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jeudi, 04 juin 2026

Le temps passe

De samedi après-midi à mardi, j’ai été souffrant, avec des migraines et des pics de fièvre à 39°, et depuis hier, alors que la météo est redevenue presque automnale, j’essaie de rattraper le temps perdu, avec pas mal de petites choses en retard. Cet après-midi je ferai passer en visio quelques oraux de L3, ce foutu examen reporté déjà trois fois suite au blocage par une ultra-minorité qui en a fait un combat politique sans rapport avec les revendications de départ.

 

Une partie de ce que je dois rattraper, ce sont les billets de blog, ici même. J’ai lâché l’affaire depuis un mois sur l’autre blog (et ça me déprime, en fait), donc pas question de lâcher ici aussi.

 

08:20 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (1)

mercredi, 03 juin 2026

Un bihoreau de près

Dans les jours qui viennent, il faudra que je commence à mettre en forme ma brochure de textes de version pour le cours d’agrégation que je vais désormais assurer, l’an prochain, en plus de cours de traductologie d’agrégation interne.

Il faut que je réfléchisse à ce que je vais faire dans le cours de « traduction et langues de la recherche » de M2.

 

Cet après-midi, lors d’une promenade au bord de la Loire à Rochecorbon : goélands, grande aigrette sur l’Île aux Oiseaux, sternes bien sûr, bihoreau en vol contre le vent le long de la rive, et même un faucon (ce n’était pas un crécerelle… hobereau peut-être ? en contre-plongée à contre-jour ce n’était guère évident).

 

Soir : nous avons fêté le succès aux examens d'Éva et Odilon, reçus tous deux haut-la-main à leur L2.

 

22:20 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 02 juin 2026

My Brilliant Career

J’ai commencé ce matin à lire un classique australien que je voulais lire depuis des lustres, My Brilliant Career de Miles Franklin. C’est très vivant, très astucieux ; certains passages, comme le chapitre V, relèvent pleinement de la littérature prolétarienne, avec même une dimension antispéciste antipatriarcale. Il me semble que l’intrigue amoureuse va être plus convenue, dans une lignée Austen/Brontë finalement nettement moins moderne que le reste du roman.

Ce premier roman publié à 22 ans à Edimbourg par son autrice est resté inédit en Australie jusqu’après la mort de celle-ci, pourtant couronnée de succès pour ses autres livres. C’est l’un des deux seuls traduits en français… et d’ailleurs j’aimerais bien jeter un œil à la traduction, car il y a de vraies gageures. J’ai d’ailleurs corné plusieurs pages dans l’idée d’y pêcher des textes de version.

 

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Ici, il faudrait vérifier les termes techniques liés à l’art équestre.

 

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Là, il faut trouver un jeu de mots passable. ——— N'attrape pas un coup de soleil ! Et toi, ne prends pas goût au soleil ! ——— C'est nul car il y a évidemment une allusion qui relève ici de la pure drague

 

Plus loin, la narratrice évoque, dans une scène champêtre très proche du ton de certaines nouvelles de Maupassant, “the plop, plop of a platypus disporting itself mid stream” : comment restituer une allitération avec notre foutu ornithorynque ?? j’ai tenté « le plic, ploc d'un ornithorynque folâtrant dans le courant », mais il faudrait un verbe avec au moins un son /k/ pour remplacer le verbe folâtrer.

 

lundi, 01 juin 2026

I Love Mes Cheveux, 44 déjà

Aujourd’hui a été diffusée l’émission enregistrée avec ma co-traductrice Patricia Houéfa Grange mercredi dernier avant la rencontre aux Temps sauvages. L’année risque de se terminer un peu en eau de boudin pour l’émission : après deux émissions les 8 et 15 juin, je n’ai rien de prévu, et je serai absent les 29 juin et 6 juillet – sans compter l’intervention chirurgicale du 13 juillet, déjà repoussée deux fois par l’hôpital.

