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mardi, 09 avril 2013

Pas vraiment

Austoportrait Mon grand-père avait quatre-vingt deux ans, mon fils cadet moins de deux mois. Je posais, presque juvénile, pour mon fils aîné, à ce carrefour de chemins vicinaux qui était si important pour moi, adolescent (avec Stuart, une nuit d'avril 1989, nous y avons observé longuement une hulotte). Rouge, blanc, et gris pylône, et rouge de nouveau s'imposant.

La politique choc

François Hollande a parlé il y a quinze jours d’un « choc de simplification ». D’un ridicule absolu, cette formule me semblait devoir attirer quolibets et critiques. Pas du tout : c’est même le seul moment de l’interview télévisée que l’opposition a salué. (S’il fallait une preuve supplémentaire que je ne suis pas de droite, ou, surtout, que je ne suis pas « de mon temps »…)

Aujourd’hui, dans les colonnes de Libération, Alain Fontanel évoque un nécessaire « choc de confiance ». Mais quelle est cette manie de prôner le « choc », et de le mettre à toutes les sauces ? Un choc, c’est quelque chose de négatif, soit physiologiquement, soit physiquement, et même dans les métaphores contemporaines (par exemple “choc pétrolier”). Il me semble qu’il s’agit d’une extension de la métaphore — déjà passablement idiote, mais bien frelatée aujourd’hui — de l’électrochoc.

Par delà même la violence politique et humaine qu’impliquent de telles métaphores (avec un côté « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs » qui n’est pas tolérable chez des responsables publics), il semble que ces images servent à fixer dans l’esprit des citoyens l’idée que toute solution est violente.

Une présidence normale, qu’il disait…

lundi, 08 avril 2013

USAP / Stade toulousain (à la télévision) - 5 avril 2013

On ont pas besoin cherchir rime pour James Hook

S'il qu'avut toujours une tronche de bouc.

 

22 toulousain, endroit qu'il se fit qu'où

Il prendit la manchette (ç'a Gaël Fickou).

 

Golri-je très beaucoup qu'avec Louis Picamoles

Ça n'ont pas dur trouvir rime : y a ............ guacamole !

 

Percée énorme qu'a faisi Nicolas Mas

Où les rouge & noir dansu comme Jeanne Mas.

 

(Anne GaWoolf ne regarde pas le rugby

Où qu'on a préférant chante Eleanor Rigby.)

 

Nicolas Mas qu'a remplace Kisi Pulu :

Fidjoan ou Samoien ou de Wooloomooloo.

 

Bon contact et raffût Vahaamahina

Dave lui qu'il a mou de chante Vanina.

 

Toulouse remonté Perpignan 10 à 9

Et grenouille qui se faisit gros que le bœuf.

 

12 points maintenant qu'ont mis Lionel Boccyx

Et les Catalans de l'avoir dur au coccyx.

 

En-avant tout près commettit Matanavu

Dont je n'ai pas sûr son orthographe (javou).

 

Golri-je très beaucoup Grégory Lamboley

Qu'il cruche en crêperie et non pas l'en-bolée.


Un essai catalan qu'a marquu Farid Sid

Comme Œdipe que lui il était parrisid.

 

Perpignan maintenant menont 17 à 12

Et supporters traiti Toulousains de tarlouzes.

 

Après la pub que je n'en ai pas trop fana

On montront Rougerie et Wesley Fofana.

 

Entré remplaçant que ç'avait ce Karl Château

Formé à Vaucanson mais qu'il ne lâcha tôt.

 

50 mètres que Boccyx tentut le drop

Merveilleux si ça passerait Vladimir Propp.

 

24 à 12 ç'a le score fantastique

Qu'il a le même nombre de pieds qu'un distique.

 

Jeune joueur a entraire et ç'a Cyril Baille

Et que match mollasson devant lui moi j'a bâille.

 

Talonnage au sol on ont vu Taumalolo

Et j'appellus Zahia souvente "ma Lolo".

 

Remonte à toute bringua Maxime Médard

Et Zahia qu'appellu Rimka et moi "mes dards".

 

Sifflus gradins l'en-avant de Yannick Jauzion

Comme que Bob Marley voulut aller Zion.

 

Stoppu faute d'essai Christopher Tolofua

Trouvir rime de lui que ça me fout les foua.

 

Je n'a pas comprendu qu'où Russlan Boukerou

S'appelont comme ça, car qu'est brun, non qu'est roux.

 

Überlolant trouvé-je et que David Mélé

Catalan qu'il a ferme a demi de mêlée.

 

Ç'a donc Perpignan qui ce soir qualifieront

Et Toulouse perdu ils l'aurit dans le rond.


No visuals

“This audio-only DVD can be played on any DVD player (note: there are no visuals).”


