lundi, 23 avril 2007
Varia
Il est assis sur l'une des marches de l'escalier qui permet d'accéder à la Poste de la place René-Coty. Je ne l'y ai jamais vu. Très sobrement mis, presque élégant, avec son gilet à carreaux, sa casquette, ses souliers marron impeccablement vernis, ce Noir qui a peut-être dans quarante-cinq ans a posé sa sébile sur la marche du haut, à droite, soit assez loin de lui, ce qui faut qu'on ne voit pas en lui un mendiant, mais avant tout un homme, peut-être fatigué, peut-être en train d'attendre l'ouverture du bureau de poste. Sa dignité ne signifie en rien qu'il n'a pas besoin de votre aide : la sébile, petit gobelet de plastique rigide transparent où traînent plus qu'elles ne trônent quelques pièces rouges ou jaunes minuscules, suffit à vous persuader que cet homme bien habillé se drape de ses (seuls ?) plus beaux atours par déférence à votre égard, et pour garder intacte l'estime qu'il a de soi. Il remercie chaleureusement celui qui place une pièce dans le gobelet, mais comme d'un homme qu'un autre viendrait d'aider à dégivrer sa voiture ou de laisser passer devant lui à la queue d'une caisse de supermarché : d'égal à égal.
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Je lance une recherche sur l'abbaye de Bois-Aubry, dont C. me dit qu'elle est ouverte toute l'année, et le premier site cité par le moteur binoclard, c'est encore un album de photographies de Tinou.
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À l'université, quasi déserte, où je discutai un petit moment avec une bibliothécaire de retour du Pays basque où il a fait, dit-elle, un temps pourri, je fus surpris, en montant les escaliers qui mènent du second sous-sol au premier étage, de découvrir, à chaque palier (je ne crois que l'on puisse dire ici entresol), l'une des larges toiles que Nico Nu a consacrées à l'île Simon. J'aimerais croire que cette cage grise, qui ne voit qu'à peine la lumière du jour, s'en trouve considérablement illuminée ; une chose est sûre, en tout cas : ça met de la couleur (comme je crois qu'on dit).
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Avoir vu Bernard Tapie, multirécidiviste affairiste et vulgairissime embagouzé, défendre aussi éhontément, hier soir à la télévision, Sarkozy, ce serait presque assez pour décider quelqu'un d'honnête à voter pour Ségolène Royal. Seulement, en face, ce sont les disciples du cynique et manipulateur Mitterrand, qui a créé de toutes pièces le Tapie politique. Alors, quoi ?
12:25 Publié dans Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Ligérienne
Par le petit bout de la lorgnette
On dira qu'il fait bon vivre à Tours : 6,84% pour Le Pen et 0,38% pour Frédéric Nihous. (On se raccroche à ce qu'on peut.)
En revanche, juste avant d'aller voter, j'ai aperçu, sur les panneaux électoraux de mon bureau de vote, quelque chose d'édifiant : les visages de tous les candidats (hormis Ségolène Royal) avaient été recouverts de petits autocollants du MJS, Les jeunes avec Ségolène. Je suis prêt à parier que cet acte de vandalisme illégal et antidémocratique aura suffi à faire pencher ne serait-ce que deux ou trois indécis d'un autre bord avant d'entrer dans l'isoloir. La stupidité des militants du MJS, même d'un point de vue purement stratégique, ne connaîtra-t-elle donc pas de bornes...?
09:33 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : Ligérienne, Politique, Elections

