samedi, 15 août 2026
Assomption (mais qu'assumer ?)
Réveillé à 5 h, par l’envie de pisser en fait, je me suis installé sur la terrasse, avec une mug de café réchauffé, d’abord à faire le tour des réseaux sociaux puis à faire quelques parties de koï-koï, avant de me décider à allumer l’ordinateur et à écrire quelques mots ici, dans l’obscurité presque totale – presque, étant donné que l’écran de l’ordinateur attire quelques phalènes, et quelques moustiques bien sûr.
C’est notre dernière journée à Cagnotte, chez mes parents. À noter que cette année nous n’aurons pas été tellement embêtés par les moustiques, même si nous avons dû installer la moustiquaire dans la chambre il y a quelques nuits de cela.
Je parlais d’obscurité presque totale, car, de fait, ici à la campagne pas de lampadaires, et de surcroît le ciel, qui a été couvert une bonne partie de la journée d’hier, est encore très voilé, peu d’étoiles. Comme c’est arrivé souvent l’été – et je pense en particulier aux années 2010-2020, quand les enfants étaient encore jeunes, voire très jeunes, et qu’on a profité au maximum d’eux – je n’ai pas foutu grand-chose depuis trois semaines ; j’ai même du retard dans les billets relatifs à la relecture des Misérables. Il faudra s’y remettre petit à petit au retour de Guernesey, tout en préparant la rentrée ; cette année, mes premiers cours (de master et d’agrégation) ont lieu dès le 2 septembre.
Avant-hier soir j’ai commencé un roman pioché presque au hasard dans la bibliothèque de ma mère, Duffy Is Dead de J. M. O’Neill. Ce n’est pas mal, disons que ça se laisse lire, même si, arrivé à la moitié, leurs histoires de semi-poivrots commencent à me saouler. J'en note ici une seule phrase : “He liked to walk, it was no effort on such caisson legs to carry his weight.” (p. 72). La scène dans le cimetière, au chapitre 4, est vraiment très bien.
Je n’avais jamais entendu parler de cet auteur irlandais, qui ne semble pas avoir d’article Wikipédia à son nom (j’ai dû mal chercher) : il a travaillé pour l’administration coloniale, notamment au Ghana, avant de tenir un pub et un théâtre jusque dans les années 80. Il a écrit et publié ses six romans après sa retraite, donc à plus de 65 ans, entre 1987 et 1999. [Je note ici sans rapport, après avoir visualisé mon double autoportrait via BeReal : mes cheveux et ma barbe n'ont jamais poussé aussi vite que depuis trois ou quatre semaines. Don't let this be my epitaph.]
Claire va lire L’Odyssée avec E° et moi, finalement, mais peut-être plus tard – à suivre. Par contre, j’ai téléchargé pour elle les deux traductions dont on avait parlé, celle de Mugler que j’ai achetée avant notre départ pour Cagnotte, et celle de Lascoux qu’elle avait avisée, et j’ai lu la longue introduction de Lascoux à la sienne, ainsi que les 100 premiers vers ; c’est rudement bien. Je songe à lire les deux traductions, plus peut-être celle d’Emily Wilson dont tout le monde avait parlé à sa sortie, et qui a été remise en avant, d’abord par le fait que Nolan a dit s’être inspiré de son texte, ensuite par la polémique née de la tribune – d’assez mauvaise foi, il faut dire) qu’elle a écrite pour dézinguer le film. J’avais lu je ne sais où que l’éditeur de la traduction d’Emily Wilson en avait vendu près d’un million depuis qu’il a été annoncé que Nolan préparait une adaptation de L’Odyssée ; ça me semble énorme. En tout cas, à la librairie La Boîte à livres, à Tours, ils avaient exposé facilement sept ou huit traductions françaises disponibles (Lascoux en cite une bonne vingtaine, dont celle d’Anne Dacier bien sûr).
06:07 Publié dans 2026, Autoportraiture, Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 13 août 2026
Ânes et rebot
Belle et agréable – quoique torride et étouffante – journée à Espelette, avec Frédéric, Véronique et leurs enfants, qui ont drôlement grandi ; ce sont des adolescents, et ils sont vraiment très gentils, très bien éduqués (le contraire eût été étonnant).
Nous avons fait une promenade de 7 kilomètres autour d’Espelette, par les bois et le long de prairies où paissaient, paisibles, des ânes.
La discussion n’a jamais tourné autour de questions professionnelles, et c’était très chouette aussi pour cela. Ils n’auront pas vu de partie de pelote, alors qu’ils sont restés deux semaines dans le Pays basque, et alors qu’il y avait des finales de main nue au fronton d’Espelette au début de leur séjour ; j’ai raconté à Frédéric la finale de rebot à Saint-Palais, que nous n’avons vue qu’une fois, en 2012, et qui est une expérience culturelle mémorable. Il faut vraiment qu'on se revoie plus régulièrement, car notre dernière soirée ensemble remontait à 2023.
20:33 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 08 août 2026
08082026
12:04 Publié dans 2026, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 06 août 2026
Migration
Arrivés à Cagnotte ce midi après avoir roulé sans encombre depuis Rochefort.
Rochefort : ville dont la moitié est à vendre, l’autre en cours de démolition. Et jolie avec ça. A. et F*, avec qui nous avons passé la soirée, avaient l’air en forme, même s’ils seront contents de prendre une grosse semaine de vacances dans dix jours. Cela fait bizarre de penser que notre fils aîné, dont je notais les « propos de garçonnet » à la création de ce blog – il avait quatre ans – vient de franchir le quart de siècle, est installé dans la vie, a un métier depuis plus d’un an, s’investit dans la vie publique…
Cet après-midi, je suis allé promener, seul donc d’un bon pas, jusqu’au chemin de Bigalette, « là où mes parents ont vu un blaireau » (réplique d’A. justement, que cite souvent mon père). Dans les bosquets le long du Bassecq, j’ai entendu chanter des Leiothrix (je pensais que c’était un chant voisin de celui du merle et l’application Merlin m’a aidé à les identifier) et trois Alouettes lulu (là encore, merci Merlin).
Dans la tête presque toute la journée : Paramour d’Ino Casablanca. J’aime bien cette chanson mais comme c’est agaçant d’avoir un air dans la tête sans connaître les paroles, je viens de vérifier le refrain sur le site Genius. O* pense qu’il parle de son amour pour la France, et c’est tout à fait possible qu’il y ait en effet double sens tout au long de la chanson. Ce qui m’intrigue depuis que j’ai découvert cette chanson il y a quelques mois, c’est le titre en un seul mot : est-ce qu’Ino Casablanca connaît le mot anglais un peu archaïque paramour (l'amant ou la maîtresse, terme autrefois moins péjoratif qu'aujourd'hui) ?
21:34 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 23 juillet 2026
23072026
Pour la pause déjeuner on s’est arrêtés à Paray-le-Monial. En 2012 nous avions visité la basilique, en famille, mais cette fois-ci on a trouvé un autre coin, la place Saint-Nicolas, drôlement agréable, avec cette belle façade de l’hôtel de ville, richement décorée, et un petit café, le Lucéane, qui vend aussi des jeux de société. Je suppute que Luce et Anne sont les prénoms des deux taulières. En tout cas, c’était très agréable.
12:57 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 22 juillet 2026
Suisse, jour 8 (et dernier)
On pensait que le château de Chillon ne serait qu’un énième château-fort... et non... Le poème de Byron y est bien mis en évidence, sans compter les nombreuses décorations murales retrouvées, reconstituées, émouvantes. Bien sûr, la situation au bord du Léman joue un rôle important dans le caractère mémorable de la visite. Mon ex-collègue Nelly m’a signalé après coup qu’il y a une scène importante de Daisy Miller dans ce château. Pas surprenant que James ait été marqué par ce lieu, aussi.
Après avoir longé le lac au retour (j’ai trouvé très reposant de laisser la voiture au garage pendant ces trois jours), Claire a voulu qu’on aille à Montreux visiter la Queen Studio Experience... et ce n’était pas inintéressant (même si, avec celle de Bowie, la musique de Queen me semble être la plus invraisemblable imposture surcotée de l’histoire de la pop).
Le Musée Jenisch à Vevey a aussi tenu ses promesses : les lithogravures de Kokoschka pour L’Odyssée résonnent de façon amusante avec toute la hype – liée au film de Nolan – autour du classique homérique.
Et surtout, enfin et en fin de journée, une énième baignade dans le lac qui n’était pas une énième baignade dans le lac : regarder les cormorans plonger, réapparaître avec poisson au bec, idem d’un grèbe plus altier et qui toisait les nageurs humains, nager près d’un couple de foulques avec leurs trois canetons (foulqueaux ?) tout petits et intrépides...
22:59 Publié dans 2026, Chèvre, aucun risque, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 21 juillet 2026
Suisse, jour 7
[Impossible de venir à bout de ce chapitre 6 de Under the Volcano.
Que c'est ennuyeux, plein de fatuité, difficultueux...]
Belle journée encore. Ce matin, ascension en train jusqu’aux Rochers-de-Naye, à 2.000 mètres d’altitude. Là, d'un côté on embrasse toute la large vue sur le lac Léman et les Alpes bernoises ; de l’autre, sur les Alpes vaudoises. Les deux créneaux que forment la Tour de Mayen et la Tour d’Aï sont particulièrement mémorables, mais tout le panorama est splendide.
Ce que nous ne savions pas, c’est que le site abrite une colonie de plusieurs dizaines de Chocards à bec jaune, un corvidé que je rêve de voir depuis si longtemps et que nous avons pu observer sous différentes facettes : en couple, voletant de piquet en piquet ; en escadrilles, fendant l’air le long des rochers et piquant subitement ; perchés le long des parois, sur des touffes d’herbe qui auraient pu cacher des nids (mais je pense que les nids n’étaient pas visibles). Quel bel oiseau ! *
Nous sommes redescendus vers 3 heures de l’après-midi, et après une petite sieste, promenade à Vevey, et baignade bien sûr, bronzette sur les decks ; le paysage que forme le Léman à cet endroit est plus beau qu’à Montreux — un véritable écrin de montagnes et de ciel. Plusieurs statues, dont une, très livresque, du poète Mihai Eminescu. De retour à Montreux, passage par le spa de l’hôtel avant dîner. Montreux est une ville bébête, superficielle, mais ça n’a aucune importance : il ne faut pas y rester.
* N’ayant pas pris de photo très satisfaisante, bien sûr, des chocards à bec jaune avec mon bête smartphone, j’emprunte cette photographie à un article du naturaliste Jean-Paul Martinot de 2016. No copyright infringement intended.
22:04 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 20 juillet 2026
Suisse, jour 6
Il fait un temps splendide, grand soleil (pendant que l’Europe brûle – l’horreur capitaliste au bout de son fuseau).
Aujourd’hui, en transit entre les Quatre Cantons et la partie orientale du lac Léman, nous avons traversé, surtout dans les 30 kilomètres avant Thoune/Thun, de beaux paysages de moyenne montagne qui correspondent aux clichés qu’on a de la Suisse mais qui ne sont pas si pertinents. J’ai dit à Claire il y a deux jours : « on comprend mieux pourquoi ils sont fous de leurs hauts sommets, qui sont les seuls endroits qu’ils n'ont pas bousillés ». Il y a une drôle de tradition, uniquement en Suisse alémanique, qui consiste à placarder sur les maisons des « panneaux de naissance », grandes plaques en bois où figurent le prénom du bébé, sa date de naissance et un dessin. Les dessins sont systématiquement ignobles, sans quoi la tradition serait plutôt sympathique : lapins infra-Disney, cigognes méconnaissables, bébés dégueulasses, ça semble être un concours à qui fabriquera ou affichera le truc le plus moche.
Thoune est une jolie bourgade, sans plus, mais nous avons pu nous baigner dans le lac éponyme, sur fond de montagnes, dans un espace payant cette fois-ci, organisé, avec trois piscines (où nous n’avons pas daigné poser un orteil). Ici, on a pied jusqu’à très loin, ce qui rend d'autant plus étrange l’information, lue sur le Web, selon laquelle la profondeur maximale de ce lac de dimensions modestes est de... 174 mètres. Il doit y avoir un gouffre soudain. Baignade encore très plaisante ; par contre, n'ayant pas loué de parasol ni mis de crème, je me suis pris un bon coup de soleil sur les épaules.
Sur la route entre Thoune et Montreux, on aperçoit le lac de La Gruyère, avec la petite île où s’élèvent deux tours en ruine, qui rappellent que ce lac artificiel a en fait englouti des villages. Le soir, après une baignade dans le lac Léman (bien que Montreux ne fasse pas partie des 110 points du lac où la qualité de l’eau est contrôlée et attestée...), nous nous sommes promenés le long de ce que les locaux ont décidé de nommer la Riviera vaudoise, qui mérite assez bien son nom, avec ses grandes fleurs, ses palmiers, les eaux bleues du lac. Par contre, comme le festival de jazz (dont j’ai pu vérifier sur la programmation qu’il n’accueille absolument aucun artiste ou concert de jazz stricto sensu, mais de la pop plus ou moins fusion) s’est achevé il y a deux jours, toute la partie entre notre hôtel et le marché couvert est gangrénée de praticables et de cahutes pas encore démontées.
Fifty years down the line, let’s stick to Nina Simone hey. (“Like Odetta said last night, if you don't get loose tonight, you'd better forget it.”)
22:10 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 19 juillet 2026
Suisse, jour 5
Ce dimanche, après un solide petit déjeuner, le temps maussade nous a emmenés à Schwyz, jolie bourgade un peu figée dans le temps et où nous avons un peu gagné les hauteurs avant de redescendre par l’impressionnant Kollegium. Le long du lac de Zug, nous avons également fait une petite promenade, histoire de regarder avec les jumelles les grèbes, les foulques et surtout la centaine de cormorans massés de façon grégaire, qui voletant, qui plongeant, qui se laissant porter par l’eau. À Zug, comme le soleil s’était enfin levé, nous nous sommes baignés : l’eau du lac n'est pas du tout froide (c’est cela, la plus grande surprise du séjour) et l’espace aménagé pour les baigneurs tout à fait agréable : pelouses, plateformes de planches... Dans l’après-midi, nous nous sommes rendus presque par hasard à Einsiedeln, pour y découvrir un monde fou, un ensemble abbatial colossal (difficile de dire si c’est beau) où l’on croise sans cesse des moines bénédictins qui s’entretiennent avec les fidèles et qui est un des principaux lieux de pèlerinage du pays, en raison de sa Vierge noire (tout à fait sans intérêt au demeurant, mais je suis un sale incroyant). Comme souvent, le village n’a aucun intérêt.
À l’hôtel Platten, pour notre dernier soir en surplomb du lac des Quatre Cantons, nous avons robustement dîné de spätzli, et j’ai enfin goûté l’Appenzeller Weizenbier. (Comme j’avais mal compris ce que m’avait expliqué la serveuse le premier soir, je croyais que c’était de la bière blanche, weißes Bier, alors que c’est de la bière de froment, Weizen.)
[Ai-je le droit d'écrire que je regrette de ne pas avoir volé un des hymnaires quadrilingues de la cathédrale de Soleure ? je n'en ai pas retrouvé depuis.]
22:14 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 18 juillet 2026
Suisse, jour 4
La météo commence à se dégrader sérieusement, mais on a tellement rêvé d’averses et d’une telle atmosphère rafraîchie en Touraine pendant les semaines de canicule qu’on ne peut bouder notre plaisir. La baignade est tombée à l’eau : pas de brasse sur les bords du lac à Gersau ce samedi.
Nous avons passé une bonne partie de la journée à Lucerne. Il y a ses deux ponts en bois sur la Reuss, bien sûr, dont celui détruit par l’incendie de 1993 et entièrement reconstruit, les panneaux peints triangulaires rescapés ayant été soigneusement replacés, y compris ceux qui ne sont plus que charbon. Le Spreuerbrücke, avec ses 45 tableaux de Kaspar Meglinger représentant diverses scènes de Totentanz, est plus émouvant.
Des deux côtés de la Reuss s’étale la ville ancienne, terriblement commerçante aussi. Dans la Hofkirche, à 9 h 30, se préparait de toute évidence une cérémonie de mariage avec des chrétiens d’Ethiopie, peut-être des coptes, ou des chrétiens de Syrie (il y avait deux familles, sans compter les invités, et les origines ethniques semblaient diverses). La Jesuitenkirche est presque une caricature de blancheur pâtissière baroque. La collection Rosengart présente une centaine de dessins et tableaux de Picasso, dont certains réussissent à étonner encore, mais surtout trois grandes salles consacrées à Paul Klee (la jeune femme à l’accueil a prononcé /kli/), surtout des dessins, uniquement des œuvres de petit format.
Avant de repartir, nous avons visité le panorama Bourbaki, cette œuvre circulaire de 110 mètres de long peinte en 1881 par Edouard Castres avec l’aide de cinq apprentis, et qui représente l’accueil de 87.000 soldats français par la Croix-Rouge et l’armée suisse après la débâcle face à la Prusse à l’hiver 1871. D’un réalisme proche parfois du trompe-l’œil, le panorama est tout à fait émouvant.
Très mal aux jambes : je me remets à ne plus pouvoir piétiner ni même marcher de façon interrompue, comme pour toute visite de ville. Il faudrait que je refasse mes exercices de kiné. Il faudrait surtout commencer chaque journée par une vraie promenade, en marchant vraiment.
Soirée : promenade sur les hauteurs du Plattensweg, au soleil presque couchant.
22:20 Publié dans 2026, Autoportraiture, Chèvre, aucun risque, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 17 juillet 2026
Suisse, jour 3
Journée parfaite, d’abord avec la promenade sur les berges du lac, à Gersau et à Brunnen (ville de naissance d’Othmar Schoeck), puis croisière jusqu’à Flüelen et retour.
Salut à la « pierre de Schiller » : j’ai lu il y a quatre ou cinq ans, davantage peut-être*, son Wilhelm Tell, qui m’avait ébloui. Mais le plus beau, ce sont les montagnes tombant à pic dans les eaux vertes, de dix verts différents. Le paysage est un des plus beaux que j’aie vus.
De retour à Gersau, baignade dans le lac : on pose sa serviette sur un banc en pierre puis on descend directement par un escalier. L’eau n’est même pas froide. Quel bonheur ! On nage avec les oiseaux, ici un grèbe (cf photo, à agrandir).
À l’hôtel, en fin d’après-midi, on tente de lire près de la piscine, mais à l’ombre il fait un peu frisquet, sans compter les taons. Après avoir lu deux pages du roman mercredi et deux pages la veille, je suis enfin entré dans Under the Volcano, mais je ne vois pas trop ce que d’aucuns trouvent à ce livre. Après le repas dans la chambre, excellente eau-de-vie de prune sur la terrasse du restaurant surplombant la route avec ses épingles à cheveux.
* Facebook supplée ma mémoire : « Fini WILHELM TELL. Magnifique pièce. Du coup envie de lire tout Schiller et ce n’est pas possible. » (26 septembre 2019)
22:34 Publié dans 2026, Chèvre, aucun risque, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 16 juillet 2026
Suisse, jour 2
Après le petit déjeuner dans la salle à manger de l’hôtel, avec les moyens du bord, nous sommes repartis faire un tour dans les rues de Soleure, décidément une très jolie ville. La ville moderne et les faubourgs sont ternes, voire hideux, mais nous aurons l’occasion de vérifier que c’est le cas de presque toutes les villes, même petites, en Suisse, du canton d’Argovie au canton de Schwyz en passant par celui de Lucerne. La veille au soir, nous avions déjà visité la cathédrale, flâné le long de l’Aar, pris un verre près d’un des deux ponts-passerelles. Ce matin, après avoir emprunté le chemin qui longe la Loretokapelle (avec son néflier, son figuier et son chemin de croix en extérieur), nous avons acheté des timbres à la poste, visité la Jesuitenkirche (avec son buffet d’orgues très beau et juché très haut). Contrairement à la veille dans la cathédrale, les livres d’hymnes ne sont qu’en allemand, pas dans les quatre langues du Bund.
Le Kunstmuseum de Soleure n’ouvre qu’à 11 heures. La collection permanente fait la part belle à la création ultra-contemporaine, ainsi qu’à quelques « locaux de l’étape », notamment Cuno Amiet et Félix Vallotton. L’exposition ‘Was sich als Natur zeigt’ organisée par Luzia Hürzeler autour de certaines de ses œuvres avec un vaste ensemble de tableaux, vidéos et dessins allant du début du 19e siècle jusqu’à nos jours, était très intelligente, profonde. Il faudrait une journée entière, ne serait-ce que du fait que, dans la salle où Luzia Hürzeler présente en diptyque des photos des huit loups du Valais naturalisés entre 1998 et 2010 et des photos des huit sites où ils furent abattus, il y a quatre interviews de différents spécialistes de la présence des loups, chacune d’environ 45 minutes... La salle consacrée à la représentation des gorilles dans les collections et les archives du Muséum d’Histoire naturelle de Berne à partir du 19e siècle, assortie de deux interviews, là encore, dont celle du directeur du Parc National du Kahuzi Biega. J’en passe... Hürzeler est originaire de Soleure, mais la commande de cette exposition n’a rien de complaisant : on voit que la question de la représentation de la nature dite sauvage la travaille depuis longtemps.
Sur la route du lac des Quatre Cantons, où nous passerons les prochains jours, nous avons pique-niqué près du château de Hallwyl, avant de nous promener jusqu’aux plages situées sur les bords du lac du même nom (ou presque, le lac s’orthographiant Hallwil (?)). Après une bonne heure de route, nous sommes arrivés à l’hôtel Platten, à Gersau, sur la rive nord du lac des Quatre Cantons (Vierwaldsstätter See). La vue est splendide, l’emplacement de la piscine est exceptionnel, mais il faut bien dire que les deux kilomètres de route pour accéder à l’hôtel, sans gâcher totalement le plaisir, taraudent un peu l’esprit pour les journées suivantes.
22:21 Publié dans 2026, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 15 juillet 2026
Suisse, jour 1
Arrivé-es il y a moins d’une demi-heure à l’hôtel, depuis deux heures à peine en Suisse. La première étape, Soleure (Solothurn en allemand) a été choisie car elle permettait de s’approcher des Quatre Cantons et donc de se débarrasser du plus gros du trajet aujourd’hui : en effet, neuf heures de route en comptant les pauses. J’ai préféré quitter l’autoroute après Auxerre ; au final, le trajet total n’a pris qu’une heure de plus, et nous aurons vu l’extrême-nord de la Côte d’Or (moche), et un bout de Franche-Comté que nous ne connaissions pas (craquelée et grêlée par l’agrobusiness).
Dès avant le passage de la douane on doit s’acquitter d’une taxe de 40 francs suisses pour pouvoir utiliser les routes du pays. Cela inclut l’accès aux autoroutes, donc pas si mal…
Les villages et bourgades du Jura suisse sont aussi ternes et moches que celles avant la frontière. Dès qu’on arrive en pays germanophone, c’est beaucoup plus joli [mais ça ne durera pas, spoil des journées prochaines], à commencer par cette impressionnante ascension du Weissenstein (1279 m), vraiment très jolie, où on est contents que les freins et le frein-moteur marchent à la perfection (24% en certains endroits, épingles à cheveux incluses), souvenir d’une journée de l’été 1983 avec mes parents et ma sœur : les freins de la R16 avaient lâché pendant la promenade dite des trois cols, et mon père avait fait une des trois descentes entièrement en frein moteur, et heureusement sans la caravane ce jour-là (sinon, je crois que je ne serais pas là pour vous raconter cette anecdote).
L’hôtel est un ensemble de six chambres très coquettes installées dans le cloître d’une église. Le couloir est recouvert de peintures à l’huile représentant des sujets pieux et appartenant à l’école universelle dite « des croûtes infâmes ». La fenêtre ouvre sur un vaste champ et sur un clocher rococo, à quelque 400 mètres. Les vacances commencent bien, on peut se laisser aller au cliché complet et fredonner du Mani Matter.
17:29 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 20 mai 2026
Quelques heures à Lille
À errer et déambuler dans les rues de Lille, se perdre jusque dans le petit zoo : j’envoie à mon fils aîné une photo d’un écureuil de Prévost, et sans passer par Google Lens ni rien, il me répond du tac au tac que c’est un écureuil de Prévost.
Dans ma blême mémoire (mêmoire, en fait : je n’ai jamais commenté cela), le zoo de Lille, vu en 2015 en famille, se confond avec celui de Lyon, vu en 2012, peut-être aussi par contiguïté amicale : après tout à Lille en 2015 nous avions visité la ville avec le local de l’étape, Alban, qui y vivait encore, et qui est lyonnais (il était avec nous à la Tête d’Or en août 2012).
L’occasion, à Lille, de renouer avec les quatrains animaliers :
Ma Muse ne fait pas la fière
En anglais ou en espagnol.
*
La cage du Hocco à pierre
Est infestée de campagnols
L’occasion, à Lille, de prendre en photo une devanture de drebley :
L’occasion, à Lille, de déplorer que l’inscription sous la statue d’Edouard Lalo ne soit pas assez effacée :
« De sa lointaine origine espagnole le compositeur avait hérité du sens des rythmes et des couleurs. » Mais pitié !
L’occasion, à Lille, d’une magnifique rencontre avec Soazic Courbet de la librairie « L’Affranchie » (more on that later) et d’une découverte culinaire (restaurant péruvien où j’ai dîné d’un aji con pollo sin pollo). Au Palais des Beaux-Arts, aussi, j’ai pas mal nourri mon regard.
23:22 Publié dans 2026, Blême mêmoire, Hors Touraine, Quatrains conversationnels, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 16 mai 2026
Un lièvre (certes)
Pas dans la pelouse, détrempée. Des averses, toujours, et la fraîcheur pour ne pas dire le froid.
Lever un lièvre, qui détale et revient plus tard – ou était-ce un autre ? – par la butte proche de l’ancien champ ?
Malgré les bottes dûment chaussées, je n’ai pas voulu aller dans le bois, trop boueux, avec des arbres tombés obstruant les chemins.
(Regret.)
18:00 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 15 mai 2026
Ungodly hours
Levé depuis une heure, réveillé depuis bien davantage. Il pleut des cordes (ça m’a réveillé), et je me demande si ma mère, qui a remis un petit coup de chauffage hier soir, n’a pas oublié de rebasculer le thermostat en position nuit, car il fait très bon, les radiateurs sont chauds et on entend toutes les deux minutes un bruit de robinet au sous-sol.
Comme toujours à Cagnotte depuis quelques années, je passe les heures à ne pas mettre un chat dehors (j’ai cherché un équivalent de ungodly hours, je ne trouve rien, et me demande de surcroît si l’expression anglaise ne sert pas plutôt dénoncer les gens qui ne sont pas encore couchés, l’heure à laquelle les bons chrétiens sont déjà dans leur lit etc.) dans la cuisine, sur l’ordinateur : je n’allais pas me raser à 5 h du matin, en réveillant O* et E*, qui ont fait le voyage avec nous et qui étaient vraiment crevés par leur semestre, hier à l’arrière de la voiture. L’horloge normande Levavasseur (héritage de Chicheboville) fait son tic-tac de vacarme.
Laurent m’ayant parlé avant-hier d’un livre d’Upton Sinclair, j’avais fait deux ou trois très rapides recherches sur cet écrivain états-unien qui n’était qu’un nom, et à peine même. Il se trouve que ma mère possède, dans la collection Tauchnitz – et plutôt abîmés –, deux romans d’icelui, mais pas du tout celui qui intéresse Laurent. Upton Sinclair, mort à l’âge de 90 ans en 1968, a écrit pas loin de cent livres, donc ce n’est pas surprenant. D’après ma mère, ce sont des livres récupérés lors d’un legs fait par une vieille collègue partie à la retraite depuis longtemps, quelque chose dans le genre, et au vu de leur état elle ne les avait pas lus. J’ai commencé Mountain City, pour voir, et c’est assez prenant, tout en étant très classique dans l’écriture.
06:02 Publié dans 2026, Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 13 mai 2026
Trois librairies de l'Est parisien
Matinée très stimulante, à écumer l’Est parisien avec Laurent, qui m’a fait découvrir trois librairies : Litote en tête, Le Monte-en-l’air et Libre Ère. Difficile de ne pas acheter des livres, tout en réfléchissant stratégiquement à qui je donnerais tel ou tel après l’avoir lu. J’ai dit à Laurent que Claire et moi retardions depuis au moins un an le moment de nous poser et de consacrer quelques heures au désherbage de notre bibliothèque (il va bien falloir le faire).
Dans les trois librairies, le livre d’Aidoo était présent, et même très en vue.
Au Monte-en-l’air, une des libraires a fait une vitrine impressionnante avec une dizaine d’exemplaires du livre, qui se trouve aussi sur deux tables de nouveautés différentes ; j’ai pu discuter brièvement avec une autre libraire, qui vient de lire le livre, et je lui disais que ce qui me ravit le plus dans la publication de ce texte en français, c’est qu’il soit rendu disponible de cette façon, et donc de pouvoir en parler aussi avec des francophones. Chez Libre Ère aussi, vitrine Ròt-Bò-Krik, avec un exemplaire de Notre Sœur Rabat-Joie parmi d’autres livres récents de la maison ; j’y ai d’ailleurs acheté deux volumes de la maison que je ne possédais pas (les seuls, je crois), Hafid m’a raconté qu’il avait animé dans sa librairie deux rencontres, l’une avec Ariella Azoulay pour La résistance des bijoux, et l’autre avec Elara Bertho pour Un couple panafricain.
Dans le train de retour, j’ai échangé par messages avec Anne, du book-club Sapotille, qui organise autour du roman d’Aidoo la séance de samedi prochain, en marge de la Comédie du Livre (Montpellier). La seule inquiétude est la disponibilité du livre dès cette semaine dans les librairies partenaires. Là aussi, riche discussion, également autour de Maryse Condé et des traductions françaises de Gurnah. (Elle est en train de lire Adieu Zanzibar, qu'elle a mis au programme du book-club pour juillet, et je lui ai confié que je faisais une overdose de Gurnah.)
17:48 Publié dans 2026, Affres extatiques, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 29 avril 2026
Des tours inlassablement
Les chronotopes, je les ai pas mal exploités dans ce blog, et si j’y reviens c’est aussi que c’est ici, à Bordeaux, avec mon excellent maître Michel Boisset, que j’ai exploré pour la première fois ce concept bakhtinien (et d’ailleurs ça a été ma première rencontre de Bakhtine).
Alors ici ou pas vraiment ici, pas exactement : un peu plus loin que cette place du Parlement où nous venions rarement, et qui a été un peu éclaircie, embellie depuis le début des années 90. Un peu plus loin, et nous y sommes passés aujourd’hui (vous avez compris que je triche et que je feins d’écrire ceci sur le motif – c’est publié le 29 avril mais écrit le 30, d’ailleurs j’ai les larmes aux yeux maintenant alors que pas une seule fois hier cette émotion ne m’a étreint), au lycée Montaigne, qui désormais dispose d’une ouverture, d’un portail d’accès directement sur la rue Sainte-Catherine. Des élèves de prépa y discutaient, mais plus rien ne ressemble à notre passé. On le sait, le passé est mort, et nous aussi – c’est programmé.
