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samedi, 15 février 2025

15022025

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H. nous a racontés qu'à chaque fois qu'elle revient à Oléron, sur la pointe près du phare de Chassiron, le chemin côtier a changé car la côte avance de quelques mètres chaque année. Elle pense que d'ici quelques années la route bituminée aura cédé face à l'océan. Sur la plage de Saint-Denis, ce blockhaus, lui, s'affaisse chaque année davantage et glisse vers la mer.

 

jeudi, 13 février 2025

13022025

Hier, j'ai écrit ceci sur Facebook :

Allez, c'est parti... les gens qui lisent 10 livres par an et qui connaissent trois écrivain•es vivant•es vont nous bassiner pendant 1 mois avec Pierre Michon... qu'est-ce que ça sera quand il mourra...

 

À ma relative surprise, j'ai récolté une dizaine de likes, et ne semble avoir été défriendé par personne.

 

mercredi, 12 février 2025

12022025 (The Looming Fog)

J’avance dans The Looming Fog. C’est tout de même un texte étrange. Il est dommage qu’il soit aussi peu maîtrisé par certains aspects, ce qui explique sans doute – autant que sa publication au Nigéria, sans aucune diffusion en-dehors du pays – qu’il reste méconnu : même des spécialistes chevronnés n’en avaient pas entendu parler.

Il m’arrive de me demander si telle partie de chapitre est vraiment « à la bonne place » car il y a des sauts narratifs déstabilisants : analepses, si on veut, mais très abruptes. De même, je suis parvenu à un point (au milieu du chapitre 4, à peu près à la moitié du roman) où la temporalité se précise : l’action a bel et bien lieu à l’époque coloniale, dans la mesure où il est dit que des cultivateurs de caoutchouc viennent en récolter à Hidaya car ce matériau dont les villageois pensent qu’il n'a aucune valeur en a en fait « dans le monde extérieur », en particulier pour fabriquer des pneus de bicyclette. Jusque-là, l’histoire semblait se dérouler en-dehors de toute référence à la colonisation, d’autant plus que le village de Hidaya (et le village de Hida, où sont bannis les membres de la caste honnie, les unknowns) paraît tout à fait isolé, également sur un plan météorologique : les calamités climatiques qui s’abattent sur la communauté ne touchent aucun des territoires avoisinants.

J’ai créé près de cent annotations dans le document de la liseuse, ce qui montre que beaucoup de choses m’intriguent ou me paraissent dignes d’intérêt. Bien sûr, l’élément le plus significatif – et qui explique que N*, qui prépare une thèse sur le sujet, ait repéré ce texte qu’elle sera sans doute la seule à étudier – est le/la protagoniste intersexe, dont l’identité narrative même est indéfinie, à l’instar de son statut social. Parmi les personnages qui permettent de problématiser la question des codes traditionnels et de la marginalisation, Ele, dont tous les enfants meurent en bas âge l’un après l’autre, est soupçonnée d’être ọgbanje ou de donner naissance à un enfant ọgbanje ; or, même cette hypothèse est invalidée.

On ne sait pas trop comment le récit va se poursuivre, car – tout en partant dans des digressions narratives sur d’autres personnages – le/la protagoniste finit par atteindre l’âge adulte sans que personne dans le village ne semble avoir compris qu’iel est l’enfant intersexe dont la seule vue a tué sa mère, et qui a été abandonné-e par son père au sortir de la petite enfance. Il y a aussi ce brouillard récurrent, et d'ordre probablement divin, qui donne son titre au roman.

À suivre...

 

mardi, 11 février 2025

11022025

Il fait encore beau, même si ça a mis du temps à « se lever » : grande douceur tout l’après-midi. Promenade dans Peyrehorade, en attendant que ma mère ait fini au laboratoire d’imagerie médicale : le village reste joli par endroits, mais entièrement dévasté par les bagnoles et avec beaucoup de bâtisses et de maisons en voie de délabrement. Je crois qu’il n’y a pas moyen de se promener le long du gave.

 

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Hier soir, excellent film, Chroniques de Téhéran d’Ali Asgari et Alireza Khatami – apparemment, le titre en farsi se traduirait plutôt comme « versets terrestres ». Or, en effet, une des neuf scènes du film représente un ouvrier qui, lors de son entretien d’embauche, se voit poser un certain nombre de questions sur le dogme chiite, et demander de réciter des versets de la 99e sourate al-Zalzala (« La secousse » – traduit par tremblement de terre dans les sous-titres du film) ; la scène finale, dans laquelle un vieil homme délabré, cadavérique, mutique et presque immobile, assis à un bureau recouvert de différents accessoires figurant dans les scènes précédentes (représentation du metteur en scène ? de Dieu ? de la dictature des mollahs ?), se tient devant une fenêtre par laquelle on voit Téhéran détruite par un séisme, confirme que les neuf scènes du film sont simultanées et que le grondement presque explosif qu’on entend à une ou deux minutes de la fin de chacune est le début d’un tremblement de terre.

