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dimanche, 14 décembre 2025

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Exposition Greuze / Paris, 14 décembre 2025     Lors d’une virée à Paris, au cours de laquelle nous avons visité l’exposition Greuze au Petit Palais et les expositions consacrées à Tyler Mitchell (très bien), Sarah Van Rij (idem) et Edward Weston (froid, ennuyeux – à l’exception de quelques paysages et de ses trois sublimes photos de poivrons) à la Maison Européenne de la Photographie, nous avons, Claire et moi, fait la surprise de souhaiter son anniversaire à ma sœur de vive voix, avec la complicité de mon beau-frère. Delphine m’a confirmé que, d’après elle, la dernière fois qu’on s’est vus en vrai pour son anniversaire remontait à nos années d’adolescence dans les Landes, à moins peut-être que le 14 décembre soit tombé sur un week-end à l’époque où je vivais à Paris ou à Beauvais.

 

Expo Sarah Van Rij /M.E.P., Paris, 14 décembre 2025

samedi, 01 novembre 2025

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Comme je tue au moins un moustique, et parfois deux, à chaque fois que je vais aux toilettes, et comme nous avons mal dormi cette nuit à cause d’une longue interruption zézayante – sans que je sois parvenu à nous débarrasser de la zézayante bestiole – ma mère a proposé de remettre la moustiquaire autour du lit, juste pour la dernière nuit, mais tout va bien, on dort, on dormira.

 

vendredi, 31 octobre 2025

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Une belle merde de chien, bien épaisse, bien grasse. À l’entrée du petit chemin qui mène à la grande cabane dans les arbres où se trouve la librairie perchée, ce bel amas excrémentiel aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Quelques minutes plus tard, dans la cabane au milieu des arbres, nous parcourions les rayonnages tous plus ou moins consacrés à de l’ésotérisme, du bien-être, du développement personnel, diverses formes d’imbécilités obscurantistes, ou alors les livres « d’occasion » étaient presque au prix du neuf. J’avais pris le Biblos d’Elena Ferrante, car cette collection est devenue introuvable, avant de décider de ne pas donner 12 euros à une librairie qui organise des ateliers tous plus charlatanesques et reboutiformes les uns que les autres.

Nous avons passé une belle après-midi, au PARCC puis à la plage (rapidement).

À Tyrosse, des grappes constituant des familles s’agglutinaient – squelettes, dragons et sorcières – pour aller fêter Hallowe’en.

 

jeudi, 30 octobre 2025

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Cette petite cité balnéaire de la province de Gipuzkoa est charmante, avec sa plage fameuse, et à juste titre, pour son impressionnant flysch, si ce n’est que je n’en ai rien vu, de sorte que j’ai préféré Getaria et Zestoa, sans pouvoir écouter les conversations des unes ni des autres, tout le monde parlant exclusivement basque. La notification du BeReal a retenti face à la maison-forte. Nous venions de visiter seuls, ou plutôt avec le guide – gentil et embarrassé par son anglais – pour nous seuls.

 

mardi, 28 octobre 2025

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Ce n’est pas si fréquent, nous sommes arrivés à Cagnotte pour l’heure du déjeuner. Cela demande un peu de discipline, surtout du fait qu’en ne pouvant passer que cinq jours ici, en perdre plus d’un pour l’aller et le retour serait fastidieux. Mon père avait cuisiné sa traditionnelle – et délicieuse – tarte citrouille / chèvre.

 

Soir : The Insider de Steven Soderbergh

 

mercredi, 22 octobre 2025

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Le musée des Beaux-Arts de Nantes est vraiment magnifique. J’ai l’esprit trop tourneboulé pour noter ici les tableaux ou les œuvres qui m’ont le plus impressionné. La ville continue de me sembler étrange ; je ne la comprends pas.

