vendredi, 19 juin 2026
Ecriture citronnelle
Levé à 5 h. Nuit trop brève : cela me permet au moins d’ouvrir en grand les volets et de mettre à aérer (il n’y a pas assez d’air pour parler de courant d’air ce matin). J’écris ces lignes avec une bougie de type chauffe-plat à la citronnelle de chaque côté de l’ordinateur portable. Je n’écris pas assez ces temps-ci. Me laisse aller. Ai laissé les projets de l’autre blog aller à vau-l’eau. Me mettrais des beignes.
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jeudi, 18 juin 2026
Annegarn champêtre
Très beau concert de Dick Annegarn ce soir : la troisième fois qu’on le voyait, et la première fois en solo (guitare, harmonica, flûte). Il a eu beau dire qu’il ne veut pas chanter « Bruxelles » et « Mireille » (« c’est pas YouTube ici » – je lui ai lancé un bravo), d’autant que ces deux chansons n’ont aucun rapport avec le thème du concert (Chansons agricoles ou Chansons naturalistes), il les a quand même chantées, « Mireille » en bis : comme, au vu du sujet du concert, j’espérais « Orbre », « Sécheresse », « De tuinman », « Beau bateau » ou – pourquoi pas – « Adieu verdure » en pied-de-nez, ça m’a un peu déçu. Mais tout le reste était incroyable, franchement. La voix est toujours belle, forte, juste ; elle résonne avec chaleur, émotive – rien que pour la version de « Même en hiver » a cappella ce concert valait le déplacement.
Avant de chanter « Il pleut », il a raconté qu’il avait essayé de la placer auprès de Françoise Hardy, mais que ça n’avait pas pris, d’autant qu’elle n’arrivait à chanter que trois notes et qu’un monsieur avec un gros cigare était entré dans la pièce en lui faisant comprendre qu’il fallait « décamper ». Autre anecdote, que les quatre millions de vues de la reprise de « Bruxelles » par Angèle lui ont rapporté 600 euros en tout et pour tout : « j’ai changé les quatre pneus de ma bagnole, j’en avais pour 700 euros ».
Pour Claire et moi, dont c’était le trente-quatrième anniversaire, et qui avons découvert Annegarn quelques mois après avoir commencé à sortir ensemble, ça tombait particulièrement bien d’entendre en ce jour « Sacré géranium », « L’orage », « Bébé éléphant » (avec un couplet en moins).
23:09 Publié dans 2026, Autres gammes | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 17 juin 2026
Hawai'i plombé
Matinée à l’université : trois communications entendues dans le cadre du colloque « L’ère du trauma et de la mémoire », puis un rendez-vous avec l’étudiante qui va poursuivre en M2 sous ma direction un travail sur le romancier hawaïen Rodney Morales, déjeuner avec E°. De retour à la maison dans l’après-midi, j’ai pu serrer la main du plombier, qui m’a expliqué où il en était des travaux : tout sera installé d’ici vendredi soir.
18:08 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 16 juin 2026
Paris radio
À Paris, avant l’enregistrement de l’émission « Le Book Club » avec Patricia, j’ai visité les deux expositions du Musée du Quai Branly, la (toute) petite rétrospective Kwame Akoto et la grande (très riche) exposition Plumes du Paradis – à la croisée de la biologie, de l’anthropologie, de l’histoire coloniale et de l’histoire de l’art. Singulier projet, très bien mené, instructif.
C’est amusant de voir, plus de trente après que j’eus traîné mes guêtres à France inter et RFI, comment une telle émission est enregistrée ; entre autres, ils sont deux ou trois en régie pour faire ce que je fais seul à Radio Campus Tours tout en menant les débats. Certes, le résultat technique n’est pas le même.
19:04 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 14 juin 2026
Début de dimanche
Du retard dans mon travail, et je ne fais pas grand-chose de ce mois de juin. Pas grand-chose d’un peu approfondi, veux-je dire.
Avant-hier soir j’ai reçu le fichier de la traduction qui paraîtra le 22 septembre avec les modifications suggérées par l’éditrice : 505 pages d’un fichier Word à relire à la loupe, je vais m’y mettre sérieusement aujourd’hui. Sur mon bureau également : deux mémoires de master, dont un que nous faisons soutenir vendredi prochain et dont j’ai tout de même lu la moitié, et un article à expertiser… sans compter les copies de la session de rattrapage, qui vont affluer à partir de vendredi prochain.
