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mercredi, 02 avril 2025

02042025 (le “courage” d'Adichie)

En train d’écouter une interview de Chimamanda Ngozi Adichie diffusée sur France culture le 27 mars (et dans laquelle, au passage, l’interprète Marguerite Capelle, est citée, mais pas la traductrice du livre, dont de larges extraits sont lus, Blandine Longre donc). Or, fin mars 2025, Adichie réussit à arrouméguer, encore et encore, contre la gauche progressiste et les universités américaines, qui sont, selon elle, les instances qui empêchent le débat. Fin mars 2025. C’est hallucinant, ou ça le serait si on perdait de vue qu’Adichie est totalement déconnectée de toute théorisation, de toute réflexion intellectuelle. Nganang résumait hier comme suit un long billet sur Facebook : « Il est temps pour Chimamanda de se trouver un poste dans une université, et d'y enseigner, mais aussi de se promener de temps en temps à Baltimore où elle habite (et où j'ai habité aussi), car elle rapetisse à l’œil nu. » Ce qui frappe aussi, dans un tel cas, c'est que la journaliste semble incapable de faire 1 + 1 = 2 et de lui poser la question toute bête :  l'empêchement du débat, aux Etats-Unis en 2025, est-il uniquement/vraiment imputable aux universitaires de gauche ? Je n'appelle pas ça du journalisme, mais du larbinisme.

 

Hier, j’ai aussi écouté une longue émission animée par Christiana Mbakwe Medina et Trevor Noah. Dans le passage, autour de 55’-58’, où elle tourne autour du pot pendant des plombes et où  Christiana Mbakwe Medina et Trevor Noah n'osent pas lui poser clairement la question de la transphobie, elle finit par faire comprendre qu’elle considère comme totalement hors-jeu les gens qui nient toute humanité aux Noirs ou qui considèrent que les femmes sont inférieures en soi, mais elle considère qu'on peut discuter avec les personnes qui argumentent que les femmes trans sont et seront toujours des hommes, parce que cette négation identitaire est très secondaire à ses yeux. Ce qui est absolument manifeste, c'est son incapacité à conceptualiser, et cela confirme qu'elle a arrêté de lire de vrais travaux intellectuels, et donc de réfléchir. De façon tout à fait ironique, elle se vante d’être absente des réseaux sociaux, alors que c’est cette absence même qui l’a privée et la prive d’accès aux ressources intellectuelles les plus dynamiques, et qui la cantonne dans les propos de bistrot.

adichie.PNGDans l’accroche de l’émission de France culture, la radio a conservé, de façon réductrice, la phrase selon laquelle la théorie féministe n’est pas primordiale, mais il faut dire qu’une vraie réflexion féministe semble faire défaut. Ainsi, dans le podcast What Now! du 20 mars 2025, à 1’14’’00, elle dit: « I have relatives who still think that women should not be working outside the home, and then there's me, and we still happen to get along ». Ce qui lui échappe totalement, c'est la question de la structure. Elle isole des situations individuelles sans regarder le contexte. Ici, il va de soi que les hommes de sa famille dont elle parle sont économiquement cent fois moins puissants. La relation de pouvoir n'est pas entre elle en tant que femme perçue comme ne devant pas travailler et les hommes de sa famille, mais entre elle qui fait partie de la diaspora et qui est multimillionnaire et la totalité de ces hommes qui dépendent probablement d'elle financièrement et qui doivent mettre leurs discours misogynes ou hétéropatriarcaux en sourdine.

 

Enfin, et ce n'est pas rien, j'en reviens à ma première remarque : comment peut-elle se dire féministe tout en critiquant le travail des universitaires de gauche (et donc, pour beaucoup, des travaux féministes) sans dire un mot des politiques interdisant l'avortement aux États-Unis ou obligeant les femmes à ne pas avoir les cheveux courts ? Elle est persuadée d'avoir du courage en attaquant la théorie post-coloniale (cf fin de l'émission sur France culture) alors que le courage, féministe ou pas, est de s'opposer aux véritables forces d'oppression.

 

mardi, 01 avril 2025

01042025

Aucune énergie en ce moment. J’ai quand même fini de reprendre, poussivement, l’article tiré de ma communication de mai dernier, à Nanterre, sur les deux traductions de From a Crooked Rib. Outre que la limite maximale du nombre de signes est inopérante pour moi (il y a, par nécessité, de très longues citations qui font « exploser » le plafond), le processus éditorial est interminable.

Je ne sais plus si je l’ai noté ici, mais j’ai renoué contact avec Nuruddin Farah il y a une semaine.