Je n’ai pas osé évoquer récemment avec Nicolas, l’excellent libraire, ni avec Karine sa collègue depuis six mois, le projet d’une émission autour du fonds en traduction de la librairie, mais comme il me lit, peut-être réagira-t-il à ce message…

 

Malade depuis hier, je dors – et ai passé même une grande partie de ce lundi – dans la chambre du sous-sol, ce qui est l’occasion d’écouter les neuf vinyles de Sonny Rollins légués par mon beau-père, qui aurait eu 79 ans aujourd’hui.

 

19:00 Publié dans 2026, ILMC | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 27 mai 2026

Varia

En cherchant quel livre commencer avant-hier, je me suis avisé que les deux piles de ma table de chevet sont surtout mal rangées : deux livres qu’on m’a prêtés et que je n’ai pas encore rendus, quatre ou cinq livres que j’ai lus ou que je n’ai pas envie de lire, etc.

Finalement, le fichu oral de L3, reporté deux fois déjà – une fois à cause d’une erreur dans la convocation, la deuxième à cause du blocage de la salle d’examen par une poignée d’étudiants –, aura lieu lundi prochain, ce qui nous a été annoncé hier soir et me semble étrange.

 

En courant d’air derrière les volets, la température du salon était tombée de 26°6 à 24°9 au cours de la nuit. Depuis que j’ai ouvert en grand, il y a une demi-heure, c’est tombé à 23°8. Un peu de vent secoue les branches des pruniers, chargées de fruits. Mais je sais que ça va caler autour de 23°, et remonter dans la journée. C’est juste pour éviter le pire. Comme hier j’ai réussi à travailler dans le bureau en oubliant même de mettre le ventilateur en marche, ça montre qu’on réussit à se passer de clim’.

Le café réchauffé que je bois est infect.

L’énorme prunier qui déborde sur le milieu de la terrasse fait partie des arbres qui ont poussé à l’oblique : lourd de milliers de prunes vertes, certaines de ses branches balaient le sol. Au début de l’automne il faudra que j’élague.

 

Il y a quatre semaines, c’était le lancement de Notre Sœur Rabat-Joie à Bordeaux ; ce soir ce sera la dernière étape de notre tournée, à Tours.

 

 

06:30 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 26 mai 2026

Accablant

Bien entendu, la chaleur est si forte que j’étais déjà heureux d’avoir dormi six heures et quelque, jusque vers 5 h 30. Cela me permet aussi de mettre en courant d’air volets ouverts : derrière les volets fermés, ça ne fait autant diminuer la température du rez-de-chaussée. (En fait, notre rez-de-chaussée est deux mètres au-dessus de la chaussée et du jardin côté rue : il faudrait dire rez-de-terrasse, mais au bout de 17 ans ici on ne va pas commencer pareille préciosité. De plus, les placards s’effondrent : faudrait-il déménager ?)

 

La chaleur est accablante, comme fin juin certaines années récentes.

C’est la catastrophe. On y fonce, on le sait. Hier une amie écrivait sous une publication Facebook où je relayais le communiqué d’une adjointe au maire de Tours : « Je suis tellement en colère. » Oui, on peut l’être : trente ans que c’est connu, trente ans que globalement les pouvoirs publics ne font rien pour lutter contre l’artificialisation des sols, pour empêcher la confiscation des ressources en eau, pour financer la transition massive vers le solaire, pour reboiser intelligemment, etc.

 

06:32 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 25 mai 2026

Extinction(s)

Après avoir sué toute la matinée sur ma communication de jeudi sur Beckett, j’ai lu toute l’après-midi, ou pas loin : avancé dans l’essai de Grégory Pierrot, achevé Extinctions de Josephine Wilson, commencé un Terry Pratchett dont je ne sais plus si je l’avais trouvé dans une boîte à livres ou chez un bouquiniste (Jersey ?). Content de me frotter un peu à Pratchett, avec lequel on me bassine depuis des décennies : c’est (très) drôle, astucieusement écrit, mais ça reste du roman d’action avec quatre péripéties toutes les trois pages.