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samedi, 11 octobre 2025

11102025 (retour à La Rochelle)

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dimanche, 05 octobre 2025

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Premier retour en images sur le premier colloque “Narrating (Hi)Stories in Decentering Europe” organisé par NEOLAiA | European Universities Alliance et Universidad de Jaén. Présent au sein d’une importante délégation de l’Université de Tours, j’ai pu modérer le 2 octobre un panel très riche sur la déconstruction du concept de nation, avec un dialogue passionnant entre méthode sociologique, écriture créative et littérature de témoignage.

J’ai aussi présenté, le 1er octobre, une communication qui dresse un premier bilan, très bref, de mon gros projet de recherche sur Ama Ata Aidoo, Amma Darko, Patrice Nganang et le plurilinguisme comme force de décentrement par rapport aux langues coloniales. Les panels parallèles m’ont empêché d'entendre toustes mes collègues, mais on aura sans doute l'occasion de lire une sélection d'articles correspondant aux travaux les plus en pointe.

Enfin, le colloque a été l'occasion d'établir un dialogue avec plusieurs collègues des universités de Jaén, Örebro, Suceava et Ostrava en vue de futures collaborations, tant au plan pédagogique que pour des recherches collaboratives.

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(recyclage éhonté de post LinkedIn)

 

mercredi, 01 octobre 2025

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Nous vivons, pour quatre nuits et quatre jours, dans la même maison, à Jaén. Nous, c’est-à-dire quatre collègues et moi-même ; à partir d’aujourd’hui, un sixième (J*) nous rejoint.

(En lisant, dans la demi-heure qui précède, plusieurs chapitres d’un livre d’Ananda Devi, j’avais commencé à former ces phrases dans ma tête, mais une fois face à l’écran je n’ai que des phrases lamentables : c’est le propre des grands livres, de donner envie d’écrire et de nous montrer que nous n’y arriverons jamais. Je pourrais recommencer, mais je n’ai pas le temps, et ce n’est pas le sujet de ce billet.)

Nous vivons donc, pour quatre jours et quatre nuits, dans une belle maison mitoyenne d’une rue calme de Jaén, quatre chambres pour six, et ce matin, peu avant six heures, me réveillant progressivement en raison tant des bruits de la ville  que de la lumière qui filtre à travers les volets qui n’en sont pas, je me suis dit que j’allais me lever, puis, passant devant la porte ouverte de la chambre occupée par mes deux collègues A* et C*, je me suis dit qu’ils dormaient la porte ouverte et que ce n’était guère prudent s’ils voulaient pas être dérangés très matinalement par des olibrius dans mon genre ; incapable d’imaginer que je ne suis pas le premier d’une maisonnée à me lever, j’ai été amusé et surpris de découvrir, en descendant l’escalier, la lumière allumée, le café préparé et mes deux collègues à la table de la salle à manger, face à face, chacun à son ordinateur, affairé à reprendre sa communication pour la journée (à l’exception de J* nous « passons » toustes aujourd’hui).

Hier soir, quand je suis arrivé, à neuf heures passées, après quatorze heures passées dans le train, la navette, l’avion et deux cars différents, les trois comparses déjà arrivés étaient ressortis dîner, et je me suis trouvé seul, à choisir ma chambre (j’ai pris celle de devant) et à prendre une rapide douche qui m’a immédiatement rajeuni de quinze ans : je n’en avais plus que soixante. Aujourd’hui, je parle en milieu d’après-midi, et j’ai préparé une communication trois fois trop longue, ce qui est inévitable vu que d’une part on est censé développer une argumentation susceptible de donner lieu à un article d’une dizaine de pages, et que d’autre part la communication elle-même ne doit pas dépasser vingt minutes, ce qui correspond à quatre ou cinq pages si on ne veut pas parler à un rythme de mitraillette. J’en ai l’habitude, et contrairement à A* et C*, j’ai déjà décidé ce que je sabrerai ; pas besoin de reprendre mon diaporama. Par contre, cet ordinateur n’a plus que 40% de batterie : je serais bien avisé d’aller le rebrancher un peu.

