.

Je lis tous les jours la presse, Mediapart et le Guardian notamment, mais pas seulement – je butine. Ce matin, sans même avoir à cliquer sur les liens, les titres des quatre articles de la rubrique “Climate Crisis & Environment” du Guardian suffisent à résumer ce dans quoi, indéfectiblement, on s’enfonce. J’ai dû l’écrire dix fois déjà, c’est-à-dire cent fois moins souvent que je ne l’ai pensé, mais cette humanité qui préfère accélérer la destruction capitaliste et trouver à vilipender ou sacrifier d’autres peuples, d’autres “races” etc., plutôt que de revendiquer une fiscalité plus juste et la transition écologique, me laisse pantois plus encore qu’elle ne me met hors de moi.

 

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Au milieu de tout cela, sans aucunement me croire « protégé », je vaque : cours, lectures, recherche, traductions… et même loisirs, dites donc… Je passe une heure par jour, environ, à lire la presse, et plus de temps sans doute à m’angoisser ; ça ne peut pas être une activité à plein temps, à moins de devenir fou.

 

07:07 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 05 avril 2026

Terre et ciel (Raharimanana) — premières pages

Hier, Jean-Luc Raharimanana m’a envoyé son « nouveau roman » (ainsi qu’il me l’avait annoncé (mais le sous-titre indique tantara comme genre, j’y reviendrai)), avec une dédicace d’autant plus émouvante que j’ai ainsi pu commencer à lire ce livre un mois avant qu’il ne débarque sur les étals des librairies.

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Cette fois-ci, et je peux le dire même si je n’ai lu que cinquante pages soit un petit huitième du livre, Raharimanana amorce un nouveau virage dans une œuvre qui n’a jamais choisi la facilité ni la répétition. Il s’agit d’un tantara, c’est-à-dire d’un récit épique malgache. Le livre raconte, en vingt-trois récits, un des grands mythes fondateurs de l’ontologie malgache, mais du point de vue, peut-être détourné ou faussé (il est trop tôt pour le dire), d’un des personnages a priori secondaires.

 

Attendons. Peut-être que je me trompe. En tout cas, c’est très beau, et tout en étant riche de cette voix singulière, ça ne ressemble à rien de ce qu’a écrit Jean-Luc jusqu’à présent.

Ce que ce texte m’évoque, par-delà sa très évidente et profonde malgachité qui devrait proscrire ce genre d’analogie (mais j’écris ici une ébauche juste pour moi), c’est davantage les Perfect Nine de Ngũgĩ wa Thiong’o, le dernier roman d’Alexis Wright, Praiseworthy, ou les livres de la seconde partie de la carrière d’Ayi Kwei Armah (The Resolutionaries par exemple).

 

 

Illustration : lecture de la page 43, BeReal, hier 22 h 03

 

samedi, 04 avril 2026

« je n'en suis encore qu'à mes débuts »

Je travaille sur la façon dont Beckett, dans son va-et-vient entre le français et l’anglais, exprime la notion de commencement. Vaste sujet, que je me contenterai d’effleurer, d’autant que je ne suis évidemment pas spécialiste de Beckett. En procédant à un relevé préliminaire, je découvre ce passage de L’Innommable (1953), traduit par Beckett lui-même (The Unnamable, 1959), et dans laquelle il a supprimé les phrases que j’ai indiquées en les barrant dans le texte-source (français).

La phrase sur « les débuts » a donc disparu.

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vendredi, 03 avril 2026

Temps gris

Depuis deux jours, comme j’ai enfin rendu l’énorme traduction, je me réveille plus tard. Ou je me lève plus tard, plus à même de traîner à moitié somnolent entre les draps. Ce matin, entre 7 h et 7 h 30, entre le moment où je me suis levé et celui où, entre la douche et le café, je me suis mis au travail, le jour avait commencé à poindre. Il fait gris, et le changement d’heure nous a volé les matins pour encore quelques jours.

Je ne savais pas si mes réveils presque quotidiens entre 4 h 30 et 5 h 30 étaient vraiment liés au fait que j’avais intégré la nécessité d’allonger mes journées de travail tant que le livre ne serait pas remis ; peut-être que j’ai la réponse.

