samedi, 13 juin 2026
En pleine triade ghanéenne
Deux mois après la parution de Notre Sœur Rabat-Joie, de l’écrivaine ghanéenne Ama Ata Aidoo, et trois mois avant celle du nouvel essai de Howard French, traduit par mes soins, et qui est en grande partie une biographie de Kwame Nkrumah, me voici en ce jour – la mine quelque peu ahurie – devant Ugwu, l’une des œuvres d’El Anatsui que l’on peut admirer dans le parc du château de Chaumont.
La plus impressionnante, la plus belle peut-être, est XiXe, que nous avons vue pour la première fois le 30 août 2015.
En igbo – et il ne faut pas s’étonner du choix de cette langue, car El Anatsui, dont la langue maternelle est l’éwé (alors qu’Aidoo et Nkrumah parlaient fanti) a effectué l’essentiel de son travail d’artiste au sein d’un collectif nigérian – « ugwu » signifie colline, montagne : ici, ce tas de rondins, qui ressemble quand on arrive par le côté opposé à un simple tas de bois, est orné, pour chaque billon, de peintures, de fanions colorés, de fragments de pages du journal local La Nouvelle République. Outre le clin d’œil à ce qui s’apparente, pour moi, à une sorte d’année ghanéenne, cette colline asymétrique, multicolore, est aussi une allégorie de la vie, avec ses différentes strates, ses moments, ses souvenirs enfouis, sa superficialité toujours complexe.
19:33 Publié dans 2026, Affres extatiques, Autoportraiture, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (0)



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