 

mardi, 30 septembre 2025

30092025 (en transit entre Malaga et Jaén)

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samedi, 16 août 2025

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Après des bouchons, puis des discussions un peu tout à trac, une rapide promenade a rappelé la laideur cafardeuse de tant de stations balnéaires, où la camelote se vend autant qu’elle s’expose – sur les corps, dans les paroles – sans qu’on aille même jusqu’à l’océan, le 4/4 embourbé ayant servi d’avertissement sur ce parking bondé, au point de nous faire préférer une autre promenade, plus agréable, dans la forêt de pins, avant de retrouver, aux dites « halles de Seignosse » R* et G*, pour deux ou trois pintes (ou demi- dans mon cas, comme, le soleil couché, je reprenais le volant).

 

vendredi, 15 août 2025

15082025 (passage à Bordeaux)

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Malgré la canicule annoncée – et qui s’est confirmée, 41° l’après-midi – nous sommes allés à Bordeaux, car O* devait reprendre le train pour Tours, et il ne connaît pas du tout la ville. Nous nous sommes donc promenés des Quinconces à la gare Saint-Jean. Claire et moi connaissons mal Bordeaux, finalement, où nous ne sommes revenus qu’une demi-douzaine de fois, et en coup de vent, depuis 1997, et ce en dépit du fait que nous y avons fait nos études. La ville a été transfigurée par la construction des lignes de tramway : entre l’arrêt Peixoto et l’arrêt Arts et Métiers de la ligne B (quatre minutes), on se disait qu’il fallait autrefois quinze minutes, vingt-cinq en cas de bouchons, pour rallier l’université en bus depuis le centre de Talence, et depuis la place de la Victoire n’en parlons pas. Il faisait trop chaud pour vraiment flâner l’après-midi, de sorte qu’on s’est contentés d’un tour dans le quartier des Chartrons et d’une visite des différentes expositions du CAPC. Depuis le tramway, on ne cesse de noter telle différence avec les années 90, sur le cours de l’Argonne ou ailleurs. Il faudrait que nous passions deux ou trois jours à Bordeaux, ville qu’à dire vrai je n’ai jamais saisie.

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Plusieurs installations ou œuvres intéressantes dans l’exposition L’Invention du quotidien (Moffat Takadiwa, Yuko Mohri, Mierle Laderman Ukeles), ainsi que dans l’exposition Pollen au second étage (en particulier les nombreuses toiles d’Emma Reyes), mais le point commun est que les cartouches poussent à la caricature – involontaire – les gimmicks ridicules de l’art contemporain, même quand l’œuvre serait, sans cela, riche ou belle.

L’interview (diffusée en vidéo) de la commissaire de l’exposition du rez-de-chaussée est particulièrement affolante : comment ces personnes ne se rendent-elles pas compte qu’elles répètent toujours les mêmes âneries dénuées de sens sur « faire commun », « interroger le monde » et « l’expérimentation des pratiques sociétales » ?

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La rétrospective consacrée à l’artiste néerlandaise Vibeke Mascini est sans intérêt, et l’exposition Double Vie du duo formé par le plasticien K. Desbouis et la vidéaste Camille Aleña est exaspérante de vacuité et d’autosuffisance : entre petits bourgeois blancs, on se gargarise d’entre-soi improductif tout en clamant que ces pratiques artistiques « luttent contre le fascisme ». On se demande bien comment.

 

 

Illustrations du billet : statue d’Ausone à Bordeaux ; Fast Land Track Reform de Moffat Takadiwa (2020), vue générale et détail.

 

dimanche, 10 août 2025

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Premier matin à Cagnotte. Nous passons moins de temps dans les Landes cet été.

Hier soir, pendant le repas, nous avons vu le lièvre, qui mangeait sur la pelouse vraiment tout près, et le soir nous étions bercés par les grillons.

