vendredi, 20 avril 2007
Pire ratage ?
Plusieurs de mes correspondants électroniques habituels ont reçu, en provenance de mon adresse, un message prétendument signé par moi et expliquant pourquoi je voterai Nicolas Sarkozy. Je tiens à préciser (ne pouvant savoir qui a reçu ce courriel) que ce texte n'émane pas de moi et qu'il s'agit d'une usurpation flagrante d'identité.
Vu l'agitation qui règne ces temps-ci sur le Web, j'ai ma petite idée sur le coupable présumé de cette nouvelle malversation, mais, quoi qu'il en soit, je ne soutiens aucunement Nicolas Sarkozy... et il va de soi que je n'envoie pas de courriels appelant à voter pour ni contre qui que ce soit.
22:25 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (16)
Points virgules, élections, traductions estudiantines
Parcourant, pour la première fois depuis 2005, les quelques pages de journal écrites en juin 2002, je tombe sur ces trois entrées, toutes d'actualité :
18 juin, 16 heures.
Sinon, passé une partie de la journée à corriger des versions insensées (adjectif employé littéralement). Texte difficile, certes, d’E. M. Forster, d’autant que s’adressant à des non spécialistes de deuxième année (notamment des lettres modernes), mais je sais, par expérience, que, même avec le texte le plus expurgé, le plus évident, le plus facile, on trouve des pépites sans nombre, des phrases entières dénuées de sens.
L’expression woolly rhinoceros (rhinocéros laineux (ils ont, pour l’examen, un dictionnaire unilingue) a donné lieu aux fictions les plus réjouissantes : ‘les indescriptibles rhinocéros’, ‘les rhinocéros blancs’, ‘les rhinocéros à poil’, ‘les rhinocéros à poils longs’, ‘les rhinocéros des bois’, ‘les rhinocéros poilus’, ‘les rhinocéros velus’, ‘les rhinocéros à laine’, et surtout (la palme !) ‘les rhinocéros angora’… ! La phrase elle-même a donné lieu à deux perles : « les luttes contre les mammouths ou ce qui nous semble être des rhinocéros » ; « fatigués des luttes contre le mammouth et contre la peau de rhinocéros ». Ce doit être fatigant, en effet, et même pour un homme de Néanderthal (dont il est question dans le texte), de se battre contre une peau de rhinocéros !
Mais ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, plutôt amusant en l’occurrence. Le plus déprimant, ce sont ces monceaux, ces tombereaux de phrases alignées comme à la parade, où des mots vagues ou approximatifs sont juxtaposés et liés par une syntaxe incohérente, le tout ne signifiant, en fin de compte, absolument rien ! Il n’y a pas si longtemps, je pense, ce supplice était réservé aux professeurs de lettres classiques.
18 juin, 21 heures.
Hier, à la mosquée, avec Frédéric : il m’annonce qu’il a décidé de ne plus parler de politique, que cela n’a occupé que trop de ses conversations depuis son retour des Etats-Unis (il y avait passé une quinzaine fin avril, pour le travail, à Providence) et ce fameux second tour, que cela n’avance à rien, ne fait rien avancer, est épuisant finalement et contre-productif. Il n’a pas dit ça comme ça, je remets ça à ma sauce. Mais j’ai trouvé ça assez fort, et un peu agaçant aussi, qui sait…
20 juin, 8 h 45.
Je remarque que j’utilise beaucoup le point-virgule, dont Renaud Camus signale qu’il n’est pas apprécié des journalistes et des simplificateurs en tout genre ; le point-virgule joue un rôle très particulier aussi dans Le Génie du lieu ; cela mériterait une analyse.
« Puisque vous écrivez de courts paragraphes, à quoi vous sert le point-virgule ? »
Je ne sais.
00:45 Publié dans Ecrits intimes anciens | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : Ligérienne, Littérature, Traduction