La chaleur revient ; se lever trop tôt, cela permet de mettre la maison en courant d'air...
06:41 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 13 juin 2026
En pleine triade ghanéenne
Deux mois après la parution de Notre Sœur Rabat-Joie, de l’écrivaine ghanéenne Ama Ata Aidoo, et trois mois avant celle du nouvel essai de Howard French, traduit par mes soins, et qui est en grande partie une biographie de Kwame Nkrumah, me voici en ce jour – la mine quelque peu ahurie – devant Ugwu, l’une des œuvres d’El Anatsui que l’on peut admirer dans le parc du château de Chaumont.
La plus impressionnante, la plus belle peut-être, est XiXe, que nous avons vue pour la première fois le 30 août 2015.
En igbo – et il ne faut pas s’étonner du choix de cette langue, car El Anatsui, dont la langue maternelle est l’éwé (alors qu’Aidoo et Nkrumah parlaient fanti) a effectué l’essentiel de son travail d’artiste au sein d’un collectif nigérian – « ugwu » signifie colline, montagne : ici, ce tas de rondins, qui ressemble quand on arrive par le côté opposé à un simple tas de bois, est orné, pour chaque billon, de peintures, de fanions colorés, de fragments de pages du journal local La Nouvelle République. Outre le clin d’œil à ce qui s’apparente, pour moi, à une sorte d’année ghanéenne, cette colline asymétrique, multicolore, est aussi une allégorie de la vie, avec ses différentes strates, ses moments, ses souvenirs enfouis, sa superficialité toujours complexe.
19:33 Publié dans 2026, Affres extatiques, Autoportraiture, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 12 juin 2026
L'après-midi d'un (télé)faune
J’ai acheté un nouveau téléphone avant-hier, mais, même avec une nouvelle carte nano-SIM récupérée à mon bureau de poste le jour même, la ligne téléphonique personnelle continuait de ne pas fonctionner normalement – comme depuis novembre – de sorte que j’ai passé un certain temps avec quatre conseillers clientèle et trois conseillers techniques hier, aucun d’entre elleux n’ayant pu m’aider. Le service expertise devait me rappeler hier après-midi, « avant 20 h » : bien entendu, rien du tout.
Et ce midi, la conseillère technique avec qui je me suis entretenu :
i) a fait une manipulation puis m’a demandé de redémarrer mon téléphone
ii) a dit qu’elle me rappelait « dans cinq minutes »… et l’a fait !!!
iii) a, de fait, réglé mon problème (cela faisait huit mois que la prolongation automatique de mon forfait au 6 du mois s’était bloquée, et aucun-e de ses collègues n’avait vérifié cela)
13:37 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 11 juin 2026
Coupe du monde raciste & complexe du sauveur blanc
Le White saviourism (ou complexe du sauveur blanc) a de beaux jours devant lui.
Au lieu de proposer un boycott de la compétition tant que l’administration fasciste des Etats-Unis triera les joueurs et arbitres, ou tant qu’elle multipliera les vexations contre ceux qu’elle n’a pas pu empêcher d’entrer sur le territoire US, les Canadiens procèdent au sauvetage (on admirera la métaphore filée de la noyade, pas du tout problématique) de l’arbitre somalien Omar Artan.
Le visuel reprend le mème connu sous le titre du Disappointed Black Guy et s’inscrit dans une culture de l’image détournée, mais malgré cela, nul doute que les auteurs de la page facebook Oh My Goal ne se rendent pas compte de leur phraséologie raciste. Coming to the rescue, throwing a massive lifeline... C’est tout le problème de l’inconscient culturel collectif, du suprémacisme internalisé : tout va bien pour les Noirs du moment qu’il y a quelques valeureux Blancs pour leur jeter des miettes.
Il faut ajouter que cette « information » ne vaut pas tripette, vu qu'en fait Omar Artan n’arbitrera aucun match de la Coupe du Monde ; c’est ce que n’a pu que confirmer l’ignoble Gianni Infantino en conférence de presse. Ce visuel n’est donc pas seulement raciste, il est mensonger.