Ce matin, en attendant que le café chauffe, j’écoute les oiseaux : pic épeiche, mésange charbonnière, corneille, pic vert -- grimpereau des jardins et orite à longue queue (repérés par l’application Merlin mais moi je ne les ai pas entendus) ; la mésange bleue dans le lagerstroemia répondait au troglodyte dans le bois ; face à moi, deux mésanges nonnettes dans l’amélanchier. Les vaches meuglent en écho aux coqs. Sans compter les aboiements des chiens, bien sûr.

 

vendredi, 08 août 2025

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Moi devant le seul bon texte d'Erik Orsenna. Rochefort.

samedi, 19 juillet 2025

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Il a plu cette nuit ; ça a purgé l’air, comme dit ma mère (je crois).

 

Toutefois, pas trop besoin de purger l’air, vu qu’il ne faisait de toute façon pas très chaud. Hier après-midi, nous étions encore les seuls, mon père, Claire et moi, à nous baigner sur la plage en face de la tour de La Rocco, près de l’anse au large de laquelle se trouve le phare de Corbière. Et le soir, avant une soirée musicale assez inégale au Blue Note Bar, en dînant au Cock & Bottle, nous avions eu la surprise de voir les propriétaires allumer les lumières mais aussi les radiateurs à infra-rouge sur la terrasse. Ces saloperies sont interdites depuis quelque temps en France, mais ici, tout en se défendant d’être « britanniques », les Jersiais ou Jerriais restent très anglais, notamment en cela qu’ils balancent absolument tout à la poubelle sans aucun tri sélectif nulle part (à part pour le verre). En tout cas, les Jerriais ou Jersiais sont peut-être habitués à ce que le mercure descende en-dessous de 20° le soir, mais ça allume quand même les grille-pains sur les terrasses.

Bref…

Dernière journée ici aujourd’hui. Le correcteur orthographique a transformé mon grille-pain invariable (qui était peut-être une erreur, ou une réminiscence de l’ancienne règle ?) en les grille-pains. Et sur le nom de la taverne, qui n’était pas exactement un pub, Cock & Bottle, c’est à se demander si ce n’était pas, à l’origine, ‘Cork & Bottle’. En attendant, allons-nous pouvoir faire cette petite randonnée à la pointe nord-est programmée hier mais que l’envie de nous approcher toujours plus de la pointe de Grosnez nous a fait repousser à aujourd’hui ? La météo n’est pas terrible : il a plu, il n’est pas censé repleuvoir, mais on a l’impression que la météo n’est pas très fiable.

 

Je lis peu. –––––– Je continue de lire Scale boy : le livre est splendide, et la question du plurilinguisme s'y complique diablement.

 

jeudi, 17 juillet 2025

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Aujourd'hui 17 juillet 2025 mon grand-père maternel, André Bédrède, aurait eu cent ans. Il n'aurait pas du tout aimé voir sa fille aînée et le deuxième de ses quatre petits-enfants embarquer sur un hors-bord pour l'archipel des Écrehous. Mais il était un peu avec nous quand même. Avec les sternes, les cormorans, les dauphins et les phoques qui ont fait rayonner cette après-midi.

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mercredi, 16 juillet 2025

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Hier, pendant la visite du zoo de Jersey (ou plutôt du Durrell Wildlife Conservation Centre), nous avons sans cesse pensé à A*, qui n’a jamais eu l’occasion de le visiter alors qu’il savait absolument tout, dès jeune adolescent, de la vie de Durrell et de l’histoire de ce zoo. Le zoo n’a, en soi, rien d’exceptionnel, mais tout le projet global de Durrell le rend tout à fait particulier.

Après la visite, nous sommes tombés presque par hasard sur le site de La Hougue Bie, à la fois tumulus et allée couverte remontant au néolithique ayant ensuite servi de motte féodale avec chapelle du 15e siècle. Comme partout sur l’île, les nazis avaient aussi installé un bunker ; il y a une exposition sur les travailleurs forcés. Cela faisait écho ce matin, avec la visite des Jersey War Tunnels, installation impressionnante qui a vu travailler comme des esclaves plusieurs milliers de ces travailleurs forcés – les Russes et les Nord-Africains étant les plus mal traités, en Untermenschen – et mourir 22 d’entre eux.

