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mercredi, 01 décembre 2010

Grignes

Aujourd'hui, en lisant l'emballage d'une baguette de pain, j'ai découvert l'existence, et le sens, du mot grigne. Techniquement, et d'après le Robert culturel, c'est la "couleur dorée du pain bien cuit", ainsi que la "fente que le boulanger fait sur le pain". Typiquement le genre de mot que quasiment personne ne connaît, mais dont tout le monde pratique le référent (pour cuistriser)*.

Ce substantif est dérivé d'un terme régional, grignon, attesté dans les poèmes de Ronsard (toujours dixit le Robert culturel), terme lui-même dérivé du verbe grigner (qui signifie : plisser, tirer les lèvres, faire la grimace). Comme il arrive, le verbe dérivé de grigner, "grignoter", a survécu, alors que grigner est bel et bien, et pour le moins, un archaïsme.

Cette découverte est l'occasion de redonner vie à la rubrique des Mots sans lacune, et doublement encore : avec la citation du poème paillard de Ronsard (cf infra) ; avec une citation, si possible littéraire, pour illustrer le sens boulanger de la grigne (à suivre, un jour ???).

[Grignon]

Helas ! dit Jaquet, ma doucette,
Si plus cher ne t'est ton grignon
Que moy, Jaquinot, ton mignon,
Approche-toy, mignardelette,
Doucelette, paillardelette,
Mon pain, ma faim, mon appetit,
Pour mieux te chouser un petit.

(Les gayetez et les épigrammes de Pierre de Ronsard. 1573.)

 

 

* Une brève recherche sur Google indique que la grigne est aussi une sorte de godemiché, d'où il devient évident que l'analogie paillarde du poème de Ronsard a de beaux jours devant elle !

 

Commentaires

Un rapport avec Grignan (Drôme) ?

Écrit par : Jimidi | mardi, 18 janvier 2011

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