Thanks for explaining again what "audio-only" might mean.



J'ai mis en ligne ce bref « statut » il y a quelques minutes sur Facebook, et me suis demandé, dans la foulée, comment traduire. [Oui, on se demande aussi ce qui différencie un DVD audio d'un CD — je renonce à tenter de comprendre.] ——— Le plus difficile est de traduire “visuals”. La difficulté vient du fait que ce support “uniquement audio” est “uniquement sonore”, et donc que la phrase repose sur une redondance totale. Faut-il appuyer sur cette redondance afin que la phrase semble aussi ridicule en français qu'en anglais ?

Voici une proposition, guère satisfaisante : 

Ce DVD uniquement audio est lisible sur tous les lecteurs DVD (attention : il ne contient aucune image).

dimanche, 07 avril 2013

Dimanche soir, face absentée

Le bacon d'avril

samedi, 06 avril 2013

Le Vert mystérieux

Je n’imaginais pas, mercredi, en évoquant, avec Éric – qui n’en avait jamais entendu parler –, les labbes (j’ai même cité le nom plus ancien de stercoraire, car les connaissances d’Éric en matière de poésie et de littérature du dix-neuvième siècle me semblaient à même d’éveiller, là, quelque souvenir en lui), et en me disant que je ne croyais jamais avoir rencontré le mot anglais, skua, ailleurs que dans des guides ornithologiques, je ne m’imaginais absolument pas que, ce samedi, je lirais, à la page 100 de Walking to Hollywood, une phrase contenant ce mot, justement, l’une des 3 phrases du très bref chapitre 5.0078125 :  « A giant skua hung above a perfectly round pool in the sward. »

Il s’agit d’une forme de coïncidence assez habituelle, si ce n’est qu’en général c’est une expression ou un mot que l’on ne connaissait pas qu’on se met à voir jaillir partout. Rien de tel avec les labbes (qui figurent au moins dans une de mes lectures favorites de jeune adolescent, L’Île verte de Pierre Benoît), les stercoraires (mot que je découvris plus tardivement et qui m’a toujours fait entrevoir quelque parenté, autant marine que sonore, avec les corsaires) ou les “skua”, donc, à l’anglaise ; je ne doute pas qu’une rapide recherche dans les limbes du projet Gutenberg suffirait à faire émerger, en quelques clics, des phrases contenant ces mots et extraites de livres qu’Éric comme moi avons déjà lus. (Au hasard, et pour parier : Moby Dick ou Arthur Gordon Pym. Pour ce billet, je me refuse à toute recherche lexicale, remettant à plus tard (ou à jamais) d’ouvrir le Littré, l’OED, le Projet Gutenberg.)

Sur skua, Éric, lui, s’en tenait à l’homophonie avec les brochettes (skewer).

Labbe est un mot très beau, et, quoique je ne la trouvasse guère sublime, une collègue de mes années nanterroises était toujours, dans mon esprit, liée à l’oiseau, plus qu’à des références ecclésiastiques plus attendues, et ce par la vertu de la proximité sonore avec le nom de l’oiseau, peut-être aussi parce que, silencieuse, calme et presque transparente à force de pâleur, sa figure contrastait sévèrement (plus qu’allègrement) avec le vol puissant de ces oiseaux fuligineux, anthracite, très bruns, pour ne pas dire – parfois – noirâtres.

vendredi, 05 avril 2013

Cahuzac, les paradis fiscaux et l’anonymosité

Still, all of the accusations and denials and leaks and plumbing and frocking and unfrocking and hundred-dollar bills running around in suitcases with no human hands attached to them except maybe people in red wigs and furor and shouting and high-level pomposity

Does tend to create in us of the silent majority a degree of what might be called anonymosity.

 

Donald Barthelme. “The Royal Treatment”.

In Guilty Pleasures, 1974, p. 86.

 

Bien entendu, Barthelme évoquait un contexte Watergate.

Mais c'est transposable.

jeudi, 04 avril 2013

OSL : L'Oreiller du tatou

Dans le cadre, tout à fait peu cadré, de mes divers albums de limericks, je propose aujourd'hui une traduction française. L'original, qui est extrait du Jingle Book de Carolyn Wells (1901), se trouve ici, avec illustration d'origine.

 

Un tatou, satanée bestiole,

Un jour se fit une cabane sous un saule.

Et puis ce loustic

Prit un porc-épic

Comme oreiller – mais quel mariole !