Toutes les saynètes sont filmées en plan fixe, avec un cadrage extrêmement riche : un personnage, face caméra, échange avec une ou deux personnes hors champ. Il s’agit presque systématiquement d’un échange avec un-e fonctionnaire d’une administration, sauf dans le cas de la petite fille qui danse pendant que sa mère et la vendeuse du magasin de vêtements choisissent son uniforme scolaire. Par ces vignettes brutes, factuelles, les cinéastes dessinent avec précision, et sans s’épargner la possibilité d’un absurde plus montypythonesque que kafkaïen, les contours de l’oppression sociale et politique sous ses diverses formes (confiscation des chiens errants, censure des artistes, sanction des foulards pas assez couvrants, choix du prénom des enfants, tenues vestimentaires ou tatouages, mais aussi « promotion canapé » dans un contexte occidentalisé faussement libératoire). À la surprise générale, un des deux cinéastes s’est vu, de retour d’Europe, confisquer son passeport et interdire de continuer à faire des films.

 

19:50 Publié dans 2025, Tographe | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 10 février 2025

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En lisant Death of the Author de Nnedi Okorafor, j’ai appris que les tissus plus communément appelés wax (et dont on sait que, tout en passant pour « typiquement africains », ils sont une production de l’industrie textile hollandaise à partir de modèles observés dans les territoires indonésiens colonisés par les Pays-Bas) se nommaient aussi Ankara, et que ce mot, sans rapport avec la ville turque, est le nom haoussa pour la capitale du Ghana, Accra. Tout cela dans un roman écrit par une Naijaméricaine de culture igbo, contenant un certain nombre d’éléments culturels igbo et yoruba... mais pas grand-chose de haoussa…

 

À propos d’écrivaines igbo : j’ai enfin commencé The Looming Fog de Rosemary Esehagu, avec la version PDF envoyée par l’autrice elle-même et qui correspond, m’a-t-elle dit, au texte de 2006 en partie remanié, et avec une fin différente. Il y a quelques coquilles, un mot manquant de loin en loin, mais le document est précieux. J’ai lu à peu près un cinquième du roman, qui est, de fait, tout à fait passionnant quant à la mise en récit de l’identité intersexe et quant à sa mise en perspective dans le contexte igbo, justement. Dans un passage de la fin du chapitre 1, la narratrice comprend qu’il serait possible que son statut de paria, entièrement dû à l’observation de ses parties génitales, puisse évoluer comme a pris fin la condamnation à mort des jumeaux à leur naissance, pratique rituelle sur laquelle je n’ai pas lu grand-chose, mais qui est de fait présentée comme allant de soi (à la fin du dix-neuvième siècle) dans la communauté d’Umuofia décrite par Chinua Achebe dans Things Fall Apart. La différence fondamentale avec An Ordinary Wonder est que l'enfant intersexe est immédiatement admis comme tel, et rejeté comme presque inhumain, alors que dans le roman de Buki Papillon Otolorin est assigné·e garçon jusqu'à l'adolescence et à la mise en avant des caractères sexuels « féminins ».

Grâce à la fonction surlignement/annotation de la liseuse, j’ai noté un certain nombre de phrases du Prologue qui poseront un problème de traduction, avec désignation de l’enfant intersexe au moyen du pronom « it » et sans marque de genre. Dans le chapitre 1, narré par l’enfant intersexe (sans nom), je n’ai pas particulièrement été vigilant, mais il y a forcément un certain nombre de difficultés sur ce plan-là. Cela me rappelle quand j’avais invité, avec Laurent Vannini, la traductrice de Freshwater, Marguerite Capelle, à venir parler de la manière dont elle avait traduit tout ce qui relève des identités non binaires.

 

dimanche, 09 février 2025

09022025

J’extrais ce qui suit des deux pleines pages que je viens d’écrire dans le fichier Chantier CRCT :

Demain, nous partons pour une semaine : quatre jours dans les Landes, deux ou trois jours dans l’île d’Oléron (que nous ne connaissons pas). J’emporte seulement la liseuse (avec le roman d’Esehagu) et Verirrtes Herz.

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Hier, j’ai fini de lire Spinnweben.

Il faudrait que je reprenne méthodiquement la vingtaine de feuillets sur lesquels j’ai griffonnés des remarques et des citations au fur et à mesure, mais déjà : je ne suis pas sûr de comprendre le titre. (En anglais, c’est identique : Cobwebs. (Enfin, c’est identique, sauf à considérer que le nom composé en allemand indique explicitement l’animal, alors que dans le nom cobweb, l’araignée reste implicite.))

[…]

Je pourrais pondre dix pages de plus en élaborant à partir de mes pattes-de-mouche, mais tout cela n’aura de pertinence que si je mets la main sur les manuscrits en anglais. Et ça n’en prend guère le chemin. Par contre, mon séjour d’études dans l’état de New York prend forme, Patrice m’ayant enfin répondu cette nuit.

 

12:20 Publié dans 2025 | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 08 février 2025

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Les rares fois où – n’ayant pas de café à réchauffer ou ayant la flemme de préparer une cafetière pour moi seul quasiment au cœur de la nuit – je fais chauffer un peu d’eau avec la bouilloire pour me faire une tasse de café soluble, je pense systématiquement à Jacques Roubaud, qui raconte dans ‘le grand incendie de Londres’ sa routine matinale, qui consiste à se préparer une tasse de nescafé avec de l’eau chaude directement puisée au robinet (ignoble, hein ?). Ce matin, c’est la première fois que je pense à cette scène tout en pensant aussi que Roubaud est mort, mort le 5 décembre dernier, le jour de ses 92 ans.