Ce jour un peu avant six heures du soir quand je fais cette photo, on boit un café en terrasse, face à la librairie où avait lieu la rencontre, et même le lancement de la traduction française de Our Sister Killjoy. Là aussi décalage : cette librairie fut celle où nous avons beaucoup traîné, Claire et moi, entre 1991 et 1997. Tiens, j’y ai découvert Robert Pinget, entre autres, entre autres… Claire y a acheté le volume extrêmement onéreux des poèmes d’Étienne Durand avant de décider de travailler sur autre chose. Mais décalage, car la librairie a déménagé un an avant notre départ de Bordeaux, et d’ailleurs, alors que pourtant nous y avons refait un tour en 2005, et peut-être même que nous sommes passés devant l’an dernier, Claire ne se rappelait que la librairie rue de la Devise, l’ancienne, en deux parties, sous voûtes.
Alors pourquoi parler de chronotope ? Pour autre chose : cette place au printemps, au soleil, évoque un autre moment, nos déjeuners au Taj Mahal, quatre ou cinq fois peut-être, quand j’ai touché mes premiers salaires et que je revenais un week-end sur deux à Talence (des week-ends prolongés, je m’enfuyais de Normale Sup du jeudi matin au mardi soir).
Un petit garçon faisait inlassablement des tours de la place sur son vélo, à la poursuite des pigeons. Ne comptez pas sur moi pour élaborer sur la métaphore.
17:40 Publié dans 2026, Autoportraiture, Blême mêmoire, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 24 avril 2026
— à Orlanda
18:49 Publié dans 2026, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 23 avril 2026
Sans sonnet
En voyage, le temps manque pour tout. On préfère jouir des lieux, du temps qui passe. On peut perdre aussi deux ou trois heures à déclarer auprès des Carabinieri le vol d’un portefeuille contenant un passeport afin de pouvoir ensuite téléphoner au consulat, puis envoyer un mail au consulat afin de tenter d’obtenir un document temporaire de voyage sans lequel, c’est évident, on ne passera ni les contrôles de sécurité de l’aéroport ni l’embarquement.
Même sans cette mésaventure – une première en trente-cinq ans de voyages pour Claire et moi – je n’arrivais plus à écrire, notamment ces fameux Sonnets vénitiens, dont j’ai quelques bribes par ci par là. Peu importe, ils n’ont pas vocation à être tous écrits à Venise.
Ni voitures, ni trottinettes : Venise.
Aucun oiseau, à peu près aucun insecte : Venise.
Des endroits où la cohue est presque permanente, d’autres déserts, comme abandonnés par le temps : Venise.
(Ce n’est pas un sonnet, on s’en contentera.)
08:06 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 22 avril 2026
Variation sur un thème pictural rebattu

18:07 Publié dans 2026, Autoportraiture, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 12 avril 2026
De Gaulle rochefortais
Cette sculpture de De Gaulle, qui ressemble beaucoup à celles de Michel Audiard (c’est ce qu’il fait de mieux), est-elle de Michel Audiard ? Dans les allées où, à Rochefort, à partir de mars, chante le Petit-duc scops, je ne l’avais pas vue les fois précédentes : je pense qu’on bifurquait avant, pour longer l’école.
22:16 Publié dans 2026, Hors Touraine, Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 25 février 2026
Giotto câprin
Rapide tour à Bayonne, surtout pour le musée Bonnard-Helleu, qui a rouvert récemment après des années de fermeture pour travaux. C’est un très beau bâtiment, avec d’impressionnantes collections, mais l’architecture intérieure est très froide. Des tableaux, je ne dirai rien, car cela me prendrait des heures et je ne sais pas parler d’art. Je note seulement qu’il y a parmi les Bonnat, notamment de sa première manière, des œuvres extrêmement émouvantes, très belles, comme ce Giotto gardant les chèvres peint à l’âge de dix-sept ans, un peu vertigineux par les effets de miroir qu’il suggère.
19:28 Publié dans 2026, BoozArtz, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 24 février 2026
Cinq Pholcus et une tégénaire
Réveillé à 5 h 30, j’ai essayé de me faire réchauffer un café sans faire trop de bruit, histoire de ne pas réveiller mes parents. Il y a cinq Pholcus et une grosse tégénaire dans ma chambre, ce qui n’a pas empêché un moustique de me zézayer autour hier soir et encore ce matin, pendant que je m’habillais, et peut-être de me piquer ; en tout cas j’ai dormi comme un loir donc peu importe, au fond. Je vais réattaquer la traduction (cinq pages traduites, péniblement, hier après-midi). Nous avons regardé En boucle de Junta Yamaguchi, un film amusant dans ses situations, très japonais (cadrages, références culturelles, lieux, jeu des acteurs) mais probablement filmé avec un smartphone. Au dîner mes parents m’ont reparlé de Le rire et le couteau, le film franco-roumano-luso-brésilien qu’ils ont regardé récemment, sélectionné à Cannes en 2025, que mon père a adoré et devant lequel ma mère a dormi tout du long ou presque (en fait, elle est allée se coucher quand il restait une heure), ce qui donne envie de se faire une idée.
06:02 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 15 février 2026
Dans un humide froid mordant
Première journée à Paris, sous un ciel gris, un vent glacial, des bruines et des giboulées. Un peu déçu par l’exposition Grottesco d’Éva Jospin : c’est admirable, très bien fait, très beau même, mais ça me laisse globalement froid. Pourtant, on y est restés une bonne heure, à scruter, tourner autour, observer aussi la manière dont les autres personnes (un vrai grouilli-grouilla) observaient les œuvres.
Il faudra voir in situ, quand ils seront achevés et installés, les vitraux de Claire Tabouret pour Notre-Dame, aussi présentées au Grand Palais, et qui paraissent très kitsch.
Finalement, ce sont les deux expositions du Jeu de Paume qui ont marqué la journée : d’une part, la Sud-Africaine Jo Ratcliffe (une véritable découverte, travail à la fois cohérent et continu mais constamment renouvelé), et d’autre part Martin Parr, dont je connaissais très vaguement le travail et donc je craignais, justement, la superficialité. Or, il s’agit de séries extrêmement rigoureuses, avec une intention esthétique très déterminée et une signification politique dans laquelle je me reconnais.
Soir : dîner en excellente compagnie, dans le quinzième arrondissement, avec l’admirable Corinne, et Benoît dont nous avons enfin fait la connaissance, qui est gentil et passionnant, et qui m’a offert sa nouvelle pièce de théâtre. Abats d’eau invraisemblables entre la bouche de métro et l’hôtel : en trois minutes, rincés.
23:28 Publié dans 2026, BoozArtz, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 10 janvier 2026
Des dictons, des diktats
Il y a toujours quelque chose d’insolite à glaner, lorsqu’on se promène à Paris. Après tout, cela est vrai de Tours, ou de bien d’autres villes. Quand je lis comment Ryoko Sekiguchi réussit à écrire sur Venise d’une manière tout à fait neuve, inattendue, je pense qu’elle pourrait écrire un livre de 500 pages absolument lumineux sur Tours.
Mais je ne suis jamais allé à Venise, et ce livre sur Tours, c’est celui que je voulais écrire en créant ce blog, alors que j’étais encore un nouveau venu dans la région.
En tout cas, aujourd’hui, pour la saint Guillaume, nous étions à Paris.
Dans le train, je lisais Venise, millefleurs de Ryoko Sekiguchi.
Ça a commencé, plus ou moins, par un arrêt de trente-cinq minutes en pleine voie au lieu-dit Guillerval ; était-ce une gare ? aucune idée. En tout cas, j’ai écrit sur le groupe Famille ce faux dicton (j’avais réécouté L’almanach amoureux de Murat récemment, ça n’a pas dû aider) :
À la san Guillermo,
À Guillerval ton train sera K.O.
Nous avons visité deux expositions, toutes deux très belles, et de deux artistes fort différents : Magdalena Abakanowicz au musée Bourdelle et les œuvres de Soulages sur papier au musée du Luxembourg.
De 15 h 30 à 19 h nous avons passé l’après-midi avec E*** (je ne sais plus quel système d’initiales et d’astérisques l’ont précédemment désigné ici mais du moment que je m’y retrouve – si je le désigne comme l’excellent traducteur de quatre volumes de Whitman tout le monde saura qui sait) ; il me semble qu’on ne s’était pas vus depuis la Noël 2024 à Pau, mais Claire pensait que si. On n’a pas demandé. Au café Les Éditeurs, caricature de clinquant post-ironique parisien, le sancerre était gouleyant (c’est déjà ça). On se pelait, sinon (dehors). E***, aussi ébloui que nous par les Soulages, préférait les deux dernières salles ; il nous a montré très précisément celui qu’il attend que nous lui offrions lors de son départ en retraite.
À 21 h 14, vingt-sept minutes après l’arrivée de notre train, pile à l’heure, en gare de Saint-Pierre-des-Corps, nous avons reçu le mail ci-dessous de la SNCF. Parfaitement ubuesque, ou faut-il dire kafkaïen ? je dirais plutôt barraldien, en hommage à l’auteur de Clonck.
Le seul dysfonctionnement est l’envoi d'un mail annonçant un dysfonctionnement inexistant.
22:11 Publié dans 2026, BoozArtz, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 14 décembre 2025
14122025
Lors d’une virée à Paris, au cours de laquelle nous avons visité l’exposition Greuze au Petit Palais et les expositions consacrées à Tyler Mitchell (très bien), Sarah Van Rij (idem) et Edward Weston (froid, ennuyeux – à l’exception de quelques paysages et de ses trois sublimes photos de poivrons) à la Maison Européenne de la Photographie, nous avons, Claire et moi, fait la surprise de souhaiter son anniversaire à ma sœur de vive voix, avec la complicité de mon beau-frère. Delphine m’a confirmé que, d’après elle, la dernière fois qu’on s’est vus en vrai pour son anniversaire remontait à nos années d’adolescence dans les Landes, à moins peut-être que le 14 décembre soit tombé sur un week-end à l’époque où je vivais à Paris ou à Beauvais.
23:10 Publié dans 2025, BoozArtz, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 01 novembre 2025
01112025
Comme je tue au moins un moustique, et parfois deux, à chaque fois que je vais aux toilettes, et comme nous avons mal dormi cette nuit à cause d’une longue interruption zézayante – sans que je sois parvenu à nous débarrasser de la zézayante bestiole – ma mère a proposé de remettre la moustiquaire autour du lit, juste pour la dernière nuit, mais tout va bien, on dort, on dormira.
17:29 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 31 octobre 2025
31102025
Une belle merde de chien, bien épaisse, bien grasse. À l’entrée du petit chemin qui mène à la grande cabane dans les arbres où se trouve la librairie perchée, ce bel amas excrémentiel aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Quelques minutes plus tard, dans la cabane au milieu des arbres, nous parcourions les rayonnages tous plus ou moins consacrés à de l’ésotérisme, du bien-être, du développement personnel, diverses formes d’imbécilités obscurantistes, ou alors les livres « d’occasion » étaient presque au prix du neuf. J’avais pris le Biblos d’Elena Ferrante, car cette collection est devenue introuvable, avant de décider de ne pas donner 12 euros à une librairie qui organise des ateliers tous plus charlatanesques et reboutiformes les uns que les autres.
Nous avons passé une belle après-midi, au PARCC puis à la plage (rapidement).
À Tyrosse, des grappes constituant des familles s’agglutinaient – squelettes, dragons et sorcières – pour aller fêter Hallowe’en.
19:29 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 30 octobre 2025
30102025
Cette petite cité balnéaire de la province de Gipuzkoa est charmante, avec sa plage fameuse, et à juste titre, pour son impressionnant flysch, si ce n’est que je n’en ai rien vu, de sorte que j’ai préféré Getaria et Zestoa, sans pouvoir écouter les conversations des unes ni des autres, tout le monde parlant exclusivement basque. La notification du BeReal a retenti face à la maison-forte. Nous venions de visiter seuls, ou plutôt avec le guide – gentil et embarrassé par son anglais – pour nous seuls.
20:30 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 28 octobre 2025
28112025
Ce n’est pas si fréquent, nous sommes arrivés à Cagnotte pour l’heure du déjeuner. Cela demande un peu de discipline, surtout du fait qu’en ne pouvant passer que cinq jours ici, en perdre plus d’un pour l’aller et le retour serait fastidieux. Mon père avait cuisiné sa traditionnelle – et délicieuse – tarte citrouille / chèvre.
Soir : The Insider de Steven Soderbergh
22:20 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 22 octobre 2025
22102025
19:00 Publié dans 2025, BoozArtz, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 11 octobre 2025
11102025 (retour à La Rochelle)
17:39 Publié dans 2025, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 05 octobre 2025
05102025
Premier retour en images sur le premier colloque “Narrating (Hi)Stories in Decentering Europe” organisé par NEOLAiA | European Universities Alliance et Universidad de Jaén. Présent au sein d’une importante délégation de l’Université de Tours, j’ai pu modérer le 2 octobre un panel très riche sur la déconstruction du concept de nation, avec un dialogue passionnant entre méthode sociologique, écriture créative et littérature de témoignage.
J’ai aussi présenté, le 1er octobre, une communication qui dresse un premier bilan, très bref, de mon gros projet de recherche sur Ama Ata Aidoo, Amma Darko, Patrice Nganang et le plurilinguisme comme force de décentrement par rapport aux langues coloniales. Les panels parallèles m’ont empêché d'entendre toustes mes collègues, mais on aura sans doute l'occasion de lire une sélection d'articles correspondant aux travaux les plus en pointe.
Enfin, le colloque a été l'occasion d'établir un dialogue avec plusieurs collègues des universités de Jaén, Örebro, Suceava et Ostrava en vue de futures collaborations, tant au plan pédagogique que pour des recherches collaboratives.
(recyclage éhonté de post LinkedIn)
19:22 Publié dans 2025, Hors Touraine, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 01 octobre 2025
01102025
Nous vivons, pour quatre nuits et quatre jours, dans la même maison, à Jaén. Nous, c’est-à-dire quatre collègues et moi-même ; à partir d’aujourd’hui, un sixième (J*) nous rejoint.
(En lisant, dans la demi-heure qui précède, plusieurs chapitres d’un livre d’Ananda Devi, j’avais commencé à former ces phrases dans ma tête, mais une fois face à l’écran je n’ai que des phrases lamentables : c’est le propre des grands livres, de donner envie d’écrire et de nous montrer que nous n’y arriverons jamais. Je pourrais recommencer, mais je n’ai pas le temps, et ce n’est pas le sujet de ce billet.)
Nous vivons donc, pour quatre jours et quatre nuits, dans une belle maison mitoyenne d’une rue calme de Jaén, quatre chambres pour six, et ce matin, peu avant six heures, me réveillant progressivement en raison tant des bruits de la ville que de la lumière qui filtre à travers les volets qui n’en sont pas, je me suis dit que j’allais me lever, puis, passant devant la porte ouverte de la chambre occupée par mes deux collègues A* et C*, je me suis dit qu’ils dormaient la porte ouverte et que ce n’était guère prudent s’ils voulaient pas être dérangés très matinalement par des olibrius dans mon genre ; incapable d’imaginer que je ne suis pas le premier d’une maisonnée à me lever, j’ai été amusé et surpris de découvrir, en descendant l’escalier, la lumière allumée, le café préparé et mes deux collègues à la table de la salle à manger, face à face, chacun à son ordinateur, affairé à reprendre sa communication pour la journée (à l’exception de J* nous « passons » toustes aujourd’hui).
Hier soir, quand je suis arrivé, à neuf heures passées, après quatorze heures passées dans le train, la navette, l’avion et deux cars différents, les trois comparses déjà arrivés étaient ressortis dîner, et je me suis trouvé seul, à choisir ma chambre (j’ai pris celle de devant) et à prendre une rapide douche qui m’a immédiatement rajeuni de quinze ans : je n’en avais plus que soixante. Aujourd’hui, je parle en milieu d’après-midi, et j’ai préparé une communication trois fois trop longue, ce qui est inévitable vu que d’une part on est censé développer une argumentation susceptible de donner lieu à un article d’une dizaine de pages, et que d’autre part la communication elle-même ne doit pas dépasser vingt minutes, ce qui correspond à quatre ou cinq pages si on ne veut pas parler à un rythme de mitraillette. J’en ai l’habitude, et contrairement à A* et C*, j’ai déjà décidé ce que je sabrerai ; pas besoin de reprendre mon diaporama. Par contre, cet ordinateur n’a plus que 40% de batterie : je serais bien avisé d’aller le rebrancher un peu.
07:01 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 30 septembre 2025
30092025 (en transit entre Malaga et Jaén)

17:48 Publié dans 2025, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 16 août 2025
16082025
Après des bouchons, puis des discussions un peu tout à trac, une rapide promenade a rappelé la laideur cafardeuse de tant de stations balnéaires, où la camelote se vend autant qu’elle s’expose – sur les corps, dans les paroles – sans qu’on aille même jusqu’à l’océan, le 4/4 embourbé ayant servi d’avertissement sur ce parking bondé, au point de nous faire préférer une autre promenade, plus agréable, dans la forêt de pins, avant de retrouver, aux dites « halles de Seignosse » R* et G*, pour deux ou trois pintes (ou demi- dans mon cas, comme, le soleil couché, je reprenais le volant).
22:45 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 15 août 2025
15082025 (passage à Bordeaux)
Malgré la canicule annoncée – et qui s’est confirmée, 41° l’après-midi – nous sommes allés à Bordeaux, car O* devait reprendre le train pour Tours, et il ne connaît pas du tout la ville. Nous nous sommes donc promenés des Quinconces à la gare Saint-Jean. Claire et moi connaissons mal Bordeaux, finalement, où nous ne sommes revenus qu’une demi-douzaine de fois, et en coup de vent, depuis 1997, et ce en dépit du fait que nous y avons fait nos études. La ville a été transfigurée par la construction des lignes de tramway : entre l’arrêt Peixoto et l’arrêt Arts et Métiers de la ligne B (quatre minutes), on se disait qu’il fallait autrefois quinze minutes, vingt-cinq en cas de bouchons, pour rallier l’université en bus depuis le centre de Talence, et depuis la place de la Victoire n’en parlons pas. Il faisait trop chaud pour vraiment flâner l’après-midi, de sorte qu’on s’est contentés d’un tour dans le quartier des Chartrons et d’une visite des différentes expositions du CAPC. Depuis le tramway, on ne cesse de noter telle différence avec les années 90, sur le cours de l’Argonne ou ailleurs. Il faudrait que nous passions deux ou trois jours à Bordeaux, ville qu’à dire vrai je n’ai jamais saisie.
Plusieurs installations ou œuvres intéressantes dans l’exposition L’Invention du quotidien (Moffat Takadiwa, Yuko Mohri, Mierle Laderman Ukeles), ainsi que dans l’exposition Pollen au second étage (en particulier les nombreuses toiles d’Emma Reyes), mais le point commun est que les cartouches poussent à la caricature – involontaire – les gimmicks ridicules de l’art contemporain, même quand l’œuvre serait, sans cela, riche ou belle.
L’interview (diffusée en vidéo) de la commissaire de l’exposition du rez-de-chaussée est particulièrement affolante : comment ces personnes ne se rendent-elles pas compte qu’elles répètent toujours les mêmes âneries dénuées de sens sur « faire commun », « interroger le monde » et « l’expérimentation des pratiques sociétales » ?
La rétrospective consacrée à l’artiste néerlandaise Vibeke Mascini est sans intérêt, et l’exposition Double Vie du duo formé par le plasticien K. Desbouis et la vidéaste Camille Aleña est exaspérante de vacuité et d’autosuffisance : entre petits bourgeois blancs, on se gargarise d’entre-soi improductif tout en clamant que ces pratiques artistiques « luttent contre le fascisme ». On se demande bien comment.
Illustrations du billet : statue d’Ausone à Bordeaux ; Fast Land Track Reform de Moffat Takadiwa (2020), vue générale et détail.
20:20 Publié dans 2025, BoozArtz, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (1)
dimanche, 10 août 2025
10082025
Premier matin à Cagnotte. Nous passons moins de temps dans les Landes cet été.
Hier soir, pendant le repas, nous avons vu le lièvre, qui mangeait sur la pelouse vraiment tout près, et le soir nous étions bercés par les grillons.
Ce matin, en attendant que le café chauffe, j’écoute les oiseaux : pic épeiche, mésange charbonnière, corneille, pic vert -- grimpereau des jardins et orite à longue queue (repérés par l’application Merlin mais moi je ne les ai pas entendus) ; la mésange bleue dans le lagerstroemia répondait au troglodyte dans le bois ; face à moi, deux mésanges nonnettes dans l’amélanchier. Les vaches meuglent en écho aux coqs. Sans compter les aboiements des chiens, bien sûr.
07:49 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 08 août 2025
08082025

Moi devant le seul bon texte d'Erik Orsenna. Rochefort.
11:55 Publié dans 2025, Autoportraiture, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 19 juillet 2025
19072025
Il a plu cette nuit ; ça a purgé l’air, comme dit ma mère (je crois).
Toutefois, pas trop besoin de purger l’air, vu qu’il ne faisait de toute façon pas très chaud. Hier après-midi, nous étions encore les seuls, mon père, Claire et moi, à nous baigner sur la plage en face de la tour de La Rocco, près de l’anse au large de laquelle se trouve le phare de Corbière. Et le soir, avant une soirée musicale assez inégale au Blue Note Bar, en dînant au Cock & Bottle, nous avions eu la surprise de voir les propriétaires allumer les lumières mais aussi les radiateurs à infra-rouge sur la terrasse. Ces saloperies sont interdites depuis quelque temps en France, mais ici, tout en se défendant d’être « britanniques », les Jersiais ou Jerriais restent très anglais, notamment en cela qu’ils balancent absolument tout à la poubelle sans aucun tri sélectif nulle part (à part pour le verre). En tout cas, les Jerriais ou Jersiais sont peut-être habitués à ce que le mercure descende en-dessous de 20° le soir, mais ça allume quand même les grille-pains sur les terrasses.
Bref…
Dernière journée ici aujourd’hui. Le correcteur orthographique a transformé mon grille-pain invariable (qui était peut-être une erreur, ou une réminiscence de l’ancienne règle ?) en les grille-pains. Et sur le nom de la taverne, qui n’était pas exactement un pub, Cock & Bottle, c’est à se demander si ce n’était pas, à l’origine, ‘Cork & Bottle’. En attendant, allons-nous pouvoir faire cette petite randonnée à la pointe nord-est programmée hier mais que l’envie de nous approcher toujours plus de la pointe de Grosnez nous a fait repousser à aujourd’hui ? La météo n’est pas terrible : il a plu, il n’est pas censé repleuvoir, mais on a l’impression que la météo n’est pas très fiable.
Je lis peu. –––––– Je continue de lire Scale boy : le livre est splendide, et la question du plurilinguisme s'y complique diablement.
10:28 Publié dans 2025, Gertrude oder Wilhelm, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 17 juillet 2025
17072025
Aujourd'hui 17 juillet 2025 mon grand-père maternel, André Bédrède, aurait eu cent ans. Il n'aurait pas du tout aimé voir sa fille aînée et le deuxième de ses quatre petits-enfants embarquer sur un hors-bord pour l'archipel des Écrehous. Mais il était un peu avec nous quand même. Avec les sternes, les cormorans, les dauphins et les phoques qui ont fait rayonner cette après-midi.
19:30 Publié dans 2025, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 16 juillet 2025
16072025
Hier, pendant la visite du zoo de Jersey (ou plutôt du Durrell Wildlife Conservation Centre), nous avons sans cesse pensé à A*, qui n’a jamais eu l’occasion de le visiter alors qu’il savait absolument tout, dès jeune adolescent, de la vie de Durrell et de l’histoire de ce zoo. Le zoo n’a, en soi, rien d’exceptionnel, mais tout le projet global de Durrell le rend tout à fait particulier.
Après la visite, nous sommes tombés presque par hasard sur le site de La Hougue Bie, à la fois tumulus et allée couverte remontant au néolithique ayant ensuite servi de motte féodale avec chapelle du 15e siècle. Comme partout sur l’île, les nazis avaient aussi installé un bunker ; il y a une exposition sur les travailleurs forcés. Cela faisait écho ce matin, avec la visite des Jersey War Tunnels, installation impressionnante qui a vu travailler comme des esclaves plusieurs milliers de ces travailleurs forcés – les Russes et les Nord-Africains étant les plus mal traités, en Untermenschen – et mourir 22 d’entre eux.
Pour l’après-midi de ce mercredi, on a préféré la pinte au Pierson à la visite du musée d’art et d’histoire de Jersey, de bric et de broc, et pur bric-à-brac.
21:23 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2)
mardi, 15 juillet 2025
15072025
Mont-à-l'Abbé, 5 h 40, heure locale
Une constatation après deux jours à Jersey : je prends très peu de photos. Une des raisons en est que nous n’avons pas fait suivre notre « bon » appareil photo, et que mon téléphone – contrairement à celui de Claire – n’en fait que de très médiocres, et l’autre en est qu’en voyageant avec mes parents je me dis que dans la foultitude de photographies prises par ma mère (et aussi par mon père) il y en aura assez pour faire un album. Quand les garçons étaient petits et qu’on voyageait ensemble, c’était moi qui mitraillais (ou presque). Ce temps est révolu, et c’est très reposant.
Autre constatation : j’ai abandonné ces carnets depuis une semaine et vais tâcher de ne pas laisser tout partir à vau-l’eau, comme trop souvent par le passé, à cause des vacances. J’écris ces lignes dans la cuisine, sans mes lunettes, mais je me débrouille.
07:03 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 14 juillet 2025
14072025
Journée à Saint-Hélier. Petite ville très commerçante, assez anglaise en fait, quoi que cherchent à dire les Jersiens de leur insularité, pour ne pas dire de leur francité. Dans le bâtiment du Musée d’Art et d’Histoire, que nous n’avons pas encore visité mais où nous sommes passés car l’office de tourisme s’y trouve, plusieurs inscriptions en dialecte jersien s’affichent aux yeux : cela semble très proche du normand, et nous nous sommes surtout demandé qui parlait encore cette langue. En tout cas, elle n’apparaît sur aucune inscription dans d’autres lieux. Les toponymes, noms de rue etc. sont souvent en français, avec des effets parfois d’un comique involontaire quand les deux noms sont juxtaposés (Queen Street = Rue du milieu). On a pris quelques photos, et je pourrais creuser cette question en vue de l’émission de radio qui sera consacrée au dialecte beauceron. Ce que j’ai dit plus haut vaut d’ailleurs pour le dialecte normand, et pour la plupart des parlers régionaux issus d’oïl : qui parle encore normand ou beauceron ?
Le clou de la journée a été la promenade, sur un chemin bétonné strictement délimité – et dont la construction a dû être, en soi, une prouesse –, jusqu’au fort Elizabeth (Elizabeth Castle). On peut rejoindre cet éperon situé à un kilomètre de la côte, soit par une sorte de gros bus amphibie qui fait l’aller-retour toutes les demi-heures, soit, à marée basse, en empruntant ce chemin, qui s’est ouvert au milieu des eaux vers 13 h 30 et se refermait vers 18 h 30, de quoi laisser largement le temps de visiter le château lui-même, avec ses différentes parties, dont – comme partout à Jersey – ses quelques blockhaus datant de l’occupation. L’aller fut plus périlleux que le retour, car sur une vingtaine de mètres il y avait encore un peu d’eau (donc passage pieds nus inévitable) et sur d’autres les amas d’algues rendaient le sol glissant. Au retour, tout avait été séché et balayé par le vent et le soleil.
Le château n’a pas un très grand intérêt, mais la vue sur la baie est remarquable, et nous avons pu aussi admirer les oiseaux du littoral, dont un huîtrier pie faisant des allers-retours incessants entre les points de pêche et le rocher où se cachaient deux jeunes qui seront bientôt en âge de se débrouiller par eux-mêmes. Il y avait aussi, sur un des créneaux, tout proche de l’escalier où passent chaque jour des centaines de visiteurs, un très jeune goéland argenté (deux semaines peut-être) surveillé de près par son père ou sa mère.
20:04 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 13 juillet 2025
13072025
Longue journée, vu que nous avons dû nous réveiller à 5 h 25 heure française pour embarquer dans le ferry en respectant les consignes (au moins 60 minutes avant le départ). Il faisait très beau tout le long de la traversée de Saint-Malo à Jersey, et Claire et moi avons même pu observer, pendant une dizaine de secondes, un fou de Bassan seul qui suivait le bateau.
Nous avons sillonné les routes de l’île, surtout à l’ouest et au nord-ouest. Les paysages font un peu penser à la Bretagne, un peu à la Cornouaille, un peu aux îles Chausey. La plage sur laquelle nous nous sommes baignés, presque seuls, sous un grand soleil, sur la côte ouest, était magnifique, et l’eau limpide : mon père a dit qu’il n’avait pas vu une eau aussi claire depuis son enfance.
Tout se passe bien. Parfois, sur les routes, on espère ne croiser personne car la voie est étroite, entre les murets de pierre. Des cars circulent toutefois. Ma mère m’a confié qu’elle était fatiguée on my behalf. Bof, pas besoin, en vrai ça va. Hier, j’avais commencé une deuxième lecture – plus de dix ans après la première – des Arran Islands de Synge, dans lequel il évoque à un moment donné de jeunes insulaires dont deux ne sont jamais allés « on the mainland » (c’est-à-dire à Galway). On est toujours l’insulaire de quelqu’un, et de même, je pense, les quelques habitant-es de Herm doivent considérer que Guernesey est la grande île, ou la terre ferme.
Le petit appartement que nous avons loué est très confortable et cosy, mais l’équipement un peu spartiate. Aucun volet, des rideaux insignifiants : il faudra encore essayer de se reposer tout en étant réveillé aux aurores précoces par le jour d’été. J’ai enfin commencé la lecture de Scale Boy, les mémoires d’enfance de Patrice Nganang, dont il a beaucoup parlé depuis déjà plusieurs mois, et peut-être même deux ans, sur Facebook, dont j’ai parlé avec lui en avril, et qu’il a fini par m’envoyer dans une version presque définitive (le livre doit paraître en janvier prochain). Après quelques couacs de communication, j’ai reçu le fichier PDF, mais j’avais tellement de bricoles et de non-bricoles à gérer que j’ai préféré attendre le début des vacances pour m’atteler à cette lecture. Et j’ai bien fait car c’est très beau et il ne faudrait pas trop couper ou séquencer la lecture. Je pourrai me rappeler avoir lu ce livre pour la première fois dans un salon confortable, à Saint-Hélier.
21:17 Publié dans 2025, Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 12 juillet 2025
12072025
Après une matinée consacrée à quelques tâches ménagères diverses, un déjeuner rapide avec O* – puis, une fois qu’ils furent levés – une discussion rapide avec A* et F*, qui sont aussi venus pour le festival Terres du son et qui rentrent à 4 h du matin, nous avons levé le camp, direction Saint-Malo. La climatisation de la voiture ne semble pas fonctionner très bien, à moins que je n’aie jamais bien compris comment la faire fonctionner (pour certaines choses simples il faut désormais bac + 12 en automobile) ; c’est surtout le siège arrière gauche, derrière le conducteur, qui n’en bénéficie guère.