 

09:07 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 02 avril 2026

L'usine des animaux

En soirée nous avons assisté à la projection du documentaire de Caroline du Saint, L’usine des animaux, réalisé pour Arte en 2023 et que j’ai trouvé, pour ma part, un peu long. J’ai beau ne pas avoir lu tant de choses que cela sur les élevages industriels, je n’ai pas appris grand-chose. Les images de l’Iowa ou de Chine et du Vietnam sont hallucinantes, mais le documentaire n’évite pas du tout non plus, heureusement, l’accélération du carnage en raison du lobby agro-industriel français ; les séquences montrant Castaner posant avec un porcelet dans les bras après avoir annoncé la criminalisation des lanceurs d’alerte « écoterroristes » sont un rappel utile. Le problème, c’est que si on devait montrer toustes les responsables politiques français·es qui bouffent au râtelier des producteurs de glyphosates et des massacreurs d’animaux dans des conditions indignes, il faudrait un film de dix heures.

Il n’y avait presque personne pour cette projection, une trentaine, toustes convaincu·es, de toute évidence, alors que c’est évidemment un film qu’il faut montrer aux personnes qui mangent de la viande à haute dose et n’ont, par là même, aucune idée de – ou se voilent la face pour ne pas comprendre – ce qu’elles font.

 

22:07 Publié dans 2026, Tographe | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 01 avril 2026

Même pas un poisson

J’ai donc envoyé la traduction à l’éditrice à midi moins cinq, quelques minutes avant le test sirène, et, tandis qu’on fêtait ça avec Claire à La Case, rue Étienne-Marcel, l’éditrice me répondait qu’elle avait signalé au service paiements de procéder au versement de mon deuxième tiers.

 

18:08 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 31 mars 2026

24 heures de retard (annoncées)

Mon ordinateur de bureau n’a jamais été aussi lent. Il faudrait que je l’apporte chez le réparateur mais je devais finir la traduction et je ne pouvais pas me le permettre – tout en perdant du temps à cause de cela – et maintenant je vais avoir encore d’autres bonnes raisons de ne pas pouvoir « perdre une demi-journée ». Au demeurant il me reste 5 chapitres à relire et les notes de 7 chapitres à insérer/reformater/traduire. Je rendrai le travail avec un jour de retard, mais l’éditrice m’a répondu : « parfait, bon courage pour la dernière ligne droite ».

 

*

*                   *

 

Trans Visibility Day : outre l’inauguration des nombreux autres ateliers de pratique artistique étudiante, le spectacle de voguing, ce soir, donnait la pêche. Mon ami le poète et grand critique/traducteur Alex Dickow a conseillé l’œuvre de Jay Besemer.

 

21:35 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 30 mars 2026

Sonnets (annoncés)

J’ai pris du retard ici, et ailleurs aussi il faut bien le dire.

Un malheur n’arrivant jamais seul, j’envisage d’écrire des Sonnets vénitiens au mois d’avril.

 

dimanche, 29 mars 2026

Fake news (dénoncées)

Changement d’heure, toujours la même saloperie.

Promenade sur les bords de Loire, rive gauche, « sous » les Tanneurs, puis en ville, toujours aussi animée. Une des fake news les plus répétées et les plus insanes de la droite tourangelle et de ses bataillons de trolls, même une fois la campagne finie, est que « le centre ville de Tours est mort » et que « la ville a sombré », alors qu’il n’y a jamais eu autant de monde ni de petits commerces vivaces que depuis quelques années… et donc même un dimanche après-midi…

 

samedi, 28 mars 2026

Notre Sœur Rabat-Joie (parution le 17 avril 2026)

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jeudi, 26 mars 2026

Seuils, les remerciements

Hier, coïncidence amusante, alors que j’avais traduit le matin les 2 pages et demie de remerciements du livre dont je rendrai le manuscrit complet à l’éditeur la semaine prochaine – je dois ajouter les notes, vérifier certaines références, et procéder à la relecture d’encore une bonne moitié des quelque 1.300.000 signes de l’ouvrage –, Claire a découvert la page de remerciements co-écrite, dans Notre Sœur Rabat-Joie, par Patricia Houéfa Grange et moi-même. Nous avons parlé de la fonction de cette rubrique très particulière, au croisement du personnel et du politique : oui, mon paragraphe de remerciements a été dûment pesé et mûrement réfléchi, et il y entre aussi des considérations politiques, au sens de mon positionnement comme des éléments d’appel.

 

Il se trouve qu’avant-hier en relisant les ‘Acknowledgments’ du livre de Howard French, je me suis fait la réflexion qu’il ne me semblait pas que Genette eût traité de ce cas précis de paratexte dans Seuils. J’ai redit cela à Claire, hier. Et ayant enfin pris l’ouvrage sur son étagère ce midi, je confirme qu’a priori les « remerciements » ne sont pas une catégorie étudiée de près par Genette, sans doute parce qu’elle était encore très marginale en 1987. Le chapitre sur les dédicaces est sans doute ce qui s’en rapprochera le plus, qui ou permettrait un point de départ méthodologique .

