samedi, 27 août 2005
Tatamkhulu Afrika
J'ai dilapidé - dans la fièvre des pierres, la rêverie des terres - une bonne partie de ma soirée à me replonger dans l'oeuvre poétique de Tatamkhulu Afrika. Il y avait quelque temps que je n'avais pas ouvert ces cinq recueils ou plaquettes que S°°° m'avait envoyés il y a trois ans et demi. J'avais découvert là, par-delà mon admiration pour le prosateur hors pair, l'un des plus grands poètes de langue anglaise de ce siècle.
J'ai pour tâche, l'ayant promis à la suite d'une discussion sur le Forum de la SLRC, de retrouver un poème qui célèbre l'amour des garçons, et je penche en faveur de "War Mate", qui se trouve dans le recueil Turning points.
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Sinon, la journée a été paisible dans les involutions du corps, mais mouvementée pour l'esprit. Plusieurs notes écrites à la main et pas encore recopiées, car il faut bien que C. prépare son cours de rentrée sur Les Châtiments, tout de même. De surcroît, pour répondre à une question posée dans un commentaire, je ne peux toujours pas accéder à mon compte de courrier électronique. Ce soir, le réparateur m'apprend que la panne de mon ordinateur portable concerne l'écran et la "nappe" (?), qu'il y en a généralement pour "dans les trois mille balles" (j'aurais dit "400 à 500 euros", mais bon...). On se dirige droit vers un nouvel achat...
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Nous avons aussi visité l'exposition Jean-Gilles Badaire au Château de Tours (j'en reparlerai demain, pour son dernier jour (foncez!)).
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Pour s'y retrouver dans les personnages de ce carnétoile
S°°° est une jeune femme qui a soutenu il y a deux ans une thèse fort brillante sur Breyten Breytenbach, et avec qui j'ai longtemps été en correspondance suivie avant de la perdre de vue ces derniers temps.
22:02 Publié dans BoozArtz, Lect(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (1)
En lisant Enrique Vila-Matas
Vendredi, 17 h 15
J'ai un peu triché dans ma lecture de Pour en finir avec les chiffres ronds, car je n'ai pas scrupuleusement, systématiquement fait alterner les chroniques 0+n et 53-n; autrement dit, j'avais commencé à lire la 1ère, la 52ème, la 51ème, la 2ème, la 3ème, etc., mais je ne me suis tenu qu'irrégulièrement au principe de ce voyage vers le centre du livre. Mais la plus grave violation (alors que j'avais lu les dix premières et les six dernières chroniques) vient d'être commise, car je n'ai pas résisté à l'appel d'une chronique située bien en-deça de la 47ème, qui est consacrée à Macedonio Fernandez, dont je sais qu'il inspire toujours Vila-Matas, et quoique n'ayant jamais lu cet auteur argentin que par l'intermédiaire du merveilleux Catalan.
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Au bas de la feuille griffonnée, on peut lire les inscriptions suivantes:
Projets des notes:
* Comment j'ai découvert EVM
* Comment j'ai lu les romans d'EVM
* Comment je voudrais relire EVM
20:00 Publié dans Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
Un beau vers ()
Samedi, neuf heures et vingt minutes.
Je griffonne cette note au dos d'une fiche d'étudiant de 2004-2005, celle de Pauline, une étudiante sérieuse qui suivait mon cours de littérature britannique de Deug II. Ces fiches, une fois caduques, me servent, comme tant d'autres documents désuets, courriers inactuels, de papier brouillon, et j'ai oublié ce que je voulais écrire, si ce n'est que, guetteur mélancolique, tout à l'heure, fenêtre ouverte avant l'aurore, contemplant la rue obscure, m'est revenu ce beau vers de John Clare que je commente et fais étudier, justement, pour le cours de littérature britannique:
My friends forsake me like a memory lost
........... ce qui, entre le moment où je pensai à ce vers, celui où j'écrivis le premier état de la note (ci-dessus) et maintenant, implique une sédimentation de trois moments................
18:32 Publié dans Lect(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0)
Brume *
Puisses-tu briser les ténèbres
Puisses-tu vaincre les soleils
Puisses-tu pétrir les lignages
Une flore s'esquissera
Aux trémolos de ton silence
Aux terreurs de tes souvenances
* en écoutant "Brume" (composition de Christophe Marguet)
13:35 Publié dans Ecrit(o)ures, Jazeur méridional | Lien permanent | Commentaires (1)
L’appel du sang : Dracula, de Coppola
Vila-Matas a raison de s’insurger contre les chiffres ronds. S’il est vrai que ce Dracula soit la cent-cinquantième adaptation cinématographique du roman de Bram Stoker, cela n’a pas inspiré le réalisateur…
J’ai regardé ce film avant-hier soir, en partie par curiosité professionnelle, car le film est, comme le roman, au programme de l’agrégation d’anglais 2006. C’est un film raté, car, tout en pariant sur le film de genre ou d’action, il est lent, ou plutôt, monotone, mal construit dans son rythme. La mise en scène est hyperbolique (pour ne rien dire de l’assommant accompagnement musical), et excessivement explicite: rarement un film aura mis autant les points sur les i d’un texte pourtant pétri d’ambiguïté.
Entre autres défauts criants de mise en scène, Coppola abuse des plongées (dans mon souvenir, une bonne dizaine dans la première demi-heure), sans doute abusé par une conception primaire du sublime gothique et de sa légendaire verticalité. Les transitions sont souvent à la limite du cocasse involontaire, comme la superposition par fondu des yeux translucides du loup sur la plaie au cou de Lucy, ou, pire encore, du rôti de bœuf sur la tête tranchée de la même Lucy. Voilà le genre de films dont je pensais qu’ils étaient réservés aux adeptes des «nuits du nanar», ou des fanatiques autoproclamés (toujours au second degré, bien sûr*) des séries Z…
Pour les acteurs, mieux vaut n’en rien dire. Le jeu de Keanu Reeves est d’une fadeur exemplaire, ce que contrebalance un Anthony Hopkins déchaîné ou déglingué, qui en fait des tonnes, entre la caricature du Marlon Brando de Missouri Breaks et l’imprécateur de L’Exorciste.