Hôtel confortable, trois étoiles sans aucun caractère, qui pourrait être n’importe où. Piscine agréable, où nous étions les seuls, Claire et moi, à n’arborer aucun tatouage : autant dire que nous étions les vioques de service. Le soir, après le dîner et une petite promenade dans la citadelle, en montrant à mes parents l’esplanade du Québec et sa ridicule statue de Surcouf, nous avons fait une halte à Anet, avec sa tour Solidor, donjon fortifié commandant l’estuaire de la Rance, que nous n’avions qu’aperçue il y a un mois, Claire et moi, quand nous avons pourtant logé dans un T1bis du quartier Saint-Servan.
Entre les remparts, plus tôt, Claire a pu montrer à mes parents l’endroit où, le 8 juin à minuit, accompagné de Laure et Amaury qui ne comprenaient pas ce qui se passait, j’ai « fait mon BeReal » avec trois gamins qui m’avaient simplement entendu parler de ça et n’en revenaient pas, eux, qu’un daron de mon âge ait cette appli (j’avoue que ça dissone).
21:26 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 07 juin 2025
07062025
Au cours de cette journée passée au festival Etonnants voyageurs, j’ai été frappé par ce qui n’est pas une coïncidence. Lors d’une table ronde réunissant Ananda Devi, Vidya Narine et la romancière brésilienne Eliana Alves Cruz dont j’ai commencé à lire le seul roman traduit hier, Ananda Devi a évoqué Mahé de la Bourdonnais, dont plusieurs toponymes soulignent l’héritage (extrêmement douteux pourtant) sur l’île Maurice. Or, le matin même nous étions passés, en nous rendant de l’appartement que nous louons à la cité intra muros, près de la statue de Mahé de la Bourdonnais. Ananda Devi a insisté sur le fait que les esclavisés, les engagés, tous les opprimés du système colonialiste étaient absents des toponymes, qu’ils n’avaient pas de nom.
J’ai repensé au fait que, dans les toutes premières pages du roman d’Eliana Alves Cruz, elle évoque le rôle de Duguay-Trouin dans les luttes entre forces coloniales à Rio de Janeiro : de façon tout à fait ironique, le Palais du Grand Large, où se déroulait la rencontre, se trouve quai Duguay-Trouin. Le grand écrivain malgache Johary Ravaloson, assis à côté de moi – et qui a passé un mois et demi en Inde ce printemps, à l’invitation des Alliances françaises – m’a soufflé que cet amiral avait également joué un rôle important à Pondichéry.
Il n’y a pas de coïncidence : Saint-Malo est un port, et comme tous les grands ports historiques, chaque rue, chaque place célèbre des figures de l’expansionnisme européen, en effaçant les crimes contre l’humanité auxquels ces figures ont participé.
Olivette Otele a annoncé cette semaine qu’elle avait achevé d’écrire son livre Doorways to Empires. 15 Ports that Made Empires through Slavery, qui devrait être publié en 2026 et qu’il me tarde de lire.
21:32 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 25 mai 2025
25052025
Journée à Paris, avec promenade dans le quartier de l’Opéra (avais-je déjà vu, vraiment, la place des Victoires ? je ne crois pas).
Visite de l’exposition Artemisia Gentileschi. À voir, vraiment. Le dialogue avec quelques œuvres de son père, Orazio, et avec l’esthétique caravagesque, est très bien mis en scène. Les salles sont trop petites, ou la jauge mal maîtrisée : ça se bouscule, mais on y arrive, en étouffant un peu. Le musée Jacquemart-André est splendide, toujours ; il y a tellement longtemps que nous n’y étions pas allés. D’Artemisia Gentileschi, la Judith que je préfère est sans doute la plus ancienne.
Visite de l’exposition Paris noir 1950-2000, monumentale, enthousiasmante, et qui part parfois un peu dans tous les sens. L’accent porte plutôt sur la présence des Afro-Américains et sur la créativité des artistes antillais·es, avec une euphémisation très jacobine – il faudrait même dire coloniale – du racisme systémique en France. Pour les quelques œuvres qui s’expriment sur ces formes de racisme, il faut lire attentivement les cartouches (et surtout regarder attentivement les œuvres elles-mêmes) pour en prendre la mesure. Il ne faudrait pas que le public parisien (parisianiste ?) qui arpente les allées du centre Pompidou se voie rappeler trop de radicalité, et surtout trop de crimes coloniaux (massacres de mai 1967 en Guadeloupe par exemple). Petit regret, aussi, de constater que les circulations culturelles entre Paris et certaines capitales africaines post-coloniales soient autant marginalisées.
Comme il s’agit d’une exposition qui montre des centaines d’œuvres, avec je ne sais combien d’artistes dont certains, majeurs, que nous voyions pour la première fois, il faudra se procurer le catalogue : hier, mon sac à dos n’en a pas eu le courage.
21:50 Publié dans 2025, Affres extatiques, BoozArtz, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2)
samedi, 03 mai 2025
03052025
Nous avons passé deux jours (en fait, en excluant l’aller-retour en voiture, à peine plus de 24 heures) à Rochefort. Nous voulions voir A* et sa compagne F*, ainsi que l’appartement dans lequel ils se sont installés il y a deux semaines, presque en urgence, suite au recrutement d’A* sur un premier emploi, à Rochefort même. Il va au travail à pied, une dizaine de minutes à peine.
L’appartement est très bien, vraiment spacieux pour un T2, et fonctionnel. Claire et moi avons dormi dans la mezzanine, qui est de 1,70 m sous plafond au plus haut et donc ne doit pas être comptabilisée du tout dans les 63 m². Il y a une petite terrasse très jolie, qui donne sur les toits, le jardin de la propriétaire – avec un bel arum et un joli rosier grimpant jaune –, la cour de l’école qui doit fermer définitivement cet été, et le clocher de l’église. J’ai failli y oublier mon livre d’Ananda Devi.
Rochefort est, conformément à mon souvenir plus très récent, une très jolie ville, dont le centre et l’arsenal sont d’une belle unité très classique / néo-classique, avec la très marquante et reconnaissable Corderie Royale, où se trouve – cela, je ne le savais pas – une riche librairie spécialisée dans tout ce qui a trait à la mer et à l’océan (d’où la présence du livre de Charmian et Jack London traduit par Fanny Quément) et à la région (d’où un ouvrage, qui m’a un peu fait de l’œil – mais j’ai réussi à ne rien acheter –, sur l’histoire esclavagiste de l’Aunis et de la Saintonge). Nous avons pu entendre vendredi soir, et même apercevoir, dans le square situé non loin de la Poste, un petit-duc scops. Chant étrange, pour un hibou, et discrète créature.
Aujourd’hui, nous nous sommes promenés autour de la station de lagunage et en-dessous du pont transbordeur, par une chaleur quasiment estivale (premiers coups de soleil). Grâce à F*nous avons pu observer un hypolaïs polyglotte, aux jumelles, dans un arbuste puis dans une haie de roseaux.
22:00 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 15 avril 2025
15052025
Beaucoup de visites et de promenades aujourd'hui, surtout dans Lower Manhattan (et retour de Brooklyn en métro).
Le point d'orgue demeure la visite de Ground Zero : ne sachant pas précisément ce qu'était le monument, j'ai été très ému, surtout car nous avons d'abord fait le tour, d'abord quasiment sidérés, du bassin nord (car le bassin sud est en travaux, et donc à sec). Je crois qu'il n'y a pas de façon plus métonymique et plus belle, plus terriblement émouvante, de représenter l'effondrement.
Et dont aucune photographie ne peut rendre compte.
18:10 Publié dans 2025, Hors Touraine, Nathantipastoral (Z.), Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 14 avril 2025
14042025
Aujourd'hui, l'essentiel de la journée a été consacrée à la visite du MoMA.
Nous n'avions pas passé autant de temps dans un musée depuis la Reina Sofia à Madrid en 2011, presque dans une autre vie. À vrai dire, je ne m'en pensais plus capable.
Il suffit de doser, comme dirait O*. Et au bout du compte, nous y sommes restés sept heures.
De très nombreuses découvertes, dont l'extraordinaire (et extraordinairement mind-fucking) film de Christian Marclay, The Clock. S'il passe un jour en France, il faudra s'organiser pour aller le voir en entier (24 heures, certes...);
19:05 Publié dans 2025, BoozArtz, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 11 avril 2025
11042025
17 h
La pluie tombe, à verse, ou presque. Ce matin, je lisais Ada Limon, en butinant dans plusieurs recueils. Ce soir, face au jardin de chez N* et P*, je regarde un cardinal mâle et un Pic (dont l’espèce précise m’échappe toujours). L’eau s’écoule vivement, dans le ruisseau qui sépare la terrasse du jardin avec la table d’écriture jaune.
(C’est sur ce que P* nomme « le pont créatif » que N* nous a pris en photo il y a trois jours.)
On est tout près de New York, et aujourd’hui nous avons sillonné ces campagnes assez monotones, faiblement peuplées : un hangar imprécis révèle trois hommes souriants en train de mettre du vin rouge en bouteilles ; un fond de ferme s’avère être le lieu où près de dix artistes se sont partagés des studios (nous avons longuement discuté avec le photographe Richard Speedy de ses œuvres) ; à Lambertville, aussi, nous avons discuté avec un couple d’artistes, le peintre Siriom Singh étant le plus intéressant – mais sans jamais pouvoir me départir, en sillonnant ces routes, en traversant ces champs, de l’idée (et de l’image – forte) que c’était là le territoire des Lenape, qui ont été repoussés, éjectés, exterminés finalement, et aussi qu’y travaillaient des milliers d’esclaves noirs jusqu’à ce que les Blancs que l’on a ensuite fait passer pour des philanthropes ne prennent la frousse en imaginant que cette vaste communauté ne puisse se retourner contre ses maîtres et décident de les émigrer massivement vers les Etats du Sud.
C’est une trop longue phrase, mais c’est une trop lourde histoire, aussi. Le Delaware, très large, on l’a aperçu du pont, avant d’aborder quelques minutes en Pennsylvanie.
Les geais bleus criaillent joliment.
Dans cette contrée, même la monotonie est contrastée.
23:11 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 09 avril 2025
09042025
Hier, c’était l’anniversaire de Nnedi Okorafor et donc le premier anniversaire de ma conférence sur Lagoon à Durban, vu que j’avais commencé celle-ci, facétieusement, en signalant cette concomitance.
Hier, surtout, j’ai travaillé avec P*, puis avec ses manuscrits, ou plutôt dans l’armoire aux manuscrits, avant de rediscuter encore. Il s’avère qu’outre les riches documents et variantes qui vont nourrir mon travail sur l’autotraduction et la réécriture dans un contexte plurilingue (avec la triade français-anglais-allemand en ligne de mire ou en toile de fond), il y avait quelques inédits, de jeunesse surtout, et non des moindres.
Aujourd’hui, comme P* enseigne et n’est pas là de la journée, nous nous sommes promenés dans Princeton, par un froid glacial et sous un grand soleil. J’ai tout de même pu scanner encore quelques documents et prendre quelques notes. Il faudrait que je fasse un tableau de correspondance des chapitres de la 3e partie de MP-VO1, dans les différents tapuscrits, et de MP-VO2, histoire de pouvoir en discuter avec lui. Pas trop la force ce soir.
22:31 Publié dans 2025, Autoportraiture, Hors Touraine, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 08 avril 2025
08042025
5 h 25, heure locale
Bien arrivés, hier, à Princeton, après un vol sans encombre et un contrôle de douane et d’immigration sans accident. Les trains aux Etats-Unis sont plus délabrés encore qu’on ne le raconte, mais avec une ambiance très chaleureuse, un contrôleur qu’on croirait sorti d’un film de Ken Loach (ou de Jarmusch si Jarmusch était moins misanthrope). La maison de P* et N* est splendide ; nous avons notre propre studio, avec salle de bains privative et vue sur le jardin, dans lequel nous avons déjà vu passer, le temps de nous installer, deux chevreuils et un écureuil. P* est rentré assez tard du travail (il a 2 h 45 de bagnole, dont le contournement de New York) ; N* est très cordiale, et leur fille, qui a seize ans et apprend le français depuis trois ans, aussi.
Aujourd’hui, on va un peu se mettre au travail, lui et moi. À suivre…
11:43 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 15 mars 2025
15032025 (Salon du Livre Africain)
Magnifique journée au Salon du Livre Africain, à Paris — malgré le temps glacial, l’effet de fourmilière dans la Halle des Blancs Manteaux, le fait de venir en voiture à Paris pour la première fois depuis fort longtemps (mais il n’y avait guère d’autre solution, et finalement ça s’est bien passé).
Je noterai seulement qu’accompagné de Claire et de mon collègue et ami Bernard de Meyer j’ai pu assister à deux conférences intéressantes : la lecture musicale du conte écologique mahorais Gombessa le sage (aux éditions Project’Îles) et la présentation de Profaner Ananda par A. Ferret et S. Tchak, avec (hélas) Jean-Noël Schifano. Beaucoup de discussions avec des maisons d’édition qui font toutes un travail passionné, acharné, opiniâtre, dont certaines dont je suis le travail depuis longtemps (Anacaona, Atelier des nomades, Dodo vole…) ou plus récemment (Ro-Bot-Krik). Outre les retrouvailles avec des personnes que j’ai déjà croisées, voire avec qui je travaille déjà (ou avec qui j’ai travaillé), j’ai pu discuter pour la première fois de vive voix (je récuse l’expression IRL car la discussion sur les réseaux est réelle) avec des personnes que j’admire et avec qui j’échange depuis parfois fort longtemps : Sami Tchak, Timba Bema, Raphaël Thierry, Jean-Pierre Orban, Jean-Baptiste Naudy – j’en oublie forcément, je complèterai la liste.
Claire a pris, devant la Halle, cette photo que je trouve très réussie, avec Nassuf Djailani (dont je viens de lire la magnifique postface qu’il a écrite pour l’édition de poche des poèmes d’Ananda Devi chez Bruno Doucey) et Jean-Pierre Orban, avec qui j’ai échangé régulièrement autour de Ngugi wa Thiong’o. Plus tard, la soirée s'est achevée sur un moment assez pénible, quand un des organisateurs est venu annoncer que la conférence sur modernité et création au Cameroun était annulée car aucun des auteurs n'avait obtenu de visa, et quand, alors que je disais à haute voix qu'il fallait dénoncer publiquement les agissements du gouvernement français qui ne cesse de bloquer artistes et intellectuels du continent africain pour faire des courbettes aux fascistes, un monsieur bien bourgeois était outré, lui, d'avoir payé un ticket de métro pour rien... Si un réfugié venait, après sa noyade, rendre son dernier souffle à ses pieds, ce monsieur bien mis et si confit dans son racisme inconscient se plaindrait de ses chaussures abîmées.
Nous sommes rentrés chargés de livres et délestés de quelques billets… Grand bonheur aussi, d’avoir retrouvé, pour le déjeuner, nos amis Catherine et Philip, que nous n’avions pas revus depuis leur départ de Tours, il y a six ans. Il se trouve que Philip m’avait envoyé, il y a quelques jours à peine, la postface qu’il a écrite pour la traduction française, par Dominique Lanni, de la pièce de théâtre de Ngugi wa Thiong’o et Micere Githae Mugo, The Trial of Dedan Kimathi.
23:45 Publié dans 2025, Affres extatiques, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 08 mars 2025
08032025
Emmanuel Macron, ce sale type vraiment, déclare qu’il faudrait que chaque jour soit la journée des droits des femmes, alors qu’il envoie sa police tabasser et gazer les manifestantes, et qu’il fait protéger les nervis d’extrême-droite.
À Nantes, le rassemblement féministe témoignait d’une rage et d’une combativité sans précédent.
C’est dans cet esprit-là qu’il faut se retrouver, se ressourcer, reprendre espoir.
19:45 Publié dans 2025, Hors Touraine, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 07 mars 2025
07032025 (Atlantide, de beaux moments... et la contagion du wtf)
Aujourd’hui, j’ai passé la matinée avec des amis, et à découvrir des librairies nantaises – dont Les Bien-Aimé·e·s, où j’ai acheté un petit livre de Joëlle Zask qui m’avait échappé, et l’essai majeur de Brent Hayes Edwards traduit par J.-B. Naudy et G. Pierrot aux excellentes éditions Ròt-Bò-Krik : bien m’en a pris, car j’ai déjà trouvé, en commençant la lecture de ce livre, deux notions différentes qui vont me servir pour mon projet Aidoo/Darko/Nganang. Comme quoi il faut acheter des livres, même quand on en a soixante en carafe qui attendent.
L’après-midi au festival Atlantide a été assez riche, malgré une première rencontre un peu superficielle autour d’Angela Davis, avec Alain Mabanckou : belle table ronde avec Lucy Mushita, Li Ang et Sang Young-park, lecture inaugurale de Nancy Huston, exposition des objets donnés par les participant·es au fil des années…
Malheureusement, la table ronde avec Ananda Devi et Annie Ferret a été très décevante. De toute évidence, les planètes étaient alignées pour que le grand n’importe quoi se produise :
- un thème très général et pas du tout littéraire (La contagion du mal (??))
- un « animateur littéraire » complètement à l’ouest, Emeric Cloche, qui n’avait lu aucun livre, qui faisait des blagounettes malaisantes et n’était même pas capable de dire correctement le nom des écrivain·es ou les titres des livres, quand par miracle il avait l’idée saugrenue d’en citer u
- une première question encore plus débile et générale que le thème de la rencontre (il fallait le faire), dans laquelle José Carlos Somoza s’est engouffré pour déblatérer sans queue ni tête, et sans jamais parler d’écriture ni de ses livres
- un écrivain venu faire son intéressant, José Carlos Somoza donc, qui a tiré la couverture à soi en full manspreading discursif
Ananda Devi et Annie Ferret ont tenté de ramener la discussion vers des considérations à peu près cohérentes, et surtout vers la question de l’écriture et de la littérature. À 16 h 57 quand l’insupportable Emeric Cloche a signalé qu’il restait le temps pour une question, j’étais à deux doigts de me lever et de dire « Pourrait-on enfin entendre les écrivaines sur la façon dont elles considèrent que l’écriture peut mimer la contagion du mal, ou peut-être lui servir d’antidote ? » Il y a quinze ans, encore, je crois que je me serais levé au milieu de la rencontre et que j’aurais interrompu Somoza ou Cloche en lançant « et la littérature ? ».
C’est tout à fait regrettable, car il y avait une centaine de personnes présentes, dont la majorité n’avait sans doute lu aucun livre des auteurices et dont beaucoup n’auront pas su ce qu’il y avait dans ces œuvres, ce qui se tramait dans ces textes. D’ailleurs, alors que le grand espace du rez-de-chaussée est bondé, très peu de gens sont venus ensuite à la rencontre d’Annie Ferret et d’Ananda Devi, pour faire signer les livres ou discuter.
Il serait souhaitable que le festival Atlantide choisisse des intitulés plus littéraires (car la tendance aux titres accrocheurs mais totalement creux est assez générale) et surtout se débarrasse de ce pilier de café du commerce. Il en va du sérieux des débats…
Heureusement que la rencontre avec Ananda Devi à la médiathèque Floresca-Guépin, hier soir, autour de La nuit s'ajoute à la nuit, était tout à fait remarquable, elle... Il faut dire qu'il y avait du temps, et, surtout, deux dames (dont le nom n'a pas été dit) qui avaient lu les livres et qui posaient des questions intelligentes...
21:38 Publié dans 2025, Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 27 février 2025
27022025 — le MAAOA, une décolonialité de façade
Avant-hier, à Marseille, j’ai visité notamment le MAAOA (Musée d’Arts Africains, Océaniens et Amérindiens). Il se répartit sur trois très grandes salles, dans le Centre de la Vieille-Charité.
J’ai commencé par les collections d’objets et d’œuvres africain·es, avant de me rendre dans la salle consacrée à l’Océanie (dans laquelle sont surtout exposées des œuvres de Polynésie — je suis passé plus vite dans la partie consacrée au Mexique). Dans la salle consacrée aux objets d'Océanie, il y a une vitrine dans laquelle est exposé un non-objet : dans une cage de verre tapissée de bleu, on ne voit rien, ou plutôt on voit qu’il n’y a aucun objet. Un cartouche indique sobrement que l’objet qu’on ne voit pas est une tête humaine tatouée toi moko, d’origine maorie.
À droite de la vitrine vide, un long texte intitulé « Restitution de patrimoine aux peuples d’origine » explique doctement, sur cinq paragraphes, que i) l’objet qui n’est pas exposé a une valeur sacrée pour les Maori ; ii) il appartient à une catégorie qui fit l’objet d’un « ignoble trafic jusqu’à son interdiction en 1831 » ; iii) « le MAAOA n’a jamais exposé ni reproduit la tête humaine toi moko présente dans la collection Gastaut » ; enfin, iv) « suite à la loi du 18 mai 2010 visant à autoriser la restitution par la France des têtes Maori à la Nouvelle-Zélande, la tête […] fut restituée en 2012… ».
Il va de soi que cette mise en évidence de l’histoire du pillage colonial et de la restitution d’objets est tout à fait capitale dans un musée, et qu’on ne peut que déplorer que cela soit souvent moins explicite. Pourtant, sans que le remède soit tout à fait pire que le mal, j’ai été en proie à un profond malaise après avoir lu ce texte.
En effet, qu’avais-je vu jusque-là ? Eh bien, pour commencer par les objets exposés tout près de cette spectaculaire vitrine vide, il y a des têtes réduites Shuar, des crânes surmodelés du Vanuatu etc. Donc des restes humains, des objets tout aussi incompatibles avec l’exhibition muséale, et même avec l’exposition en-dehors d’un cercle communautaire restreint. C’est d’ailleurs, à en croire plusieurs sites, le point commun de tous les objets de cette fameuse collection Gastaut : les 88 objets sont « des crânes, des têtes et des objets liés au crâne humain, sculptés, peints, surmodelés, gravés ». Le profond malaise qui s’est emparé de moi vient de l’hypocrisie que constitue la vitrine vide : pour 87 objets qui furent aussi l’objet de pillages et de trafics, au point de se retrouver dans la collection privée d’un neurologue français de la seconde moitié du 20e siècle (comment ne pas penser au livre génial de Delphine Peiretti-Courtis, Corps noirs et médecins blancs ?), le fait d’en restituer un seul vaut-il exemption générale ? En quoi les cultures du Vanuatu ou d’Amérique du Sud dont le MAAOA expose encore les objets rituels sont-elles plus désacralisables que la culture des Maori ? À ce niveau de foutage de gueule, je m’attends à ce que d’autres affirmations du fameux texte soient tout aussi fantaisistes : si on cherche, se rendra-t-on compte, par exemple, que le MAAOA a, en fait, « exposé et reproduit la tête humaine toi moko » à un moment de son histoire ?
Je l’ai dit, j’avais visité la salle des œuvres africaines avant, et j’y avais pris de nombreuses notes, car en dépit d’une muséographie « moderne » et de phrases soucieuses de montrer qu’on en avait fini du regard ethnocentrique colonial, tout reste à faire. Pour le dire clairement : les textes de cadrage proclament qu’on en a fini de la vision suprémaciste, tandis qu’affleure, presque à chaque objet, un impensé colonial généralisé.
Prenons quelques exemples parmi tant d’autres.
1/ Il est indiqué que la pipe d’apparat Bamum exposée a « vraisemblablement appartenu au sultan Njoya ». Il se trouve que je connais bien le contexte historique et architectural, car le sultan Njoya est, entre autres, le protagoniste principal de Mont-Plaisant, un des quatre romans de Patrice Nganang autour duquel tourne mon gros projet de recherche actuel. Ibrahim Njoya a-t-il donné une de ses pipes ? à qui ? dans quelles circonstances ?
2/ Le MAAOA expose une autre pipe, ayant appartenu, celle-là, au roi Glélé, dixième roi d’Abomey et père du célèbre Béhanzin, dont on sait comment les Français le chassèrent de son royaume et le condamnèrent à l’exil. Tout cela n’est absolument pas dit, d’ailleurs : pour le visiteur lambda, c’est la pipe du roi Glélé, dont on nous donne juste les dates de règne et l’origine géographique (« Fon, Bénin »). Il ne faudrait pas que qui que ce soit fasse un rapprochement avec les pillages massifs perpétrés contre ce royaume, au point que le « trésor de Behanzin » a été restitué récemment au Bénin. Rappelons que la France a rendu 27 œuvres emblématiques, mais continue de s’accaparer plusieurs milliers d’objets que réclame le Bénin.
Au hasard, y aurait-il la pipe de Glélé parmi ces objets ? Autant dire qu’avec ce genre de muséographie, je n’étais, avant même d’avoir lu le très solennel texte « Restitution de patrimoine aux peuples d’origine », pas trop prêt à me laisser embobiner…
3/ Les panneaux d’information restent peu diserts sur les conditions dans lesquelles le principal collectionneur privé, Léonce-Pierre Guerre (“grand collectionneur d'art africain et fasciné par ce continent depuis l'âge de douze ans”, c'est-y-pas chou ça), a acquis les objets avant d’en faire don à la ville de Marseille.
4/ Trois citations viennent clore le panneau d’information principal qui tente de contextualiser – en expliquant que toute cette époque est révolue – la façon dont les musées européens ont longtemps exposé ces objets en les inscrivant dans « l’art primitif ». Ces trois citations sont respectivement : deux phrases de Ludwig Wittgenstein (non sourcées) ; un proverbe africain ; deux phrases de Victor Segalen (non sourcées).
Je n’ai pas précisé que le proverbe africain n’était pas sourcé, car c’est ici, bien entendu, l’expression « proverbe africain » elle-même qui est significative. Expliquer d’un côté qu’on reconnaît désormais la valeur pleine et entière des œuvres exposées dans la salle au même plan que les chefs-d’œuvre de l’art « occidental », puis citer un « proverbe africain », ça revient, pour un défenseur de foot, à détourner un ballon en corner puis à marquer deux fois contre son camp : difficile de dire si c’est plus ridicule qu’abject. De fait, ce que signifie ce panneau, c’est que les productions culturelles européennes sont individualisables et spécifiques, mais que i) la culture du continent africain se réduit à des proverbes – ce trope même est déjà raciste – ; ii) bien que chaque cartouche assigne une origine ethnique et géographique à chaque objet, il reste possible de citer un proverbe « africain » comme si l’Afrique était un tout homogène.
Par conséquent, il devient urgent que les personnes qui s'occupent de telles collections comprennent qu'il ne peut suffire de « déplier l'histoire coloniale à partir des collections muséales », mais qu'il faut, avec courage et profondeur scientifique, déconstruire (et évacuer) les impensés coloniaux de la muséographie contemporaine.
17:14 Publié dans 2025, Affres extatiques, Hors Touraine, Indignations, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 26 février 2025
26022025 (La Montespan et les hippocampes)
Au cours de ces quarante-quatre heures passées à Marseille, j’ai, quoique je ne me sois pas tant promené que cela, entendu deux conversations téléphoniques différentes, dont je vous livre ci-après verbatim deux extraits :
« C’est un sociologue italien qui a étudié les pêcheurs d’hippocampes. »
« C’était l’époux de la Montespan, ce qui lui a valu quelques déboires. »
Je n’avais jamais entendu de bribes de conversations téléphoniques aussi érudites, de sorte que je me demande si cela signifie que Marseille regorge d’échanges intellectuels de très haute volée, ou si, hypothèse plus intéressante, il y a des gens qui se promènent dans Marseille en faisant mine de tenir ce genre de conversation. Voire que ces personnes seraient payées par la municipalité.
Mais après tout, moi qui vous parle, je suis en train de dicter ce texte sur le Vieux-Port, de sorte que quelqu’un qui m’aura entendu pensera que c’est moi qui parle de pêcheurs d’hippocampes et de la Montespan.
12:30 Publié dans 2025, Chèvre, aucun risque, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 25 février 2025
25022025
Tout à l’heure, je vais donc animer à l’EHESS, à la suite d’une autre intervenante tout de même (Edith Mvondo Ekodo, je me réjouis d’entendre et de rencontrer), la dernière séance du séminaire dirigé par Christelle Rabier. Le titre de mon intervention, qui porte sur mes deux traductions récentes de deux essais historiques, est « Décentrer, documenter, traduire ».
Hier soir, j’ai tenté de faire un tour du Vieux-Port, mais dans la nuit déjà, ne voyant pas la mer, longeant des bâtiments froids le long de trottoirs entièrement déserts (à sept heures du soir !), j’ai interrompu la promenade. Aujourd’hui j’espère au moins visiter le Mucem, et demain matin aller à pied jusqu’à la Bonne Mère, histoire de dire que j’aurai un peu « vu » Marseille.
Je suis malheureusement réveillé depuis 4 h 50, avec le nez totalement bouché et une migraine forte qui a fini par me contraindre à prendre un doliprane (ni les mouchages ni le café n’ont aidé, et d’ailleurs le doliprane n’a pas l’air d’aider non plus). Comme cette sinusite chronique, liée à des polypes « gênants mais pas assez nombreux pour qu’on vous opère » (sic), a débarqué progressivement dans ma vie, je me demande si j’en serai débarrassé un jour, et surtout comment je me sentirai revivre, de ne pas passer au moins la première heure de chaque journée à essayer de me désaccabler. Dans la journée, la sinusite me laisse globalement tranquille, mais elle est un peu là tout le temps quand même.
Pas sûr d’être très en forme pour le Mucem – il va falloir se bourrer de café.
Extrait ceci, ce matin, d'un entretien entre Ilan Stavans et Richard Wilbur (traduction Sylvie Kleiman-Lafon) : « En tant que composition, il [l'original] arrive toujours en premier dans l'ordre chronologique. Mais pour le lecteur, la traduction peut arriver d'abord, suivie ensuite par l'original dont il consulte le contenu par curiosité. » (Sur l'auto-traduction, p. 165).
06:31 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 15 février 2025
15022025
H. nous a racontés qu'à chaque fois qu'elle revient à Oléron, sur la pointe près du phare de Chassiron, le chemin côtier a changé car la côte avance de quelques mètres chaque année. Elle pense que d'ici quelques années la route bituminée aura cédé face à l'océan. Sur la plage de Saint-Denis, ce blockhaus, lui, s'affaisse chaque année davantage et glisse vers la mer.
18:00 Publié dans 2025, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 01 février 2025
0102205 (Angoulême)
Aujourd’hui, Claire m’a traîné au festival de la B.D. d’Angoulême, où elle est allée pour la première fois l’an dernier.
Cette année, le programme était moins riche, moins intéressant, mais j’étais quand même content de découvrir cela avec elle : deux expositions très intéressantes (rétrospective Posy Simmonds et neuf dessinatrices espagnoles de la nouvelle génération), tour pas exhaustif mais appuyé – c’est-à-dire avec quelques achats – au pavillon Nouveau Monde, table ronde autour de la traduction en Espagne, tour rapide au grand pavillon des mangas (il ne fallait pas rater le train de retour).