Il reste à faire des recherches pour voir si des narratologues ont travaillé plus récemment sur cette question, et en particulier dans le contexte très particulier des genres (sciences humaines vs creative writing), ou des positions distinctes d’auctorialité : on voit de plus en plus de paragraphes commençant par « l’éditeur tient à remercier » ou par « la traductrice remercie »… Si quelqu’un écrit un jour un livre sur le sujet – et il y aurait largement de quoi -il faudrait envisager un chapitre sur les effets d’humour ou d’autodérision souvent présents dans ces textes.

 

mercredi, 25 mars 2026

Du caléidoscope

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J’ignorais cette orthographe de kaléidoscope, avec un c- au début à la place du k-.

 

Le Larousse l’indique, et le Wiktionnaire offre même une citation de 2020, qui, dans le contexte de la crise sanitaire, parlait du « caléidoscope des réactions humaines ».

 

Or, il n'y a aucune citation avec cette orthographe sur Wikisource, qui répertorie, je le rappelle, des textes du domaine public, donc (relativement) anciens : ni Proust (qui emploie plusieurs fois ce mot), ni Verlaine (bien sûr), ni Hugo, ni Huysmans (le seul à l'écrire avec un tréma, et dans sa Cathédrale qui m'évoque Marien Defalvard)), ni Balzac, ni enfin Irène Hillel-Erlanger dans son ouvrage Voyages en kaléidoscope ne l’écrivent autrement qu’avec son hellénique k.

 

Voici donc une citation du Robinson des Alpes de Gustave Aimard :

Ils choisirent un chemin plus long et résolurent de se diriger sur Grenoble en passant par Saint-Jean-d’Entremont, l’Alpette et la vallée du Graisivaudan. Des citadins auraient reculé devant cet itinéraire, qui ne parut qu’une promenade agréable aux deux vigoureux montagnards, accoutumés à courir par monts et par vaux, à travers les chemins les plus difficiles. Ils étaient d’ailleurs convenus de faire le trajet à pied, le sac sur le dos, afin de jouir, dans toute leur splendeur, des accidents pittoresques de la route et des admirables paysages qui se dérouleraient sous leurs yeux comme un magique caléidoscope.

 

mardi, 24 mars 2026

Sonnet printanier un brin métapoétique

Sonnet printanier un brin* métapoétique
(à partir des légendes de deux BeReal matinaux)**

 

Le merisier flamboie (ça ne va pas durer) :

N’attendez pas que l’herbe reverdisse***

et les fleurs en bouton, poètes****. Le calice

jusqu’à la lie* vous allez récurer.

 

Pris entre dix et douze**, un sonnet est en lice

pour torturer l’ouïe des culturés. ***

C’est le printemps, alors je m’exclame : « Purée !

Les coronilles au****ssi resplendissent ! »

 

Mes vers sont du chiendent, et Malherbe* est aux fraises**

face à ce ramassis indécrottable

fait de cacophonies et de diérèses.

 

(On échappa de peu*** au taratantara,

au vers 10.)* Printaniers, les poètes, à table,

braillent « C’est pas** la soupe qui rata*** ! »

 

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* C’est le premier jeu de mots d’ordre bucolique.

** Le sous-titre dénombre quatorze syllabes.

*** Sur cette pierre je bâtirai mon église.

****Première synérèse (nul besoin d’astrolabe).

* Les clichés, c’est toujours pratique à déconstruire.

** Faute de cinq à sept, le poète est matinal.

*** En un vers, une diérèse et un barbarisme !

**** Cette horrible liaison a donné le signal

Du motif cacophonique.

*                                      … n’est pas Cingal !

** Les seules que l’on voit sont d’Espagne, et toxiques.

*** Non, le printemps n’est pas la saison des colchiques.

* C'est la seule trace d’un vers qu’on a perdu.

** Rien n’est donc évité, d’un langage banal.

*** Sur ça, tu clos le ban, pénible individu.

 

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lundi, 23 mars 2026

Réception de mes exemplaires de Notre Sœur Rabat-Joie

Comme je manque de temps, ou que je ne le prends pas pour écrire dans ces carnets avec la rigueur qu’il faudrait, je me contente de copier-coller ici la petite capsule vidéo que j’ai enregistrée aujourd’hui à réception de mes exemplaires de Notre Sœur Rabat-Joie. Sur Instagram, la vidéo a déjà obtenu 70 likes et une dizaine de partages, sans compter plusieurs commentaires. Je vais encore rabattre les oreilles de tout·e un·e chacun·e avec cette publication, donc je n’en dis pas davantage aujourd’hui.