J’ai tellement de livres qui s’entassent sur mes piles à lire (deux dans la table de chevet, une dans le placard, une autre au bureau) qu’il me faudrait faire ça tous les jours jusqu’en septembre pour apurer un peu la chose.

(Et ne pas acheter ou emprunter de nouveaux livres. LOL.)

 

.................. Le temps d'une minute ou deux, j'ai confondu Roger Genoud avec Roger Giroux.

 

dimanche, 24 mai 2026

Barouf

Un placard – celui des WC de l’étage – s’est effondré, on ne sait quand (on ne devait pas être là, vu l barouf que ça a dû foutre).

C’est A* qui s’en est rendu compte, cette nuit, en voulant les utiliser. Il ne nous l’a (gentiment) dit que ce matin ; je m’en suis drôlement vu pour désobstruer – magazine par magazine, bribe de placard par planche éclatée, la main passée par le mince entrebâillement possible – le tas qui empêchait d’ouvrir la porte. Ça a été l’occasion de jeter à la benne à recycler une dizaine d’exemplaires de Marmiton, d’autres magazines, et je vais pouvoir apporter à la boîte à livres de l’université nos vieux exemplaires du Magazine littéraire (il n’y en a pas beaucoup car ce sont ceux qu’on achetait ponctuellement, dans les années 2000).

 

12:00 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 23 mai 2026

Dans les pages

Hier, avec E~ (aucune idée de l’initiale ou diacritique éventuellement employée déjà pour lui), nous avons donc pioché abondamment dans les huit cartons de livres que la famille d’une collègue que j’ai bien connue entre 2003 et 2011 – nous sommes allés chez elle trois fois – a légués suite à sa mort l’an dernier. Beaucoup de paperbacks déjà anciens et en état d’usage, mais E~ en a embarqué 70 ou 80 peut-être (sac à dos + deux gros sacs FNAC), et moi une dizaine, dont la plupart sont pour le moment dans mon bureau à la fac, où je les récupèrerai la semaine prochaine. Je pense d’ailleurs que je repasserai prendre les Doris Lessing que j’ai laissés de côté.

 

Hier soir j’ai commencé la lecture de The Accidental d’Ali Smith, déjà tenté à sa sortie ; j’avais réessayé, il me semble, il y a quelques années ; il m’est encore tombé des mains au bout de 25 pages. Depuis plus d’un an nous parlons de désherbage : celui-ci sera du lot. Par contre j’ai commencé de lire Extinctions de Josephine Wilson, acheté il y a 4 ou 5 ans, et qui cette fois-ci me plaît plutôt bien. La façon dont des images et des photographies d’objets ou de constructions architecturales sont insérées dans le récit est plutôt originale (ni Breton ni Sebald ni Guibert ni Rodenbach).

J’ai aussi lu un bon tiers de Fantômes de la révolution noire de Grégory Pierrot, paru chez Ròt-Bò-Krik en même temps que notre Sœur Rabat-Joie (« notre » n’est pas en italiques : désormais, elle nous appartient, à Patricia et moi). Il faudra, in fine, que j’écrive à Grégory Pierrot, mais quel plaisir de lire de vrais développements sur William Kelley, sur Lorraine Hansberry ; une page que je prévois de partager sur Facebook taille un costard à Boris Vian en rappelant (dans mon cas : en m’apprenant) comment il avait écarté d’un revers de la main les objections d’un Zobel, pas légitime selon lui pour évoquer les voix afro-américaines.

 

vendredi, 22 mai 2026

Article de Jennifer Ilunefó Aliu-Kadiri sur la répression LGBTQIphobe au Sénégal

Mon amie Elvire m'a signalé ce matin un bel article de Jennifer Ilunefó Aliu-Kadiri, “The Betrayal of Ubuntu: Senegal's New Anti-LGBTQ+ Law, Colonial Ghosts, and the Forgotten Body”.

Manquant de temps, j'en ai seulement traduit l'encart figurant à la page 3 sous un intitulé The Deeper Question.