Comme nous n’avons pas pu assister à la table ronde sur le female gaze (il y avait 160 places et nous étions trop loin dans la file d’attente), nous nous sommes rabattus sur la présentation des 44 fanzines nominés pour le prix de la bande dessinée alternative 2025. L’organisateur, visiblement très fin connaisseur du domaine, était aussi un espèce de boomer totalement décomplexé, qui a réussi à tenir des propos xénophobes tour à tour au sujet de la Colombie (« c’est un pays qui exporte autre chose que de la drogue »), les Philippines (qu’il a situées géographiquement « au carrefour de l’Asie et de l’Europe de l’Est », wtf) et la Chine (en précisant qu’à sa grande surprise la BD chinoise n’avait aucun rapport avec le manga japonais (!!)) : un vrai bingo. Nous n’étions pas seuls, Claire et moi, à grincer des dents : les cinq personnes derrière nous, qui faisaient partie de l’équipe de deux fanzines différents ai-je cru comprendre, soupiraient et souffraient autant que nous. En y réfléchissant, je regrette de ne pas m’être levé pour dire que ces propos étaient inadmissibles. C’est toujours comme ça : on est estomaqué, on se rassure en échangeant des regards ou de brèves paroles de connivence avec d’autres personnes dans le public, et on laisse les racistes déblatérer.
Vérification faite, ce monsieur, qui ne s’est pas du tout présenté tellement il pensait être connu de tout le monde, se nomme Philippe Morin : architecte de profession, il est aussi cofondateur et coéditeur des éditions PLG, et donc président du jury du Prix de la BD alternative. Il y a une certaine satisfaction à voir ce soir que les deux fanzines qui ont obtenu le Prix ex aequo, Hairspray et Fanatic Female Frustration, sont à l’opposé des visions frelatées et imbues de ce paltoquet. In fine, le female gaze a retriomphé.
20:44 Publié dans 2025, Gertrude oder Wilhelm, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 21 janvier 2025
21012025
Deux promenades, une le matin sous le soleil, et une l’après-midi en faisant demi-tour fissa à cause de la pluie qui forçait.
Demain, obsèques de ma grand-mère.
Je suis vraiment secoué ; ça m’épuise.
18:10 Publié dans 2025, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 04 janvier 2025
04012025
Encore réveillé vers 5 h, levé à 5 h 20 ; seul avantage, j’ai pu lancer une lessive, qui sera donc étendue tôt le matin, quand le chauffage se relance. Cela dit, il fait -2°, apparemment, donc le chauffage va beaucoup tourner aujourd’hui.
Il y a, sur la droite de mon bureau, une grosse pile de livres, et ce depuis avant les vacances, de sorte qu’il faudrait que j’enregistre une vidéo pour le vlog, mais cela fait un moment que je le dis, et que je ne le fais pas.
Hier, Claire et moi étions à Paris, où il faisait très beau (froid, ensoleillé) : expositions Nadia Léger au musée Maillol et Olga de Amaral à la Fondation Cartier. J’étais un peu sceptique au début face aux (au milieu des) œuvres textiles (tissées, composées de lainage ou de fils) d’Olga de Amaral, que je trouvais froides, mais j’ai fini par être très enthousiaste de certaines pièces ; je pense que cette exposition me restera en mémoire plus longtemps que d’autres. Pour les séries, pas très convaincu par les Estelas (peut-être faudrait-il voir la série complète, 70 et quelques, et non ces 13), bien davantage par les Brumas. Claire ayant beaucoup lu sur les tissages amérindiens et notamment sur les khipu* des Incas**, elle avait une sacrée longueur de regard sur moi.
Pour Nadia Léger (il faudrait dire Nadia Petrova Khodiossevitch Léger, car la plupart des toiles ne sont pas signées du nom qu’elle prit à son deuxième époux), son invisibilisation est à nuancer : tout d’abord, elle est en partie le fait de l’artiste elle-même, assistante de Léger (qu’elle n’avait pas épousé encore) dans les années 30-40, puis acharnée à en perpétuer la mémoire et l’œuvre après 1955 ; par ailleurs, tout le versant communiste/propagandiste de son travail est vraiment de seconde zone, à l’exception des portraits de résistance, d’un tableau tardif représentant Gagarine au milieu de formes suprématistes, et – peut-être – des portraits de grands dirigeants communistes en mosaïque (on ne voit, dans l’exposition, que leur version en taille réduite et sur toile, tout guère convaincant).
Il semble que Nadia Petrova Khodiossevitch Léger s’est placée dans le sillage, sinon dans l’ombre, de divers maîtres (Malevitch, Ozenfant, et Léger surtout), et qu’elle n’a jamais été totalement oblitérée non plus. Dans le documentaire diffusé, il est dit qu’elle a donné, lors du legs à l’État du Musée Fernand Léger de Biot, quelque chose comme 300 ou 350 œuvres, sans qu’on sache si ce sont toutes des œuvres de Léger, ou s’il y en a d’elle dans le lot. Il y a donc des toiles très belles, émouvantes même, mais l’exposition donne de cette œuvre un portrait bigarré, voire en demi-teinte (ce qui n’était pas le genre de la peintre elle-même, plutôt radicale et aux choix picturaux très marqués).
Rentrés plus tôt que prévu, suite à la suppression pure et simple, annoncée par SMS deux heures avant, de notre Corail*** dont le départ était prévu à 18 h 30 en gare d’Austerlitz ; ayant seulement prévu de baguenauder une heure de plus, nous avons donc pris un train partant plus tôt de Montparnasse, et plus rapide (et plus cher). Ces suppressions de trains, imputables à la façon dont la SNCF a décidé de tout rentabiliser en supprimant des postes à tour de bras depuis plusieurs années (ici, il manquait un conducteur ou un chef de bord), ne sont possibles que grâce au système de SMS/mails associés aux réservations de billets : on savait que ça supprimerait des guichets en pagaille, mais ça permet même d’annuler tout bonnement des trains.
* Orthographe quechua, préférable au plus habituel quipu.
** Les khipu sont notamment présents dans Les Mystérieuses Cités d’Or, série que je n’ai pas regardée enfant et pas non plus vue avec les garçons quand ils étaient plus jeunes, et dans les Lettres d’une Péruvienne de Françoise de Graffigny (pas lu).
*** Je sais, c’était un Ouigo, mais déjà que je ne me suis jamais habitué aux Aqualys… De même, il m’arrive encore de dire que je vais faire les courses « à ATAC » alors que ça a changé deux fois de nom depuis 2008.
06:33 Publié dans 2025, BoozArtz, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 11 août 2024
11082024
Je reprends ce carnet, interrompu presque cinq mois – hormis deux incursions – et c’est donc peu dire que je n’ai pas du tout tenu mon pari d’essayer d’écrire même quelques phrases chaque jour, et encore moins de tenir le compte de toutes mes lectures.
La raison pour laquelle je reprends le clavier, c’est que, projetant un bref voyage en Seine-Maritime, nous souhaitons visiter le manoir d’Ango, dont j’avais lu fin juin, sur un site Web, que Breton y avait écrit Nadja au cours de l’été 1927. Quand j’en ai parlé à ma mère il y a quelques semaines, elle m’a dit que lors de la visite de la maison de Lise Deharme (l'autrice d'Eve la blonde) à Montfort-en-Chalosse on lui avait dit que c’était plutôt dans cette maison. Il faudra tirer cela au clair, car peut-être que Breton a effectivement écrit d’autres textes (un autre livre semblable à Nadja ?) à Montfort, mais la « Chronologie » du tome 1 de la Pléiade, que j’ai enfin repris sur l’étagère ce matin, indique bien que c’est au manoir d’Ango à Varengeville qu’ont été écrits les deux premiers chapitres de Nadja (et d’ailleurs le texte l’indique clairement, quelques pages après le début).
Me voici donc un peu replongé dans Breton : dans Nadja, que je vais lire pour la troisième fois, et dans Poisson soluble, dont j’aurais pu oublier qu’on en fêtait le centenaire. J’ai toujours eu un gros faible – incompréhensible pour mon professeur de khâgne Michel Boisset, et peut-être incompréhensible pour Breton lui-même – pour Poisson soluble. Bien sûr, c’est aussi le centenaire de la publication du Manifeste du surréalisme, et je n’ai pas l’impression d’avoir vu passer grand-chose à ce sujet.
10:55 Publié dans 2024, Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1)
mercredi, 13 mars 2024
13042024
Je ne suis jamais allé à Naples ou à Mexico City, mais, supposant
qu'il y a au moins 2 ou 3 rues à peu près calmes dans ces deux
villes, peut-on se mettre d'accord pour dire que Lyon est la ville la
plus bruyante et la plus fatigante du monde ?
Pour précision, cette phrase, postée sur Facebook, a valu un déferlement – à la modeste échelle de mon peu déferlant compte Facebook – de commentaires. Que les choses soient claires : c’est peut-être hyperbolique, mais à peine. À chaque fois que je me rends à Lyon, je suis frappé par la saleté et le bruit. Il n’y a pas une rue où on puisse échapper aux bagnoles. Par ailleurs, je ne trouve pas cette ville très belle ni très attachante. Les ponts sur le Rhône sont trop californiens, et les ponts sur la Saône forment un paysage d’ensemble sans charme. Lyon, c’est Paris en plus bruyant et surtout en pas beau. Change my mind.
18:22 Publié dans 2024, Hors Touraine, Kleptomanies überurbaines | Lien permanent | Commentaires (1)
dimanche, 03 mars 2024
03032024
08:00 Publié dans 2024, Chèvre, aucun risque, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 12 août 2023
12082023

Cielfie, dernière promenade à Cagnotte.
21:40 Publié dans 2023, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 11 août 2023
11082023
17:07 Publié dans 2023, Autoportraiture, Chèvre, aucun risque, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 31 juillet 2023
31072023
D’Emmanuel Ruben j’avais beaucoup aimé, d’une part, Icecolor et Terminus Schengen, parus au Réalgar, et d’autre part Sur la route du Danube (Payot, 2019), dans lequel il raconte son périple à vélo en remontant le Danube de ses estuaires à ses sources.
D’Emmanuel Ruben je viens de commencer La ligne des glaces, texte un peu antérieur (2013), et ces brefs chapitres aussi impressionnistes qu’imprégnés d’un sentiment géographique du monde me plaisent bien.
17:19 Publié dans 2023, Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 26 juillet 2023
26072023 - Femmes d’exception dans les Landes
Ma mère a acheté le dernier livre de (en fait, dirigé par) Philippe Soussieux, Femmes d’exception dans les Landes (éditions Kilika, 2023). Signe, un de plus, que l’entreprise de désinvisibilisation des créatrices, ou plus généralement des femmes qui ont eu un rôle majeur au moins à l’échelle régionale, se généralise.
L’ouvrage est imprimé avec soin, richement illustré, et les textes sont globalement de bonne facture, même si on ne comprend jamais trop bien qui sont les auteurices (11 femmes pour 5 hommes) ni à quel titre iels interviennent dans le livre. Certains chapitres sont rédigés avec une neutralité toute encyclopédique, d’autres avec un lyrisme un peu suranné (celui sur Claude Fayet par exemple), ou d’autres encore très subjectifs. On sent la touche et la patte de ce qu’on pourrait nommer l’érudition caractéristique des « historien-nes régionalistes », mais cela rend le livre très vivant, même si ça part un peu dans tous les sens. La majeure partie du livre est consacrée à des chapitres monographiques, et l’autre, plus restreinte mais presque plus intéressante, à une « encyclopédie féminine landaise » répertoriant, dans des notices beaucoup plus succinctes, un nombre plus important de « figures ».
Pour comprendre cette notion de « figures », justement, ce qui est intéressant, c’est la diversité des profils retenus : outre des femmes dont l’importance historique a été notée et approfondie depuis longtemps (Corisande d’Andoins ouvre le bal), le livre invite à découvrir des écrivaines (Christine de Rivoyre et Lise Deharme, bien sûr, mais aussi Henriette Jelinek, Claude Fayet, Valentine Penrose), mais aussi une martyre (Marguerite Rutan), une mystique (Marie Lataste), une conservatrice générale du patrimoine (Bernadette Suau), une peintre (Suzanne Labatut), une « grande bienfaitrice » (Eugénie Desjobert – j’ai enfin compris ce que signifiaient les initiales ED sur le grand pont de Saubusse), une voyante (Madame Fraya), une rescapée du goulag soviétique (Andrée Sentaurens), une aviatrice (Andrée Dupeyron), mais aussi deux sœurs, Cora et Marie Laparcerie, dont l’une fut une grande comédienne et directrice de théâtre, et l’autre chansonnière, journaliste et romancière. De Marie Laparcerie, sa biographe, Ginou Coumailleau, évoque la participation au journal féministe La Fronde dès 1897, mais aussi ses nombreux romans jugés « dangereux » par la presse conservatrice de l’époque, dont un roman au titre pas si transparent que cela, Isabelle et Béatrix, roman du 3e sexe. Je ne suis pas encore allé regarder/écouter la vidéo qu’Azélie Fayolle et Camille Islert viennent de consacrer à l’ouvrage collectif Ecrire à l’encre violette. Littératures lesbiennes en France de 1900 à nos jours, mais voici une autrice (et un texte) qui pourrait bien s’y trouver.
Après un premier parcours – je ne peux me targuer de l’avoir véritablement lu, encore – de cet ouvrage collectif dirigé par Philippe Soussieux, infatigable défricheur et vulgarisateur du patrimoine landaise, j’ai déjà envie d’aller approfondir, en particulier avec les autrices que je ne connaissais pas du tout Valentine Penrose et Marie Laparcerie, et Claude Fayet sans doute également. Parmi les chapitres monographiques, j’ai omis celui que Janine Dupin Capes consacré à Emilie, baronne de Bouglon, qui fut le grand amour ou l’ « Ange blanc » de Barbey d’Aurévilly : en fait, et heureusement, cette propriétaire du château du Prada à Labastide-d’Armagnac mérite de figurer dans l’ouvrage par-delà son association avec Barbey, d’autant que la présence, dans un ouvrage visant à désinvisibiliser des femmes puissantes mais oubliées, de l’auteur des Bas bleus ne laisse pas de paraître quelque peu ironique, sinon contradictoire.
10:52 Publié dans 2023, Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1)
mardi, 02 mai 2023
02052023
Journée à Angers, afin de déposer le hautbois d’O* pour la révision. J’étais déjà venu en décembre 2021 et j’avais passé la journée à préparer un cours d’agrégation sur Carpentaria au café. Aujourd’hui, j’ai corrigé des copies et traité mes mails professionnels.
Ma mère m’ayant fait découvrir un « nouveau » chanteur italien (du 20e siècle en fait, et mort il y a dix ans), Lucio Dalla, j’ai écouté un certain nombre de chansons sur la route du retour, avec le Bluetooth. Certaines chansons sont totalement dénuées d’intérêt, mais il y a des choses magnifiques (Come è profondo il mare par exemple).
19:53 Publié dans 2023, Autres gammes, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 23 avril 2023
23042023
Réveillé tôt encore, à Cagnotte ; étrangement, le fait de me tenir davantage éloigné de l’actualité, des mille turpitudes et ignominies qui la peuplent, ne diminue pas mon angoisse. Je pensais, avant de me lever et d’allumer cet ordinateur, que je n’avais pas écrit ici depuis trois semaines, et même depuis fin mars. Or, apparemment, cela ne fait « que » dix-huit jours… Cela a beau faire dix-huit ans que je tiens ces carnets, je n’ai toujours pas compris pourquoi il est si difficile de se tenir à la règle d’un billet par jour au moins, ni comment il est si facile de laisser filer les jours sans écrire, comme si de rien n’était.
Pour ce qui est du sommeil, c’est aussi parce que mes journées sont moins chargées et que j’ai commencé à me reposer, que je me lève ainsi, aussi tôt. Malgré le début de « vacances » passé à régler la question des recrutements d’ATER et les services 2023-24, malgré aussi la fatigue du voyage à Saragosse, je me suis reposé, de fait.
Histoire de noter quelque chose d’un peu plus intéressant, avant de me lancer dans l’écriture de billets a posteriori pour ces 18 journées manquantes : ne parvenant toujours pas à « entrer dans » King Lopitos de Vilma Fuentes (et pourtant ça me plaît), j’ai emprunté hier à ma mère son exemplaire de Wittgenstein’s Mistress, livre primordial pour moi, avec lequel je bassine tout le monde depuis pas loin de vingt ans, mais que je n’ai jamais relu ; j’en ai lu, donc, les 30 premières pages hier soir avant de tomber de sommeil, et c’est vraiment aussi génial que dans mon souvenir. Le livre est au programme de l’agrégation pour l’année prochaine, choix qui m’a surpris (favorablement (même s’il n’y a pas de texte post-colonial)).
06:09 Publié dans 2023, Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 21 avril 2023
21042023
Retour de Saragosse, un peu fatigant (beaucoup de circulation, lente, sur la route entre le Somport et les Landes). Le matin, nous nous sommes promenés un bon moment dans le Parque del Agua, qui a été bâti pour l’Exposition universelle de 2008 et qui présente la particularité (d’où l’adjectif « bâti ») d’être peu arboré, et très minéral. En été, ce gigantesque parc doit être étouffant, et brûlé par la sécheresse.
Après le déjeuner à Jaca (où nous n’avions pas remis les pieds depuis août 2010), j’ai eu le grand bonheur de me faire arrêter par la Guardia civil, après avoir commis ce que j’ignorais être une infraction, à savoir que, dans une côte, à la vitesse maximale, je ne me suis pas rangé sur la voie de droite que j’avais crue réservée aux véhicules lents. Or, il ne s’agissait pas du tout d’une voie pour véhicules lents. Bam, cent euros dans la vue !
À savoir : sur la photo ci-contre, d’août 2010 donc, c’est un prospectus que j’ai dans la poche, puisque je n’ai pas eu de téléphone portable avant fin 2011 (c’est assez inimaginable, mais c’est la vérité). En outre, cela me fait penser qu’il faut que je me rachète des pantalons blancs.
19:13 Publié dans 2023, Blême mêmoire, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 20 avril 2023
20042023
Aujourd’hui nous avons visité le palais de l’Aljaferia, composite, en partie recomposé, donc foutraque, le musée Pablo Gargallo (très bien, dans un palais du 17e siècle d’un charme fou) et le Museo Goya (un peu décevant). Déjeuner à l’espagnole, à 3 h de l’après-midi, dans une pizzeria toutefois, proche de la Plaza del Pilar.
19:19 Publié dans 2023, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 17 avril 2023
17042023
Première journée dans les Landes, avec un réveil très matinal, deux promenades, une partie de mah-jong l’après-midi.
Commencé la lecture du Grand chasseur de Märta Tikkanen, traduit du suédois par Philippe Bouquet, et que j’ai acheté avant les vacances à la nouvelle librairie tourangelle Rosemonde (c’est une réédition en poche, chez Cambourakis – le livre avait déjà paru en 2008). Il s’agit d’un texte autobiographique duel autour d’un séjour au Groenland – exploration de la culture groenlandaise, à travers l’étrangeté de sa langue, par une écrivaine elle-même tiraillée (suédophone de Finlande). Elle raconte comment elle se trouve à intervenir en étant traduite deux fois, d’abord en danois puis en groenlandais. Apparemment, et contrairement à ce que des amis scandinaves m’avaient dit, être de langue maternelle suédoise ne permet pas de comprendre le danois sans interprète. (Ou alors c’est un artifice pour montrer que Märta Tikkanen est à la fois très attentive à tout ce qui se passe autour d’elle et doublement éloignée des Groenlandais ?)
17:56 Publié dans 2023, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 22 février 2023
22022023
Journée à Saint-Malo, sous la bruine et dans le brouillard, au moins le matin. Vers 10 h 30, le fameux plongeoir était dans les flots, marée haute, et on n’y voyait guère plus loin ; en début d’après-midi, lors de la promenade au phare, par ciel devenu dégagé, la ligne d’estran était facilement 200 mètres plus bas, et on voyait bien loin, jusqu’à Dinard notamment.
Nous avons observé un goéland argenté juvénile (1 an et demi, je pense, vu son plumage) s’amuser à lâcher le poisson qu’il tenait dans son bec, à chuter en piqué plus vite que le poisson afin de le récupérer plus bas. Jeu délicat, et assez dangereux si j’en crois la manière dont il a manqué s’assommer sous nos yeux.
Très bonnes galettes à la Crêperie du Marché.
Retour par Becherel, où nous avions passé plus de temps il y a trois ans et demi, d’une part car il faisait beau (et ce mercredi, par contre, était de frimas) et d’autre part car, après la troisième bouquinerie, nous portions, O* et moi, un gros sac dans lequel se trouvaient les Mémoires de Saint-Simon en 20 tomes, dans l’édition rouge et dénuée de valeur, mais très propre et bien éditée, de Jean de Bonnot, pas pour une bouchée de pain mais presque.
23:34 Publié dans 2023, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 21 février 2023
21022023
Départ pour Rennes. Je continue d’éviter soigneusement l’autoroute, pour des raisons d’économie mais pas seulement. Toutefois, la route par la Mayenne ma saoule passablement aussi. On s’est arrêtés à Meslay-sur-Maine vers 11 h 30, dans l’espoir d’y trouver une boulangerie ouverte : dans une bourgade de cette taille, où se trouvent une trentaine de boutiques (plus de la moitié désaffectées, il faut bien dire), il y a plusieurs caisses de distribution automatique de baguettes, mais plus une boulangerie-pâtisserie, ou en tout cas pas dans les rues que nous avons arpentées.
À Rennes, nous avons traîné dans la zone habituelle, en nous arrêtant dans la librairie de livres étrangers qui n’avait pas grand-chose mais où j’ai vu qu’un client avait fait commander pour lui le dernier roman de Nnedi Okorafor, et où j’ai acheté la V.O. du roman de Lauren Groff, Matrix, que C* n’a pas encore lu mais qui figure en bonne place sur sa table de chevet (traduction Carine Chichereau). À la librairie M’Enfin, j’ai acheté les tomes 2 à 5 de Death-Note mais j’ai eu la déconvenue de constater, en le lisant, que le tome 2 avait été mal imprimé : le cahier des pages 121 à 140 a été imprimé deux fois, et mal placé, et il manque les pages 61 à 80. Flemme d’écrire, réclamer et me faire rembourser auprès de l’éditeur. J’ai réussi à comprendre l’essentiel de l’intrigue malgré tout. Mais irritation, et flemme.
Antichambre des Enfers, ou quasi, la boutique du Stade Rennais a permis à O* de se consoler de ne pas avoir eu de place pour le match retour d’Europa League de jeudi soir en s’achetant une des écharpes.
22:32 Publié dans 2023, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 03 janvier 2021
Par la Mayenne
C'était étrange, cet aller-retour à Rennes, notamment pour apporter un second radiateur à A*, dans son appartement de Cesson-Sévigné. Et malgré cela il nous dit ce soir que ça chauffe lentement. (Il n'est pas frileux et il sait manier autant l'euphémisme que l'hyperbole.)
Je me suis arrêté deux ou trois fois sur le chemin du retour, brièvement car je n'ai pas pris l'autoroute et je voulais aussi passer quelques heures avec O*, un peu morose entre la fin des vacances et le départ de son frère ; une autre fois, je ferai de vrais détours, pour voir, filmer etc. Aujourd'hui, j'ai surtout filmé en conduisant (mais les deux mains sur le volant, les yeux rivés sur la route) ; je verrai ce que je fais demain de ces images, pour le projet hache plus.
La campagne mayennaise est loin d'être laide, même sous la grisaille.
Je la pense injustement décriée.
21:31 Publié dans 2021, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 19 octobre 2020
Le retour de Mammouth
22:25 Publié dans *2020*, Ex abrupto, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (2)
mardi, 06 octobre 2020
Artaud Kierkegaard
09:47 Publié dans *2020*, Hors Touraine, Sites et lieux d'Indre-et-Loire, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 18 septembre 2020
Journée à Rennes
Après un lever très matinal (4 h 30), je n’ai pris la route qu’à 6 h 25. Par la nationale, la route est très agréable, et j’ai trouvé infiniment plus pénible le chemin du retour, par l’autoroute : de surcroît, la demi-heure que l’on gagne ne me paraît pas valoir les 20 euros de péage. C’est comme le débat actuel autour de la 5G : les gens qui n’en ont pas un besoin impératif devraient accepter de choisir systématiquement la solution la plus économique en ressources. Le problème de la 5G n’est pas le danger éventuel pour la santé des individus ; c’est la surconsommation, qui a déjà bousillé notre planète et qui menace de la précipiter plus rapidement que jamais dans le gouffre, avec le Groenland irréversiblement fondu et les incendies de Californie que l’on voit d’Europe.
Foin de ces considérations, qui ne me quittent jamais vraiment et qui me minent, la journée d’aujourd’hui consistait plutôt en une sorte de petit break bienvenu, malgré les 500 bornes aller-retour. Outre que j’ai pu apporter pas mal de conserves à A* et faire un peu de ménage dans son studio, je suis allé visiter le Musée des Beaux-Arts, gratuit jusqu’à la fin du mois, et où j’étais entièrement seul, si l’on ne compte pas les employé-es. Seul. Rennes est tout de même une agglomération de quelque 500.000 personnes, et à part moi, même pas rennais, pas un clampin dans un tel musée… Les collections sont magnifiques, en prime : salles égyptiennes passionnantes, galeries de peinture très diverses (même si je crois que je finis par détester la peinture de genre du 17e plus encore que les paysages de seconde zone du 19e), parfaite collection de peinture flamande de la grande époque dans le cabinet de curiosités de Robien…
Dans les salles consacrées au dernier tiers du 20e siècle, plusieurs œuvres « mécaniques » se déclenchent lors de l’entrée d’un visiteur ; pour deux d’entre elles, lisses et vacantes, le cartouche indiquait qu’elles étaient « hors service ». Un bon résumé d’une partie de l’histoire de l’art contemporain : cette œuvre est hors service.
Je me suis ensuite rendu au parc du Thabor (et à chaque fois que je viens à Rennes j’ai Rabbi Jésus de Dick Annegarn dans la tête), où je n’ai pas trop cherché l’installation de Martin Parr mais où je me suis espalasé sur une des pelouses afin d’y finir enfin ma lecture de Sur la route du Danube d’Emmanuel Ruben. Un rouge-gorge très familier m’avait collé quand j’étais sur un banc ; un écureuil, bondissant de ci de là, m’a accompagné pendant une bonne part de ma lecture.
Mes parents sont arrivés pour le week-end, dans l’après-midi. A* et moi sommes rentrés à Tours vers huit heures du soir ; dîner sur la terrasse, avec trois tables pour permettre une distanciation maximale ; A*, qui devait avoir aujourd’hui le résultat de son test Covid19 de mardi dernier, ne l’a pas encore.
22:50 Publié dans *2020*, BoozArtz, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (1)
samedi, 22 août 2020
Deux crapauds écrasés
L’orage de la nuit dernière, avec ses pluies, a bien rafraîchi l’atmosphère. Magnifique journée d’été. Le matin, en promenant jusqu’au Bassecq, nous avons vu, ma mère et moi, deux cadavres de crapauds écrasés, à deux endroits différents. Les averses les ont poussés à traverser coûte que coûte, pour s’accoupler ou pour pondre.
Les journées se suivent et se ressemblent : mah-jong, piscine, belote, saison 3 de Two and a Half Men. Ce soir, à l’apéro, c’était tarot, pour changer : mon père nous a plumés. Il a une chance qui ne se dément pas.
Dernière journée dans les Landes. Cet été, fort calme en fin de compte, nous ne serons pas du tout allés à la plage, en raison du Covid. Pas d’océan.
20:30 Publié dans *2020*, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 14 août 2020
Présomption
Saint-Cirq Lapopie, où nous n’étions pas allés depuis ce fameux été 1999. Cette fois-ci Alain Prillard exposait carrément dans le Musée Rignault. Très belle rétrospective, avec toujours les linotypes, des toiles récentes moins convaincantes et des sculptures en fer forgé très réussies. La plupart des sculptures perdraient une partie de leur charme en dehors de cet écrin de collines pentues et de pierres calcinées. La maison d’André Breton semble, non pas à l’abandon, mais enfin…
À Domme, personne ne portait de masque dans la Grand’Rue bondée. L’hôtelier ne l’avait ni pour nous accueillir ni dans l’hôtel même ; même aberration le soir avec le patron du restaurant (alors que les serveurs étaient dûment masqués). Le soir, en promenade, nous avons discuté avec un cycliste qui cherchait le site de tournage du Tatoué (film pas vu). C’était, finalement et tout simplement, la Porte des Tours.
23:14 Publié dans *2020*, Autoportraiture, BoozArtz, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 06 août 2020
Visite à l'aïeule
Je n’ai pas évoqué ici notre visite rendue à ma grand-mère maternelle, avant-hier mardi. Elle était très en forme, et nous a raconté plusieurs histoires, très poignantes, sur la guerre de 39-45, en particulier de ses deux camarades juives mortes dans les camps d’extermination (et qui ont leur stèle dans le parc Jean-Rameau) et des scènes infâmes lors de la Libération. Elle lit ces temps-ci Un monde de mots d’Anne Cunéo, et m’a donc appris qu’un tel livre existait, entièrement consacré à John Florio. À son grand dam, elle va renoncer à conduire.
07:32 Publié dans *2020*, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 30 juillet 2020
En trombe
Que cette route départementale est passante, avec, depuis toujours, tracteurs, mobylettes pétaradantes, bétaillères, et bagnoles roulant largement au-dessus de la limite fixée à 70, en trombe, sans tenir compte des nombreux carrefours. Entre le voisinage et le trafic qui ne s’est pas arrangé depuis quelques années, sans compter l’entretien, les heures passées à couper des branches, tondre, ramasser les feuilles, je ne regretterai pas tant que cela cette maison.
Hier soir, après le départ de mes parents, la maison plus vide que jamais, O* a eu de nouveau un gros coup de cafard. Je le comprends : j’y ai des souvenirs nombreux et complexes – 28 années même par intermittence, ce n’est pas rien. Lui ne voulait pas que C* vende, et c’est dur pour lui, même s’il comprend bien les arguments : trop coûteuse à entretenir, elle s’abîme ; nous n’y venons plus assez longtemps ni assez souvent ; nous pourrons louer 3 ou 4 semaines rien qu’avec le fric passé dans les impôts locaux. A*, qui a adoré venir ici et qui était même celui qui, un temps, parlait que nous changions de région pour venir nous installer ici, voulait y passer de nouveau quelques jours, une dernière fois, mais il y a longtemps que sa vie est ailleurs.
C*, elle, difficile de dire. Cela fait très longtemps qu’elle s’exclame en entrant dans la maison après une longue absence : « oh, ce n’est plus possible, je vais la vendre ». Mais c’est quand même la maison de son enfance, de 1978 à 1991. Quarante-deux ans qu’on ne raye pas comme ça, d’un trait de plume.
Il doit faire très chaud aujourd’hui. Je n’aurais pas dû dire cela à ma mère, qui aura appréhendé toute la nuit la journée suivante. D’ailleurs, c’est étrange : il doit faire 42° à l’ombre, alors qu’il faisait 30° hier (et on n’a déjà pas eu froid, à démonter des sommiers et à faire des allers-retours à la déchetterie) et qu’il doit faire de nouveau autour de 30° demain.
Bientôt terminé Se taire ou pas (je lis vraiment peu, et par intermittences). Ce n’est pas mal du tout. Certains des textes sont vraiment très réussis, émouvants. On sent qu’Isabelle Flaten a lu Sarraute, ou en tout cas certaines de ses explorations du langage intérieur se rapprochent beaucoup des derniers livres de Sarraute (Vous les entendez ?, Ici). Les situations suggérées invitent toujours à la réflexion, on essaie de deviner ce qui se trame, ou ce qui se cache derrière telle ou telle allusion, de sorte que le titre correspond aux situations existentielles explorées dans les textes brefs, mais aussi à la textualité elle-même ou à ce que le lecteur doit s’approprier.