17:57 Publié dans 2026, Chèvre, aucun risque, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 10 juin 2026
A Pagan Place... female/feminist gaze
J’écrivais avant-hier que j’avais des sentiments partagés en lisant A Pagan Place d’Edna O’Brien.
J’en ai achevé la lecture aujourd’hui et c’est un livre très puissant, dont l’écriture me rappelle beaucoup – mais elle lui est antérieure – les textes de Jamaica Kincaid. Ce découpage itératif et obsessionnel du réel par une écriture fondée sur un mélange contradictoire d’hyperperception et de mise à distance n’est pas nécessairement de l’ordre du female gaze (encore que…), mais en tout cas je serais curieux de lire d’autres livres d’Edna O’Brien…
19:49 Publié dans 2026, Lect(o)ures, Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 09 juin 2026
Prunier koumpo
Hier soir, une fine pluie a achevé d’alourdir les branches de l’énorme prunier qui a poussé presque à l'horizontale à partir de la haie et dont les branches, qu’il faudra sérieusement émonder au début de l’automne, balaient de leurs fruits la terrasse, avançant vers les murs à l’instar du koumpo.
07:52 Publié dans 2026, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 08 juin 2026
A Pagan Place
C’est rudement reposant de faire le voyage en train, même avec une bonne heure de correspondance : à l’arrivée, nous n’avons guère mis plus de temps qu’en voiture, et j’ai pu lire, rêvasser – entre Dax et Bordeaux nous avons même retrouvé Cécile, avec qui nous avons discuté plus librement que lors de la fête des 80 ans d’Y., hier.
Autour de cinq heures, en lisant Edna O’Brien (je ne sais que penser de ce livre, A Pagan Place), je jouais avec la chienne de S., qui me rapportait le bâton devenu, à force, simple bout de bois suçoté, tronqué et mordillé.
17:52 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 07 juin 2026
Chacun son Salammbô
Ce jour s’est passé en une fête dominicale, pile pour les 80 ans d’Y., dans la salle de l’Amicale.
(Vous poursuivrez avec le Salammbô qui vous sied.)
19:53 Publié dans 2026, Gertrude oder Wilhelm | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 06 juin 2026
21 ans
21 ans de blog.
Aujourd’hui j’ai observé assez longtemps le lièvre (la hase ?).
18:53 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 05 juin 2026
Ping
J’ai bien fait de ne pas rater les deux derniers matches de mon équipe pour la deuxième phase, car il s’agissait, vendredi dernier et aujourd’hui, des deux équipes le plus faibles : cela m’a montré que j’ai quand même fait quelques légers progrès cette année, et que je suis capable de battre des joueur·euses d’un classement équivalent au mien.
Huit victoires, dont les deux doubles. Mon service de revers coupé long me permet, face à de tels adversaires, de gagner facilement deux ou trois points par set ; j’ai aussi mis au point un service très court en coin, à plat, mais qui permet d’enchaîner en coup droit long sur le côté opposé.
Pour les finales de classement, il faut espérer cependant que mes trois partenaires seront disponibles, car si on veut gagner la coupe il faudrait se passer du maillon faible.
23:59 Publié dans 2026, Ping-pong | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 04 juin 2026
Le temps passe
De samedi après-midi à mardi, j’ai été souffrant, avec des migraines et des pics de fièvre à 39°, et depuis hier, alors que la météo est redevenue presque automnale, j’essaie de rattraper le temps perdu, avec pas mal de petites choses en retard. Cet après-midi je ferai passer en visio quelques oraux de L3, ce foutu examen reporté déjà trois fois suite au blocage par une ultra-minorité qui en a fait un combat politique sans rapport avec les revendications de départ.
Une partie de ce que je dois rattraper, ce sont les billets de blog, ici même. J’ai lâché l’affaire depuis un mois sur l’autre blog (et ça me déprime, en fait), donc pas question de lâcher ici aussi.
08:20 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (2)
mercredi, 03 juin 2026
Un bihoreau de près
Dans les jours qui viennent, il faudra que je commence à mettre en forme ma brochure de textes de version pour le cours d’agrégation que je vais désormais assurer, l’an prochain, en plus de cours de traductologie d’agrégation interne.
Il faut que je réfléchisse à ce que je vais faire dans le cours de « traduction et langues de la recherche » de M2.