Qui d’autre a remarqué que, dans les grands livres qui nous marquent pour de nombreuses autres raisons, il y a toujours une anecdote qui reste associée aussi au livre, comme les crachats qui gèlent en vol dans les Récits de la Kolyma de Chalamov ?

 

Aujourd’hui, c’est le dix-neuvième anniversaire du blog anthracite, que j’avais créé au départ car, ayant été harcelé par une petite troupe de fachos sur Touraine sereine, j’avais pensé devoir le fermer, mais qui est devenu, très vite, le site des véritables expérimentations textuelles, de l’écriture au sens le plus profond du terme, avec parfois de très longues interruptions. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que ce soit lui que j’ai choisi cette année pour y composer/déposer mes 365 neuvains.

 

05:19 Publié dans 2025 | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 07 février 2025

07022025

Pour tenir le rythme de publication d’un billet par jour ici, j’ai un peu triché hier en publiant uniquement ma revue de presse. J’ai bien avancé dans Spinnweben – qui montre décidément qu’Amma Darko est une des écrivaines qui écrit le plus explicitement et surtout le plus matter-of-factly du monde sur la sexualité et surtout le plaisir féminin – et aussi dans Death of the Author, qui s’effiloche au fur et à mesure de la lecture. J’attends de voir ce que vont donner les 150 et quelques pages qu’il me reste à lire mais je crains que Lagoon ne reste, et de loin, son livre le plus abouti : après tout, ce n’est pas très grave – beaucoup d’écrivain·es donneraient tout pour avoir écrit ne serait-ce qu’un seul livre comme Lagoon. L’ironie, avec Okorafor, est qu’elle est surtout célébrée et connue pour Binti, Who Fears Death… et peut-être pour ce nouvel opus, qui a fait l’objet d’une campagne médiatique assez énorme.

 

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Mon problème est que je voudrais passer mes journées à lire, traduire et faire des recherches sur les textes qui le méritent (ainsi, d’exhumer ou de tenter d’exhumer les deux manuscrits inédits de Darko), mais que chacune de ces trois activités serait, normalement, à temps plein. (Et je n'évoque même pas l'enseignement, que j'adore même si cette activité est en suspens pour moi ce semestre.)

 

 

Le soir, nous sommes allés écouter l’orchestre Francis-Poulenc, qui donnait plusieurs pièces en décomposant les différentes phalanges de l’orchestre : une pièce pour 13 percussions (Ionisation de Varèse), deux suites pour cuivres (dont trois extraits des Brass Cats de Chris Hazell), trois pièces brèves pour cordes et enfin la Sérénade de Strauss pour bois et vents (dans laquelle jouait Odilon).

 

jeudi, 06 février 2025

Revue de presse du 06022025

1/ Congo-B : une conférence pour établir un diagnostic sur l’assainissement urbain dans les grandes villes (RFI)

2/ De Panama à Gaza, la stratégie de communication de Donald Trump déroute le monde (France Inter)

3/ ‘It’s not just a few ships doing it’: how the world’s plastic ends up on a Guernsey beach (Guardian)

4/ Decathlon accusé de bénéficier du travail forcé des Ouïghours en Chine, l’enseigne dément (Sud-Ouest)

 

mercredi, 05 février 2025

05022025

Matinée de travail intense, mais pas une seconde pour Amma Darko.

Déjeuner à Lion & papillon, puis cinéma. En arrivant dans la file d’attente, nous avons constaté que nous allions nous placer juste derrière nos amis E*** et F. ; en approchant, j’ai salué E***, avec qui j’échange souvent (on s’était téléphonés hier), et j’ai vu qu’il ne me calculait pas, comme on dit désormais. Il s’avère qu’avec un bonnet, c’est-à-dire autre chose que la piste d’atterrissage à mouches qui caractérise ma tronche, même mes bons amis ne me reconnaissent pas.

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Le film iranien, Mon gâteau préféré, est excellent. Il s’agit d’un conte assez paradoxal sur l’amour, et même plus précisément le coup de foudre, entre deux septuagénaires, mais bien davantage que cela. On ne sait si l’action se situe avant la révolution Femme Vie Liberté, ou dans son sillage, et cette ambivalence même est très judicieuse. La façon dont la maison de la protagoniste est filmée, du jardin à l’appartement spacieux, les deux scènes en taxi (décidément un topos récurrent du cinéma iranien), la scène de confrontation dans le parc, tout est marqué d’une véritable ambiguïté. J’ai trouvé que l’élément le plus faible était la soirée entre les deux nouveaux amoureux, qui semble cocher au fur et à mesure toutes les cases attendues, mais qui est sauvée par l’interprétation, d’une finesse remarquable.

 

Entraînement de ping-pong avec les adultes “loisir” : l'horaire est plus commode, mais le niveau vraiment faible. À voir...

 

19:27 Publié dans 2025, Tographe | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 04 février 2025

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Je me suis sérieusement remis au travail sur mon projet, en recommençant notamment la lecture de Spinnweben. Je veux avoir fini toutes les lectures primaires dans un mois, et bien entamé les lectures théoriques d’ici fin mars. Entre les trois projets de traduction plus ou moins en suspens, le séminaire à Marseille, la journée d’études le 27 mars et enfin ma foutue émission de radio, pas de quoi chômer.