Avant le dîner, hier : deux parties de Mölkky breton, avec O*. Je les ai gagnées toutes les deux. Les garçons ont préféré regarder quatre épisodes de Two and A Half Men (qu’A* avait déjà vues il y a très longtemps), dont le fameux ‘Go Get Mommy’s Bra’, plutôt que de reprendre Peaky Blinders à la saison 4.
07:48 Publié dans *2020*, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 26 juillet 2020
Bientôt un cluster à Garlin ?
C'était surréaliste, cet après-midi, à Garlin : j'ai été témoin, pour la première fois depuis des mois, d'une scène d'inconscience collective. Les gradins sont semi-fermés, les gens (en dépit du marquage d'une place sur deux) à moins d'un mètre les uns des autres (vu la disposition des arènes il fallait éliminer une rangée sur deux et 2 places sur 3 sur la rangée restante)... et personne ou presque ne portait de masque. Déplacements sans masque, poignées de mains etc. La totale.
O* et moi avons gardé notre masque tout le temps, et on croise les doigts maintenant...
Interrogée par moi, une des responsables du comité des fêtes m'a dit que le protocole de la FFCL (Fédération Française de la Course Landaise) avait été appliqué à la lettre. J'ai ensuite appris que plusieurs membres du comité directeur de la FFCL avaient refusé de voter ce protocole et que le docteur fédéral avait démissionné pour ne pas être tenu responsable de quoi que ce soit en cas d'action juridique a posteriori. Autant dire qu'il ne faut pas beaucoup s'informer ni réfléchir pour se rendre compte que cette course landaise se déroulait dans des conditions entièrement incompatibles avec les réglementations demandées par les ARS.
[Edit du 28 juillet. J'ai alerté la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. Réponse : nada.]
21:36 Publié dans *2020*, Hors Touraine, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 22 juillet 2020
Ascendances, vols planés
Commencé la journée par écrire un peu à la salle de bains, tandis que C* et O* dormaient encore. Nuit mitigée, éboueurs, claquements de portes. Dès avant le petit déjeuner, O* m’a photographié devant la Maison Bédrède, très jolie, qui se trouve sur la place centrale de Mirepoix, et dont je ne sais comment (ni si) elle est reliée à ce quart ariégeois de mon ascendance.
(J’espère que ma mère aura recommencé de lire ces carnets, au cas où j’oublierais de le lui demander…)
Journée par gambades : église rupestre de Vals (très surprenante, jamais vu tel édifice), grotte du Mas d’Azil (où de très importantes découvertes de 2011 ont fait remonter tout un pan aurignacien, et donc fort ancien, de l’occupation du site, mais dont nous avons trouvé la visite guidée décevante par rapport à celle de 2008), villa gallo-romaine de Montmaurin, église Saint-Sever de Rustan (pas ouverte, mais bâtiments conventuels du 18e devant lesquels se déroulait une partie de pétanque fort disputée), Morlaàs (désert), Arzacq (où enfin se restaurer).
Après ces quatre jours de virée, bien des occupations nous attendent, mais il va falloir quand même que je ne flanche pas et poursuive le chantier des sonnets aphones.
22:37 Publié dans *2020*, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 21 juillet 2020
D'une perspicacité moyenne
Retrouvailles pour déjeuner avec F°, pas vue depuis 2004, et sa compagne, qui se trouvent louer une maison à Bélesta cette quinzaine. Le matin, après nous être cassé le nez (et avoir failli y rompre la voiture) sur des chemins caillouteux indiqués comme routes sur notre carte (mais en fait : non), observation d’un groupe de vautours près de la Col du Croix des Morts, dont deux percnoptères : je les ai d’abord pris pour des gypaètes, car ils étaient loin, se sont éloignés très vite, et surtout car ce sont des rapaces dont je n’ai quasiment de connaissance que livresque. Les 4 ou 5 Vautours fauves observés ensuite dans un groupe de résineux étaient plus familiers, mais toujours aussi émouvants.
Soirée à Mirepoix, puis à baguenauder dans les monts alentour, aux confins de l’Aude. Pique-nique dans le bocage désert, entre Corbières et Sonnac, après avoir contemplé le château de Lagarde et avant d’apercevoir, au crépuscule, celui de Puivert. Tartines de bethmale face à un troupeau de vaches, sur de verts coteaux.
À retenir du matin : les gorges de la Frau ne sont accessibles qu’à pied ou en VTT.
23:20 Publié dans *2020*, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 20 juillet 2020
Méandres et parois
Matinée au Parc Préhistorique, avec une belle promenade et des installations permanentes très réussies, des intérieurs plus pénibles : les fac-similés sur paroi des différents sites inaccessibles, de Niaux notamment, sont très réussis, mais sinon tout passait par l’audioguide. Or, un de nos deux audioguides fonctionnait très mal, et aucun des deux n’a fonctionné pour le son des documentaires sur grand écran. Moi qui détestais déjà ces saloperies… Mais les extérieurs et les fac-similés feront oublier cela. Nous avons notamment pu voir la fameuse et énigmatique belette.
Après-midi à méandrer sur la route des corniches jusqu’à Ax, avec plusieurs églises romanes très jolies. Cette route est d’ailleurs très jolie, peu fréquentée, alors que la N20 en contrebas est immonde.
Ax-les-Thermes, station thermale en déshérence, avec son lot d’hôtels décrépits ou carrément abandonnés, ses rues de bric et de broc, d’où un caractère trempé. Trempé nos pieds, d’ailleurs, dans le bassin de la Basse, où l’eau soufrée, à forte teneur en barugine, est bouillante.
Perdu au poker.
22:17 Publié dans *2020*, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 19 juillet 2020
Ariège
Début d’une petite virée de quelques jours. Pas trop facile d’écrire dans ces conditions-là, notamment avec la chambre d’hôtel etc. L’Ariège, à ce qu’on en voit, est une terre assez belle, et abandonnée : l’un est-il lié à l’autre ?
Pas de sonnets mais grâce à Facebook j’en retrouve de vieux jamais publiés. Un vrai écureuil.
Jamais lu Tartarin de Tarascon, ni ses suites. Henry James l’aurait traduit, pour le fric, d’après Wikipédia.
Robert Pinget aurait eu 101 ans.
19:45 Publié dans *2020*, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 16 juillet 2020
Le Sacre de l'écrivain
6 h. Réveillé par un moustique, et le mal de dos. Je crois que j’ai réussi à tuer l’insecte avant de quitter la chambre. Ici à la cuisine, j’ai compté les piqûres, rien qu’au pied gauche : quatre. Et j’ai tué trois moustiques. Ma mère s’est levée, car elle ne dormait pas non plus, puis est allée se recoucher. Le wifi fonctionne de façon capricieuse.
Peu lu hier. A Glastonbury Romance, seulement un chapitre (sieste l’après-midi, et je tombe de sommeil le soir à onze heures au lit).
Le Sacre de l’écrivain de Bénichou, bientôt terminé, est intéressant, mais ses deux défauts majeurs sont d’être un travail purement chronologique, de sorte que même lui s’aperçoit de la faible pertinence d’un tel modèle pour son sujet et fait sans cesse des petites allusions rétrospectives (une édition hypertextuelle serait bien pratique), et surtout de traiter uniquement du romantisme français, ce qui n’a, de fait et à l’épreuve de la lecture, que peu de sens : Bénichou réduit donc l’émergence de sensibilités voisines au prisme de convictions politiques parfois antagonistes, dans un contexte qui n’est jamais européen. Or, si les filiations que le livre établit entre l’émergence de l’apostolat scripturaire dans les années 1760-1780 et la génération des Hugo et Lamartine sont passionnantes à explorer, elles n’ont pas grand sens à se priver des liens avec les soulèvements politiques dans d’autres pays d’Europe, mais surtout des liens avec les ruptures formelles amorcées dès les années 1780 en Allemagne et dans les Îles britanniques, avec notamment la réinvention des normes et des codes de la ballade. Avant d’attaquer ces deux ‘Quarto’ achetés sur le conseil de l’ami éditeur David M*, j’étais un peu sceptique, car j’ai toujours beaucoup lu au sujet du romantisme dans une perspective comparatiste, européiste en quelque sorte, et je reste, de fait et malgré les angles nouveaux pour moi, sur ma faim. Au fond, le plus intéressant, et cela tombe bien vu que c’est le sujet central du livre, est la manière dont Bénichou décrit l’émergence d’une protofigure de l’intellectuel engagé, avec la figure laïcisée du poète ; cela explique fort bien, entre autres, la prégnance des sujets bibliques dans une perspective qui n’est justement pas celle de Milton, Klopstock ou Blake, pas réductible à l’épopée luthérienne ou au prophétisme pythique semi-délirant.
Hier soir, petit appel visio avec A* et les Cessonnais, puis belote (C* et moi avons gagné), puis dîner, puis 4 épisodes de Two and A Half Men (que nous faisons découvrir à O*).
06:36 Publié dans *2020*, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3)
jeudi, 02 juillet 2020
Le Jour ni l'Epte
Plutôt mauvaise nuit, courte surtout : ah, les hôtels...
Cette nuit, j'ai été réveillé, mais je ne saurais dire à quelle heure (ni C* ni O* ne l'ont entendue) par une femme qui a parlé très fort au téléphone, dans l'escalier ou sur le palier peut-être; je n'ai retenu qu'une histoire de chauffe-biberon, mais, sur le coup, avant de replonger, j'aurais pu réciter les deux ou trois phrases vociférées.
Vernon : failli vomir en tombant sur la permanence de l'immonde Claire O'Petit.
Matinée à Giverny : jardins et maison de Monet, que je me rappelais très bien, et en particulier les nombreuses salles avec les estampes japonaises, de Hiroshige, Utamaro et Kōrin, qui nous avaient déjà émerveillés, alors (1998 ? (nous étions venus là, en octobre, depuis Beauvais)). Avec le Covid19, un seul sens de circulation possible, et difficile donc de profiter vraiment du bassin aux nymphéas. Bizarrement (ou pas, d'ailleurs), c'était presque plus calme dans la maison.
Il est étrange que la rue centrale de Giverny soit devenue exclusivement piétonnière, ce qui est très bien, mais que les autorités n'aient pas trouvé un moyen de rendre pareillement inaccessible au trafic routier la route qui sépare le bassin et ses alentours de la maison avec son potager réaménagé en jardin fleuri : quand passe un camion bringuebalant, à trois mètres, il est difficile d'admirer le fameux pont si souvent peint par Monet en s'imaginant en 1893...
Pique-nique au Cormier, sur une très grande place gazonnée et semée de pommiers, avant de passer par la commune de Le L'Habit... je n'invente rien.
Nous avons "coupé" le chemin de retour en faisant halte à Bonneval, la "Venise beauceronne" ; je ne peux rien dire de désagréable ou de négatif, n'est-ce pas, n'étant jamais allé à Venise...
18:54 Publié dans *2020*, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3)
mercredi, 01 juillet 2020
Le Jour ni l'Eure
Aujourd'hui, nous sommes partis pour deux petites journées, même pas, avec O* seulement, afin de lui montrer Giverny, but ultime du voyage (mais ce sera pour demain). J'ai beau éviter systématiquement , autant que faire se peut et quand on baguenaude, les autoroutes, je dois reconnaître que les routes de Châteaudun à Chartres, puis de Maintenon à Evreux ont de quoi décourager. Il y a toute une partie de la Beauce, puis des abords de la Normandie, où il y a un village tous les deux kilomètres, sans compter les poids lourds, les déviations, les travaux etc.
À onze heures, nous étions donc à Chartres : promenade dans la ville (qui compte seulement 38.000 habitants, ce qui est étonnant), et bien sûr la cathédrale. Je ne me rappelais pas du tout le belvédère derrière le chevet, mais notre seule visite remontait à 1999. Je ne me rappelais pas trop la ville, au point que je crois que nous avions eu du mal à nous garer et n'avions visité que la cathédrale.
L'après-midi nous avons visité la Maison Picassiette, qui est une curiosité, vraiment à voir. Le quartier où vivait le cantonnier Raymond Isidore ne s'est guère amélioré, sans doute, depuis les années 50 : grand jardin public boisé et à l'abandon, mais non sans charme, immeubles bas et maisons de ville-champignon, bagnoles passant a hum de caillaous sur la fameuse rue du Repos (quelle antinomie dans les termes même). Le cantonnier, qui avait probablement un grain, avait aussi un solide talent de composition pour toutes ses mosaïques, et même pour leur agencement : les salles ou cours sont très réussies ; par contre, dès qu'il s'avisait de peindre, courage, fuyons.
Le château de Maintenon, que j'ai dû visiter avec mes parents en 1983, au retour d'Autriche, en allant vers Chicheboville (mais peut-être que je me trompe de date), est sublime : le coup d'oeil, la structure globale du château, sa façade et sa cour intérieure ; le parc, bien sûr, avec les lambeaux majestueux de l'aqueduc et l'allée de tilleuls ; mais aussi les intérieurs, meubles et décors (ces papiers peints de style chinois !), la grande enfilade de l'étage, le balcon... Très frustrant de devoir circuler assez rapidement en raison de la réglementation liée à la pandémie de Covid19. Heureusement, dehors, malgré les averses soudaines, aucune restriction, sauf ma lombalgie qui m'a fait un mal de chien.
Evreux était la ville idéale pour passer la nuit sans se ruiner, et pour une visite en coup de vent tout en cherchant un restaurant : après Lisieux avec A* il y a cinq ans, il semble que j'aie le chic pour dégotter ces villes à la fois endormies et déshéritées. On tentera de se rappeler que c'est l'Iton, et non l'Eure, qui coule à Evreux.
22:36 Publié dans *2020*, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 13 juin 2020
Retour à Vitré
Notre petit séjour à Vitré et à Saint-Malo, début mai 2006, correspond à une période particulièrement créatrice et particulièrement heureuse, malgré des aléas toujours.
Hier, nous avons passé quelques heures à Vitré ; je me rappelais très bien la petite cité charmante, émouvante.
Le musée municipal, dans le château, a été entièrement remanié. On n'y voit plus ces collections zoologiques du 19e siècle complètement délirantes, avec notamment des grenouilles empaillées représentées en train de disputer un duel au fleuret. Je me rappelle les avoir prises en photo, mais la photo est introuvable sur ma galerie Flickr.
Hier, nous avions fait un détour par Sainte-Suzanne, en Mayenne. Cela m'a fait du bien, je crois, de reprendre un peu la route, changer d'horizons.
22:36 Publié dans *2020*, Blême mêmoire, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 21 février 2020
*2102*
Nous avons déjà bien rangé et fait le ménage dans la maison de Hagetmau.
En 2 jours : des allers-retours à la déchetterie (des centaines de livres simplement jetés, pas d'autre issue (ils étaient sales ou jaunis ou tout simplement sans intérêt)), à Landes Partage... et des dizaines de sacs et de cartons préparés en vue du déménagement...
O*** a eu un coup de blues hier soir. C'est normal : moi-même, ça me fait quelque chose de quitter bientôt, pour toujours, cette maison que je connais depuis 1992 et où j'aurai donc vécu, par phases, 28 ans. C***, elle, y a vécu toute son enfance et toute son adolescence. Mais on ne peut plus s'en occuper comme il le faudrait, et avoir trouvé un acheteur relève presque du miracle.
(On y croira quand ça sera signé, ou en tout cas, déjà, dix jours après la signature du compromis.)
21:41 Publié dans *2020*, Depuis le temps..., Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 18 février 2020
*1802*
La journée s'est passée en diverses glandouilles.
En soirée, partie de Loups-garous en famille.
22:25 Publié dans *2020*, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 29 juin 2019
En Vendée III
Comme nous étions prêts dès 9 h 30, et comme nous avons découvert que le musée n'ouvrait qu'à 11 heures, nous avons quitté Les Sables d'Olonne sans voir les Chaissac, gage que nous voudrons (je voudrai) revenir voir tout ceci plus en détail, et, nous enfonçant dans l'intérieur des terres, avant la partie vraiment la plus laide de la Vendée, avons pu visiter plusieurs des très nombreux mégalithes du pays, notamment les dolmens de Savatole, celui de la Cour de Breuil et celui de la Frébouchère. Au Bernard, village sans relief, dans le troquet de bric et de broc, une brave chienne faisait des tours en ramenant toujours sa vieille balle de tennis tout en sachant pertinemment qu'on n'aurait pas le droit de la lui lancer à l'intérieur. Ensuite, il y eut Fontenay-le-Comte, heureuse surprise.
19:20 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 28 juin 2019
En Vendée II
En Vendée, ce matin, on supportait sa petite laine, en tout cas (après 38 à l'ombre hier). Il faisait quasi frais, oui, à l'observatoire d'oiseaux de l'Île d'Olonne.
Au château de Talmont, cela allait mieux ; une fois qu'on est à l'intérieur, il présente beaucoup plus de parties intéressantes que ne le laisse penser l'aspect extérieur délabré ; une véritable structure se découvre, et la visite n'est pas si anecdotique que cela.
(Talmont-Saint-Hilaire, toujours : mangé une des meilleures pizzas qui soient, Italie comprise.)
Après-midi : zoo des Sables, même pas pour faire enrager A***, resté en Touraine (soirée à Beaumont-la-Ronce, of all places).
21:40 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 27 juin 2019
En Vendée I
Canicule ici aussi, aux Sables d'Olonne, mais sur la plage de Sauveterre, moins connue des touristes mais très appréciée des méduses, qui viennent s'y échouer par dizaines, il n'y avait pas foule.
La promenade côtière semble agréable.
La ville des Sables est un peu foutraque. Le front de mer y est défiguré par quelques immeubles terriblement verruqueux.
20:47 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 26 octobre 2018
Circumnavigations (Pinget)
Comme (comme si) je n'avais pas assez de quoi m'occuper, depuis que je me suis levé à 4 h du matin, avec le corrigé du concours blanc d'agrégation interne, je me suis amusé à chercher sur le SUDOC, et plus globalement ensuite sur Worldcat, quels livres de Pinget sont disponibles en anglais. Sans être allé au bout de la recherche, je pense pouvoir conclure que tout Pinget a été traduit en anglais, principalement chez Red Dust et Dalkey Archive. Beaucoup de textes semblent avoir été traduits depuis sa mort, d'ailleurs ; peut-être, toutefois, est-ce la date de publication qui est trompeuse. Dans les B.U. de France, quatre livres seulement sont disponibles, deux à la Bibliothèque de Versailles-Saint-Quentin, et deux à la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet (dont j'ignorais qu'elle était associée au métacatalogue).
Quoi qu'il en soit, ce n'est pas dans cette direction-là que va le projet Pinget. Peut-être dans un second temps.
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Outre lire quelques pages d'Ornithologie du promeneur vol. 3 (qui me tombe littéralement des mains à chaque tentative), j'ai pris, sur les étagères où elles sont ici consignées, quelques-unes des anthologies dites “scolaires” de textes littéraires que ma mère avait achetées pour ma sœur et moi quand nous étions au lycée. Je ne parle ici que des volumes consacrés aux œuvres du 20e siècle, mais les séries sont complètes, du Moyen-Âge au vingtième. Celle que je nomme « la Magnard » est à Tours (car c'est la seule qui a vraiment compté pour moi et m'a ouvert x horizons), mais il y a ici « le Darcos », le Lagarde & Michard et la Mitterand/Lecherbonnier de chez Nathan.
Ces anthologies sont toujours instructives ; on y piochera un texte auquel on ne songeait pas, comme tout à l'heure je me suis surpris à lire, presque admiratif, un extrait de Malicroix de Bosco ; elles permettent, pour les meilleures d'entre elles, de découvrir des rapprochements qu'on n'avait pas envisagés (mais pour lesquels il faut garder son esprit critique), ainsi de Beckett avec Cioran et Blanchot (oui, je sais, ce n'est pas ébouriffant de nouveauté, mais je n'y avais jamais songé ainsi).
Le Darcos (de très loin le meilleur à l'exclusion de « la Magnard », et dont les auteurs sont Alain Boissinot, Bernard Tartayre et Xavier Darcos, et qui fut publié en 1989 dans la collection Perspectives et confrontations chez Hachette) est le seul à proposer des équilibres qui me paraissent encore pertinents aujourd'hui au regard de l'histoire littéraire. Le Lagarde et Michard, bien sûr, se signale par sa myopie et sa ringardise. Myopie, de consacrer plus de pages au seul Sartre qu'à tout le Nouveau Roman. Ringardise, d'aller égrener des extraits de Déon, Nourissier, Cayrol, Bazin, Ikor, D'Ormesson ou Lainé quand ce même chapitre consacré au Nouveau Roman donne royalement quatre malheureux textes de Butor, Sarraute, Simon et Robbe-Grillet.
Aucune de ces anthologies ne donne de texte de Pinget. Seul le Darcos le cite, mais à titre de note de bas de page (tout comme Claude Ollier, autre écrivain des marges du Nouveau Roman et dont l'œuvre m'est chère, quoique j'en aie une connaissance beaucoup plus fragmentaire) et sans même le rapprocher de Beckett. Le Darcos, au demeurant, donne un long texte du Temps immobile de Claude Mauriac, mais sans doute est-ce sous l'effet du gaullisme mal dissimulé de l'auteur principal (Xavier Darcos n'était pas encore officiellement estampillé RPR en 1989, mais enfin Rome ne s'est pas faite en un jour).
Pas de Pinget, mais son éclatante absence y est intéressante. Le Darcos m'a permis de relire quelques extraits des textes théoriques de Robbe-Grillet et Sarraute (tout cela est à Tours) et de me faire la réflexion déjà ancienne que l'œuvre de Pinget, dont le troisième roman (Le Renard et la boussole) est l'exact contemporain des Gommes, le premier Robbe-Grillet, et du Degré zéro de l'écriture, a souffert de ne pas être explicitement théoricienne, à une époque où journalistes et lecteurs réclamaient, semble-t-il, de l'abstraction, du hors-champ, des propos critiques pour mieux s'expliquer ce que faisaient les textes.
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Les réponses théoriques et les apories expérimentales sont, pour Beckett et Pinget, à chercher dans la prose narrative. Butor, Duras, Sarraute et Robbe-Grillet ont compris qu'il fallait (ou ressenti la nécessité d') accompagner leurs textes d'un appareil critique. Pourtant, Butor dit mille fois mieux ce qu'il pratique dans les tomes du Génie du lieu que dans les papiers poussifs de son assommant Répertoire.
08:00 Publié dans Hors Touraine, La Marquise marquée, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 24 octobre 2018
Dans la pénombre voulue, pause sur Mahu
La forme en méandres que va épouser ce projet vidéo commence à se dessiner : vidéos montées et relativement travaillées pour parler d'un livre relu, et causeries à bâtons rompus dans l'intervalle. Ce que j'aime bien dans la causerie de ce soir, outre le cadrage (dont personne ne me parle jamais — or, dans la série je range mon bureau, par exemple, je prends toujours soin du cadrage), c'est justement qu'en parlant de pas grand chose on soulève des lièvres.
Une des leçons de Pinget : de pas grand chose peut sortir du très grand.
Il y a aussi que je suis à Hagetmau, dans le bureau de Hagetmau, et que, depuis qu'on a récupéré une vraie connexion efficace avec le smartphone utilisé comme borne, faire des vidéos redevient possible, avec publication immédiate.
[ Rimes en relu : velu, farfelu, absolu. ]
20:20 Publié dans Hors Touraine, PROJET ▓ PINGET | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 13 septembre 2018
13 septembre 2018
Ainsi, après avoir manqué la briser sans ménagement ou la renvoyer à l'expéditeur, ma mère s'est décidée à installer — en l'ayant adaptée à son matelas — la yourte-moustiquaire qu'elle avait achetée par correspondance début août, et dont elle dit désormais que, même avec les chaleurs qui persistent dans les Landes et malgré un été où (je peux en témoigner) nous avons été plus bouffés que jamais par ces bestioles que pipistrelles et gobemouches (trop rares) ne suffisent plus à réguler, ça lui permet de lire la lampe allumée et les portes-fenêtres ouvertes sur l'air du soir, ce qui, de tout temps, eût été inimaginable.
Il ne lui reste plus qu'à en installer sur tous les lits.
19:07 Publié dans Amazone, été arlequin, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (1)
lundi, 30 juillet 2018
30 juillet 2018
Dormir peu, par intermittences, et craindre, levé, de réveiller ceux qui doivent dormir, dans cette bicoque solide mais laide — et surtout surchargée d'éléments de “décoration” affreux —, tout près du chemin Stevenson, après avoir fini de lire le récit de Stevenson, justement, qui se perd dans des considérations historiques passionnantes mais en racontant de moins en moins son voyage, tandis que moi, je commence une phrase à l'infinitif et je la termine en forme déclarative.
De même, je me trouve à écrire des billets dont les titres n'ont aucune originalité. Pour qui a tant réfléchi aux titres et aux formes dans l'œuvre de Dubuffet, c'est moche.
J'écris ces lignes, l'ordinateur posé sur le buffet de la cuisine.
Hier soir, j'ai bu une Riousse, bière brassée non loin, à Mazan l'Abbaye.
07:14 Publié dans Amazone, été arlequin, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 27 juillet 2018
27 juillet 2018
C'est la troisième fois que je viens à Albi.
Dans la chambre d'hôtel, une chaleur de serre.
Ce qui m'aura le plus marqué, cette fois-ci, ce sont les jardins de l'archevêché, et ce petit concert surpris d'un quatuor de jazz, dans une cour de briques rouges d'où l'on voyait la tour de Sainte-Cécile.
(Autres visites à Albi : 1981, 1999.)
23:15 Publié dans Amazone, été arlequin, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 17 décembre 2017
Souvenir diffus et précis de La Mothe Chandeniers
Même la BBC s'en fait l'écho : un collectif de 6.500 internautes vient de racheter le château de La Mothe Chandeniers, qui menaçait ruine.
Ces péripéties m'ont rappelé qu'un jour, en remontant des Landes vers la Picardie, C*** et moi nous y étions arrêtés, un peu par hasard. Je suis à peu près sûr du nom du château. Ce qui ne “colle” pas, ce sont les images aériennes et une partie des photographies actuellement en circulation.
Le château de La Mothe Champdeniers (car, dans mon souvenir, ça s'écrivait ainsi) était déjà à moitié en ruines ; surtout, on pouvait entrer aisément et gratuitement sur le site.
Cette rapide déambulation parmi des murs percés de meneaux mais sans toit ni loi reste un souvenir très heureux des étés, des “remontées” en Picardie.
Je sais que j'ai pris des photos, alors — alors, argentiques. Difficiles à retrouver.
Je chercherai quand même.
09:18 Publié dans Blême mêmoire, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 21 novembre 2017
Louise Bottu
Grâce à François Bon, je découvre l'existence d'une maison d'édition installée dans les Landes, les éditions Louise Bottu.
En fait, je les connaissais de nom, mais aucunement leur catalogue.
Surtout, quand j'ai vu passer ce nom d'éditeur (et donc d'éditrice), je n'ai pas imaginé cinq secondes que les éditions Louise Bottu aient élu domicile à Mugron, au cœur de la Chalosse, à mi-chemin — ou peu s'en faut — entre la maison de mes parents et la maison de Hagetmau. À mi-chemin, sauf que pour aller de Cagnotte à Hagetmau nous passons par Pomarez et Amou, pas par Mugron. Dommage : c'est bien joli, Mugron.
Je vais de ce pas effectuer une petite commande, directement auprès de l'éditrice.
08:39 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 25 mars 2017
3699, ou tout autre nombre
François Bon s'est rendu récemment dans deux villes que je connais bien, l'une pour y avoir longtemps été élève (Dax), l'autre pour y avoir vécu six ans (Beauvais). De la seconde, il a rapporté un film très émouvant. Ce film m'a donné l'idée, au détour d'un commentaire (cf infra), d'écrire, par petites touches, un texte sur Beauvais. Quoi que, dans l'idée de départ, il y ait un rapport avec cette histoire de mêmoire autour de laquelle je tourne depuis plus de dix ans, je refuse en fait de circonscrire le propos : ce sera un texte sur Beauvais. Et surtout, je vais tenter de l'écrire sans le publier au fur et à mesure dans un des blogs.
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La musique d'Arve Hendriksen est très sinueuse, prenante, défile comme le paysage. Parties de foot, cabanons, nuages lourds et blancs au-dessus des labours... Beauvais, tant de souvenirs... six ans, si peu écrit... si peu écrit dont j'aie gardé de vraies traces, surtout... (Et si j'écrivais un texte genre Trois-mille six-cent quatre-vingt-dix neuf choses que je peux dire de Beauvais ?) Me rappelle comment je prenais le train pour Paris à 5 h 07 le matin en gare de Beauvais — par une distorsion lynchienne tu eusses pu me filmer la nuit dernière. Le cinéma n'existait pas, pas à cet endroit-là, pas que je me souvienne. Donc ton film involontaire, pourquoi ne me captera-t-il pas ? La cathédrale et les galeries nationales de la Tapisserie, tant de souvenirs. “Lieux ingrats”, je ne suis pas forcément d'accord. (En fait, j'adore l'intérieur des Galeries. Énorme émotion de revoir ça dans ton film.) Blues autour du zinc, je n'y traînais pas trop ; les autres festivals, oui ; ville très dynamique ; magnifique médiathèque. Dans la partie accélérée on voit les personnes (personnages) à l'étage de la gare qui s'activent, vibrionnent, « et les mots trop pauvres qu'on [leur] impose comme un masque ».
mercredi, 15 février 2017
Le pantalon vert, scène parisienne
05:55 Publié dans Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 30 décembre 2016
Journal hagetmautien, 19-21 décembre
19 décembre 2016
20 h 10
Hagetmau. Sur la rochelle. L'ordinateur est glacé (il était au bureau). Je vais corriger des TP. J'ai corrigé aujourd'hui un des quatre paquets de QCM. Réparation du cumulus (par P.). Les enfants regardent le deuxième film Harry Potter, ce qui me laisse du temps ce soir. Pas fait de vidéo de traduction hier, ni aujourd'hui ; il faudrait pourtant que j'en fasse ici aussi, même si elles ne seront publiées que bien plus tard.
Le monde hallucinant. Quelques pages du Carnet de notes. Courrier international. — Cramé une quantité de bois impressionnante.
20 décembre
8 h 15
Levé depuis 6 h 30. Fait rare, Oméga s'est réveillé dans la nuit, à 1 h, en raison d'un cauchemar (merci Harry Potter).
Hier soir : Berlin, Ankara, Washington, Alep — les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent.
Corrigé une vingtaine de TP hier soir. Je dois en lire au moins autant aujourd'hui pour tenir le rythme et ne pas me trouver débordé début janvier, quand les autres paquets de devoirs tomberont.
21 décembre
6 h 20
Hier matin, j'ai corrigé 25 TP je crois. Ce matin, j'en suis à 5. Si je viens à bout de tous ceux dont le patronyme commence par B dans le sous-dossier des travaux rendus en dernière semaine, j'aurai fait ma part quotidienne, je pense.