Pour l’après-midi de ce mercredi, on a préféré la pinte au Pierson à la visite du musée d’art et d’histoire de Jersey, de bric et de broc, et pur bric-à-brac.

 

mardi, 15 juillet 2025

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Mont-à-l'Abbé, 5 h 40, heure locale

 

Une constatation après deux jours à Jersey : je prends très peu de photos. Une des raisons en est que nous n’avons pas fait suivre notre « bon » appareil photo, et que mon téléphone – contrairement à celui de Claire – n’en fait que de très médiocres, et l’autre en est qu’en voyageant avec mes parents je me dis que dans la foultitude de photographies prises par ma mère (et aussi par mon père) il y en aura assez pour faire un album. Quand les garçons étaient petits et qu’on voyageait ensemble, c’était moi qui mitraillais (ou presque). Ce temps est révolu, et c’est très reposant.

Autre constatation : j’ai abandonné ces carnets depuis une semaine et vais tâcher de ne pas laisser tout partir à vau-l’eau, comme trop souvent par le passé, à cause des vacances. J’écris ces lignes dans la cuisine, sans mes lunettes, mais je me débrouille.

 

lundi, 14 juillet 2025

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Journée à Saint-Hélier. Petite ville très commerçante, assez anglaise en fait, quoi que cherchent à dire les Jersiens de leur insularité, pour ne pas dire de leur francité. Dans le bâtiment du Musée d’Art et d’Histoire, que nous n’avons pas encore visité mais où nous sommes passés car l’office de tourisme s’y trouve, plusieurs inscriptions en dialecte jersien s’affichent aux yeux : cela semble très proche du normand, et nous nous sommes surtout demandé qui parlait encore cette langue. En tout cas, elle n’apparaît sur aucune inscription dans d’autres lieux. Les toponymes, noms de rue etc. sont souvent en français, avec des effets parfois d’un comique involontaire quand les deux noms sont juxtaposés (Queen Street = Rue du milieu). On a pris quelques photos, et je pourrais creuser cette question en vue de l’émission de radio qui sera consacrée au dialecte beauceron. Ce que j’ai dit plus haut vaut d’ailleurs pour le dialecte normand, et pour la plupart des parlers régionaux issus d’oïl : qui parle encore normand ou beauceron ?

Le clou de la journée a été la promenade, sur un chemin bétonné strictement délimité – et dont la construction a dû être, en soi, une prouesse –, jusqu’au fort Elizabeth (Elizabeth Castle). On peut rejoindre cet éperon situé à un kilomètre de la côte, soit par une sorte de gros bus amphibie qui fait l’aller-retour toutes les demi-heures, soit, à marée basse, en empruntant ce chemin, qui s’est ouvert au milieu des eaux vers 13 h 30 et se refermait vers 18 h 30, de quoi laisser largement le temps de visiter le château lui-même, avec ses différentes parties, dont – comme partout à Jersey – ses quelques blockhaus datant de l’occupation. L’aller fut plus périlleux que le retour, car sur une vingtaine de mètres il y avait encore un peu d’eau (donc passage pieds nus inévitable) et sur d’autres les amas d’algues rendaient le sol glissant. Au retour, tout avait été séché et balayé par le vent et le soleil.

Le château n’a pas un très grand intérêt, mais la vue sur la baie est remarquable, et nous avons pu aussi admirer les oiseaux du littoral, dont un huîtrier pie faisant des allers-retours incessants entre les points de pêche et le rocher où se cachaient deux jeunes qui seront bientôt en âge de se débrouiller par eux-mêmes. Il y avait aussi, sur un des créneaux, tout proche de l’escalier où passent chaque jour des centaines de visiteurs, un très jeune goéland argenté (deux semaines peut-être) surveillé de près par son père ou sa mère.

dimanche, 13 juillet 2025

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Longue journée, vu que nous avons dû nous réveiller à 5 h 25 heure française pour embarquer dans le ferry en respectant les consignes (au moins 60 minutes avant le départ). Il faisait très beau tout le long de la traversée de Saint-Malo à Jersey, et Claire et moi avons même pu observer, pendant une dizaine de secondes, un fou de Bassan seul qui suivait le bateau.