 

mercredi, 03 avril 2013

Symphonie n°5 de Franz Lachner

Le ‘Menuet’ (troisième mouvement) de la 5ème Symphonie de Franz Lachner est vibrant – noir et entraînant. Le reste de l'œuvre, tout à fait consistent (cohérent, “qui tient la route”), me semble plus attendu, presque convenu dans son post-beethovénisme. Je veux donc retenir ici un ‘Menuet’ tout en noirceur, au charbon – qui, solide, chtonien, est tout sauf minaudant.

Renaud Camus a écrit à plusieurs reprises combien il admirait certaines œuvres post-romantiques (symphonies de Bax, notamment), tout en ne sachant jamais trop si c'est l'histoire de la musique qui les a reléguées au deuxième, voire au troisième plan, ou si ces partitions sont intrinsèquement médiocres. Ce qui est captivant, ici, c'est que cette musique n'est pas « post » : elle est pleinement romantique, et n'est en rien dérivée de Schubert, dont on nous dit que Lachner fut proche, et encore moins de Schumann ou Brahms, qu'il précède plutôt (par rapport à Brahms, c'est très évident dans le final de cette symphonie, qui date de 1835 !).

 

 

Emporté par ces accords, j'ai failli faire cramer les neuf pommes au four que je préparais. Et allez savoir pourquoi le correcteur orthographique de cette camelote du démon baptisée Open Office souligne chtonien en n'acceptant que chthonien !

Il nous faut des pommes sataniques.

Loxam

Dans un fatras de 2x2 voies, de ruelles, d'impasses, de parkings gris, l'enseigne Loxam se détache, avec son losange trompeusement proche de celui, plus connu, de la firme automobile Renault (losange qui a tant évolué avec les décennies – je me rappelle, comme pour la différence entre le lion de la vieille 304 que mes grands-parents avaient léguée à mes parents, le losange d'un seul tenant sur les R6 et R12, le losange déjà en plusieurs traits sur la R16 et la R30 familiales, etc.), et donc, en passant près du hangar Loxam, engins agressifs, piquants, débordant sur le trottoir, avant une enfilade interminable, ennuyeuse, de panonceaux, de panneaux, d'autres hangars, plus moches les uns que les autres.

Je ne sais même pas ce qu'est ce Loxam — firme de location d'engins de chantier, peut-être (avec un triple génitif). La peinture rouge y prédomine. Le nom (sigle ? invention d'une époque où l'on crut que les néologismes en -am seraient durablement “vendeurs” ou accrocheurs ?) semble l'anagramme d'un médicament. La verrue, comme les autres le long de cette 2x2 voies, fait bien mal aux yeux, sinon au bide.

Bribes

Avant-hier, en allant à Spay, je me suis fait la réflexion qu'il serait temps d'inaugurer un album de limericks sarthois.

Il faut aussi reprendre le chantier des Kleptomanies, sur place ou sur le motif.

 

Hier soir, j'ai vu le chat des voisins laper goulûment, sur notre terrasse, des dizaines de fourmis.

Ne pas confondre le tatou (dont le zoo de Spay possède trois espèces différentes, dans un « exotarium » (sic – ?) fruste et aménagé de bric et de broc) et le tamanoir, dont voici donc un avatar félin.

 

Je lis simultanément, dans les rares moments de disponibilité que je trouve, le dernier Marie N'Diaye (Ladivine) et un récent Will Self (Walking to Hollywood). Ladivine, admirable comme toujours par l'élaboration d'un langage analytique plus que par les versants fantasmagoriques, me plaît moins que le roman de Self, très inhabituel (inhabituel pour Will Self – à l'intérieur, veux-je dire, de ce genre à part (à part entière) qu'est « la littérature willself »), désarçonnant, dont je ne sais où il va me conduire.

 

Autre piste dont on ne sait où elle s'arrêtera, me conduira : ces poèmes en anglais que je me force à écrire/publier chaque jour. Ils n'ont guère été remarqués, comme ils sont peu remarquables. J'avais pensé recourir beaucoup plus au collage, et puis, en fin de compte, comme à Oxford circa 1996, je m'étonne de gratter vite, d'une voix qui monte, peut-être pas irrépressible mais que, en tout cas, j'ai envie de laisser s'exprimer sans la bâillonner.  

mardi, 02 avril 2013

Avril déjà dérape

Avril déjà dérape

(Titre d'un roman

Jamais écrit), lape

Le souvenir charmant

De mars, froidement.

 

(Ce modeste quintil de circonstance constitue le trois millième billet de ce blog.)

lundi, 01 avril 2013

Avril vert

Avril ....................... la folie sur les branches

la forme des nuages change

courir on ne sent plus ses jambes

le froid encore nous hante

(on s'en cogne, du froid),

il semble.

Dans le néflier où le vert ....................... rampe,

des chants d'oiseaux s'ébranlent

tout de plumes. Déjà, encore, enfin, je pense

à tes yeux mauves rue de Vanves.