8 h 40
De retour de la boulangerie, après quelques pages seulement du Carnet de notes composé un sonnet à partir de trois fragments différents des pages 888, 890 et 891. J'écris mes poèmes, ici, sur des fiches bristol, plus reposantes que l'écriture directe sur smartphone que je pratique habituellement dans les Landes. Dès le lever, ou presque, j'avais aussi ajouté un nouveau “quatorzain concentrique” (forme peu employée, peut-être en ai-je écrit 5 ou 6).
Idée de poème (de forme de poème ?) : les mots à la rime commenceraient tous par la même séquence de trois lettres, par exemple FAR : faraud, fardier, farfadet, farine, farlouse, farm, farniente. On pourrait soit les faire rimer de façon alterner avec des mots extérieurs à la liste (faraud/maraud ; fardier/verdier ; etc.), soit entre eux (compléter liste), soit aboutir à un poème non rimé, c'est-à-dire à un poème qui semblerait sans contrainte à la rime mais dont tous les mots finissant un vers auraient une rime inverse en far– (contrainte sans contrainte).
11 h 20
Après la toilette, des courses au magasin de bricolage (bonde, sacs déshumidificateurs, balai pour l'âtre), du ménage, ramené du bois pour le feu de la journée, enregistré une vidéo de traduction, la 70e je crois, un paragraphe de Stephen Jay Gould sur le clitoris péniforme des hyènes tachetées.
17 h 30
Je viens de ne pas publier, sur Facebook, un statut disant mon admiration pour le disque que je ramène de la médiathèque, car, avec les maigres moyens du smartphone, il n'est pas possible d'orthographier correctement le nom de Çiğdem Aslan. Le ğ n'a rien d'un banal g — il faut prendre garde à cela. Cela dit, je suis quand même barré : un vrai cingal.
10:38 Publié dans Hors Touraine, Sauver Maurice (journal 2016-7) | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 20 octobre 2016
Vallée des singes, Romagne
Dans la Vienne, chaque année, souvent à l'automne d'ailleurs, y revenir.
La Vallée des singes, zoo atypique au charme fou, il nous faut tout de même plus d'une heure et demie pour y aller (et pour en revenir). Alpha, certes, qui a désormais quinze ans, ne nous épargnerait pas cette visite annuelle, mais nous n'avons pas trop à nous forcer.
Toujours quelque chose de neuf : hier, par exemple, l'observation des atèles à face rouge dans leur nouveau territoire, ou des varis à ceinture blanche — puis, même le groupe de mandrills joue toujours une pièce de théâtre différente. Nous avons aussi vu, lors du deuxième passage, les bonobos dehors, en quatre groupes différents (la fameuse fission-fusion)... dont un groupe de quatre au faîte des arbres, fort haut.
Notre première visite remonte au 11 juillet 2005, et je n'en avais pas parlé ici. Alpha nous disait hier à table qu'il se rappelait du nourrissage des gorilles (mémorable Yaoundé) et du territoire des saïmiris (à l'époque, il n'y en avait qu'un, il me semble). Entre 2005 et 2011, nous n'y sommes pas retournés, mais, depuis le 11 novembre 2011, c'est comme un pèlerinage — je l'ai dit, Alpha ne nous en ferait pas grâce.
Hier, il y avait beaucoup de Néerlandais, tout un car même.
En 2011, je ne saurais dire, mais nous étions restés deux jours dans le Poitou, en louant une petite maison dans un joli village dont le nom m'échappe. (Je ne retrouve même pas avec les photos ; il faudrait une archéologie informatique plus poussée.)
23:48 Publié dans Blême mêmoire, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 31 août 2016
Dernier août, et dernière virée estivale
31 août
Pour ce dernier jour du mois, et le dernier jour de vacances des enfants, nous avons pris la route buissonnière, tandis que C***, tout le jour, subissait la longue file des réunions de pré-rentrée (jusqu'à 18 h 15!).
Après une pause aux Montils, nous avons visité le château de Fougères-sur-Bièvre, où nous étions quasiment seuls à l'exception d'un couple (de Néerlandais?) et que j'avais déjà visité avec A*** en janvier 2008. Le souvenir en était flou, et même la curiosité principale, qui est d'un château-fort construit à la fin du 15e siècle, quand ça n'a plus aucun sens, et avec le donjon du côté le plus mal protégé (cette deuxième bizarrerie s'expliquant sans doute par la première : un propriétaire et maître d'œuvre assez réac pour vouloir le style ancien, mais tout en comprenant que les impératifs de défense n'étaient déjà plus qu'un souvenir). Exposition hideuse de châteaux-forts pour enfants en plastique et carton-pâte dans la grande salle de réception du premier étage. Quelques versions assez hallucinantes aussi de contes pour enfants, ainsi de ces Bottes de sept lieues avec Félix le chat (mais sans Chantal Goya, heureusement).
J'avais le souvenir d'un grand jardin derrière ; je dois confondre, car il y a seulement un beau jardin des simples et une allée herbeuse coincées entre la maigre Bièvre et la galerie à arcades. (Il faudra aussi, comme je m'en suis avisé, repartir visiter Talcy.)
Détour par Contres pour retirer de l'argent, puis pique-nique à Cellettes, près du double pont sur le Beuvron. Les garçons ont été bien délirants.
Visite du château de Beauregard, là encore déjà visité, au moins en septembre 2008 pour A*** et moi, lors d'une semblable journée de pré-rentrée, O*** alors chez sa nounou. A*** l'avait aussi visité avec sa mère quelques mois, voire une bonne année plus tôt, et il pense d'ailleurs qu'il mélange les deux visites. Ce qui est certain, c'est qu'on n'y accède plus par l'allée royale. Le parking est de l'autre côté, et on accède au château en passant par la grande pièce d'eau ou par le grand jardin français et son bois orné d'un “jardin des portraits” fort détaillé, qui reprend, avec des reproductions photographiques de qualité inégale et en les regroupant de façon plus rigoureuse et circonstanciée, une majeure partie des portraits de la célèbre galerie. Il n'empêche que, quand on arrive, une fois passées les deux ou trois premières salles – plus anecdotiques –, le charme de cette extraordinaire galerie des portraits agit pareillement. L'effet de surprise demeure, et l'ensemble de ces bois peints est vraiment à couper le souffle. Fous rires possibles en voyant certaines coiffes et certaines barbes ; garder l'âme taquine n'est pas prohibé.
Retour, toujours par la rive nord (malgré le GPS qui voudrait faire rentrer par Blois et Château-Renault (horresco referens) ou par la rive sud, tellement plus ingrate), sous un soleil de plomb, le long de berges jaune pâle à force de sécheresse, ce qui se voit bien avec la Loire, plus bancs qu'eaux vives.
Dans la soirée, discussions et commentaires divers sur l'organisation de l'année, avec l'emploi du temps de C***, qui est bon cette année, et celui d'A*** qu'elle avait réussi à récupérer, puisqu'il embauche désormais dans le même lycée qu'elle. Évidemment, il serait étonnant que les emplois du temps ne changent pas, voire en profondeur, d'ici deux semaines, donc j'ai incarné mon habituel rabat-joie en incitant le pauvre A*** à ne pas se réjouir trop tôt de son samedi matin libre.
Le soir, après pas mal de mails professionnels et un Woody Allen exécrable (il pond désormais de parfaits navets), poursuivi à peine la lecture de Histoire de Knut.
23:59 Publié dans Corps, elle absente, Hors Touraine, Sauver Maurice (journal 2016-7) | Lien permanent | Commentaires (4)
jeudi, 05 mai 2016
05052016 / 1346
16:16 Publié dans 5005 pas, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 16 avril 2016
De Ménars au Mali (par les ondes)
Il faudrait quatre vies condensées pour mener les différents projets, pas seulement d'écriture, mais c'est le hasard, aussi, qui trie.
Je ne sais pas trop pourquoi je commence ainsi ce billet ; la phrase d'amorce, sans doute, d'où le reste découle.
Retour arrière, c'est décidément plus difficile que de reprendre des phrases improvisées sur le motif. Toutefois, cela permet de ne pas se tromper et de citer correctement la belle façade classique du château de Ménars, vue depuis la rive sud de la Loire hier ; or, je crois que nous n'étions jamais allés à Chambord par cette levée de la Loire, la D951, étant donné que les panneaux indicateurs font plutôt passer, depuis Blois, par Huisseau. (Quelque chose ne colle pas, là-dedans : nous sommes déjà passés par Saint-Dyé.) *
Au château de Ménars, on l'apprend en visitant le château, ont résidé les parents de la future reine de France, le roi de Pologne Stanislas Leszczynski et son épouse, mais aussi — on l'apprend en consultant la Wikipédia, Madame de Pompadour, puis son frère, Abel-François Poisson de Vandières, bientôt titré marquis de Ménars.
Cette fois-ci, à Chambord, nous avons loué des vélos et nous sommes considérablement embourbés — et emboués —, à la grande joie des garçons qui faisaient exprès de foncer dans les flaques et les ornières avec leurs VTT d'emprunt. Nous n'avons, cela va sans dire, pas vu la queue du moindre animal — quelques oiseaux vus ou entendus, toutefois.
À la boutique, j'avais acheté le journal de résidence d'Arno Bertina, SebecoroChambord, que j'ai lu hier soir, et dont j'avais éventuellement projeté de traduire un ou deux paragraphes in situ, dans la forêt, pour les traductions sans filet. Comme pour la B.N.F. ou le P.Z.P., cela ne s'est pas fait. Il va falloir que je m'aguerrisse ! En revanche, c'est un très beau texte, et comme je n'avais encore jamais rien lu d'Arno Bertina, il m'a donné envie de lire le livre qu'il préparait alors et dont ce journal de résidence est aussi une sorte de chronique d'atelier. Coïncidence — ou pas : plus on cherche des accointances avec le réel et ce qui est beau, moins on peut parler de coïncidences —, il travaillait, pour ce livre (Numéro d'écrou) avec la photographe Anissa Michalon, plus particulièrement de son travail auprès des immigrés maliens de Montreuil et d'une figure, Idriss, qui s'est suicidé en prison en 2005 avant que son corps ne soit rapatrié au Mali.
Mali, photographies : le matin même, avant de partir pour Chambord, j'avais passé près d'une heure à revoir ou découvrir les différentes séries de Malick Sidibé, disparu jeudi. C'est à ce niveau que s'est imposée l'idée d'une coïncidence.
Pour en revenir à SebecoroChambord, sans prétendre en faire le tour, il s'agit d'un texte exigeant, au sens où l'auteur est exigeant avec lui-même, avec son rôle d'écrivain, avec la crainte d'étouffer la littérature sous le témoignage, la tentation d'“éditorialiser entre chaque plan” comme le reproche a pu en être fait à Costa-Gavras (p. 76). On y apprend, en filigrane, plein de choses sur le château et le domaine de Chambord (à titre d'exemple : l'explication de la signification des cordelettes entourant la plupart des F au chiffre de François Ier, pp. 83-4 (l'explication ne se trouve nulle part dans les documents de visite du château)), et on voit aussi comment Bertina, conscient de l'impasse politique d'une telle institutionnalisation de son rôle d'écrivain, affronte la question à bras-le-corps, pour clore sa préface par une formule marquante (« À Chambord, je ne me suis pas rasé, le matin, en m'imaginant roi », p. 9) ou pour affirmer la dissonance de tout projet littéraire : « Chambord est ce concert au fond des bois dans lequel je fais entendre plusieurs canards. Des fausses notes, une bizarrerie harmonique. » (p. 33).
Texte littéraire fort, ce mince journal de résidence l'est aussi par l'envie qu'il donne de lire ou de relire certains textes : plusieurs livres de Bertina lui-même (très malin dans sa manière de suggérer ce qu'est le reste de son œuvre, mais avec une véritable détermination esthétique toutefois), Dieu gît dans les détails de Marie Depussé, The Ginger Man de J.P. Donleavy (depuis quand n'ai-je pas lu une ligne de Donleavy ? pourquoi ai-je toujours tourné autour de ce Ginger Man sans m'en saisir ? a-t-il vraiment été traduit par Homme de gingembre en français ?) — revenir à Chalamov (que cite Anissa Michalon).
* Quand j'ai commencé à organiser mes photographies par albums dans Flickr, j'ai créé un album Loire Indre Vienne Etc. (LIVE), mais c'était après la création de Touraine sereine, et dans Touraine sereine, je n'ai jamais fait ça : soit ça tombe dans les Sites et lieux d'Indre-et-Loire, soit c'est Hors Touraine. C'est idiot, vu que Chambord relève plus, dans l'expérience topographique et visuelle, d'un prolongement, d'une poursuite de la Touraine. Il n'est pas trop tard, me dira-t-on, sauf que ces carnets ont depuis longtemps renoncé à leur ambition première, de chroniquer les pays aux alentours de Tours.
09:35 Publié dans Corps, elle absente, Hors Touraine, Nathantipastoral (Z.) | Lien permanent | Commentaires (2)
jeudi, 14 avril 2016
Ping-pong avec Montparnasse
Première chose que je vois ce matin en ouvrant Facebook
TOUS CES CRAYONS PLANTÉS SUR SA TOMBE
& je sais immédiatement de quoi il s'agit ; je vais donc regarder illico cette nouvelle vidéo de François puisque le tombeau qui lui donne son titre, celui qui est planté de crayons, c'est celui de Marguerite Duras — j'y étais mercredi de la semaine dernière, par un temps frais et crachinant.
Il y a tout, et plus encore, dans cette vidéo de François Bon : la canopée des Halles, trois extraits du dernier album de Médéric Collignon, un pianiste prêcheur à Saint-Lazare, les Grands Voisins, un plan sur le mausolée de la Société Baudelaire (“un tantinet prétentieux, non ?” écrit François — ça va au-delà de ça : c'est hallucinant (je n'avais pas vu ça (pas vu non plus le tombeau de Cortazar, pourtant il m'en avait parlé))), etc.
La semaine dernière, après un très agréable déjeuner aux Olympiades, nous avons donc écumé — mais pas assez — le cimetière du Montparnasse à deux-cent-cinquante bornes de ma maison, et j'ai dûment photographié cette tombe de Marguerite Duras, avec ce pot de fleurs et sa centaine de stylos et feutres ; en revanche, je n'avais pas vu qu'y était aussi enterré Yann Andréa, dont je n'avais pas su qu'il était mort (mais toute cette partie du mythe Duras m'a toujours laissé assez froid, l'avouerai-je).
François a filmé le tombeau de S.B., dont il pense qu'il n'est pas le plus visité... Et si, tout simplement, il était, vu où il se trouve, plus balayé par les vents ? Ou si les hommages qui y étaient déposés, comme le mien mercredi 6 avril, étaient si modestes, le fait de beckettiens si inadaptés à la durée, qu'ils s'envolaient tous promptement ? En tout cas, le mien n'a pas tenu ; je l'avais glissé sus le plus gros caillou que j'aie pu trouver aux environs, et ça ne pesait pas bien lourd.
J'avais écrit, au dos d'une facturette
MORE PRICKS THAN KICKS
À ne pas renier.
08:09 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 09 avril 2016
Léo & Pipo dans le rétro
Ce matin, en allant récupérer la voiture à Charenton (et j'en profite pour recommander très vivement le site Néoparking, qui nous a permis de garer notre véhicule pour 7 jours tout près de notre logement parisien pour 41 euros), j'ai photographié, comme samedi dernier, un des nombreux pochoirs reproduisant une citation de Camille Claudel, et qui émaillent (recouvrent ? décorent ? (peut-on émailler un trottoir ?)) le trottoir qui mène de la porte de Charenton au métro sis sur l'avenue de Paris.
Au retour, en voiture, sur la rue qui porte le nom de la fondatrice — ainsi que je l'ai appris cette semaine — du Planning familial*, j'ai vu (et également photographié) un mur que décorent deux œuvres de street art, toutes deux immédiatement identifiées par ma mère. La plus réussie des deux est donc l'œuvre du duo, fort connu semble-t-il, Léo & Pipo. Le smartphone ayant publié automatiquement la photographie en indiquant l'heure de la prise de vue, j'ai pu constater que j'avais raté d'une seconde la perfection : il était 9 h 09... et 10 secondes.
17:51 Publié dans BoozArtz, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 04 avril 2016
Eaux
Des douches qui durent...
Dans cet immeuble, la moindre lessive, la moindre douche, la moindre cagade donne lieu, s'écoulant des étages supérieurs, à de véritables niagaras dans les canalisations. Aussi, on est heureux que la rue ne soit pas trop passante, ni bruyante, attendu que les deux chambres exiguës donnent sur la rue, et qu'il n'y a que du simple vitrage.
C'est aujourd'hui que j'aurais dû composer, aussi, des quatramways, entre Maryse-Bastié et Porte Dorée, puis au retour, en fin d'après-midi. Je pourrais, dérogeant à la règle d'écriture simultanée, les composer rétrospectivement.
J'ai appris le nom de la fondatrice du Planning familial.
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dimanche, 03 avril 2016
Première couronne
L'avenue de Paris, au Kremlin-Bicêtre, est le sosie de celle de Charenton-le-Pont, la citation de Camille Claudel en moins et le supermarché portugais en plus. Chassés d'une aubette, les dealers ont désormais pris le parti d'occuper les devantures des commerces, en face.
On peut avoir une dent contre ce genre de textes. Vous essaierez d'écrire, vous, avec un lave-linge pour écritoire, et penché, voûté, le dos endolori.
21:45 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 28 février 2016
“avec encore des puzzles, et un géranium indifférent”
François Bon a publié aujourd'hui une vidéo, tournée en Auvergne, où il se trouve pour une quinzaine.
Dans cette vidéo, il lit le premier état d'un texte en cours sur les livres perdus ; le film, de neuf minutes, s'intitule Récrire un fichier perdu.
Comme toujours dans son vidéo-journal, il ajoute des surtitres, brèves notations expliquant ce que l'on voit à l'image, ou commentaires subjectifs. Ici, le caractère discrépant m'a particulièrement frappé. Sans doute y suis-je très attentif car la rencontre du concept de discrépance, quand j'ai dévoré les œuvres théâtrales et théoriques d'Isidore Isou, en 1995, m'a durablement marqué.
Ce qui me frappe, c'est qu'il devient difficile — au fur et à mesure que François Bon filme les pièces du gîte, tel ou tel objet insolite, telle porte ouvrant sur le vide, et qu'il y ajoute ses lapidaires légendes — de se concentrer sur le texte qu'il lit, pourtant essai sur un sujet qui m'intéresse. L'esprit n'est pas seulement partagé, divisé entre l'image et le son, qui sont en décalage (discrépance), mais aussi entre la forme de l'essai lu (prose théorique) et les légendes, qui s'apparentent souvent à des sortes de haïkus en vers libres. Le mien, d'esprit, a fini, au premier visionnage, par n'être plus happé que par le gîte et les notations en légende.
Heureusement, on peut relancer la vidéo...
Deux autres éléments, plus personnels, peuvent expliquer ma distraction :
- souvenirs (excellents) de notre séjour dans le Cantal, à Pâques 2014, dans le château de Jussac
- quand je regarde les vidéos de François (toutes), je me retrouve vite à tenter la traduction simultanée des légendes... ce qui n'est pas gênant quand le vlog ne propose que les images animées et les légendes [Je vais sans doute donner prochainement un extrait d'une des vidéos de François à traduire dans la partie “improvisation” de mon cours de thème de troisième année.]
▓▒░░▒▓▓▒░ Plusieurs fois, depuis un an et demi j'ai tenté de faire des billets de vlog, mais, outre que je ne prends pas le temps de travailler tout ça dans WMM, ma connexion est si lente qu'une mise en ligne sur youTube prend deux plombes pour un fichier de 8 minutes. ▓▒░░▒▓▓▒░
mercredi, 24 février 2016
pays perdu oui
Hagetmau, 14.02.2016.
oui est un pays plaisant
au soleil de ce dimanche
le ciel découpé sous la branche
c'est la parade des ans
oui est un pays perdu
trouant votre coudée franche
le froid est là la neige est blanche
à nier ce qu'on a mordu
oui finit en oraison
c'est un pays sans saison
on ne sait pas ce qui le ronge
& dans vos cœurs mal embouchés
oui est fait de mots couchés
pour les poisons des oronges
22:12 Publié dans Gertrude oder Wilhelm, Hors Touraine, Sonnets de janvier et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 18 février 2016
Hors tout
11 février
6 h 55
Le vent souffle fort. Dans l'âtre crépite de temps à autre, timidement, la bûche calcinée d'hier soir. Le café passe. Sur la route, aussi camions et voitures, à toute allure.
9 h
Le jour a fini par se lever. Gris mêlé de bleu très clair au fond, route de Poudenx.
Je n'ai pas faire suivre assez de lecture, sans doute dupé par les quelques livres de C.G. Déjà lus et que j'ai apportés pour ajouter quelques textes aux Larcins.
Ce n'est pas grave : il y a plusieurs livres, ici, dont je ne cesse de différer la lecture.
Tout à l'heure, écrit trois textes pour Artois, à moi, assis dans le canapé, jambes allongées sur la table basse, le coussin bleu entre mes cuisses et le laptop. Cela m'est plus facile, ici, que de chercher à poursuivre 16 en 16, tâche déjà assez compliquée. En revanche, j'ai échangé, sur FB, autour de la forme de la marelle. Si je prends, ces jours-ci, quelques notes pour cette affaire de marelle, ce ne sera déjà pas mal.
14 février, 6 h 40
Levé depuis 4 h du matin, j'en ai glissé deux mots sur FB, mais pas de spectre, je suis plus fort que ça. Hier, pas écrit une ligne pour les blogs, mais, à l'aube, une retroensa pour les 71 ans de mon père.
16 février, 8 h 45
Hier matin, dans le laps d'insomnie entre la fin de nuit et l'aurore, j'ai écrit 3 sonnets et 1 rotrouenge. Ce matin, rien. Lu la presse, divers billets de blogs. Hier, rien écrit non plus dans ces carnets. Aujourd'hui, nous allons “rendre” à la médiathèque les livres empruntés, dont Barroco tropical, fini de lire hier à quasi minuit. Ce matin, Burgaudeau étant en congés pour une semaine, j'ai acheté les croissants et les chocolatines – après avoir dû me préparer à dire “chocolatines”, comme je suis aliéné – chez un autre boulanger. Il fait -1° dehors, et 2° dans le garage. Nous allons passer une partie de la journée à Pau. Grand ciel bleu écorné par le volet arraché, au premier étage du taudis d'en face, sur le carrefour.
17 février, 8 h 25
Le buste de Néfertiti demeurera, ainsi sans doute que cette bille tombée par terre, ou les cadres photos au mur, mais bien d'autres objets ici sont plus fragiles : les chaises de la salle à manger qui se déglinguent les unes après les autres, le petit fauteuil en mousse dans lequel O*** ne s'assoit plus depuis déjà plusieurs années mais dans lequel la chatte a décidé de faire, cette semaine-ci, ses siestes et ses nuits, les sandales défoncées que je laisse traîner dehors pour les fois où je dois faire quelques pas, jusqu'au bûcher ou jusqu'à la boîte à lettres, la chemise rouge pâle même que je porte et que je tiens de mon beau-père et que je portais déjà le 27 février 2008 à Sauveterre.
22:40 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 15 février 2016
3 phrases
Le jour jette ses derniers feux.
La promenade sous le vent glacial, par Saourine, a vu rouler la discussion sur l'Islande et l'Angleterre.
Le feu, par la grâce de l'âtre gigantesque, suffit à chauffer la maison, grande pourtant.
18:15 Publié dans Chèvre, aucun risque, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 30 décembre 2015
Méthanes
23 décembre 2015 / 7 h 15
Ce matin, levé plus tard que les trois matins précédents, cette fois-ci réveillé par la chatte (mais enfin, j'étais à moitié réveillé), après l'avoir menée au garage et lui avoir ouverte le portail, après avoir écrit le sonnet quotidien, j'allume exceptionnellement cet ordinateur – celui de mon fils aîné, que l'on fait suivre, pour qu'il serve plus ou que le mien serve moins, se repose à Tours – avec dans l'idée de noter deux ou trois choses.
Il fait très doux, ce Noël. On sait qu'une énorme fuite de méthane s'échappe d'un gouffre, hors de tout contrôle, en Californie, tandis que les incendies indonésiens auront été (et dont encore) une des pires catastrophes environnementales de ces dernières décennies. Tandis que tout le monde semble s'en désabuser, je suis, impuissant, de plus en plus convaincu qu'on va vraiment voir tout périr, nous, notre génération... mes premiers – exécrables – poèmes, quand j'avais douze ans, ne parlaient presque que de ça.
Il fait une douceur terrible, donc.
10:59 Publié dans Gertrude oder Wilhelm, Hors Touraine, Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (5)
mercredi, 23 décembre 2015
Matin à Hagetmau / Trois quatrains conversationnels.
Moi, pour me faire un chignon,
Ce n'est vraiment pas de la tarte.
J'ai vu Christophe Avignon
À la boucherie Labarthe.
******
Au secret dans un classeur,
Sonnets de Jean Cassou !
Ziama est la sœur
Cadette de Sakassou.
*******
Dis, c'est quoi, ce chien
Gros comme un lemming ?
Les Hagetmautiens
Font du yarn-bombing.
10:10 Publié dans Hors Touraine, Quatrains conversationnels | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 16 novembre 2015
“envolée des lycoperdons”
24 octobre
envolée des lycoperdons
la poussière dans le vent grise
près des sacs verts formant la frise
où s'écrivent d'autres fredons
en feuilles la mousse comprise
et ce qu'au brouillard nous perdons
souvenir de nos édredons
s'envole en vesse sous la brise
pour rien de ce qui nous concerne
(ratissages dans la luzerne)
klaxons en pouêt tûût & honk
accompagnent cette poussière
comme un pianotage de Monk
à l'embrasure carnassière
21:34 Publié dans Hors Touraine, Sonnets de janvier et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 12 novembre 2015
Le slip, le buzz et les gogos
Enfin, rien de glorieux. C’est petit, il en faut beaucoup : l’homme rapporte pour les manger un sac d’oiseaux morts. Mais c’est comme insulte au monde : insulte à tout ce qui ne va pas dans le monde. Sa pelle, à ce vieux beauf, c’est sur notre tronche à nous tous un par un qu’il l’a balancée. À part que, dans le monde d’aujourd’hui, il y a toujours quelqu’un pour vous photographier au mauvais moment.
(François Bon, “homme en slip avec une pelle” —11 novembre 2015)
Quoique j'aie réagi le jour même des graves incidents qui se sont produits à Audon, dans les Landes, sur les réseaux sociaux mais aussi dans la rubrique des commentaires du quotidien Sud-Ouest, je me suis interdit de publier trop à chaud sur le sujet du braconnage et des gens qui donnent coups de pelle ou de pique comme à la parade. Bien m'en a pris, car, dès lundi, le riverain en slip a fait le bonheur des réseaux sociaux, amateurs de détournements et autres photoshoppeurs... au point, hélas, d'occulter en grande partie la gravité du problème et l'essentiel du débat.
Qu'on ne se méprenne pas, plusieurs des détournements m'ont bien fait rire, et j'ai trouvé assez réjouissant que soit ainsi révélée à des millions de gens l'ineptie de ces prétendus “chasseurs traditionnels”. Toutefois, la rigolade l'a, comme souvent, emporté sur la réflexion, au point que de nombreuses voix se sont maintenant élevées pour dénoncer le “parisianisme” des défenseurs de la nature, ou le “coup médiatique annuel” de Bougrain-Dubourg, en des termes qui rejoignent d'ailleurs, très souvent, le vieux fond rance de la “France d'en bas” version Sarkozy, voire l'antieuropéanisme et l'antiélitisme dont le Front National, entre autres, fait ses choux gras. Je comprends tout à fait qu'on puisse critiquer la “bien-pensance” de tel ou tel organe de presse, et par exemple d'un programme mélangeant divertissement et information comme Le Petit Journal (et qui m'exaspère plus souvent qu'il ne m'amuse).
Toutefois, il ne faut pas, pour être du côté de ceux qui vont à l'encontre de la “bien-pensance”, se mettre à mal penser, et j'entends par là : penser de travers, ne pas s'informer, avoir des avis tranchés sans examen préalable, se cantonner dans l'ignorance, arrêter de penser. Dans sa chanson sur les bobos, Renaud s'en tirait par une pirouette : « je fais peut-être partie du lot...» Et, de fait, s'il est souhaitable de ne pas s'interdire de critiquer la superficialité de certains modes de vie (bobos ou hipsters, si je suis à peu près la tendance actuelle) ou le caractère systématique de certains modes de pensée (la fameuse bien-pensance), il ne faut jamais s'interdire non plus de réfléchir.
Donc, pour en revenir à l'homme au slip, rétablissons quelques vérités. Tout d'abord, cet homme en slip n'était pas seul. L'ensemble des images (fixes et animées) montrent qu'ils étaient quatre, dont deux armés d'outils de jardinage potentiellement très dangereux. Le détourage, en supprimant, pour d'évidentes raisons techniques (le réemploi de la silhouette à la pelle dans les images retouchées), ces trois acolytes, a débouché – même inconsciemment, même pour ceux qui se sont moqués de lui ou de sa brutalité – sur l'image d'un homme seul... seul face à plusieurs militants anti-braconnage accompagnés de journalistes. Détourage qui a détourné l'attention en suscitant indirectement une image de cavalier seul. (Il n'est d'ailleurs pas impossible que, si moquée qu'elle ait été, sa demi-nudité n'ait semblablement débouché sur l'idée que cet homme seul était humble, dans le dénuement ; ne dit-on pas de quelqu'un qui a tout perdu on lui a pris jusqu'à son slip ?)
Ce cavalier seul est vite devenu, dans pas mal de sites d'extrême-droite (mais non strictement tels), chevalier des démunis ou de la ruralité face à la réglementation, Bruxelles, que sais-je... Après le chevalier au lion ou le chevalier à la charrette, voici le chevalier à la pelle, nouveau Bayard sans peur et sans futal. Comme pour les désormais fameux bonnets rouges, le tour de passe-passe, sémiotique autant que sémantique, viserait à faire passer pour des opprimés une petite caste de nantis refusant de se soumettre à la loi commune.
Interrogeons donc l'image de cet homme en slip et muni d'une pelle. Cet homme — qui (je l'écris afin de mettre fin à l'éternel argument de la violation de propriété privée) sort de chez lui, au lieu d'alerter les gendarmes, pour en découdre à coups de pelle avec un intrus pacifique entouré de journalistes — représente surtout une frange de braconniers dans l'illégalité : les pinsons (dont plusieurs individus ont été relâchés ce matin-là par les défenseurs des oiseaux) sont une espèce protégée, et le mode de piégeage à l'appelant est prohibé depuis plus de trente ans. Même sempiternelle histoire que pour les ortolans à la fin de l'été : espèce protégée en net déclin, braconnage à plusieurs niveaux, complicité des pouvoirs publics (il n'y a qu'à lire les incartades du boss Emmanuelli sur le sujet) et, souvent, de la force publique. L'homme au slip ne représente donc pas les pauvres faisant face à l'intrusion de la France d'en haut, mais la violation, réitérée depuis des décennies, du droit commun. De surcroît, bien de ces prétendus “chasseurs” revendent les oiseaux piégés illégalement sans déclarer leurs revenus (ça va sans dire), mais tout en bénéficiant, pour leur activité principale (agriculture), de subventions abondantes. Le “chasseur traditionnel” est donc, le plus souvent, ce qu'on nomme un trafiquant. Moi qui ai vécu seize ans dans les Landes et qui y retourne très régulièrement, je peux témoigner qu'on ne compte plus le nombre de menaces de morts, de dégradations de véhicules ou d'habitations, de pressions sur les élus pour que l'État ferme les yeux sur le business, ou de pressions sur les voisins pour que perdure l'omerta lorsque des journalistes viennent poser des questions.