 

To truly decolonise Africa.PNGLa décolonisation de l’Afrique passe par la décolonisation des esprits

Le sujet de cet article, ce n’est pas seulement une loi. Il aborde une question à laquelle toutes les nations africaines devront bientôt répondre avec honnêteté et courage : quel est le regard qui dicte nos lois ? Lorsque le Sénégal parle d’ « actes contre nature » pour jeter ses citoyens en prison, il n’a pas recours aux traditions africaines ni à la philosophie autochtone. Il reprend, presque mot pour mot, le vocabulaire moral des tribunaux français de l’époque coloniale. Le regard colonial blanc – cet outil de classification, de surveillance et de contrôle des corps vieux de plusieurs siècles – n’a pas disparu avec le drapeau tricolore en 1960. Pleinement absorbé, il s’est inscrit dans le droit national. Ce sont désormais des mains africaines qui l’aiguisent et s’en servent contre des corps africains, sur un substrat politique africain, avec une belle assurance qui confond héritage colonial et fierté culturelle.

La décolonisation, comme l’a bien dit Frantz Fanon dans Les Damnés de la Terre (1961), ne s’arrête pas quand on change de drapeau. Elle s’arrête lorsque l’esprit colonisé se libère des cadres épistémologiques mis en place par le colonisateur. Sous cette influence, les sociétés africaines ont appris à considérer certains corps comme déviants, certains désirs comme criminels et certaines vies comme indignes de la protection de la loi. Les institutions africaines ont pris pour réflexe de réagir aux différences humaines en jetant les gens en prison. C'est là l'héritage colonial qui se manifeste aujourd'hui à Dakar. Il faut donc que le Sénégal change ses lois, mais aussi qu’à tous les niveaux de la société et du gouvernement il s’engage dans une opération radicale, lucide et consciente de décolonisation intellectuelle.

Nous devons nous interroger sur l’origine de nos systèmes de référence moraux. Nous devons nous demander quelles traditions nous voulons vraiment défendre, et lesquelles sont un legs que nous n’avons jamais remis en question. Nous devons être prêts à nous regarder avec nos propres yeux, et non à travers le regard des personnes qui se sont autrefois approprié nos corps. Les sociétés africaines précoloniales n’étaient pas le monolithe sexuellement répressif que la mythologie coloniale a forgé de toutes pièces. Elles étaient diverses, adaptables et – dans de nombreux cas bien documentés – tolérantes envers les différences humaines, à mille lieues de la morale victorienne européenne. Revenir à nos racines, ce n’est pas épouser un réflexe de criminalisation. C’est revenir à la complexité, à l’idée de communauté et à l’inclusion radicale et inconditionnelle que l’Ubuntu a toujours exigée de nous.

 

17:47 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 21 mai 2026

De Lille à Douai, solastalgie

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Ce matin dans le train. Quatre personnes pas toutes jeunes derrière moi parlent de leurs nuits respectives, puis de leur transit intestinal, avant qu’une d’elles ne commence à lire à haute voix tout ce qu’elle voyait sur son téléphone. Tout ce beau monde s’est calmé plus ou moins au démarrage du train, heureusement.

 

Me voici, oreilles calées sur le nouvel album de Julien Jacob, superbe et dont une vendeuse de la FNAC de Lille hier m’a confirmé qu’il n’était pour l’instant « pas disponible en physique », et à lire cet essai paru le mois dernier et dont je n’aurais jamais su qu’il existait si je n’avais pas pris le temps, avant la rencontre à la librairie L’Affranchie, de bien regarder les tables. L’essai traite de la poésie de John Clare en lien avec l’appropriation capitaliste des espaces communs, tout en discutant de la traduction de certains de ses poèmes. Beaucoup de photographies prises par les auteurices lors de leurs propres pérégrinations sur les terres de Clare, en 2025, avec des légendes ironiques : le genre de livre qui me fait regretter d’avoir manqué de temps récemment pour le vlog. Moi qui ai découvert Clare en faisant pour la première fois le cours sur la poésie romantique en 2002-2003 et qui n’ai cessé de le lire et de le faire découvrir depuis, ce texte m’a tout de suite happé (requis). Et en lisant l’essai, me revient l’idée de revenir aussi à l’essai si fondamental et inspirant pour moi de Ross Chambers, Loiterature.