Cet après-midi, lors d’une promenade au bord de la Loire à Rochecorbon : goélands, grande aigrette sur l’Île aux Oiseaux, sternes bien sûr, bihoreau en vol contre le vent le long de la rive, et même un faucon (ce n’était pas un crécerelle… hobereau peut-être ? en contre-plongée à contre-jour ce n’était guère évident).
Soir : nous avons fêté le succès aux examens d'Éva et Odilon, reçus tous deux haut-la-main à leur L2.
22:20 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 02 juin 2026
My Brilliant Career
J’ai commencé ce matin à lire un classique australien que je voulais lire depuis des lustres, My Brilliant Career de Miles Franklin. C’est très vivant, très astucieux ; certains passages, comme le chapitre V, relèvent pleinement de la littérature prolétarienne, avec même une dimension antispéciste antipatriarcale. Il me semble que l’intrigue amoureuse va être plus convenue, dans une lignée Austen/Brontë finalement nettement moins moderne que le reste du roman.
Ce premier roman publié à 22 ans à Edimbourg par son autrice est resté inédit en Australie jusqu’après la mort de celle-ci, pourtant couronnée de succès pour ses autres livres. C’est l’un des deux seuls traduits en français… et d’ailleurs j’aimerais bien jeter un œil à la traduction, car il y a de vraies gageures. J’ai d’ailleurs corné plusieurs pages dans l’idée d’y pêcher des textes de version.

Ici, il faudrait vérifier les termes techniques liés à l’art équestre.

Là, il faut trouver un jeu de mots passable. ——— N'attrape pas un coup de soleil ! Et toi, ne prends pas goût au soleil ! ——— C'est nul car il y a évidemment une allusion qui relève ici de la pure drague
Plus loin, la narratrice évoque, dans une scène champêtre très proche du ton de certaines nouvelles de Maupassant, “the plop, plop of a platypus disporting itself mid stream” : comment restituer une allitération avec notre foutu ornithorynque ?? j’ai tenté « le plic, ploc d'un ornithorynque folâtrant dans le courant », mais il faudrait un verbe avec au moins un son /k/ pour remplacer le verbe folâtrer.
18:22 Publié dans 2026, Lect(o)ures, Translatology Snippets | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 01 juin 2026
I Love Mes Cheveux, 44 déjà
Aujourd’hui a été diffusée l’émission enregistrée avec ma co-traductrice Patricia Houéfa Grange mercredi dernier avant la rencontre aux Temps sauvages. L’année risque de se terminer un peu en eau de boudin pour l’émission : après deux émissions les 8 et 15 juin, je n’ai rien de prévu, et je serai absent les 29 juin et 6 juillet – sans compter l’intervention chirurgicale du 13 juillet, déjà repoussée deux fois par l’hôpital.
Je n’ai pas osé évoquer récemment avec Nicolas, l’excellent libraire, ni avec Karine sa collègue depuis six mois, le projet d’une émission autour du fonds en traduction de la librairie, mais comme il me lit, peut-être réagira-t-il à ce message…
Malade depuis hier, je dors – et ai passé même une grande partie de ce lundi – dans la chambre du sous-sol, ce qui est l’occasion d’écouter les neuf vinyles de Sonny Rollins légués par mon beau-père, qui aurait eu 79 ans aujourd’hui.
19:00 Publié dans 2026, ILMC | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 27 mai 2026
Varia
En cherchant quel livre commencer avant-hier, je me suis avisé que les deux piles de ma table de chevet sont surtout mal rangées : deux livres qu’on m’a prêtés et que je n’ai pas encore rendus, quatre ou cinq livres que j’ai lus ou que je n’ai pas envie de lire, etc.
Finalement, le fichu oral de L3, reporté deux fois déjà – une fois à cause d’une erreur dans la convocation, la deuxième à cause du blocage de la salle d’examen par une poignée d’étudiants –, aura lieu lundi prochain, ce qui nous a été annoncé hier soir et me semble étrange.
En courant d’air derrière les volets, la température du salon était tombée de 26°6 à 24°9 au cours de la nuit. Depuis que j’ai ouvert en grand, il y a une demi-heure, c’est tombé à 23°8. Un peu de vent secoue les branches des pruniers, chargées de fruits. Mais je sais que ça va caler autour de 23°, et remonter dans la journée. C’est juste pour éviter le pire. Comme hier j’ai réussi à travailler dans le bureau en oubliant même de mettre le ventilateur en marche, ça montre qu’on réussit à se passer de clim’.