Ainsi, ce genre d'individu ne devient pas plus ou moins sympathique d'avoir fait le buzz — à l'instar de Nabilla jadis ou de Serge le lama naguère — ou d'être la cible et la risée des “bobos”. Les défenseurs des oiseaux sont contraints d'en venir à des actions plus spectaculaires, dans la mesure où presse locale et autorités ferment les yeux, font durer les procédures, enterrent les affaires... Si un dealer de cocaïne accueille en slip avec un nunchaku, dans son appartement, un militant anti-drogues accompagné de journalistes, cela ne fera rire personne.
L'analogie est biaisée, je le sais : les dealers de cocaïne ne touchent pas des aides de l'État et de l'Union Européenne.
Si j'en risque une autre, celle avec le bijoutier de Nice qui avait défrayé la chronique et suscité une page de soutien pas vraiment exempte d'arrière-pensées politiciennes, ça ne marche pas non plus : Bougrain-Dubourg et ses proches n'étaient pas des cambrioleurs, et vendre des bijoux est autorisé en France.
Donc, pas d'analogie. Il faut penser ce dossier, cette histoire, dans toute sa vérité particulière, et on verra que, même si les braconniers sont défendus (comme il est normal, dans une démocratie, que tout le monde le soit), leur “combat” est — du point de vue de l'intérêt général, des libertés individuelles et de la morale — tout à fait indéfendable.
C'est sans doute une posture commode et d'être hostile à la bien-pensance et aux médias, encore faut-il ne pas tomber dans l'excès inverse et donner systématiquement raison aux hors-la-loi et aux poujadistes. Par ailleurs, ceux qui n'arrêtent pas de de dire que “Bougrain-Dubourg va faire un coup de pub une fois l'an et n'agit pas sur le reste du dossier” sont des ignares ou des manipulateurs. La L.P.O. agit pour toute la biodiversité, toute l'année, non seulement contre les braconniers qui zigouillent des centaines de milliers d'oiseaux protégés mais aussi contre les pesticides, l'urbanisme, la bitumisation et les projets pharaoniques aussi coûteux qu'inutiles (N.-D. des Landes, LGV...).
On le comprendra, j'en ai un peu assez de tous les ignares qui, découvrant une affaire à la faveur d'un buzz, prétendent, sans plus de renseignements, défendre la “France d'en bas” et faire d'un braconnier en slip la Liberté guidant le peuple des temps post-modernes, alors que cette clique est indéfendable.
19:56 Publié dans Hors Touraine, Indignations | Lien permanent | Commentaires (5)
mercredi, 04 novembre 2015
Insectes.
Il y a trois ans, presque à l'heure près, j'apprenais — à Arzacq, of all places — la mort de mon grand-père maternel.
Je pourrais raconter des quantités d'anecdotes à son sujet, mais, pour poser aujourd'hui une pierre à sa mémoire, je rappellerai seulement qu'il m'apprit un jour, en me montrant un perce-oreilles vivant dans sa main, le mot forficule, et qu'un autre jour, il m'apprit que chiure de mouche était un pléonasme, étant donné qu'une chiure désigne spécifiquement un excrément de mouche.
16:31 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 30 septembre 2015
“ombre grise de l'accenteur”
Hagetmau, 4 août 2015.
ombre grise de l'accenteur
furtive derrière des ronces
un chevreuil au poker menteur
jappe 43 semonces
toujours courir avec lenteur
où dans la chaleur on s'engonce
l'ombre s'éclaire l'ombre fonce
feu follet des pois de senteur
les ronces grifferont le deuil
dans la peau comme à un chevreuil
le faux moineau offre une esquisse
humble discrète sur le seuil
l'ombre s'attarde l'ombre glisse
sur la page bon pied bon œil
13:13 Publié dans Chèvre, aucun risque, Hors Touraine, Sonnets de janvier et d'après | Lien permanent | Commentaires (3)
dimanche, 03 mai 2015
Ou / où
Beclers.
Je suis en train de lire — en vitesse, franchement — le bref roman de Jacques Gélat, Le traducteur. C'est une véritable déception : le récit n'a rien de surprenant, l'écriture est conventionnelle, le narrateur un cliché de parisianiste sans épaisseur. Tout cela n'a pas beaucoup d'importance, mais deux choses méritent d'être notées ici :
* Comment un écrivain français doté de quelques prétentions intellectuelles peut-il choisir d'enfiler autant de poncifs sur les “dictateurs africains” en 2006 ?
* Même pour un texte aussi bref, il semble que les éditions José Corti aient renoncé à s'associer les services d'un relecteur, ou aient fait ce travail par-dessous la jambe. À deux pages d'intervalle, j'ai trouvé deux fautes, toutes deux graves, la plus ennuyeuse étant la seconde car j'ai failli ne rien comprendre au passage en question :
— « une indignité que je n'aurais pas soupçonné alors » (p. 85)
— « Malheureusement, l'oubli ne se décrète pas. Seul le temps où d'heureux événements jouent en sa faveur. » (p. 86)
Ayant lu ce où comme un où, j'ai relu plusieurs fois, songeant qu'il manquait la principale.
06:54 Publié dans Affres extatiques, Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1)
jeudi, 19 mars 2015
Bribes d'un voyage
23:00 Publié dans Autoportraiture, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 06 mars 2015
Le cul de Judas
Comme, me semble-t-il, le dernier livre de Lobo Antunes encore inédit en français vient d'être publié et comme Lobo Antunes a dit qu'il n'écrirait plus, il me reste tous les premiers à lire, une bonne dizaine qui ne sont, pour moi, à ce jour, que des titres.
À la librairie Campus, j'ai donc acheté – avec Au bord des fleuves qui vont – ce fameux Cul de Judas, dans la collection de poche des éditions Métailié, et je suis en train d'en achever la lecture. Ce qui frappe le plus, bien sûr, c'est le caractère encore très lisible, très normatif, des chapitres ; pour résumer, on pourrait dire que Lobo Antunes faisait encore des phrases, structurait paragraphes et chapitres d'une manière, sinon conventionnelle, du moins beaucoup moins chorale qu'ultérieurement. Mais ce qui a le plus changé, dans l'esthétique de Lobo Antunes, c'est l'accumulation de références explicites, à des poètes, des poèmes, des tableaux, des peintres, des écrivains, des scènes mythologiques. La relation entre le narrateur et sa narrataire est également plus explicite, de même que la critique politique et historique.
On n'a pas l'impression, pourtant, de lire une esquisse, ou un croquis préparatoire. C'est quasiment un autre art, une autre langue, un autre regard – pour des obsessions déjà semblables. Peut-être est-ce un texte très largement autobiographique ; peu importe, en un sens : c'est un texte autobiographique du Portugal, d'une génération portugaise, comme tous les grands romans d'Antonio Lobo Antunes où semble s'entendre, de façon chorale, toute une génération irradiée d'une voix pourtant si singulière.
Un des motifs (mots, si l'on suppose que la traduction est scrupuleuse) les plus inattendus est celui de l'orbite, des orbites.
09:59 Publié dans Hors Touraine, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 02 mars 2015
Domme ou l'Occultation
Au cul de mon bol breton, à Saintes, le bol à mon prénom et que je retrouve car mes parents ont commencé à récupérer des bricoles dans la maison, mise en vente, de mes grands-parents, au cul donc, disais-je, “Domme” est inscrit. Or, je pense que la première fois que j'ai lu, en en gardant un souvenir, le nom de Domme, c'était dans l'appartement de Claire, à Talence, parmi les milliers de livres de ses hôtes, avant qu'en 1995 nous ne visitassions Domme avec Cyril – nous y sommes retournés avec les enfants au printemps 2011, et de nouveau en avril 2012. Ainsi, ce nom était inscrit au cul d'un objet que j'utilisais enfant à chaque séjour chez mes grands-parents paternels, et je n'en savais rien ; un bol breton périgourdin, aussi, quel sens cela a-t-il ?
08:47 Publié dans Blême mêmoire, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 02 janvier 2015
Des insanités
En miroir, du 29.12 au 02.01.
Hier encore trois allers retours à la déchetterie : sacs de feuilles sacs de feuilles.
Aujourd'hui normalement je m'attaque aux huit petits saules penchés à 40° depuis tempête (de 2010 ?).
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Paper. Diapason. Graisse des ténèbres.
.
Le verre cathédrale mange sa propre lumière, tiens ça y est pas pu m'empêcher d'écrire des insanités.
L'enclos, avec ses chèvres ses oies ses tas de ferraille ses restes de vieux pneus ses poules ses chats ses gamins en quad —— là où avant (pas jadis ni autrefois : avant) se trouvait un petit bois si joli, si mystérieux, si tendre au regard (et à la mémoire).
La crevaison → juste à temps chez Morès, à regarder le jeune type clopant, juché précairement sur une palette à trois mètres au-dessus du sol, à dévisser les lettres rouillées.
19:49 Publié dans Blême mêmoire, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 14 novembre 2014
Neuf distiques ribéryens : un tigre en pleine Beauce
Golri-je très beaucoup comme qu'à Montévrain
On mettut un tigre dans le moteur du train.
Comprendu-je ne pas s'appelont Chanteloup
Si que s'il y ont un tigre en fait et pas un loup.
Affolé-ce beaucoup comme à Marne-et-Gondoire
Tout ça parce on a visu d'un tigre mâchoire.
On a dur de pique un sprint à Serris ou Lesches
Sauf que d'avoir un gros tigre à la con au derches.
Hugo m'est dit à moi ç'a de Proust bien Guermantes
Même si j'a mordu la mâchoire écumantes.
Capté-je trop pas bien que mes vers on dénigre
Si qu'est-ce que j'écrivus des distiques de tigre.
On a glouglou Melun se calquer au picrate
Si qu'en sortant du bar voit le tigre et l'Euphrate.
Pas avec du Bouillon qu'on l'attraperont, bigre,
S'il a télévisé la brigade du tigre.
Comprendu-je ne pas pourquoi est-ce qu'en Beauce
Un tigre a échappé, bien s'il n'ont pas de bosse.
09:02 Publié dans Chèvre, aucun risque, Distiques ribéryens, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 09 novembre 2014
Juillet 2012
Même le dictateur, on le traitait de bouffeur de prunes.
Ponçage, lasure... et toujours tronçonneuse. Vive les vacances.
pas de piscine pas
de pieds manucurés juste
un vent d'enfer & du
bûcheronnage
Maison sans télé ni internet.
Donc toute la journée : tondeuse - sécateurs - tronçonneuse. Gentleman farming mes nèfles.
J'hésitais, pour égayer mon été, entre attraper un coup de soleil à Etretat et emballer une méduse à Saint-Jean Cap-Ferrat.
12:29 Publié dans Blême mêmoire, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 07 novembre 2014
Dans le Mâconnais
25 août
Dimanche aux oublis
Dimanche aux ombres
Corps gaufré papier pelure
Dimanche à plier des mémoires
À peupler les nuages
Dimanche dérisoire
30 août
Les gens de ce côté de la rue doivent préférer ces jours de pluie, on n' entend quasiment plus l'autoroute. Mais pluie oblige la lessive étendue hier soir n'a pas séché, tu useras du grille-pain dit l'un des commandements d'ici. Péage sonore pour tout un chacun.
12:42 Publié dans Chèvre, aucun risque, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 01 novembre 2014
Rond-point de la Chaise. Lundi 27 octobre 2014.
J'ai donc fini par me lancer et par proposer un pâle hommage au très beau projet de François Bon, Tours en 80 ronds-points / la littérature se crie dans les ronds-points.
Bien sûr, mon hommage reste cela, donc pas un strict décalque, notamment parce que je n'ai pas le quart du talent de François Bon, et pas le dixième de son énergie.Très entre autres, je ne proposerai pas la plupart de ce qu'il fait, lui, dans son dispositif : pas filmé la circulation depuis le rond-point, pas inhumé de livre, etc.
Cela faisait quelque temps que me trottait dans la tête l'idée d'un petit tournage sur le rond-point de Chalosse, à Hagetmau, ainsi dénommé bien qu'il soit désormais connu sous son autre nom, rond-point de la Chaise. Prenant cette chaise géante comme point d'ancrage, j'avais d'abord songé à lire un extrait de Gargantua, ou, différemment, à lire un extrait d'un des plus grands formats ici présents (Géographie de Reclus, Vie de Saint Louis, ou certains Dumas dans le format relié sous pleine peau qui nous viennent d'on ne sait où).
À ce stade, une précision : la maison de Hagetmau est une demeure de vacances, où nous n'avons ni téléphone ni télévision ni connexion Internet. Nous n'y avons qu'un assemblage hétéroclite de livres, pas mal de laissés-pour-compte, des délaissés, des entassés, odds and ends – de sorte que je n'ai pas, très entre autres, la moindre ligne de Rabelais. Je me suis dit qu'au fond cela faisait partie des contraintes et ai jeté mon dévolu sur un Sarraute resté ici parce que le Pléiade étant à Tours, celui-ci faisait doublon. Et surtout parce que, en fin de compte, me filmer à Hagetmau en train de lire un texte – quel qu'il soit – à haute voix revient à célébrer ce hic et nunc ; constatez-le par vous-mêmes, combien de fois déjà ai-je, ici même, écrit « ici » ?
Donc Ici s'imposait.
Quelques mots sur le rond-point.
Il n'est orné de cette gigantesque chaise que depuis huit ou neuf ans. L'objectif était de célébrer l'activité industrielle qui symbolise la cité de Hagetmau, et qui a employé jusqu'à 1.400 personnes ; ironie, la quasi totalité des usines ont mis depuis la clé sous la porte, faisant même de cette commune d'à peine cinq mille habitants la commune la plus sinistrée de l'ère Sarkozy-Fillon, et celle avec la plus forte augmentation du taux de chômage. À en croire la quantité de maisons à vendre, entre autres signes, la sinistrose n'a pas dit son dernier mot.
L'extrait que j'ai choisi de lire n'est pas seulement un de mes textes préférés de ce volume écrit par Sarraute à presque cent ans (et je songe à ma grand-mère paternelle, qui aura 100 ans, justement, dans douze jours), mais aussi parce que le nom d'Arcimboldo offre ce subtil mélange entre la nature (agricole, fruitière) censée caractériser la Chalosse et la τέχνη, l'œuvre humaine, dont on voit, sur la série de photographies prises autour du (et depuis le) rond-point, qu'elle est ici (et en fait, partout dans les Landes, une des régions de France les plus salopées par le foisonnement des hangars et des panonceaux les plus dégueulasses) omniprésente. On le voit nettement. Ce que j'ai choisi de montrer, aussi, c'est que les déchets vont par deux, qu'il s'agisse de bananes ou de canettes de bière : là encore, nature et τέχνη — je n'ai rien manigancé.
Tandis que, à peine parvenu sur le rond-point lui-même, je posais au sol, près d'un des tapis de galets, la chaise en plastique rouge dont je comptais me servir pour poser l'appareil photographique (on ne fait pas plus amateur que moi), un type, la soixantaine, qui passait sur le rond-point, vitre baissée, m'a lancé ce qui me semble être la quintessence de l'humour gascon : « Eh, faut garder la chaise rouge, là, hein, l'autre elle vaut rien ! » — J'étais parti pour assumer ma lecture à la face du monde (!), ἕξις plutôt qu'ὕϐρις.
.
...
Ensuite, pendant les presque six minutes de lecture filmée, j'ai constaté qu'il y avait facilement trente poids lourds (ce qui pourrait faire une moyenne de 300 par heure, pas mal pour de prétendues « zones rurales ») mais n'ai pas remarqué qu'on me hélât ou tentât de me déconcentrer. Les champignons, en revanche, sur le tronc près duquel j'avais garé ma voiture, proposèrent un point final provisoire à cet échange entre le siège géant et l'arcimboldo miniature.
(En bonus : les 33 photographies en tous formats sur ma galerie Flickr.)
Ajout du 3 novembre : mon père au pied de la Chaise, l'été dernier, et saisi par ma mère en train de la photographier (la Chaise, pas ma mère (aaaaaaargh)).
Uzis
donc à Uzès
un pataquès
à Uzel
visage rimmel
comme à Uzeste
juste un zeste
de soir serein
à Uzein
mais ton air faux-derche
à Uzerche
ou à Uzer
devait m'user
sans lendemain
pour Uzemain
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12:22 Publié dans Chèvre, aucun risque, Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Mirlitonneries métaphotographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 31 décembre 2013
Le Prétexte Sylvestre
Le camion d'éboueurs vert remonte lentement, dans l'obscurité, le bras gauche du V qui me fait face, un peu moins de dix minutes après qu'une ambulance l'eut descendu, s'arrêtant au feu rouge, ouf, rien d'urgent. Des bus quasi vides se croisent à ce même endroit. L'autre rue, qui forme même, en se prolongeant par-delà le boulevard, à ma gauche, la branche d'un X, connaît beaucoup moins de trafic.
Entre la cabine téléphonique (double) et le conteneur vert pour le recyclage du verre, deux clochards se rabibochent.
Des gens passent, sous des parapluies.
Personne n'entre dans la brasserie, ni n'en sort.
Du bus est descendu, tout près des deux clochards, un très grand jeune homme qui portait un chapeau un peu archaïque, vert bouteille m'a-t-il semblé.
Chacun des deux clochards va son chemin.
Bien que ce soit le 31 décembre, une lumière s'est allumée, à huit heures précises, au premier étage du lycée trapézoïdal.
Un bus accordéon passe, précédé d'un autre, qui arbore une publicité idiote -- LES HITS TRES HOTTE. Les lampadaires éclairent aussi cette jeune fille pressée, et chargée, en imperméable, avec son sac à dos jaune clair et son gros carton blanc, qu'elle porte à l'aide d'une poignée, de la main droite. On ne voit plus les clochards, et, devant le kebab fermé, il n'y a plus de baston.
Incroyable, le nombre de fourgonnettes (ambulancières ou non) qui descendent le bras gauche du V ; presque toutes doivent attendre au feu rouge avant de poursuivre leur chemin. (Les bus, non ; certains passent directement.)
Au-dessus de la brasserie, au premier étage, une lumière s'est allumée derrière les rideaux de voile. On devine une présence, une figure, quelqu'un qui va de pièce en pièce, à pas pressés -- réveil tardif ? recherche frénétique d'une paire de chaussettes introuvable ? danse originale au rythme d'une musique commerciale ?
Dans la brasserie au nom idiot, des clients commencent à occuper les places près des vitres. L'autre brasserie, que je ne vois pas (je serais obligé de me lever toutes les trente secondes), sert de prétexte à cette page. Un bus passe, un autre camion d'éboueurs.
08:14 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 19 mai 2013
Un kavalier kaki
Un cavalier dans un aéroport attend que les ailes d'un oiseau au gracile fuselage lui ouvrent la voie. Un an de plus pour l'animal dont l'âme outrepasse tout zénith !
Aboo Din lashed them mercilessly and drove them into the jungle, where he followed on his hands and knees. ——— Toutefois, nous fûmes à Copenhague, à passer la nuit, trois fois déjà, notez-le bien.
Le fjord n'est même pas verdâtre, Guillevic écrit cromlech. ——— Sous la belle lumière dorée de cinq heures du soir, nous quittons le village enchanté, pour nous acheminer vers les montagnes du fond, en traversant le plateau paisible et pastoral que l'on dirait fermé de toutes parts.
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Taa jääpi niemi kuusimetsineen
ja käki toraisine rouvineen.
(Aaro Hellaakoski)
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04:20 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, PaperPestPaste | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 10 mai 2013
Retour de La Rochelle
Je me gave de café, et la mi-mai s'annonce morne : ce matin, vent et fraîcheur — au point que le chauffage prolonge, depuis une bonne heure, son agaçant ronronnement. Les prévisions vont dans ce sens : au mieux, soleil couvert ; au pire, averses par intermittences (giboulées, je suppose, comme hier sur la route).
Nous sommes rentrés hier après-midi d'une visite express à La Rochelle ; le lycée de C. n'étant pas fermé aujourd'hui et demain, il n'y a pas eu, comme dans les autres établissements scolaires (pour lesquels, d'ailleurs, ces jours chômés sont totalement injustifiés), de viaduc. Nous avons montré aux garçons la vieille ville, ses rues à arcades, le port avec les quatre tours — nous avons même pu visiter la tour de la Lanterne (dite aussi des Quatre Sergents (j'ignorais totalement cet épisode de la Restauration)), qui les a fortement impressionnés. On ne peut que regretter que la sottise de précédents visiteurs contraigne les Monuments nationaux à ne permettre de voir les graffiti les plus anciens ou les plus beaux que sous des plaques de plexiglas.
Hier matin, nous avons sacrifié au pélerinage inévitable de l'Aquarium (que nos hôtes, H. et J., rochelais absolus, n'ont jamais visité depuis sa migration et son agrandissement), et Alpha le zoomane a dû admettre, après la visite, que c'était tout à fait décevant, surtout par rapport à tout le schbrountz fait autour de cette institution. Comme lui, je maintiens que l'Océarium du Croisic, et même l'Aquarium de Biarritz, sont supérieurs ; je n'ai pas de souvenirs assez précis de Brest. C., elle, milite pour Boulogne, mais elle est la seule de nous quatre à s'y être rendue.
Pourquoi l'Aquarium de La Rochelle est-il décevant ? tout d'abord, il est gavé de peuple. Je n'ai jamais rien visité dans une telle cohue (même l'exposition Daumier du Grand Palais, de sinistre mémoire), qui nous a contraints à ne même pas tenter de voir certains aquariums. C'est sans doute pour cette raison que nous n'avons pas vu de poulpes. Certes, c'était le jeudi de l'Ascension, mais il paraît qu'il en est ainsi tous les jours fériés. Or, ce devait être pire plus tard dans la journée : alors que nous sommes arrivés presque à l'ouverture et qu'il n'y avait pas d'attente aux guichets, nous avons vu, en sortant, à midi, que la file s'étendait sur plus de cinquante mètres. Quitte à décevoir de nombreuses familles, ou à leur donner une réservation pour un créneau ultérieur, l'administration de l'Aquarium devrait établir un numerus clausus et refuser du monde, littéralement. Dans les conditions d'hier, le lieu tenait plus de l'hypermarché un samedi après-midi que de l'“attraction”.
Par ailleurs, les indications portées sur les cartouches, parfois instructives, sont totalement lacunaires ; ainsi, c'est la première fois que je vois, dans un aquarium aussi réputé, des fiches signalétiques qui ne donnent pas, à côté du nom des différents poissons d'un aquarium donné, leur taille. Or, pour le parfait béotien, quand il y a plusieurs espèces qui se ressemblent, ou qui font partie de la même famille, les indications de taille sont très précieuses pour l'identification. On sait que, dans les aquariums comme dans les zoos, les trois-quarts des visiteurs n'apprennent rien, et ne cherchent pas à comprendre quoi que ce soit, ni même, dans beaucoup de cas, à identifier les différentes espèces. (Alpha en avait fait l'expérience il y a quelques années, en s'étonnant puis se scandalisant qu'un adulte passe devant la cage de gibbons, devant laquelle figurait un panonceau donnant tous les détails utiles sur cette espèce particulière de gibbon, en disant à ses enfants « ah vous avez vu les chimpanzés ? » avant d'aller voir plus loin. Je pense qu'Alpha a compris ce jour qu'adulte n'était pas synonyme d'infaillible, et encore moins de cultivé ou de curieux.) On sait donc cela, mais de là à ce que l'administration d'un aquarium aussi réputé (ou, en tout cas, aussi médiatisé (ce qui est sans doute différent)) baisse les bras, il y a un pas.
Malgré tout, nous avons pu admirer quelques aquariums à peu près tranquillement et avons appris quelques faits zoologiques essentiels :
- la coquille saint-jacques a soixante yeux
- la raie brune est hermaphrodite (femelle jusqu'à l'âge de huit ans, mâle après)
- il y a plus de mille espèces de méduses
Je dois, par ailleurs, faire des recherches sur un très joli poisson asiatique, l'apogon de Kaudern, que j'ai longuement observé, et dont il me semble que les différents points et taches peuvent jouer un rôle d'inter-identification assez similaire à celui des rayures chez le zèbre ou des taches chez la girafe.
Sinon, nous avons profité de retrouvailles brèves mais chaleureuses avec H. et J., dans leur maison d'Aytré, aux nombreuses mosaïques, toutes de la main de H., et beaucoup (en dépit de mes a priori) très réussies. Certaines sont vraiment très belles. — Nous sommes revenus avec près de trente livres, une dizaine achetée à la librairie Calligrammes (où travaille J.) ou, pour les enfants, à sa voisine Callimages, et les autres donnés par J. ou piochés dans ses cartons de livres qu'il n'a pas la place de garder chez lui.
(Pendant la nuit courte, j'ai pensé à la façon d'intégrer la rue du Minage à mon Livre des mines, et comment tenter de clore ce texte, justement, pour qu'il ne soit pas trop foutraque.)
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09:05 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 06 mai 2013
Bribes des vacances landaises
17 avril 2013, 9 h 50.
[MAUX]
Un grand classique désormais, ce début de vacances entamé par les maladies.
Lors des vacances de Pâques de 2012, nous avions dû “descendre” directement de Tours en Périgord, car Oméga avait eu une mauvaise otite qui ne nous avait pas permis d'aller d'abord passer quelques jours dans les Landes. En février, je suis rentré d'Afrique du Sud pour trouver femme et enfants en pleine grippe (ou virus équivalent et aussi pernicieux), d'où un départ pour les terres landaises différé de presque une semaine ; le samedi, j'avais piloté la petite équipe jusqu'à Hagetmau avant d'y être cloué au lit pendant trois bonnes journées par une méchante bronchite (le docteur croyait fermement que je fumais). Comme il avait fait un assez sale temps, de surcroît, on n'avait rien pu faire.
Cette fois-ci, c'est du côté du bide. Oméga (écolier modèle) a eu une forte gastroentérite le soir même des vacances, épisode suffisamment bref pour nous permettre de prendre la route dimanche (détour bref par Barbezieux, ville morte, et par Moustey, dans les bois de pins près d'un dromadaire et d'un yak encordés à un muret). C. est tombée violemment malade le soir même du dimanche, et se remet depuis hier, relayée désormais par Alpha, qui semble avoir suivi le même chemin qu'elle : violents et fréquents vomissements pendant six heures, suivis d'une période de douleurs et fièvre qui ne devrait durer qu'un peu plus de 24 heures, s'il en est comme pour sa mère. Pour ma part, après plusieurs nuits très inégalement reposantes, je ne lutte pas trop mal. J'ai pu profiter du grand beau temps, notamment en jouant pas mal avec Oméga - passé pas mal de temps aussi à ranger, faire vaisselles et lessives, tondu - également “du côté Ménaoupède”. Le plus coriace, avec la tondeuse, c'est le coin proche du saule, qui désormais a tout du sous-bois embroussaillé, où règnent promptement les ronciers.
Plusieurs heures sont parties en tennis, parties de Mikado et de Puissance 4, lectures pour Oméga, et aussi découverte du Binero, dont Oméga s'est acheté un cahier lundi après-midi, et dont il a déjà fait une dizaine de grilles de niveau 1, toujours un peu (mais de moins en moins) avec mon aide.
[HORS LIGNE]
Je me décide à ouvrir un fichier .txt pour ces carnets, car j'ai replongé dans cette fâcheuse tendance (déjà observée en février, mais qui est une dérive ridicule) à utiliser Facebook (en mode restreint) comme carnet de bord, ce qui a eu pour conséquence immédiate (j'avais écrit « but » : je fais partie des cancres indécrottables qui doivent se gouverner pour ne pas confondre but et conséquence) de voir une restriction de mon accès Internet via le smartphone, alors que le forfait va du 8 au 8 courant, je crois. Ce n'est pas que j'aie abusé : j'ai dû utiliser Internet 20 ou 25 minutes par jour au lieu de 5 ou 10 habituellement, mais mon forfait n'est pas adapté : quand j'ai fini par me résoudre à prendre un téléphone mobile, en décembre 2011 (je n'en avais jamais eu), j'ai choisi une offre minimale, sachant que je ne téléphone guère et ne devais pas trop recourir à Internet. Evidemment, comme il n'y a, chez aucun opérateur, d'offre vraiment personnalisée, je me retrouve avec 2 heures de communication par mois dont je n'ai que faire (et qui sont inutilement reportées sur le mois suivant avant de disparaître (ce qui signifie que je paie pour un service que je n'utilise pas — depuis l'arrivée des téléphones portables, téléphonie rime avec escroquerie)) et 250 mégaoctets de connexion Internet en haut débit, si je ne m'abuse. Peu importe, c'est très peu. Quelques dizaines de mails, de photographies déposées directement sur Flickr, quelques statuts FB, et en une quinzaine mon opérateur me transfère en débit restreint.
Tout cela n'est pas très intéressant, j'en ai conscience, si ce n'est à voir X ou Y me dire que je n'y suis pas du tout, que si je prenais un abonnement Machintruc chez Trucmachin je bénéficierais de ceci et de cela, et surtout si ce n'est à expliquer pourquoi j'ouvre un fichier .txt pour y écrire des paragraphes de ci de là, paragraphes que je publierai peut-être rétrospectivement dans Touraine sereine.
[SCHMIDT]
J'ai apporté avec moi, comme à l'accoutumée, plus de livres que je ne peux en lire - mais, cette fois-ci, j'ai apporté, de fait, quelques bouquins achetés récemment d'occasion que je laisserai, en vue de l'été, dans la maison de Hagetmau. J'avais à peine commencé, la nuit avant le voyage, un Arno Schmidt (Le cœur de pierre), me résignant, en l'absence de tout ouvrage en allemand de cet auteur à la bibliothèque universitaire, à découvrir enfin cette œuvre en traduction ; je l'ai quasiment fini hier soir, sur le canapé "thin stripes" du salon, avec la chatte sur les guiboles. C'est un roman tout à fait puissant, d'une inventivité langagière immense (mais c'est une banalité de l'écrire de Schmidt), mais surtout : très visuel, très politique (au sens fort : vision historique à long terme + idéologie décapante). Il me reste, en lisant d'autres livres de Schmidt, à prendre tout à fait une mesure d'ensemble, mais, pour l'instant, si impressionné (et amusé : c'est une œuvre très drôle) que je sois, je ne cède pas absolument à l'argument de Laurent Evrard, qui, me voyant acheter des livres de Jirgl il y a un ou deux ans, m'avait dit, peu ou prou, qu'il valait mieux lire Schmidt, que Jirgl n'inventait rien. L'influence est évidente, mais il ne s'agit pas uniquement d'un décalque, d'une pâle copie.
[PROKOFIEV ET AL.]
