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mardi, 30 janvier 2007

La littérature est-elle dangereuse ? [1] : Fenêtres

Il serait enfin temps que je copie-colle ici les notes prises sans aucun ordre ni souci d'exhaustivité, tout à trac, en écoutant François Bon présenter l'atelier La Littérature est-elle dangereuse ? jeudi dernier, 25 janvier. L'atelier se tient en salle 80 de 18 h 30 à 21 heures. L'introduction, par François Bon, dure une quarantaine de minutes ; elle est suivie par un temps d'écriture de 50 minutes environ, puis de lectures à voix haute par les différents participants.

J'ai aussi noté quelques bribes de textes, et ai formulé quelques remarques in petto, mais j'essaierai d'y consacrer un billet à part. L'exercice d'écriture sur les fenêtres a donné lieu à une suite de cinq textes déjà publiés, le soir même. Par ailleurs, les étudiants de l'université, mais aussi toutes les personnes un tant soit peu intéressées par les livres ou les bibliothèques, pourront admirer les photographies prises par F.B. lors de sa visite des magasins de la B.U. (officiellement baptisée S.C.D. ou Service Commun de Documentation, mais presque personne n'emploie cette dénomination).

 

Ci suit donc ma tentative de transcription de la présentation de François Bon. Les (rares) phrases entre crochets et en Times 10 sont de moi, au cours de l'écoute.

 

Espèces d’espaces

Le dehors, le possible du récit.

Questionnez vos propres textes pour voir ce qu’ils déplacent.

L’écriture ne peut être enseignée de manière raisonnable, technique, contrairement aux autres arts. Ce que l’on peut mettre en commun, ce sont des résistances, des singularités.

Monodique. Essayer de s’appuyer sur un texte donné.

Ecrire sur commande à date fixe : paradoxal mais ça fonctionne.

Je parlerai quarante minutes, puis il y aura un temps d’écriture, environ cinquante minutes. Moi, je reste là ; Guillaume aussi, on fera du blog.

Je ne m’attacherai pas à faire lire tout le monde par principe. La dernière heure sera consacrée à travailler sur vos textes, réimproviser des choses sur les textes. Que demande le texte à la profération, au corps ?

 

Espèces d’espaces est un fondamental, voyez l’état dans lequel est le livre.

Le père de Perec, qui s’était engagé plutôt que de choisir un second exil, est un des premiers morts de la guerre de 40. Le rapport de Perec à l’écriture a commencé dans les fiches de films faites enfant. Perec adolescent dyslexique, considéré comme handicapé du langage.

À Sfax, il emporte la correspondance de Flaubert et part d’une pile de Madame Express laissés par le précédent propriétaire pour écrire Les Choses. Refusé par ses éditeurs habituels et publié chez Galilée, Espèces d’espaces passe alors inaperçu. De la carte de Lewis Carroll, du Coup de dés de Mallarmé, il travaille sur la forme-page (la surface-page de Mallarmé). Chambre. L’enjeu est de reconstituer son autobiographie. Les lieux où on a dormi sont les lieux où l’on a perdu conscience ; ces abandons, forts d’une vraie rémanence, peuvent permettre de reconstruire un passé. « Le statut des lieux vides » : François Bon évoque sa visite de certains lieux déserts près des magasins de la B.U. le matin même. « La chambre du Golem ». Le seuil de Borgès. Raskolnikov. [Tiens, le lien entre l’an dernier et cette année : Dostoïevski, bien sûr. Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ?] « L’inhabitable […] l’architecture du mépris ».

F.B. lit des extraits du Perec. On n’a toujours pas compris ce que je veux vous faire faire, donc j’en profite.

L’épuisement au sens de Perec est une méthode de reconstruction mémorielle.

Lapsus génial de F.B. : les bulldozers décrivent [détruisent] la rue Vilain. [Il aime tenir le livre grand ouvert à l’horizontale très haut face à lui.]

Le rapport d’Olivier Rolin à Perec consistait à décrire toutes les (nombreuses) chambres d’hôtel où il passait. (Suite à l’hôtel Crystal)

Le rapport de Roubaud à Perec se retrouve dans Poésie : (l’appropriation de la ville selon des principes oulipiens).

 

L’auteur Fayard – « C.P.E. au lycée de la Mer à La Rochelle » – ne sera pas nommé [« mon pote Bozier » (?) : finalement c’est Raymond Bozier] : 37 vues de fenêtres. Dans les 50 minutes d’écriture, j’aimerais que vous me fassiez au moins 3 ou 5 ou 10 brèves instantanées de fenêtres. Techniquement, je voudrais du visuel : ce qui s’organise depuis un cadre. Vous n’entrez pas dans votre travail, vous restez en dehors, en restant à distance de ce que vous voyez par ou à la fenêtre. Essayez de travailler sans aucun verbe au moins pour une de vos fenêtres. Quel rapport au vocabulaire.

Lit l’extrait d’ Espèces d’espaces qui est une énumération d’infinitifs seuls (accumulation de mots).

Prenez aussi une image en mouvement (cadre fixe mais images fugitives : qu’est-ce que ça change à la manière de les écrire). Pare-brise, casque de moto, vitre de bus, baie de train, peu me chaut.

« Des ciels gris de cristal », etc. Les phrases nominales (Rimbaud).

Commentaires

Espèce d'espaçage!

(j'ai à peine lu la note....commentaire "tout à trac"..!)

Écrit par : A | mardi, 30 janvier 2007

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