Le café réchauffé que je bois est infect.
L’énorme prunier qui déborde sur le milieu de la terrasse fait partie des arbres qui ont poussé à l’oblique : lourd de milliers de prunes vertes, certaines de ses branches balaient le sol. Au début de l’automne il faudra que j’élague.
Il y a quatre semaines, c’était le lancement de Notre Sœur Rabat-Joie à Bordeaux ; ce soir ce sera la dernière étape de notre tournée, à Tours.
06:30 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 26 mai 2026
Accablant
Bien entendu, la chaleur est si forte que j’étais déjà heureux d’avoir dormi six heures et quelque, jusque vers 5 h 30. Cela me permet aussi de mettre en courant d’air volets ouverts : derrière les volets fermés, ça ne fait autant diminuer la température du rez-de-chaussée. (En fait, notre rez-de-chaussée est deux mètres au-dessus de la chaussée et du jardin côté rue : il faudrait dire rez-de-terrasse, mais au bout de 17 ans ici on ne va pas commencer pareille préciosité. De plus, les placards s’effondrent : faudrait-il déménager ?)
La chaleur est accablante, comme fin juin certaines années récentes.
C’est la catastrophe. On y fonce, on le sait. Hier une amie écrivait sous une publication Facebook où je relayais le communiqué d’une adjointe au maire de Tours : « Je suis tellement en colère. » Oui, on peut l’être : trente ans que c’est connu, trente ans que globalement les pouvoirs publics ne font rien pour lutter contre l’artificialisation des sols, pour empêcher la confiscation des ressources en eau, pour financer la transition massive vers le solaire, pour reboiser intelligemment, etc.
06:32 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 25 mai 2026
Extinction(s)
Après avoir sué toute la matinée sur ma communication de jeudi sur Beckett, j’ai lu toute l’après-midi, ou pas loin : avancé dans l’essai de Grégory Pierrot, achevé Extinctions de Josephine Wilson, commencé un Terry Pratchett dont je ne sais plus si je l’avais trouvé dans une boîte à livres ou chez un bouquiniste (Jersey ?). Content de me frotter un peu à Pratchett, avec lequel on me bassine depuis des décennies : c’est (très) drôle, astucieusement écrit, mais ça reste du roman d’action avec quatre péripéties toutes les trois pages.
J’ai tellement de livres qui s’entassent sur mes piles à lire (deux dans la table de chevet, une dans le placard, une autre au bureau) qu’il me faudrait faire ça tous les jours jusqu’en septembre pour apurer un peu la chose.
(Et ne pas acheter ou emprunter de nouveaux livres. LOL.)
.................. Le temps d'une minute ou deux, j'ai confondu Roger Genoud avec Roger Giroux.
18:36 Publié dans 2026, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 24 mai 2026
Barouf
Un placard – celui des WC de l’étage – s’est effondré, on ne sait quand (on ne devait pas être là, vu l barouf que ça a dû foutre).
C’est A* qui s’en est rendu compte, cette nuit, en voulant les utiliser. Il ne nous l’a (gentiment) dit que ce matin ; je m’en suis drôlement vu pour désobstruer – magazine par magazine, bribe de placard par planche éclatée, la main passée par le mince entrebâillement possible – le tas qui empêchait d’ouvrir la porte. Ça a été l’occasion de jeter à la benne à recycler une dizaine d’exemplaires de Marmiton, d’autres magazines, et je vais pouvoir apporter à la boîte à livres de l’université nos vieux exemplaires du Magazine littéraire (il n’y en a pas beaucoup car ce sont ceux qu’on achetait ponctuellement, dans les années 2000).
12:00 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 23 mai 2026
Dans les pages
Hier, avec E~ (aucune idée de l’initiale ou diacritique éventuellement employée déjà pour lui), nous avons donc pioché abondamment dans les huit cartons de livres que la famille d’une collègue que j’ai bien connue entre 2003 et 2011 – nous sommes allés chez elle trois fois – a légués suite à sa mort l’an dernier. Beaucoup de paperbacks déjà anciens et en état d’usage, mais E~ en a embarqué 70 ou 80 peut-être (sac à dos + deux gros sacs FNAC), et moi une dizaine, dont la plupart sont pour le moment dans mon bureau à la fac, où je les récupèrerai la semaine prochaine. Je pense d’ailleurs que je repasserai prendre les Doris Lessing que j’ai laissés de côté.