 

Nous avons sillonné les routes de l’île, surtout à l’ouest et au nord-ouest. Les paysages font un peu penser à la Bretagne, un peu à la Cornouaille, un peu aux îles Chausey. La plage sur laquelle nous nous sommes baignés, presque seuls, sous un grand soleil, sur la côte ouest, était magnifique, et l’eau limpide :  mon père a dit qu’il n’avait pas vu une eau aussi claire depuis son enfance.

Tout se passe bien. Parfois, sur les routes, on espère ne croiser personne car la voie est étroite, entre les murets de pierre. Des cars circulent toutefois. Ma mère m’a confié qu’elle était fatiguée on my behalf. Bof, pas besoin, en vrai ça va. Hier, j’avais commencé une deuxième lecture – plus de dix ans après la première – des Arran Islands de Synge, dans lequel il évoque à un moment donné de jeunes insulaires dont deux ne sont jamais allés « on the mainland » (c’est-à-dire à Galway). On est toujours l’insulaire de quelqu’un, et de même, je pense, les quelques habitant-es de Herm doivent considérer que Guernesey est la grande île, ou la terre ferme.

 

Le petit appartement que nous avons loué est très confortable et cosy, mais l’équipement un peu spartiate. Aucun volet, des rideaux insignifiants : il faudra encore essayer de se reposer tout en étant réveillé aux aurores précoces par le jour d’été. J’ai enfin commencé la lecture de Scale Boy, les mémoires d’enfance de Patrice Nganang, dont il a beaucoup parlé depuis déjà plusieurs mois, et peut-être même deux ans, sur Facebook, dont j’ai parlé avec lui en avril, et qu’il a fini par m’envoyer dans une version presque définitive (le livre doit paraître en janvier prochain). Après quelques couacs de communication, j’ai reçu le fichier PDF, mais j’avais tellement de bricoles et de non-bricoles à gérer que j’ai préféré attendre le début des vacances pour m’atteler à cette lecture. Et j’ai bien fait car c’est très beau et il ne faudrait pas trop couper ou séquencer la lecture. Je pourrai me rappeler avoir lu ce livre pour la première fois dans un salon confortable, à Saint-Hélier.

 

samedi, 12 juillet 2025

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Après une matinée consacrée à quelques tâches ménagères diverses, un déjeuner rapide avec O* – puis, une fois qu’ils furent levés – une discussion rapide avec A* et F*, qui sont aussi venus pour le festival Terres du son et qui rentrent à 4 h du matin, nous avons levé le camp, direction Saint-Malo. La climatisation de la voiture ne semble pas fonctionner très bien, à moins que je n’aie jamais bien compris comment la faire fonctionner (pour certaines choses simples il faut désormais bac + 12 en automobile) ; c’est surtout le siège arrière gauche, derrière le conducteur, qui n’en bénéficie guère.

Hôtel confortable, trois étoiles sans aucun caractère, qui pourrait être n’importe où. Piscine agréable, où nous étions les seuls, Claire et moi, à n’arborer aucun tatouage : autant dire que nous étions les vioques de service. Le soir, après le dîner et une petite promenade dans la citadelle, en montrant à mes parents l’esplanade du Québec et sa ridicule statue de Surcouf, nous avons fait une halte à Anet, avec sa tour Solidor, donjon fortifié commandant l’estuaire de la Rance, que nous n’avions qu’aperçue il y a un mois, Claire et moi, quand nous avons pourtant logé dans un T1bis du quartier Saint-Servan.