Concernant les projets de traduction, celui d’Ama Ata Aidoo est le plus défini, et je dois m’entretenir avec ma co-traductrice le 18 : cela tombe bien, car c’est le texte qui résonne le plus étroitement avec ce que je veux explorer dans les trois premiers romans de Darko et dans sa trajectoire allemande. (Tiens, trajectoire allemande, ça ferait un bon titre de chapitre, pour prolonger l’idée de triangulation impossible.)

Repris l’entraînement de ping-pong ce soir, avec Amandine à la manœuvre : il n’y a pas à dire, c’est autre chose avec elle.

 

22:20 Publié dans 2025 | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 03 février 2025

03022025

Ce matin, enregistrement en direct de la troisième émission d’I LOVE MES CHEVEUX, avec Bayan Ramdani, qui, comme Marie-Aude Ravet il y a deux semaines, est un « bon client » : prolixe, intelligent, capable de dérouler une anecdote de manière vivante et de la prêter à d’éventuelles généralisations. C’était vraiment sympathique, et je m’éclate de plus en plus en faisant cette émission. (Par contre, on a encore débordé de vingt minutes ; il faudrait que je me discipline.)

Entre le moment où j’ai fermé la porte du garage et l’arrivée du tram à la faculté de droit, il s’est écoulé trente-neuf minutes : je pense avoir établi une sorte de record, mais il faut dire que le bus est arrivé à l’arrêt Torricelli au moment où j’y arrivais.

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Bientôt fini Les blattes orgueilleuses de Lynda Chouiten, son troisième roman, qu’elle m’a gentiment envoyé (publiés en Algérie, ses livres sont hélas impossibles à commander en libraire en France) ; j’ai écrit sur Bluesky que je n’étais pas loin de penser que c’était son meilleur.

Il faut dire que le sujet est casse-gueule, et que le genre auquel il appartient (le campus novel) me laisse habituellement froid : par contrecoup, le fait que ça monte en puissance, d’un point de vue narratif et stylistique, est d’autant plus magistral. Je suis persuadé que ce roman sera un jalon important dans le cadre des récits de la révolution de 2019 (Hirak / ⴰⵎⵓⵙⵙⵓ), d’autant qu’il permet de penser l’identité kabyle de façon complexe.

 

dimanche, 02 février 2025

02022025

Il en va de Lovecraft comme de Tolkien : l’œuvre m’a plutôt rebuté ou ennuyé ; puis, les personnes qui m’en disaient monts et merveilles l’ont fait d’une façon qui m’a peu convaincu ; enfin, les problèmes idéologiques (plus nets du côté du suprémaciste et raciste H.P.L) ont achevé de m’en détourner. Samedi matin, une fois encore, j’ai pu constater que des personnes qui évoquaient l’exposition de je ne sais plus quel mangaka autour de l’œuvre de Lovecraft étaient éberluées quand je leur disais « ah non, Lovecraft, c’était quasiment un nazi, je laisse ça de côté ».

 

16:34 Publié dans 2025 | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 01 février 2025

0102205 (Angoulême)

Aujourd’hui, Claire m’a traîné au festival de la B.D. d’Angoulême, où elle est allée pour la première fois l’an dernier.

 

Table ronde sur la traduction de B.D. en Espagne, Angoulême, 1er février 2025

 

Cette année, le programme était moins riche, moins intéressant, mais j’étais quand même content de découvrir cela avec elle : deux expositions très intéressantes (rétrospective Posy Simmonds et neuf dessinatrices espagnoles de la nouvelle génération), tour pas exhaustif mais appuyé – c’est-à-dire avec quelques achats – au pavillon Nouveau Monde, table ronde autour de la traduction en Espagne, tour rapide au grand pavillon des mangas (il ne fallait pas rater le train de retour).

 

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Comme nous n’avons pas pu assister à la table ronde sur le female gaze (il y avait 160 places et nous étions trop loin dans la file d’attente), nous nous sommes rabattus sur la présentation des 44 fanzines nominés pour le prix de la bande dessinée alternative 2025. L’organisateur, visiblement très fin connaisseur du domaine, était aussi un espèce de boomer totalement décomplexé, qui a réussi à tenir des propos xénophobes tour à tour au sujet de la Colombie (« c’est un pays qui exporte autre chose que de la drogue »), les Philippines (qu’il a situées géographiquement « au carrefour de l’Asie et de l’Europe de l’Est », wtf) et la Chine (en précisant qu’à sa grande surprise la BD chinoise n’avait aucun rapport avec le manga japonais (!!)) : un vrai bingo. Nous n’étions pas seuls, Claire et moi, à grincer des dents : les cinq personnes derrière nous, qui faisaient partie de l’équipe de deux fanzines différents ai-je cru comprendre, soupiraient et souffraient autant que nous. En y réfléchissant, je regrette de ne pas m’être levé pour dire que ces propos étaient inadmissibles. C’est toujours comme ça : on est estomaqué, on se rassure en échangeant des regards ou de brèves paroles de connivence avec d’autres personnes dans le public, et on laisse les racistes déblatérer.

Vérification faite, ce monsieur, qui ne s’est pas du tout présenté tellement il pensait être connu de tout le monde, se nomme Philippe Morin : architecte de profession, il est aussi cofondateur et coéditeur des éditions PLG, et donc président du jury du Prix de la BD alternative. Il y a une certaine satisfaction à voir ce soir que les deux fanzines qui ont obtenu le Prix ex aequo, Hairspray et Fanatic Female Frustration, sont à l’opposé des visions frelatées et imbues de ce paltoquet. In fine, le female gaze a retriomphé.