Hier soir j’ai commencé la lecture de The Accidental d’Ali Smith, déjà tenté à sa sortie ; j’avais réessayé, il me semble, il y a quelques années ; il m’est encore tombé des mains au bout de 25 pages. Depuis plus d’un an nous parlons de désherbage : celui-ci sera du lot. Par contre j’ai commencé de lire Extinctions de Josephine Wilson, acheté il y a 4 ou 5 ans, et qui cette fois-ci me plaît plutôt bien. La façon dont des images et des photographies d’objets ou de constructions architecturales sont insérées dans le récit est plutôt originale (ni Breton ni Sebald ni Guibert ni Rodenbach).
J’ai aussi lu un bon tiers de Fantômes de la révolution noire de Grégory Pierrot, paru chez Ròt-Bò-Krik en même temps que notre Sœur Rabat-Joie (« notre » n’est pas en italiques : désormais, elle nous appartient, à Patricia et moi). Il faudra, in fine, que j’écrive à Grégory Pierrot, mais quel plaisir de lire de vrais développements sur William Kelley, sur Lorraine Hansberry ; une page que je prévois de partager sur Facebook taille un costard à Boris Vian en rappelant (dans mon cas : en m’apprenant) comment il avait écarté d’un revers de la main les objections d’un Zobel, pas légitime selon lui pour évoquer les voix afro-américaines.
17:04 Publié dans 2026, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 22 mai 2026
Article de Jennifer Ilunefó Aliu-Kadiri sur la répression LGBTQIphobe au Sénégal
Mon amie Elvire m'a signalé ce matin un bel article de Jennifer Ilunefó Aliu-Kadiri, “The Betrayal of Ubuntu: Senegal's New Anti-LGBTQ+ Law, Colonial Ghosts, and the Forgotten Body”.
Manquant de temps, j'en ai seulement traduit l'encart figurant à la page 3 sous un intitulé The Deeper Question.
La décolonisation de l’Afrique passe par la décolonisation des esprits
Le sujet de cet article, ce n’est pas seulement une loi. Il aborde une question à laquelle toutes les nations africaines devront bientôt répondre avec honnêteté et courage : quel est le regard qui dicte nos lois ? Lorsque le Sénégal parle d’ « actes contre nature » pour jeter ses citoyens en prison, il n’a pas recours aux traditions africaines ni à la philosophie autochtone. Il reprend, presque mot pour mot, le vocabulaire moral des tribunaux français de l’époque coloniale. Le regard colonial blanc – cet outil de classification, de surveillance et de contrôle des corps vieux de plusieurs siècles – n’a pas disparu avec le drapeau tricolore en 1960. Pleinement absorbé, il s’est inscrit dans le droit national. Ce sont désormais des mains africaines qui l’aiguisent et s’en servent contre des corps africains, sur un substrat politique africain, avec une belle assurance qui confond héritage colonial et fierté culturelle.
La décolonisation, comme l’a bien dit Frantz Fanon dans Les Damnés de la Terre (1961), ne s’arrête pas quand on change de drapeau. Elle s’arrête lorsque l’esprit colonisé se libère des cadres épistémologiques mis en place par le colonisateur. Sous cette influence, les sociétés africaines ont appris à considérer certains corps comme déviants, certains désirs comme criminels et certaines vies comme indignes de la protection de la loi. Les institutions africaines ont pris pour réflexe de réagir aux différences humaines en jetant les gens en prison. C'est là l'héritage colonial qui se manifeste aujourd'hui à Dakar. Il faut donc que le Sénégal change ses lois, mais aussi qu’à tous les niveaux de la société et du gouvernement il s’engage dans une opération radicale, lucide et consciente de décolonisation intellectuelle.