Entre les remparts, plus tôt, Claire a pu montrer à mes parents l’endroit où, le 8 juin à minuit, accompagné de Laure et Amaury qui ne comprenaient pas ce qui se passait, j’ai « fait mon BeReal » avec trois gamins qui m’avaient simplement entendu parler de ça et n’en revenaient pas, eux, qu’un daron de mon âge ait cette appli (j’avoue que ça dissone).

 

samedi, 07 juin 2025

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Au cours de cette journée passée au festival Etonnants voyageurs, j’ai été frappé par ce qui n’est pas une coïncidence. Lors d’une table ronde réunissant Ananda Devi, Vidya Narine et la romancière brésilienne Eliana Alves Cruz dont j’ai commencé à lire le seul roman traduit hier, Ananda Devi a évoqué Mahé de la Bourdonnais, dont plusieurs toponymes soulignent l’héritage (extrêmement douteux pourtant) sur l’île Maurice. Or, le matin même nous étions passés, en nous rendant de l’appartement que nous louons à la cité intra muros, près de la statue de Mahé de la Bourdonnais. Ananda Devi a insisté sur le fait que les esclavisés, les engagés, tous les opprimés du système colonialiste étaient absents des toponymes, qu’ils n’avaient pas de nom.

J’ai repensé au fait que, dans les toutes premières pages du roman d’Eliana Alves Cruz, elle évoque le rôle de Duguay-Trouin dans les luttes entre forces coloniales à Rio de Janeiro : de façon tout à fait ironique, le Palais du Grand Large, où se déroulait la rencontre, se trouve quai Duguay-Trouin. Le grand écrivain malgache Johary Ravaloson, assis à côté de moi – et qui a passé un mois et demi en Inde ce printemps, à l’invitation des Alliances françaises – m’a soufflé que cet amiral avait également joué un rôle important à Pondichéry.

Il n’y a pas de coïncidence : Saint-Malo est un port, et comme tous les grands ports historiques, chaque rue, chaque place célèbre des figures de l’expansionnisme européen, en effaçant les crimes contre l’humanité auxquels ces figures ont participé.

Olivette Otele a annoncé cette semaine qu’elle avait achevé d’écrire son livre Doorways to Empires. 15 Ports that Made Empires through Slavery, qui devrait être publié en 2026 et qu’il me tarde de lire.

 

dimanche, 25 mai 2025

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Journée à Paris, avec promenade dans le quartier de l’Opéra (avais-je déjà vu, vraiment, la place des Victoires ? je ne crois pas).

 

Visite de l’exposition Artemisia Gentileschi. À voir, vraiment. Le dialogue avec quelques œuvres de son père, Orazio, et avec l’esthétique caravagesque, est très bien mis en scène. Les salles sont trop petites, ou la jauge mal maîtrisée : ça se bouscule, mais on y arrive, en étouffant un peu. Le musée Jacquemart-André est splendide, toujours ; il y a tellement longtemps que nous n’y étions pas allés. D’Artemisia Gentileschi, la Judith que je préfère est sans doute la plus ancienne.

 

                Skunder Boghossian, Composition — exposition Paris noir 1950-2000 (Centre Pompidou), 25.05.2025                        Gérard Sekoto, Sans titre (1962) — exposition Paris noir 1950-2000 (Centre Pompidou), 25.05.2025

 

Visite de l’exposition Paris noir 1950-2000, monumentale, enthousiasmante, et qui part parfois un peu dans tous les sens. L’accent porte plutôt sur la présence des Afro-Américains et sur la créativité des artistes antillais·es, avec une euphémisation très jacobine – il faudrait même dire coloniale – du racisme systémique en France. Pour les quelques œuvres qui s’expriment sur ces formes de racisme, il faut lire attentivement les cartouches (et surtout regarder attentivement les œuvres elles-mêmes) pour en prendre la mesure. Il ne faudrait pas que le public parisien (parisianiste ?) qui arpente les allées du centre Pompidou se voie rappeler trop de radicalité, et surtout trop de crimes coloniaux (massacres de mai 1967 en Guadeloupe par exemple). Petit regret, aussi, de constater que les circulations culturelles entre Paris et certaines capitales africaines post-coloniales soient autant marginalisées.

