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jeudi, 19 février 2026

Qu'est-ce qu'un texte décolonial ?

Une amie m’a demandé, sur Bluesky, des conseils d’articles brefs ou de vidéos sur les « débats passionnés sur la réappropriation de la langue coloniale – ou sa réfutation – dans les échanges entre écrivains décoloniaux ». Un peu l’équivalent du débat Achebe / Ngũgĩ wa Thiong’o, mais pour la langue française. Je reprendrai prochainement la liste des ressources que j’avais trouvées, suivie des suggestions de plusieurs collègues.

 

Dans l’immédiat, toutefois, je reproduis ma réponse à une question posée par Patrice Nganang.

P.N. – Que veut dire « écrivains décoloniaux » ? Just curious.

G.C. – Raccourci pour parler d’écrivains issus des anciennes colonies et qui ont un discours et/ou une praxis relevant de la décolonialité telle qu’énoncée et argumentée notamment par Ngũgĩ wa Thiong’o dans Decolonising the Mind.

Pour moi, Mboudjak, les aventures du chien philosophe, qui entremêle plusieurs langues sans glossaire ni notes de bas de page, avec notamment des chapitres entiers en pidgin, tout en interrogeant en profondeur les liens entre les crimes coloniaux de la France au Cameroun jusque dans les années 1970, est la quintessence du texte décolonial. Il vaudrait mieux parler de textes décoloniaux que d’écrivains décoloniaux, ce qui en soi a une dimension biographique plus ou moins indémêlable.