Les décors ont la semblance (volontaire ?) du carton-pâte d’antan, et les costumes, parfois beaux, sont souvent ridicules, avec une mention spéciale, dans la première scène, pour l’armure en chocolat de Dracula…
Bref, on se demande bien ce que les candidats à l’agrégation vont pouvoir en tirer, à moins que l’intention soit justement, non de s’intéresser à une œuvre d’art de valeur, mais de relever tous les tics de mise en scène, et de mettre en place de façon patente le lexique de l’analyse cinématographique. Si tel est le cas, cela signifierait que le ridicule pédagogisme des I.U.F.M.** a également contaminé l’agrégation***.
* Les années 1990 pourront passer à la postérité comme l’ère du second degré, et les années 2000 sous l’appellation «entre guillemets».
** Mais si, vous savez : pour les tenants du pédagogisme, peu importent le contenu, la transmission des savoirs. Qu’importe, dans l’enseignement du français par exemple, la qualité de la langue ou la valeur des œuvres, du moment que l’on peut réduire tout cela à des séquences, des séances et des objectifs…
*** Je pressens que cette note, et aussi l’ajout astérisqué ci-dessus, appelleront des réactions. Assurément, je n’ai pas cherché à éviter la polémique.
12:40 Publié dans Tographe | Lien permanent | Commentaires (3)
Anonymat, pseudonymat
Vendredi, pendant la sieste d’A.
Je ne peux manquer de m’interroger en apprenant que deux des livres politiques qui vont marquer la rentrée sont écrits sous couvert d’anonymat et contre des figures politiques de droite (l’un contre Nicolas Sarkozy, l’autre contre Dominique de Villepin).
Que faut-il penser de ce lien? Les ennemis (rhétoriques) de Sarkozy et Villepin, respectivement, sont-ils nécessairement de gauche? S’ils sont de gauche, que doit-on penser d’adversaires politiques institutionnels qui n’avouent pas leur nom? Lâcheté ou peur de réelles représailles? Vivons-nous encore dans un pays où règne la liberté d’expression?
S’il s’agit d’une guerre au sein de l’U.M.P. (ou, plus généralement, à droite), c’est plus subtil encore, ou plus perfide. Gageons que le Landerneau parisien n’a pas fini de se perdre en conjectures ni de faire ses choux gras de ce pseudo-anonymat. Quoi qu’il en soit, et à moins d’imaginer que l’auteur d’un texte polémique contre un homme de pouvoir coure un réel danger, je suis choqué de cette manie du pseudonyme, de la dissimulation, du larvatus prodeo généralisé.
11:10 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (2)
L’appel de l’abréviation
Vendredi matin
Au moment où, dans la presse - spécialisée ou non – il n’est question que du nouveau roman de Bret Easton Ellis, Lunar Park, autofiction largement inspirée de American Psycho, je me surprends à me rappeler ma lecture de ce roman, au printemps 2000, mais aussi (comme je jette ces quelques lignes sous forme abruptement télégraphique, sur une feuille de papier) à m’interroger sur la coïncidence entre les initiales de l’écrivain et le sigle français du Bureau Européen de l’Environnement, dont mon père est, depuis quelques années, l’un des responsables, ce qui ne va pas sans susciter quelque inquiétude, car Lunar Park se fait aussi l’écho des malaises de l’écriture après la mort du père.
09:35 Publié dans Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
Propos de garçonnet, 7
Je renoue avec une rubrique longtemps – et je ne sais trop pourquoi – délaissée.
Nanin* possède une cave dans laquelle il a de la compote de concombres et de la confiture de carottes. Il a appelé le «répareur» de cave car elle est cassée depuis le 14-8 juillet, et il faut la réparer avec une griffe tortueuse, un marteau, un établi, un mètre, un téléphone, une masse et une scie en bois.
Il s’agit bien sûr du compagnon pelucheux de prédilection, dont il est inséparable depuis l’âge de trois mois, et qui, pour s’appeler originellement Winnicott ou, en abrégé, Winnie, n’en a pas moins été, sous l’influence des puéricultrices beauvaisiennes des jeunes années, renommé ainsi.
08:20 Publié dans ... de mon fils | Lien permanent | Commentaires (1)
L’appel du large
Je constate que le Vrai Parisien est l’un des plus roublards et des plus rusés des forbans de la Toile, et je lui dédie volontiers, pour ses commentaires 396 à 400, cette journée de publications du samedi 27 août.
Tu as presque réussi à me faire rougir ; ce n’est pourtant pas la saison des pivoines (mais la salade de tomates était excellente, merci).
S’il faut conclure de cette fine stratégie que tu désires recevoir un exemplaire mégalo (et non un méga-exemplaire) de mes œuvres choisies, envoie-moi ton adresse postale (ou tout autre relais) pas du tout à l’adresse électronique ci-contre, dont j’ai perdu les codes d’accès, mais à celle-ci.
07:25 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (2)
L’appel du carnétoile
Samedi, 5 h 50
Pourquoi est-ce que je me réveille à une heure pareille, pourtant endormi à minuit hier soir, après une belle soirée de cinéma et de lecture? Peut-être que, trop désireux de mettre en forme les notes rédigées au brouillon hier, j’ai été chaviré par l’appel du carnétoile…
06:02 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (3)