Comme il s’agit d’une exposition qui montre des centaines d’œuvres, avec je ne sais combien d’artistes dont certains, majeurs, que nous voyions pour la première fois, il faudra se procurer le catalogue : hier, mon sac à dos n’en a pas eu le courage.

 

Henri Guédon, "à la décatché” — — exposition Paris noir 1950-2000 (Centre Pompidou), 25.05.2025

 

samedi, 03 mai 2025

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Nous avons passé deux jours (en fait, en excluant l’aller-retour en voiture, à peine plus de 24 heures) à Rochefort. Nous voulions voir A* et sa compagne F*, ainsi que l’appartement dans lequel ils se sont installés il y a deux semaines, presque en urgence, suite au recrutement d’A* sur un premier emploi, à Rochefort même. Il va au travail à pied, une dizaine de minutes à peine.

L’appartement est très bien, vraiment spacieux pour un T2, et fonctionnel. Claire et moi avons dormi dans la mezzanine, qui est de 1,70 m sous plafond au plus haut et donc ne doit pas être comptabilisée du tout dans les 63 m². Il y a une petite terrasse très jolie, qui donne sur les toits, le jardin de la propriétaire – avec un bel arum et un joli rosier grimpant jaune –, la cour de l’école qui doit fermer définitivement cet été, et le clocher de l’église. J’ai failli y oublier mon livre d’Ananda Devi.

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Rochefort est, conformément à mon souvenir plus très récent, une très jolie ville, dont le centre et l’arsenal sont d’une belle unité très classique / néo-classique, avec la très marquante et reconnaissable Corderie Royale, où se trouve – cela, je ne le savais pas – une riche librairie spécialisée dans tout ce qui a trait à la mer et à l’océan (d’où la présence du livre de Charmian et Jack London traduit par Fanny Quément) et à la région (d’où un ouvrage, qui m’a un peu fait de l’œil – mais j’ai réussi à ne rien acheter –, sur l’histoire esclavagiste de l’Aunis et de la Saintonge). Nous avons pu entendre vendredi soir, et même apercevoir, dans le square situé non loin de la Poste, un petit-duc scops. Chant étrange, pour un hibou, et discrète créature.

Aujourd’hui, nous nous sommes promenés autour de la station de lagunage et en-dessous du pont transbordeur, par une chaleur quasiment estivale (premiers coups de soleil). Grâce à F*nous avons pu observer un hypolaïs polyglotte, aux jumelles, dans un arbuste puis dans une haie de roseaux.

 

mardi, 15 avril 2025

15052025

Beaucoup de visites et de promenades aujourd'hui, surtout dans Lower Manhattan (et retour de Brooklyn en métro).

 

Le point d'orgue demeure la visite de Ground Zero : ne sachant pas précisément ce qu'était le monument, j'ai été très ému, surtout car nous avons d'abord fait le tour, d'abord quasiment sidérés, du bassin nord (car le bassin sud est en travaux, et donc à sec). Je crois qu'il n'y a pas de façon plus métonymique et plus belle, plus terriblement émouvante, de représenter l'effondrement.

Et dont aucune photographie ne peut rendre compte.

 

Ground Zero

 

lundi, 14 avril 2025

14042025

Aujourd'hui, l'essentiel de la journée a été consacrée à la visite du MoMA.

Nous n'avions pas passé autant de temps dans un musée depuis la Reina Sofia à Madrid en 2011, presque dans une autre vie. À vrai dire, je ne m'en pensais plus capable.

 

Joan Mitchell — Grandes Carrières — MoMA (New York), 14 avril 2025

 

Il suffit de doser, comme dirait O*. Et au bout du compte, nous y sommes restés sept heures.

 

De très nombreuses découvertes, dont l'extraordinaire (et extraordinairement mind-fucking) film de Christian Marclay, The Clock. S'il passe un jour en France, il faudra s'organiser pour aller le voir en entier (24 heures, certes...);