Nous devons nous interroger sur l’origine de nos systèmes de référence moraux. Nous devons nous demander quelles traditions nous voulons vraiment défendre, et lesquelles sont un legs que nous n’avons jamais remis en question. Nous devons être prêts à nous regarder avec nos propres yeux, et non à travers le regard des personnes qui se sont autrefois approprié nos corps. Les sociétés africaines précoloniales n’étaient pas le monolithe sexuellement répressif que la mythologie coloniale a forgé de toutes pièces. Elles étaient diverses, adaptables et – dans de nombreux cas bien documentés – tolérantes envers les différences humaines, à mille lieues de la morale victorienne européenne. Revenir à nos racines, ce n’est pas épouser un réflexe de criminalisation. C’est revenir à la complexité, à l’idée de communauté et à l’inclusion radicale et inconditionnelle que l’Ubuntu a toujours exigée de nous.
17:47 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 21 mai 2026
De Lille à Douai, solastalgie
Ce matin dans le train. Quatre personnes pas toutes jeunes derrière moi parlent de leurs nuits respectives, puis de leur transit intestinal, avant qu’une d’elles ne commence à lire à haute voix tout ce qu’elle voyait sur son téléphone. Tout ce beau monde s’est calmé plus ou moins au démarrage du train, heureusement.
Me voici, oreilles calées sur le nouvel album de Julien Jacob, superbe et dont une vendeuse de la FNAC de Lille hier m’a confirmé qu’il n’était pour l’instant « pas disponible en physique », et à lire cet essai paru le mois dernier et dont je n’aurais jamais su qu’il existait si je n’avais pas pris le temps, avant la rencontre à la librairie L’Affranchie, de bien regarder les tables. L’essai traite de la poésie de John Clare en lien avec l’appropriation capitaliste des espaces communs, tout en discutant de la traduction de certains de ses poèmes. Beaucoup de photographies prises par les auteurices lors de leurs propres pérégrinations sur les terres de Clare, en 2025, avec des légendes ironiques : le genre de livre qui me fait regretter d’avoir manqué de temps récemment pour le vlog. Moi qui ai découvert Clare en faisant pour la première fois le cours sur la poésie romantique en 2002-2003 et qui n’ai cessé de le lire et de le faire découvrir depuis, ce texte m’a tout de suite happé (requis). Et en lisant l’essai, me revient l’idée de revenir aussi à l’essai si fondamental et inspirant pour moi de Ross Chambers, Loiterature.
Le train s’arrête, vingt-cinq minutes après le départ, en gare de Douai, ville où nous avons passé quelques jours très heureux en juillet 1998.
Dohlâm dhi sonkhet
Dohlâm ni sonkhet
Wagaonn nesônn ditril nereb
Wagaonn nesônn mparap nesep
10:08 Publié dans 2026, Autoportraiture, Autres gammes, Pynchoniana | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 20 mai 2026
Quelques heures à Lille
À errer et déambuler dans les rues de Lille, se perdre jusque dans le petit zoo : j’envoie à mon fils aîné une photo d’un écureuil de Prévost, et sans passer par Google Lens ni rien, il me répond du tac au tac que c’est un écureuil de Prévost.
Dans ma blême mémoire (mêmoire, en fait : je n’ai jamais commenté cela), le zoo de Lille, vu en 2015 en famille, se confond avec celui de Lyon, vu en 2012, peut-être aussi par contiguïté amicale : après tout à Lille en 2015 nous avions visité la ville avec le local de l’étape, Alban, qui y vivait encore, et qui est lyonnais (il était avec nous à la Tête d’Or en août 2012).
L’occasion, à Lille, de renouer avec les quatrains animaliers :
Ma Muse ne fait pas la fière
En anglais ou en espagnol.
*
La cage du Hocco à pierre
Est infestée de campagnols
L’occasion, à Lille, de prendre en photo une devanture de drebley :
L’occasion, à Lille, de déplorer que l’inscription sous la statue d’Edouard Lalo ne soit pas assez effacée :
« De sa lointaine origine espagnole le compositeur avait hérité du sens des rythmes et des couleurs. » Mais pitié !
L’occasion, à Lille, d’une magnifique rencontre avec Soazic Courbet de la librairie « L’Affranchie » (more on that later) et d’une découverte culinaire (restaurant péruvien où j’ai dîné d’un aji con pollo sin pollo). Au Palais des Beaux-Arts, aussi, j’ai pas mal nourri mon regard.
23:22 Publié dans 2026, Blême mêmoire, Hors Touraine, Quatrains conversationnels, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)