 

Exposition Posy Simmonds - Angoulême, 01.02.2025

vendredi, 31 janvier 2025

31012025

C’était l’anniversaire d’E° aujourd’hui (j’ai trois amis dont le prénom commence par E et je ne sais plus comment je m’en suis sorti pour les initiales dans ces carnets – bon, ce qui compte est que moi, je m’y retrouve) et nous avons renoué avec notre sempiternel déjeuner italien. Je lui ai rendu le livre de Gueorguieva qu’il m’avait prêté, je lui ai donné un livre de Chauvier acheté en 2006 à sa sortie chez Allia et que je m’étais retenu à l’époque de balancer contre le mur (le marque-pages atteste que je me suis arrêté à la page 38). Nous lui avons aussi fait un vrai cadeau : un livre choisi (qu’il a déballé une fois chez lui, selon sa coutume, en me demandant aussitôt par message si je souhaitais « redéclencher [s]on hyperfixation ornithologique ») et deux livres qu’il a choisis au Livre (dont un de l’économiste Karl Polanyi, qui n’était pas même un nom pour moi, tant est grande mon inculture en la matière).

Il a fait très beau aujourd’hui : froid, mais beau. Les bords de Loire étaient superbes sous la lumière d’hiver.

 

16:55 Publié dans 2025 | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 30 janvier 2025

Revue de presse du 30012025

1/ République démocratique du Congo : le groupe armé M23 ouvre un nouveau front (NR)

2/ Kumbh Mela stampede: A look back at deadly crowd disasters in India (Independent)

3/ Suspension de l’expulsion de l’influenceur algérien «Doualemn» : Retailleau a appliqué «à tort la procédure d’expulsion en urgence absolue» (Libé)

4/ Algorithm study 90% accurate predicting bowel cancer (BBC)

5/ Olaf Scholz warnt davor, Friedrich Merz zu vertrauen (Die Zeit) — en résumé, très très résumé, la droite et le centre allemands commencent à faire alliance avec les néonazis

6/ Does vulnerability to natural disasters make people more open to sustainable consumption? (Anthropocene Magazine)

30012025

Il faut vraiment m’y remettre. Je ne peux pas laisser filer le mois de février comme les dix derniers jours. De la discipline. Certes, je lis beaucoup, et je ne « glande » pas, techniquement, mais je dois absolument tout recentrer autour de mon chantier de recherche, laissé en suspens depuis trois semaines, à peu près. Ni l’émission de radio, ni les traductions, ni le vlog, ni mes satanées revues de presse (il ne manquait plus que ça !) ni un prochain déplacement professionnel à Marseille (ville où je n’ai jamais mis les pieds) ne doivent me déprendre. Les cinq mois qui viennent vont fondre comme neige au soleil. Hier, j’avais envie d’écrire un texte, qui aurait vite débordé du cadre, sur la concomitance tragique entre les images – partout diffusées – des inondations, notamment en Ille-et-Vilaine, et le discours fantasmatique et fascisant de Bayrou sur la « submersion migratoire » : sans doute suis-je sous l’influence de Klemperer (dont j’ai trouvé quelques chapitres plus faibles), mais mon rôle n’est pas celui d’un sémioticien ; il y a évidemment un article, et même un essai à écrire sur cette ironie involontaire détachant le sens figuré, qui fantasme une menace, du sens littéral, qui manifeste la vraie urgence (climatique).

 

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Côté lectures, j’ai achevé hier The Sum of All Things, le dernier roman de Seb Doubinsky, et, il me semble – mais la fin est très ouverte, quand même –, de son cycle dystopique des City-States. J’ai commencé un manga, Pline, de Mari Yamazaki et Miki Tori, deux manga-ka très connu·es apparemment (mais mon inculture en la matière est totale).

Ces deux derniers jours, j’ai aussi lu les deux brefs recueils narratifs et voyageurs de Béatrice Commengé et d’Olivier Rolin, dans l’optique de la rencontre à la librairie Le Livre, mais avant de m’apercevoir que je ne serai pas là ce jour-là.

Il faut que je commence le nouveau roman de Nnedi Okorafor, qui fait l’objet d’un vrai battage et que j’ai enfin reçu hier par la poste, et que je voie si la vieille liseuse de Claire peut encore marcher, même vaguement, même branchée, afin d’y transférer quelques romans que je n’ai qu’en format numérique et qu’il m’est impossible de lire sur ordinateur : le dernier de Chinelo Okparanta, et celui – totalement introuvable – de Rosemary Esehagu, que l’écrivaine m’a envoyé en format .doc (ça ne s’invente pas, et ça a été un sacré parcours du combattant – si je pouvais avoir autant de chance avec Amma Darko…).

 

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Addendum de 6 h 22 : je viens de partager ce billet sur trois réseaux sociaux différents (Mastodon, Bluesky, Facebook), avec à chaque fois une phrase d'accroche différente, une phrase extraite de ce billet. Je viens d'ajouter la photo d'illustration, qui provient d'un autre réseau social. Petit test : si vous êtes arrivé·es jusqu'à cette phrase, pourriez-vous juste indiquer en commentaire si vous débarquez d'un des trois réseaux ?