Le train s’arrête, vingt-cinq minutes après le départ, en gare de Douai, ville où nous avons passé quelques jours très heureux en juillet 1998.

Dohlâm dhi sonkhet

Dohlâm ni sonkhet

Wagaonn nesônn ditril nereb

Wagaonn nesônn mparap nesep

 

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mercredi, 20 mai 2026

Quelques heures à Lille

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À errer et déambuler dans les rues de Lille, se perdre jusque dans le petit zoo : j’envoie à mon fils aîné une photo d’un écureuil de Prévost, et sans passer par Google Lens ni rien, il me répond du tac au tac que c’est un écureuil de Prévost.

Dans ma blême mémoire (mêmoire, en fait : je n’ai jamais commenté cela), le zoo de Lille, vu en 2015 en famille, se confond avec celui de Lyon, vu en 2012, peut-être aussi par contiguïté amicale : après tout à Lille en 2015 nous avions visité la ville avec le local de l’étape, Alban, qui y vivait encore, et qui est lyonnais (il était avec nous à la Tête d’Or en août 2012).

 

L’occasion, à Lille, de renouer avec les quatrains animaliers :

Ma Muse ne fait pas la fière

En anglais ou en espagnol.

*

 La cage du Hocco à pierre

Est infestée de campagnols

 

L’occasion, à Lille, de prendre en photo une devanture de drebley :

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L’occasion, à Lille, de déplorer que l’inscription sous la statue d’Edouard Lalo ne soit pas assez effacée :

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« De sa lointaine origine espagnole le compositeur avait hérité du sens des rythmes et des couleurs. » Mais pitié !

 

L’occasion, à Lille, d’une magnifique rencontre avec Soazic Courbet de la librairie « L’Affranchie » (more on that later) et d’une découverte culinaire (restaurant péruvien où j’ai dîné d’un aji con pollo sin pollo). Au Palais des Beaux-Arts, aussi, j’ai pas mal nourri mon regard.

 

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mardi, 19 mai 2026

?

Bientôt nous comprendrons la valeur de nos rires. Que faire en attendant ?

 

lundi, 18 mai 2026

Débordé

Réveillé avant 6 heures ; il fait 16°5 dans la maison car nous avons un mois de mai pourri (et froid), ainsi qu’une chaudière en panne. Impression d’être débordé de toutes parts par le travail (myriades de menues tâches) et les projets en cours. J’ai beau me dire que je me reposerai un peu en juin, je sais (crains) que c’est (que ce ne soit) faux.

 

Hier soir, en préparant l’émission de ce matin avec Raharimanana, je relisais plusieurs passages de Revenir, en français ainsi que dans sa traduction par Allison M. Charrette, et ne cesse de voir des idées pour un article. Le problème est que je ne sais pas du tout dans quel cadre je pourrais écrire cet article, ni avec quel angle : « ruptures et envols de la voix lyrique », peut-être (en étudiant la façon dont la traductrice s’est débrouillée des changements de registre) ?

Il y a plus urgent avant (il y a toujours plus urgent avant) : j’ai une communication à préparer sur Beckett pour jeudi en huit, et il faudra que je m’y attelle, entre mon voyage à Lille et la préparation des deux émissions de radio de la semaine prochaine (qui correspondent toutes deux à des événements parallèles de recherche/médiatisation).