 

mercredi, 29 janvier 2025

Revue de presse du 29012025

1/ Climate change made LA fires worse, scientists say (BBC)

2/ "Emilia Pérez" nommé aux César : pourquoi la communauté transgenre juge le film de Jacques Audiard "caricatural" (France Info)

3/ « Submersion » migratoire : le naufrage de François Bayrou (Ilyes Ramdani, Mediapart)

4/ Indiana man pardoned by Trump for Jan. 6 riot is shot and killed by deputy during arrest (Detroit Free Press)

5/ Zimbabwe cholera outbreak spreads to eight districts (Mail & Guardian)

6/ Baobab is a superfood with growing global demand – that’s bad news for the sacred African tree (Mail & Guardian)

 

29012025

Il y a une semaine, nous étions, en comité familial restreint, au crématorium de Mont-de-Marsan, pour un dernier salut à ma grand-mère. Depuis, les liens se font par la pensée, par la mémoire.

 

Hier après-midi, toujours dans un retour au coffret Debussy, j’écoutais des pièces pour piano que je connais mal, et étais particulièrement ému par le 2e mouvement d’En blanc et noir, ainsi que par l’épigraphe intitulée Pour un tombeau sans nom. — Qu’en penserait mon ami E*, lui qui a dit une fois en ma présence (mais m’a laissé comprendre cela x fois) : « Tu connais Guillaume, il a toujours eu des goûts musicaux pourris. »

Mercredi dernier, dès le début de la cérémonie, j’étais en larmes en écoutant Casta diva chantée par Angela Gheorghiu (c’était un des choix de ma grand-mère elle-même).

 

mardi, 28 janvier 2025

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Aujourd’hui, vu la magnifique exposition de la photographe sicilienne, ou faut-il même dire palermitaine, Letizia Battaglia (1935-2022), avec le regret, léger, que son travail de photojournaliste au sens le plus concret du terme, et aussi son travail d’éditrice ne soient qu’esquissés. En tout, c’est une découverte majeure.

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La conférence de mon collègue Laurent Gerbier, hier soir, dans le cadre du séminaire 19e siècle, m’a notamment poussé à relire Montaigne, et en particulier “De la modération” (I, XXX), où je trouve cette pépite, qui m’amuse car Claire déteste la rhubarbe sous toutes ses formes (et en particulier l’odeur à la cuisson) et je l’adore, de sorte que l’apophtegme de Montaigne est parfaitement applicable à elle, non à moi :

Le naturel qui accepteroit la rubarbe comme familiere, en corromproit l’usage : il faut que ce soit chose qui blesse nostre estomac pour le guerir ; et icy faut la regle commune, que les choses se guerissent par leurs contraires, car le mal y guerit le mal.

 

Depuis quelques jours, j’ai l’impression de repartir en permanence « dans le décor », de faire des embardées, comme à la grande époque polygraphe, circa 2006-2008, comme en lisant Commengé et son parcours de la route 87 sur les traces de Nietzsche j’ai à l’esprit immédiatement mes très anciennes pondaisons (Onagre 87).

 

18:30 Publié dans 2025 | Lien permanent | Commentaires (0)

Revue de presse du 28012025

1/ Mémoire de la Shoah : les jeunes se sentent-ils capables de la transmettre ? (RFI)

2/ DeepSeek : un "avertissement" pour l'IA américaine selon Trump, des droits de douanes en perspective (France 24)

3/ Éducation, fin de vie, immigration… Ce qu’il faut retenir de l’interview de François Bayrou (La Croix) *

4/ Misogyny identified as breeding ground for extremism in UK, says leaked report (Guardian)

5/ RDC : les échanges de tirs ont repris à Goma ce mardi matin (RFI)

6/ En France, championne d'Europe des OQTF, plus de 93% de ces mesures d'éloignement concernent des étrangers sans histoire (France info)

7/ 36 examples of anachronyms (Heddwen Newton, blog English in Progress)

 

* Absolument rien sur l'urgence climatique et la transition écologique - ce n'est pas comme si on était en plein milieu d'un “épisode” de graves inondations... Bayrou est un homme du passé, c'est-à-dire du capitalocène, pieds et poings liés aux lobbies des énergies fossiles et de l'agroproductivisme.

 

lundi, 27 janvier 2025

Revue de presse du 27012025

1/ Tempête Herminia : Rennes subit les crues les plus importantes depuis plus de quarante ans (Le Monde)

2/ Protests by fruit pickers and farmers put spotlight on price of cheap food in UK (Guardian)

3/ Paradoxe de l’interdisciplinarité (recension de l'ouvrage collectif Servitudes et grandeurs des disciplines - in En Attendant Nadeau)

4/ Pyrénées : des chiens renifleurs formés à rechercher l’insaisissable desman (Sud-Ouest) *

5/ « L’organisme des enfants est particulièrement vulnérable » : un élève sur sept dans le monde victime du dérèglement climatique en 2024, alerte l’Unicef (L'Humanité)

6/ Pourquoi avoir attendu 80 ans pour compter les « Nomades » persécutés en France pendant la Seconde Guerre mondiale ? (Lise Foisneau - The Conversation)

 

* Oui, c'est un article d'août 2024, et derrière un paywall (mais regardez l'alt-text sur Bluesky).