 

07:08 Publié dans 2026, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 17 mai 2026

Ascension difficile

Voyage de retour pénible. Nous n’étions jamais allés dans les Landes à cette période de l’année, ni pour aussi peu de temps – et même si la météo ne nous a pas gâtés, c’était agréable de passer un peu de temps avec mes parents – et on peut confirmer que prendre les grands axes un dimanche de pont n’est pas une bonne idée : 7 h 25 au lieu de 5 h 45, le trafic faisant l’élastique presque tout du long entre Saintes et Tours, avec deux jolis ralentissements au sud de Bordeaux puis sur la rocade même. À ne pas rééditer. D’ailleurs, désormais,  quand je descendrai seul, ou même avec Claire pour peu de temps, il faudra envisager le train, même si c’est hors de prix.

 

17:15 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 16 mai 2026

Un lièvre (certes)

Pas dans la pelouse, détrempée. Des averses, toujours, et la fraîcheur pour ne pas dire le froid.

Lever un lièvre, qui détale et revient plus tard – ou était-ce un autre ? – par la butte proche de l’ancien champ ?

Malgré les bottes dûment chaussées, je n’ai pas voulu aller dans le bois, trop boueux, avec des arbres tombés obstruant les chemins.

(Regret.)

 

vendredi, 15 mai 2026

Ungodly hours

Levé depuis une heure, réveillé depuis bien davantage. Il pleut des cordes (ça m’a réveillé), et je me demande si ma mère, qui a remis un petit coup de chauffage hier soir, n’a pas oublié de rebasculer le thermostat en position nuit, car il fait très bon, les radiateurs sont chauds et on entend toutes les deux minutes un bruit de robinet au sous-sol.

Comme toujours à Cagnotte depuis quelques années, je passe les heures à ne pas mettre un chat dehors (j’ai cherché un équivalent de ungodly hours, je ne trouve rien, et me demande de surcroît si l’expression anglaise ne sert pas plutôt dénoncer les gens qui ne sont pas encore couchés, l’heure à laquelle les bons chrétiens sont déjà dans leur lit etc.) dans la cuisine, sur l’ordinateur : je n’allais pas me raser à 5 h du matin, en réveillant O* et E*, qui ont fait le voyage avec nous et qui étaient vraiment crevés par leur semestre, hier à l’arrière de la voiture. L’horloge normande Levavasseur (héritage de Chicheboville) fait son tic-tac de vacarme.

 

Laurent m’ayant parlé avant-hier d’un livre d’Upton Sinclair, j’avais fait deux ou trois très rapides recherches sur cet écrivain états-unien qui n’était qu’un nom, et à peine même. Il se trouve que ma mère possède, dans la collection Tauchnitz – et plutôt abîmés –, deux romans d’icelui, mais pas du tout celui qui intéresse Laurent. Upton Sinclair, mort à l’âge de 90 ans en 1968, a écrit pas loin de cent livres, donc ce n’est pas surprenant. D’après ma mère, ce sont des livres récupérés lors d’un legs fait par une vieille collègue partie à la retraite depuis longtemps, quelque chose dans le genre, et au vu de leur état elle ne les avait pas lus. J’ai commencé Mountain City, pour voir, et c’est assez prenant, tout en étant très classique dans l’écriture.

 

jeudi, 14 mai 2026

Basta, l'antihista !

À cinq heures, pendant que chauffait l’eau du café, j’ai vu s’allumer le lampadaire au niveau du 14. (Le nôtre s’allume à 6 h 30, sauf quand il fait déjà trop jour, ce qui commence à être le cas, malgré le temps très maussade.)

Je dors normalement (on était couchés très tôt hier), après 3 nuits à prendre l’antihistaminique qui me faisait dormir trop longtemps et surtout me rendait tout cotonneux pendant l’heure suivant le réveil. Je déteste ça, ça fait partie des effets indésirables – basta, l’antihista !

 

Une semaine de retard dans ce blog, davantage dans l’autre. Hier matin je disais à Laurent que dans ces cas-là je bâclais en vitesse, en une heure ou guère plus, les billets de la semaine. Je vais, de facto, en pondre deux ou trois d’ici le moment où nous devrons vraiment nous préparer (l’heure du « réveil » (l’objet)).