27012025 — L'histoire de Souleymane

Hier, lu L’eau du bain de Rim Battal.

Dont j’extrais cette phrase : « La maternité, c’est la peau poursuivant le serpent pour lui demander des comptes, de la gratitude et de ne pas oublier son écharpe. » (p. 40)

 

Souleymane.PNG

 

Au cinéma enfin nous avons vu L’histoire de Souleymane de Boris Lojkine. Il s’est confirmé ce que j’avais entendu dire en octobre : pendant le générique (sans musique) et même après que les lumières se sont rallumées, personne ne parlait. Pas un mot. Il faut dire que le film, excellemment mis en scène et interprété, est très puissant, intense, et que la longue dernière scène, avec l’agente de l’OFPRA, est particulièrement forte. Les adjectifs manquent, ou le temps manque pour mieux tourner les phrases.

Meurisse.PNGLe problème que j’entrevois (et qui m’a titillé même pendant la projection) est que ce film, qui s’appuie certes sur une foultitude de témoignages, dont l’histoire personnelle de l’acteur lui-même, sert parfaitement le narratif de la droite et de l’extrême-droite. Je n’avais lu aucun article, seulement des recommandations d’ami·es ou de simples connaissances sur les réseaux sociaux, et n’ai pas encore pris le temps d’aller regarder si je suis seul à être gêné aux entournures, non pas par le film lui-même (qui est magnifique, aucune rétractation) mais par le contexte dans lequel il a été conçu, et surtout reçu : en effet, le scénario choisit de se concentrer sur un migrant économique qui se fait passer pour un réfugié avec un dossier entièrement bidon, et qui ne cesse d’être la victime d’intermédiaires dont aucun n’est blanc (les tortionnaires libyens, les passeurs, le Camerounais qui sous-traite l’accès à l’application de livraison). Même si la scène avec les policiers donne une impression de chats qui jouent avec la souris de façon assez abjecte, les policiers se contentent in fine de dire à Souleymane qu’ils ont compris qu’il était dans l’illégalité et qu’ils auraient pu le verbaliser pour l’absence de lumière à l’avant de son vélo : je ne nie pas le réalisme de cette scène, mais enfin, dans ce film qui multiplie les vignettes au cours des 36 heures que dure l’histoire, pas un agent de sécurité violent ? pas un contrôle « au faciès » ? pas la moindre chausse-trape administrative ? les témoignages, sur ce plan-là, ne manquent pas, et je ne peux m’empêcher de penser que Lojkine, à trop chercher la subtilité et l’ambivalence (à vouloir éviter de faire un énième film sur les pauvres migrants racisés ?) se retrouve surtout à ne pas trop contrarier les suprémacistes et les partisans de la « remigration ». (J’entoure ce mot de guillemets, car il est ignoble. Étant donné ma lecture de Klemperer, je suis particulièrement sensible à tout cela.)

Capture.PNG

 

Un dernier mot, pour ne pas laisser l’aspect socio-politique recouvrir ce billet (mais cet aspect est consubstantiel d’un tel film, de son sujet même) : après avoir regardé, vendredi, un des films les plus globalement mal joués de l’histoire du cinéma (Louise Michel de Solveig Anspach), il faut souligner que, même si la mise en scène, les cadrages, l’image sont de très grande qualité, un film comme L’histoire de Souleymane se grave dans la mémoire grâce à ses acteurices, en particulier Abou Sangaré bien entendu, dont le jeu, extrêmement varié, est parfait, vraisemblable de bout en bout. Difficile de retenir une scène : les deux scènes où il appelle Kadiatou, la femme qu’il a laissée derrière lui en Guinée ; sa tendresse toute en retenue avec le vieil homme à qui il livre une pizza au sixième étage ; sa métamorphose au cours de la scène finale ; ses échanges très brefs avec les autres livreurs… il est à chaque fois d’une justesse impressionnante, chaque plan semblant couler de source.

En fait, ce qui précède n’était pas le dernier mot. Je n’ai jamais commandé via Deliveroo, Uber-Eats ou autre : outre que le take-away était déjà une pratique très marginale pour nous, il a été immédiatement évident que ces applications de livraison de repas à domicile mettaient en place un système d’exploitation übercapitaliste. J’ai beaucoup lu sur le sujet, et ce n’est pas pour rien qu’on parle d’überisation du travail : ces différentes plateformes, qui sont rien moins qu’esclavagistes, doivent être boycottées. Il faudrait que toutes les personnes qui passent leur temps à « commander un Uber » regardent ce film… mais ça les laisserait de marbre, ou elles ne verraient pas le rapport…

 

08:45 Publié dans 2025, Tographe | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 26 janvier 2025

26012025 (LTI / revue de presse)

Hier après-midi, avec les giboulées de janvier et deux courses qui se sont ajoutées, nous n’avons pas eu le temps d’aller au château de Tours.

J’ai commencé hier soir la lecture – longtemps différée – de l’ouvrage souvent cité de Klemperer, LTI Lingua Tertii Imperii, dont les premiers chapitres m’évoquent, quasiment à chaque paragraphe, ce que nous voyons advenir, par glissements progressifs, en Europe (en France, avec la fascisation des centristes et macronistes) ; il y a aussi toutes les analogies possibles entre le discours nazi et le trumpisme. Depuis une semaine, on le voit en pleine lumière.