 

05:18 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 13 mai 2026

Trois librairies de l'Est parisien

Matinée très stimulante, à écumer l’Est parisien avec Laurent, qui m’a fait découvrir trois librairies : Litote en tête, Le Monte-en-l’air et Libre Ère. Difficile de ne pas acheter des livres, tout en réfléchissant stratégiquement à qui je donnerais tel ou tel après l’avoir lu. J’ai dit à Laurent que Claire et moi retardions depuis au moins un an le moment de nous poser et de consacrer quelques heures au désherbage de notre bibliothèque (il va bien falloir le faire).

 

Dans les trois librairies, le livre d’Aidoo était présent, et même très en vue.

Au Monte-en-l’air, une des libraires a fait une vitrine impressionnante avec une dizaine d’exemplaires du livre, qui se trouve aussi sur deux tables de nouveautés différentes ; j’ai pu discuter brièvement avec une autre libraire, qui vient de lire le livre, et je lui disais que ce qui me ravit le plus dans la publication de ce texte en français, c’est qu’il soit rendu disponible de cette façon, et donc de pouvoir en parler aussi avec des francophones. Chez Libre Ère aussi, vitrine Ròt-Bò-Krik, avec un exemplaire de Notre Sœur Rabat-Joie parmi d’autres livres récents de la maison ; j’y ai d’ailleurs acheté deux volumes de la maison que je ne possédais pas (les seuls, je crois), Hafid m’a raconté qu’il avait animé dans sa librairie deux rencontres, l’une avec Ariella Azoulay pour La résistance des bijoux, et l’autre avec Elara Bertho pour Un couple panafricain.

Dans le train de retour, j’ai échangé par messages avec Anne, du book-club Sapotille, qui organise autour du roman d’Aidoo la séance de samedi prochain, en marge de la Comédie du Livre (Montpellier). La seule inquiétude est la disponibilité du livre dès cette semaine dans les librairies partenaires. Là aussi, riche discussion, également autour de Maryse Condé et des traductions françaises de Gurnah. (Elle est en train de lire Adieu Zanzibar, qu'elle a mis au programme du book-club pour juillet, et je lui ai confié que je faisais une overdose de Gurnah.)

 

mardi, 12 mai 2026

Soirée Aidoo à la MansA

La soirée autour de Notre Sœur Rabat-Joie à la Maison des Mondes Africains était d’une incroyable intensité. Il y avait une petite soixantaine de personnes (dont une dizaine sont venues via mes annonces sur les réseaux sociaux ou par mail – je suis plus parisien que je ne le pense), et le débat a été très riche. Sacha Shiro a animé le tout à merveille, et Mame-Fatou Niang, bien entendu, a été excellente, avec une mise en perspective afro-brésilienne de haute volée, et un rapprochement que je me reproche de n'avoir jamais fait (Le baobab fou de Ken Bugul).

Notre lecture à deux voix avec Patricia s’affine. Il me tarde déjà la semaine prochaine, et Lille.

 

Soirée Aidoo, MansA, Paris, 12 mai 2026

lundi, 11 mai 2026

Kaikki synnit (soupir)

Ce matin j’ai enregistré une émission – la quarante-deuxième en seize mois – avec mon collègue Carlos Tous Gonzalez. Avec lui comme avec bien d’autres, il y aurait matière à trois ou quatre émissions.

Après-midi : cours d’agrégation en visio dans mon bureau aux Tanneurs.

 

Le soir je manque d’énergie. Nous avons commencé une série finlandaise absolument navrante (All the Sins en anglais, Meurtres à Varjakka en français – je crois que l’anglais est plus proche du finnois : Kaikki synnit).

 

21:50 Publié dans 2026, ILMC | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 10 mai 2026

Notre Sœur Rabat-Joie trouve son lectorat !

Sur Facebook, Françoise Guichard a écrit un billet élogieux et enthousiaste sur Notre Sœur Rabat-Joie. Cela me fait tellement plaisir que je me permets de la citer ici :

Les ami·es, précipitez-vous !

Vient de paraître chez Rot-Bo-Krik, la traduction du roman de Ama Ata Aidoo Notre Sœur Rabat-Joie, sous-titre « Méditations obliques d’une Noire ».

Traduit de l’anglais (Ghana) par Patricia Houéfa Grange et Guillaume Cingal.

L’autrice, décédée en 2023 et qui a eu au Ghana des funérailles nationales (c’est dire), a écrit ce texte en 1966… 60 ans donc pour qu’il soit traduit et publié en France. C’est un livre incroyable plein de lucidité, de colère, d’intelligence et d’humour. Le style en est aussi superbe. Quelle maîtrise pour une écrivaine qui n’a alors que 24 ans. Il y a un souffle de grand texte fondateur d’une littérature. Ça me rappelle des bouleversements à la découverte des grands textes de la littérature d’Amérique latine.

Je l’ai commencé sans le lâcher jusqu’à la fin. Et je suis aussi soufflée de son actualité : on ne saurait pas en quelle année il a été écrit, on pourrait penser que c’est hier !

 

Juste une précision : Our Sister Killjoy a été publié en 1977, et j’avoue ne pas savoir quelles modifications Aidoo a apportées à son texte entre la première version manuscrite et la publication dix ans plus tard.

 

samedi, 09 mai 2026

« depuis le berceau »

La prochaine fois que j’attendrai quelques jours avant de répondre à un mail, je me contenterai de citer ce début de lettre de mon compatriote le poète ligérien Honorat de Racan :

 

« Voicy, au bout de deux ans, ce que vous deviez recevoir dans quinze jours, et si je ne prétends pas estre obligé de vous faire des excuses de ma longueur : il y a assez longtemps que vous me connoissez pour sçavoir que la paresse est une maladie qui me dure depuis le berceau, et pour qui tous les médecins ont perdu leur latin. »

 

vendredi, 08 mai 2026

Tender Button

Il semblerait que je sois une sorte de Benjamin Button du cyclisme.

En effet, jusqu’à 44 ans il était inenvisageable pour moi de faire du vélo en ville : je m’en faisais un monde, les ronds-points etc. Depuis 6 ans je vais à mon travail à vélo, presque systématiquement, et depuis un an il m’arrive de consulter mon téléphone, sur les portions de piste cyclable protégée et loin des carrefours.

D’après mes calculs, je devrais regarder mon téléphone en lâchant les deux mains tout en pédalant en 2035, gravir le Galibier en approchant le record de Pantani à 67 ans et, enfin, à 75 ans vous me verrez faire des roues arrière en hurlant « nique la BAC ! ».

 

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jeudi, 07 mai 2026

Abîmes (de réflexion)

Une étudiante de L2 que je n’avais pas cette année m’a rendu les livres que je lui avais prêtés il y a quelque temps (Chemoule de Nathalie Quintane et Cœur du Sahel de Djaïli Amadou Amal), et pour se faire pardonner de les avoir « abîmés » (il y a deux traces infimes de maquillage sur la tranche de Cœur du Sahel (« je vous jure, monsieur, je les ai finis il y a deux mois mais j’avais trop honte de les avoir abîmés »)) elle m’a offert un petit cake coupé en parts, et troussé dans une jolie boîte.

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mercredi, 06 mai 2026

Chiffe

Hier soir, j’ai fini de lire Dieu.0 de Sigriđur Hagalín Björnsdóttir traduit par Éric Boury, lecture dont j’ai dit, avec un brin de malice, qu’elle était roborative. Par contre je n’ai toujours pas mis en ligne le podcast de l’émission d’avant-hier, pas avancé dans mon cours d’agrégation, pas envoyé les formulaires à faire signer par les quatre lycéen·nes. Un peu chiffe molle. Les fortes averses, la grisaille et le rafraîchissement de ces derniers jours n’y sont pas pour rien. Il va falloir se bouger. Perdu du temps aussi avec cet insupportable feuilleton de l’oral sur bibliographie, qui a connu deux ou trois rebondissements particulièrement pénibles hier.

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