Je continue d’espérer – en me voilant la face, sans doute – que nous n’aurons pas à affronter cela dans les mêmes proportions qu’il y a un siècle, mais dans tous les cas la catastrophe climatique va s’abattre sur nous. Le négationnisme, l’euphémisation et la substitution d’un concept pour un autre gagnent chaque jour du terrain, sur ces deux fronts. Je le lisais encore hier matin, dans un entretien avec Marlène Laruelle (n° 66 de la revue XXI) et dans le n° 2 de la revue Fracas. Klemperer écrit ceci, au sujet de la république de Weimar :

La république libéra la parole et l’écrit d’une manière tout bonnement suicidaire ; les nationaux-socialistes se gaussaient, disant qu’ils ne faisaient que reprendre à leur compte les droits que leur accordait la Constitution, quand, dans leurs livres et leurs journaux, ils attaquaient violemment l’État dans toutes ses institutions et ses idées directrices, au moyen de la satire et du sermon enflammé. [LTI La langue du IIIe Reich. Traduction d’Élisabeth Guillot, 1996, rééd. Espaces libres, 2023, p. 55]

 

C’est, au mot près, ce que nous voyons avec les réticences de l’Union Européenne à interdire purement et simplement le réseau X du néonazi Musk sur le territoire. C’est la stratégie du milliardaire christofasciste Bolloré et de ses relais médiatiques nombreux (et je n’oublie pas, comme je l’ai précisé jeudi soir lors de la rencontre aux Temps sauvages, que Calmann-Lévy publie aussi ma traduction de Born in Blackness, ouvrage “woke” s’il en est).

 

À l’occasion de ma migration vers Bluesky et Mastodon, je veux m’astreindre, à partir d’aujourd’hui, à publier une revue de presse qui ne prétend en rien à l’exhaustivité, mais que je tenterai de « doublonner » ici, quand j’en aurai le temps :

1/ Le retrait américain de l’OMS impacterait “grandement” l’Afrique, selon l’UA (Afrique Média)

2/ Trump again demands to buy Greenland in ‘horrendous’ call with Danish PM (Guardian)

3/ Le coup de pouce de la mairie de Toulouse au collectif d'extrême droite Némésis (StreetPress)

4/ Une bonne synthèse explicative des premiers décrets pris par Trump lundi/mardi (en anglais - The Irish Times, 21 janvier 2025)

5/ La Martinique retrouve son leader de la lutte contre la vie chère (Mediapart - réservé aux abonné·es - abonnez-vous ou demandez-moi l'article - c'est possible d'en offrir un par jour je crois)

6/ Australie : les défenseurs des droits des autochtones manifestent pendant la fête nationale (TV5 Monde)

7/ Investiture de Donald Trump : Spotify fait cadeau de 150 000 dollars pour la cérémonie (Les Inrocks) - c'est le moment de se désabonner, je pense (je le dis à l'attention des personnes concernées)

 

samedi, 25 janvier 2025

25012025

Ce matin, plutôt que de m’installer à l’ordinateur, j’ai tenté une nouvelle routine : lectures (d’un œil finalement) dans le canapé en regardant deux vidéos directement sur le téléviseur, notamment la dernière de la chaîne Un grain de lettres, avec Clémentine Labrosse, sur la revue Censored et l’autoédition féministe.

Pourquoi ne pas tenter une nouvelle routine, au moins pour le week-end ?

 

J’ai lu — en diagonale ou plus exactement, en ne lisant que certains articles — le n° 44 de la Revue dessinée et le n° 66 de XXI. Beaucoup de pistes de réflexion et de nouvelles lectures à aller pêcher / piocher. Et toute la journée s’est muée en grisaille dégoulinante, averses, plafond cendreux de nuages effroyablement bas, temps à spleen XXL. Nous allons peut-être aller en ville quand même, car il y a une ou deux courses à faire, et l’exposition Letizia Battaglia au Château de Tours.

 

15:18 Publié dans 2025 | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 24 janvier 2025

24012025

Ma grand-mère est morte à 97 ans et 200 jours, cinquante-sept ans au jour près après son père (mort le 17 janvier 1968, et que je n’ai pas connu), et donc il y a une semaine.

 

Cet après-midi, je suis resté au bureau, à faire des bricoles, à lire divers documents, « traiter les mails pro » selon l’expression que j’emploie, échanger, scroller sur Mastodon et Bluesky – peut-être que je pose quelques jalons quand même. Notre amie E* qui a fait un passage express, venue exprès pour la rencontre d’hier soir (la pauvre) et repartie ce matin tôt (elle avait cours à 11 h dans son collège charentais), était fascinée par toute l’histoire autour d’Amma Darko : si je n’en tire rien côté recherche, traduction et/ou publication, je pourrai toujours écrire un opuscule en mode polar pour intellos…

En écoutant ce matin la rediffusion de l’émission La Méridienne de 2023 avec mon collègue Florent Kohler, je réfléchissais à la façon dont je pourrais consacrer un peu de temps, en marge de mon projet de recherche principal, pour la tétralogie de Heathcote Williams. (Florent dit qu’il s’était tourné vers l’anthropologie car il en avait eu assez de la littérature autour des questions animales. Textuellement, qu'il en avait “assez de l'abstraction”. Dans l’émission, il dit des choses passionnantes sur l’écologie de la réconciliation.)