J'ai aussi apporté quelques disques. Oméga ((banal) écolier modèle) s'étant passionné pour Pierre et le loup, j'ai emprunté les quatuors à cordes de Prokofiev, et aussi l'enregistrement complet du Roméo et Juliette par Valery Gergiev avec le Kirov : ayant adoré le Roméo et Juliette de Preljocaj il y a une dizaine d'années, je n'avais jamais poussé plus avant. J'écoute en ce moment même la fin de l'Acte II, et c'est effectivement inventif, éblouissant, et aussi très émouvant. Prokofiev est souvent taxé d'académisme, et, de ce fait, immédiatement relégué dans les seconds couteaux — ce qui, sans que j'y connaisse rien, me paraît très injuste. Il me paraît s'agir d'une musique orchestrale très inventive et puissante.
Hier soir, C. m'a, en revanche, fait arrêter la diffusion de la 4ème de Charles Ives (par Dohnanyi) ; il est vrai que, contrairement à la 1ère (par Mehta), elle est bien pompière et ronflante. J'écouterai cela plus en détail (et aussi les n° 2 et n° 3), mais seul !
Nous avons écouté, aussi en voyage, le dernier Rokia Traoré (je suis un peu sur ma faim, je n'ai pas encore déniché pourquoi), le dernier Rachid Taha (magnifique), un album d'Anouar Brahem à la mémoire de Mahmoud Darwich que je voudrais aimer mais qui est très mou, très monotone.
Sur le CD des ‘Diapasons d'or’ de ce mois, Oméga a reconnu, dès la première mesure, la Nuit sur le Mont Chauve de Moussorgski, écouté plusieurs fois avec Constance, animatrice qui fait chanter sa classe, et, je l'ai ainsi découvert, leur fait aussi un peu d'initiation musicale. Comme, avec son professeur d'éveil musical du mercredi, il avait découvert la Promenade des Tableaux d'une exposition, qu'il aime aussi, on va peut-être lui offrir pour son anniversaire, en sus du reste, du Moussorgski...! Remarquez que je ne demande, moi aussi, qu'à dépasser mes préventions préjugées.
(Tiens, le finale de l'acte II de Roméo et Juliette me fait un peu mentir, péniblement expressionniste tout de même.)
18 avril, 11 h 15.
Tout le monde semble remis, ou se remettre (Alpha n'a pas encore beaucoup d'appétit mais va bien mieux). Le temps s'est bougrement rafraîchi, avec disparition du soleil. Hier après-midi, il faisait plus chaud que bien souvent en été (même ici, dont les chaleurs sont excessivement vantées — il ne fait plus jamais aussi chaud, en tout cas jamais aussi longtemps, que quand j'étais enfant (et j'adorais ça)).
Avant-hier soir, plusieurs phrases descriptives d'Arno Schmidt m'ont servi de point de départ pour l'écriture de strophes dont elles conditionnaient, en tant que premier vers, les choix métriques. Je crois me rappeler (mais Facebook en garde la trace — il me suffira de récupérer cela in due time) que j'ai ainsi inventé quatre nouvelles formes : le septain berlinois, le tristique heuristique, un neuvain dont le nom m'échappe, et le huitain du diocèse.
(J'ai préféré le terme de tristique à ceux, plus attestés, de tercet ou de triolet car j'écris déjà des triolets quantifiés, et je trouve plus cocasse l'écho un peu lourd que le terme de tristique offre avec les différents types de distiques.)
J'ai ouvert ce fichier, plus pour me retenir d'aller encore gribouiller dans Facebook que parce que j'ai vraiment quelque chose de nouveau à ajouter. Les journées se ressemblent, j'écoute en ce moment même l'Acte I de Roméo et Juliette. (Mais avant : l'album Ellington/Coltrane, le tout premier Romano/Sclavis/Texier, Mobile du trio Benjamin Moussay.) ——— Il doit continuer à faire nettement moins bon les prochaines journées. Pas sûr que nous ayons toujours envie d'aller deux ou trois jours à Bagnères. Alpha reparle d'aller enfin voir ces foutues fresques de l'église de Lugaut, qui est complètement au bout du monde mais qu'il est scandaleux qu'on ne soit encore jamais allé voir... la crainte de trouver porte close n'est pas pour rien dans le délai...
24 avril
Hier soir, Everybody Says I Love You, très léger et distrayant, avec d'excellentes répliques terriblement woodyennes. Tout cela regarde plus du côté du nanard que du chef-d'oeuvre, toutefois.
La veille, Les Hommes contre, beau film épuré de Rosi, avec d'amples plans, des brumes majestueuses, un tableau terrifiant de la « machine de guerre ».
La veille encore, une bonne trentaine de très courts métrages de Méliès.
Je lis Les Petits bourgeois de Balzac — plaisir de lire Balzac intact. Portraits, lieux et maximes sociales d'une très grande acuité : beaucoup d'étonnantes résonances avec la "situation actuelle". Ce matin, très tôt, à l'ancienne salle de jeux, feuilleté plusieurs revues dont le dernier numéro de L'Ecologiste. C. a lu le dernier essai de Pierre Bayard, j'avoue que je vais me contenter de ce qu'elle m'en a rapporté, qui a achevé de me convaincre que c'était une lecture dispensable.
Dimanche, nous avons vu deux matches de rugby avec Oméga, sous un beau soleil, dans un stade soustonnais plein à craquer, tribunes et barrières des quatre côtés.
Pour ce qui est des excursions, elles sont très influencées par le choix des enfants, et surtout d'Alpha, retombé dans la marmite zoologique. Ainsi, lundi, zoo de Labenne, presque aussi minable qu'en 2003. Beau temps, donc plaisant.
Mardi (hier, donc), Parc Animalier des Pyrénées, après un passage par de belles vallées où je n'avais jamais mis les pieds ni les roues.
08:44 Publié dans Autres gammes, Ecrits intimes anciens, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 28 avril 2013
Sept sans faute
La contrainte n'a pu être respectée. Toujours ces jours sans archive.
Ainsi, avant d'avoir un appareil numérique, on avait déjà visité l'église de Vernou.
Marché de Noël, avec l'ami lyonnais.
Sans archive ne signifie pas sans mémoire. Se servir de l'album comme d'un recours contre l'effacement de ce qui n'a pas été saisi.
Là, plus moyen de retrouver ce nom d'église, éloigné par un sonnet de jours, et par plus lourd oubli.
« Je me souviens de la débâcle.»
Rembrandt n'a pas moufté, le ridicule ne tue plus.
06:20 Publié dans Blême mêmoire, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 27 avril 2013
Domme ou l'Empierrement
Domme, deux ans déjà. Ce que l'on y voit est si étriqué, le souvenir de déception (première visite en 95) lui-même ne déçoit pas, et l'on regarde vers ailleurs, vers alentour, déçu encore.
Le nom est beau, qui fut rencontré pour la première sur les étagères farcies, au huitième (neuvième? j'ai un doute) étage de la résidence Génovia. Cet appartement, lieu intermittent où je lus notamment Hemingway en sirotant je ne sais plus quels sirops, reviendra-t-il me hanter sur mon lit mortuaire ?
C'est gai. That's what Domme does to you.
05:52 Publié dans Blême mêmoire, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 17 avril 2013
Amou, 17 avril 2011
18:28 Publié dans Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 02 mars 2013
En mission à Pietermaritzburg (11-16 février 2013)
Voici un copié-collé (pour raison de sauvegarde - je doute que cette page Web soit éternelle sur le site d'UKZN) de l'article paru le 1er mars à propos de notre mission de cinq jours en Afrique du Sud. Je corrige juste deux ou trois inexactitudes, par rapport à l'original. [Oui, j'utilise ce blog aussi comme archivage professionnel et autobiographique. Touraine sereine et moi sommes de vieux amis, on se passe toutes nos fantaisies.]
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Two visiting French academics, Professor Philip Whyte and Dr Guillaume Cingal of the University of Tours, addressed staff and students at a UKZN seminar at the Centre for African Literary Studies (CALS) recently. CALS held an informal lunch for the two visitors who were invited by Professor Bernard DeMeyer of French Studies and also a member of CALS Board.
The main purpose of the visit was to discuss the partnership between the two institutions which involves staff and student exchange and joint research among other co-operation and thus the visitors met the French discipline on the Pietermaritzburg campus, the English Discipline, International Relations and the Dean and Head of the School of Arts, Professor N Zulu.
They also held a meeting with two University of Tours exchange students who are at UKZN this semester.
Informal discussion at the seminar included ideas on the sort of student, staff and research exchanges that could be arranged in future between UKZN and the University of Tours involving English literary studies.
Whyte formerly co-ordinated the MA programme at the University of Tours and his field of specialisation is postcolonial theory and literature in West Africa. He has published a book on Ayi Kwei Armah and about 20 articles on African writers, Ben Okri of Nigeria, Kojo Laing of Ghana, Syl Cheney Coker of Sierra Leone, Syl Bendele-Thomas of Nigeria, Abdulrazak Gurnah of Zanzibar and Kofi Awoonor of Ghana.
Cingal is the co-ordinator of first-year Applied Languages and is the former Head of the English Department. His fields of specialisation are postcolonial literatures, semiotics and translation studies. He wrote several articles on Nuruddin Farah, Breyten Breytenbach, Arundhati Roy, as well as on Jamal Mahjoub.
In his presentation Whyte gave an overview of the history of West African writing in English while Cingal analysed two South African poems, including Jeremy Cronin’s poem, Who. He emphasised the need to provide the historical and social contexts to poems when teaching them to French students.
The French visitors were very impressed by the collection of books at CALS, especially the Onitsha market literature, and the newly archived unpublished materials. They found several items they had previously been unable to locate. "Each shelf cries out for a conference about its holdings," said Dr Cingal. "Future research exchanges will certainly provide the opportunity to take this challenge further."
/ Source de l'article original : UKZN.
05:39 Publié dans Hors Touraine, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 16 février 2013
Philip & moi en Afrique du Sud
10:00 Publié dans Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (1)
mardi, 12 février 2013
... je crois ...
Déjà 22 heures dans les transports, je crois, et on n'est pas au bout.
Tout ça pour 4 jours sur place, je crois.
Cette nuit, au-dessus du Sahara, j'ai dormi, on and off, quatre heures, je crois.
Le premier sourire, sur le territoire azanien : celui de l'hôtesse qui a enregistré la valise de P. Première boisson : une Windhoek bien fraîche. Premier billet tendu : un lion (R50). Premier billet rendu et aussitôt converti en pourboire : un mouflon (mouton ? chèvre ? --- R10). Airport announcements getting on my exhaustion.
Nihil novi sub sole.
Je crois avoir distingué Gaborone, puis d'abruptes collines (falaises), avant la descente sur Jo'burg.
Pas besoin d'aller utiliser les prayer facilities, je crois.
11:47 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 09 janvier 2013
Nine Days Into
00:18 Publié dans Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 04 janvier 2013
Dix quatrains conversationnels
Je jouais au Monopoly avec les garçons. Ma femme lisait Que Choisir ?, parfois à voix haute. J’ai donc composé quelques quatrains conversationnels, dont le principe – déjà mis en œuvre sur Facebook lors de visionnages de documentaires animaliers – est d’utiliser la citation pour les vers 3 et 4, et de composer les vers 1 et 2 à partir de cette deuxième moitié.
Pour emballer lors d’un rencard,
Je déconseille l’orgelet.
« Encore une fois, c’est Picard
Qui a les meilleurs surgelés. »
Hollande, le chef de l’Etat,
N’est pas vraiment un héros.
« La nouvelle Prius est à
38.200 €. »
Le danseur soufi est en transe
Et fait des cercles exaltés.
« La petite Yaris made in France
Est tout à fait bien notée. »
Le chien montrant sa lippe
Dardait des yeux de fou.
« Les bulbes de tulipes,
Mais qu’est-ce qu’on s’en fout ! »
L’attente du printemps
A tout instant me hante.
« Marque ‘lait hydratant’
De Carrefour Discount ! »
Soleil, que ta splendeur éclate
Au zénith écarlaté !
« Sardines à la tomate…
On n’en a pas acheté. »
En relisant L’Astrée
J’éprouve la frénésie.
« Les bébés porcs sont castrés
Mais sans anesthésie. »
Ma plainte monte au ciel
En accents empruntés.
« Le miel Lune de Miel
Est vraiment bien noté. »
Sous les ors du jour finissant
Les chênes se noient de rousseur.
« Le meilleur adoucissant
Est Le Chat Lait de Douceur. »
L’aurore imperturbablement
Déroule ses nuées entre orange et turquoise.
« Dix mille écoliers allemands
Se sont intoxiqués grâce aux fraises chinoises. »
12:18 Publié dans Hors Touraine, Quatrains conversationnels | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 10 novembre 2012
« Mickey Mantle est en train de me parler de Marcel Proust »
Le lundi soir, enfin, on a regardé Wanda – avec Alpha – le cinéma dit « d'auteur » (il vaudrait mieux dire : le cinéma alternatif, ou le cinéma à narration implicite), à onze ans, ce n'est pas commode. Magnifique film, qui résonne d'énigmes, de gestes marquants, de regards, de grains. Quelques facilités, « d'auteur », justement. Puis, le mercredi soir, dans le train, j'ai lu le petit livre de Nathalie Léger, Supplément à la vie de Barbara Loden.
À La Couronne : « un point aveugle sur le paysage détruit ».
À Xandeville : « d'où vient la pose, en quel lointain boudoir néandertalien a-t-elle été inventée ? »
À Laruscade : « Et sans doute, par un jour de vive lumière, un de ces jours immobiles et radieux, elle s'était tenue comme Clarissa Dalloway à quinze ans, songeuse au milieu des légumes, espérant sous le ciel, observant les oiseaux dans l'air vif d'un glorieux matin de printemps, confondant ce court instant d'effusion avec la promesse du bonheur définitif. »
À Saint-Agulin : « quand on n'a rien, dit-il, on est zéro, mieux vaut être mort ».
À Vayres, je note : Miss None - Miss Néant (((d'elle la traduction ?))). Nonne. Page 69.
À Canéjan : « le sirop grésillant des chœurs enregistrés ».
À Biganos: « ici le réel est si distordu qu'on ne plaisante pas avec le vrai, dit-il ».
À Sanguinet : « une manière de mains moites ».
À Labouheyre : « Mickey Mantle est en train de me parler de Marcel Proust ».
À Morcenx : « L'image se fige, granuleuse, imparfaite. » —— Le dos, qu'il ne faut nommer tranche, paraît-il, a jauni un peu, sous l'effet, sans doute, du soleil baignant les étagères du salon, depuis janvier.
À Rion-des-Landes : Les 138 mots de la dernière page, qui composent aussi la dernière phrase, se sont imprimés très faiblement, en regard, sur le blanc à peine grisé de la page 151.
[ Antonio Lobo Antunes n'écrira plus de roman, ce qui nous permettra de lire la poignée d'indéfrichés, ou de relire les plus beaux. ]
17:45 Publié dans Chèvre, aucun risque, Corps, elle absente, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 09 novembre 2012
Le Temps immobile — à ma manière
9 novembre 2001. Le soir, sous la neige, à Dijon, nous fêtions mon doctorat.
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Hier, trois heures de l'après-midi. ——— Après que l'urne eut été scellée sur le tombeau, Anaïs se fit un bouquet de feuilles de liquidambar — jaunes, carmin, pourpres, lie-de-vin. La journée, en quelque sorte idéale (en un sens fort), était empreinte de tendresse et de tristesse. Sur le chemin du retour, dans un wagon bondé, je trouvai, à la première page du livre, une troupe de perroquets bruyants dans un liquidambar.
║▒║
8 novembre 1914. Naissance de ma grand-mère paternelle.
18:30 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2)
lundi, 05 novembre 2012
Nez d'Apollo pap
La proposition de M. de Boissy, combattue par M. Dumon, le ministre des travaux publics et par M. Tupinier, rapporteur de la commission qui avait examiné les projets de loi, fut rejetée apres ce discours de M. Victor Hugo.
— Actes et Paroles, vol. 1. Consolidation du littoral.
« — Qu'est-ce qu'un tupinier ? »
Ainsi s'interrogeait-il, avec des tirets cadratins pas possibles, invraisemblables, pas permis.
Il arborait cravate, portait faux-col, bref était plus que démodé : amidonné.
— Oh, et quand t'auras fini de mitonner, toi ?
— Heu, ça s'écrit mythonner.
— Ça ne s'écrit pas, ça se dit.
— Euh, ça ne se dit même plus en fait. La banlieue a évolué depuis la dernière décennie.
(Et par « dernière décennie », elle entendait sans doute années 90, autant dire que les à-peu-près, les glissements, les ambiguïtés étaient innombrables.)
Il se demandait ce qu'était un tupinier.
Il se demandait quel éditeur voudrait, un jour, un improbable jour, de son livre sur les proses de Tagore et les poèmes de Marc Lévy.
Un tupinier frappe à ma porte ; je dois aller ouvrir.
Gertrude, maintenant, déteste le point-virgule.
On est mal barrés.
22:00 Publié dans Hors Touraine, Mots sans lacune, Un fouillis de vieilles vieilleries, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 16 octobre 2012
Bahala na !
J'ai fini de lire The Match de Romesh Gunesekera. « Presque fini » serait plus juste : je me suis gardé, exprès, les sept ou huit dernières pages pour ce soir. L'écriture de Gunesekera – qui a atteint les plus hauts sommets, selon moi, avec Heaven's Edge, livre absolument magnifique et bousculant – s'est un peu attiédie ici. Tant le protagoniste que son parcours font songer au roman de Jamal Mahjoub, Travelling with Djinns.
C'est le séjour, dans le cadre de la Chaire Studium, pour un semestre entier, de Chandani Lokugé dans notre Université qui m'a replongé totalement dans le Sri Lanka. La semaine dernière, j'achevais Turtle Nest. Et là, après The Match – parabole historique ? Underworld à la sri lankaise ? roman philippin ? — j'enchaînerai avec Softly As I Leave You, le dernier roman de Chandani. Fin novembre et début décembre, j'organiserai avec elle un atelier de deux ou trois séances consacré à la traduction de certains extraits de ces deux romans. Son dynamisme et son hyperactivité me font bien plaisir, ont dynamité un peu le début d'année, sinon terne ou simplement laborieux, de sorte que je me suis retrouvé propulsé avec le comité d'organisation du festival « Voix d'ici, voix d'ailleurs », ou encore à discuter de Ronsard avec elle pendant un bon bout de temps, sans compter le projet de programme d'hiver à mettre en place chez nous à destination des étudiants australiens non francophones.
Turtle Nest est un très beau roman, très équilibré, qui s'inscrit dans une forme de modernisme classique, si j'ose ce qui pourrait sembler un paradoxe, et qui s'achève sur une pointe narrative aussi efficace qu'inattendue. Si j'ai bien compris les allusions de Chandani lors de notre promenade dans les jardins du Prieuré, il s'articule autour d'un symbolisme complexe (animaux, éléments naturels) dont tout ou presque doit m'échapper.
Entre ses diverses tâches au titre de la chaire Studium, Chandani a commencé d'écrire un roman dont l'action se passera, au moins en partie, en Touraine. Après-demain, je vais lui faire découvrir le manoir de La Possonnière ; si nous avons assez de temps, j'essaierai de lui montrer d'autres beaux sites voisins de Couture, quoique le très beau château de Poné n'ouvre au public qu'en été.
Nous verrons. Bahala na. Bahala na kayo ! (The Match, p. 255)
14:03 Publié dans Hors Touraine, Lect(o)ures, Résidence avec Laloux, Studium Chandani LOKUGE, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 30 juillet 2012
Verdure hors Touraine
18:05 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 28 juillet 2012
Tessons
D'où dépendre.
Pas grand chose. Maint souvenir supérieur, une assiette en plastique, la déambulation.
Tout de même, quel inculte.
Tout de même, quel inculte tu fais.
D'un doge, la signature. Mais un mur ocre ne la porte pas, pavés inégaux où les naseaux fumants ce bourrin mafieux se tord la cheville, et on se cogne la tête contre un mur peut-être ocre, mais peut-être âcre aussi (quartier des abattoirs).
Tout de même, quel inculte tu fais, et sur les tessons fumants je te torture.
Coupole, fumures.
Il se voûte au fur et à mesure qu'avancent les années.
Il se courbe. Il s'échine. Il n'a pas lu une ligne qui vaille depuis plusieurs semaines. Il n'a pas écrit une ligne qui vaille depuis l'époque de Tolède. Finalement, il valait mieux se flinguer.
Souvenir supérieur. Mémoire qui se reproduit, de diffracte, se dédouble. Brouillard de pas grand chose, déambulation vague entre tas d'ordures avec chatons, tessons de verres et d'amphores, bimbeloterie, la mémoire trouve sa cible, vise son double, s'avise que rien ne sert de s'échiner. Intestins, queues, tripes. L'idylle verte au quartier des abattoirs.
D'où dépendre -- mieux valait se flinguer.
17:57 Publié dans Blême mêmoire, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 22 mai 2012
Le Vent à carreaux
La fresque de céramique éclate en lignes, en courbes, en ovales, en couleurs vernissées. On se pose là.
On se pose là, un jour de pluie froide, en mai.
On se pose là.
Asger Jorn et Jean Dubuffet, qui ont beaucoup manigancé ensemble, et composé notamment la musique d'un petit film expérimental parfaitement cocasse que l'on peut voir, avec tant d'autres documents, dans la salle centrale du musée, étaient amis. Ceci explique cela. Alors, même si, avec les toits en tôle et les blocs de parpaing brut, la cour ne paie pas de mine, on a envie de trouver cela plus proche encore de Dubuffet que de Jorn, car Jorn n'a pas proposé une rupture aussi complète avec l'esthétique traditionnelle (ses codes, ses conduits).
Donc on se pose là, on attend, on regarde yeux mi-clos, on scrute.
Et si on s'affaire, ce n'est pas pour rien. On a le temps pour soi, en cette journée froide et pluvieuse de mi-mai. On est à Silkeborg, tout de même.
08:39 Publié dans BoozArtz, Hors Touraine, Le Livre des mines, Un fouillis de vieilles vieilleries | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 20 avril 2012
Dilemme
L'Aude, ce n'est pas rien. Et l'Aveyron non plus, avec ses sinuosités, ses soudaines vallées -- sa pierre qui se hisse, ses griffes de verdure qui se hérissent.
Et attendre.
12:00 Publié dans Aphorismes (Ex-exabrupto), Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 04 mars 2012
Brisées dominicales
Entre Orthez et Bordeaux, achevé la lecture du roman de Libar M. Fofana (L'étrange rêve d'une femme inachevée - un texte courageux, dense, acéré et flaubertien dont j'espère avoir le temps et l'occasion de reparler prochainement dans ces pages), puis de Briar Rose, bref récit éclaté (avec variations) par lequel Robert Coover réécrit le conte de la Belle au Bois dormant (j'avais lu, trois jours plus tôt, Snow White de Donald Barthelme - plus déjanté).
Entre Bordeaux et Challais, après m'être restauré au Mitico, un infâme bar PMU, correction des copies en souffrance, puis, entre Challais et Tours, lecture de la moitié du Secret de Caspar Jacobi, acheté d'occasion je ne sais plus quand et qui traînait à Hagetmau depuis je ne sais plus quand non plus. Il n'y a pas à dire, voyager en train est plus enrichissant (surtout quand la ponctualité est de mise et qu'aucun ratage de correspondance n'est au rendez-vous) que la longue litanie des bandes d'arrêt d'urgence et autres ronds-points.
Il reste à préparer un cours. Tours fait grise mine, sous les nuages bas et une brise glaciale, porteuse pourtant du printemps.
Je rêve assis.
18:12 Publié dans Hors Touraine, Lect(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 27 février 2012
"Hot Springs of Dax"
Né à Dax, y ayant grandi et y revenant régulièrement (à Dax, ou plus exactement en pays d'Orthe), je ne crois pas avoir jamais rencontré, au cours de mes lectures, et à condition d'exclure certains vers ou textes particulièrement locaux ou obscurs, la moindre référence aux sources thermales de ma ville natale, ni à la Nèhe -- pas même à la Fontaine d'Eau Chaude. Or, ce matin, poursuivant ma lecture de Snow White de Donald Barthelme (réécriture très post-moderne du conte, qui remonte aux années 60), je tombe sur le paragraphe suivant, au début de la deuxième partie :
PERHAPS we should not be sitting here tending the vats and washing the buildings and carrying the money to the vault once a week, like everybody else. Perhaps we should be doing something else entirely, with our lives. God knows what. We do what we do without thinking. One tends the vats and washes the buildings and carries the money to the vault and never stops for a moment to consider that the whole process may be despicable. Someone standing somewhere despising us. In the hot springs of Dax, a gouty thinker thinking, father forgive them. It was worse before. That is something that can safely be said. It was worse before we found Snow White wandering in the forest. Before we found Snow White wandering in the forest we lived lives stuffed with equanimity. There was equanimity for all. We washed the buildings, tended the vats, wended our way to the county cathouse once a week (heigh-ho). Like everybody else. We were simple bourgeois. We knew what to do. When we found Snow White wandering in the forest, hungry and distraught, we said: "Would you like something to eat?" Now we do not know what to do. Snow White has added a dimension of confusion and misery to our lives. Whereas once we were simple bourgeois who knew what to do, now we are complex bourgeois who are at a loss. We do not like this complexity. We circle it wearily, prodding it from time to time with a shopkeepers forefinger: What is it? Is it, perhaps, bad for business? Equanimity has leaked away. There was a moment, however, when equanimity was not the chief consideration. That moment in which we looked at Snow White and understood for the first time that we were fond of her. That was a moment.
12:00 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2)
dimanche, 26 février 2012
Le temps dominical, à l'anglaise [Bax]
As the greater number of visitors at the hotel were English, there was almost as much difference between Sunday and Wednesday as there is in England, and Sunday appeared here as there, the mute black ghost or penitent spirit of the busy weekday. The English could not pale the sunshine, but they could in some miraculous way slow down the hours, dull the incidents, lengthen the meals, and make even the servants and page-boys wear a look of boredom and propriety. The best clothes which every one put on helped the general effect; it seemed that no lady could sit down without bending a clean starched petticoat, and no gentleman could breathe without a sudden crackle from a stiff shirt-front. As the hands of the clock neared eleven, on this particular Sunday, various people tended to draw together in the hall, clasping little red-leaved books in their hands. The clock marked a few minutes to the hour when a stout black figure passed through the hall with a preoccupied expression, as though he would rather not recognise salutations, although aware of them, and disappeared down the corridor which led from it.
"Mr. Bax," Mrs. Thornbury whispered.
The little group of people then began to move off in the same direction as the stout black figure.
Virginia Woolf. The Voyage Out [1915], Hogarth Press, 1971, p. 274.
11:00 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 31 octobre 2011
Télégramme du roitelet
Aucune connexion pendant une huitaine. Le vert qui nous entoure, et les feuilles du lagerstroemia (tantôt rouges tantôt d'un vif orangé), tiennent lieu de toile. Retard insensé dans mon travail.
Reprendre, aussi le fouillis.
Demain retour Touraine.
16:27 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 02 octobre 2011
De l'Aude à Vergoignan
(15 juillet 2011 - Hors Touraine)
Dernier jour avant le départ pour l’Aude (aux bras blancs – aux doigts de rose ?). Au fur et à mesure que je lis, la pile de livres sur lesquels je dois faire des fiches à partir de mes prises de notes s’agrandit. Hier après-midi, sur les gradins, à Nogaro, en attendant le début du concours de la Corne d’Or, j’ai lu un bon quart du court roman (il a écrit beaucoup de courts romans) de Roth, le troisième des « Kepesh books », The Dying Animal. Au retour, vers dix heures du soir, un ciel rose et bleuté recouvrait doucement les vallons autour de Vergoignan. (Nulle honte à l’écrire.)
10:51 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 28 septembre 2011
Météo, 3 [Hagetmau, 13 juillet 2011]
Hier soir, un orage est tombé, accompagné d’une averse très violente. J’ai saisi l’occasion pour apprendre à Alpha – qui a eu dix ans avant-hier – comment on calculait la distance de la foudre. (Sur la route, que je sache, aucune voiture n’a fait de tonneaux.) Ce matin, il pleut encore, je crois, et il doit faire bien froid. Vais-je pouvoir, comme hier, livrer mes cinq heures de bûcheronnage ?
(Les tas de bûches s’élèvent ; le terrain est encore envahi de grandes branches coupées.)
Quel vieux vilain temps gris ! Je crois déjà avoir raconté, dans Touraine sereine (mais ne peux vérifier, faute de connexion), l’origine de cette phrase exclamative. Toujours est-il que, ce matin, dès huit heures, la journée annonce un vieux vilain temps gris, que ne soulagera que la verdure des arbres.
(Ajout du 28 septembre : paradoxe de la froidure en juillet, et de la chaleur fin septembre. Obsession de la verdure. Liens ajoutés bien sûr aujourd'hui, lors de la publication.)
10:29 Publié dans Comme dirait le duc d'Elbeuf, Ecrits intimes anciens, Hors Touraine, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 27 septembre 2011
Météo, 2 (souvenir de vacances...)
12 juillet 2011.
C. vient de partir pour l’A.M.I., les enfants regardent la télé (Regards Passion) et je pianote avant d’aller bûcheronner. Il est – déjà – dix heures du matin. Il ne fait pas très chaud, il y a de l’air, et le soleil se montre timidement.
Dans ce bureau, où je me suis photographié « face aux trois ordinateurs », la lumière est tamisée, pour ne pas dire bouffée par l’avant-toit, la poutre mais surtout l’énorme laurier qui est devenu, entre C. et moi, un sujet de plaisanterie récurrent, au point d’imaginer que d’ici peu il pourra, à lui seul, servir de clôture entre notre terrain et celui de la grand-mère de C., dont la maison est, depuis deux mois, mise en vente.
08:22 Publié dans Autoportraiture, Ecrits intimes anciens, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 06 septembre 2011
3 notules du 10 juillet
10 juillet 2011.
Coursayre, 1
Le 9 juillet, nous avons vu les deux premières courses de l’année.
Audignon, très au-dessous du médiocre (Deyris) : placement très lent de plusieurs vaches (dont Majesté et la vache de l’avenir en 1ère partie), figures globalement moyennes, plusieurs méchantes tumades. Confirmation que Thomas Marty n’est pas du tout en forme cette année. (Plassin à l'escalot.)
Le soir, Castelnau-Tursan (Dargelos). Mieux, mais pas transcendant. Belle place – arènes donnant sur l’église au curieux clocher, et la belle maison à sa gauche. Lendresse à l’escalot.
Météo, 1
Il y a aussi qu’il ne fait pas beau. Il ne fait pas chaud, depuis deux jours – pas froid, bien sûr, mais pas du tout un temps estival. Nuages, grisaille, et même pas de lourdeur. À Audignon, du soleil par intermittences nous bronzait, mais aujourd’hui dimanche rien n’a percé entre les voûtes grises.
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Insecte ascendant [2]
Je ne vois plus le minuscule hypoforficule qui trottinait entre mes lettres ce matin. M’étant aperçu que le moteur de cet ordinateur portable (de plus en plus vieux) ne commence à vrombir de façon désagréable qu’au bout d’un gros quart d’heure, j’ai décidé de m’efforcer de limiter mes passages sur ce clavier et cet écran à des périodes de vingt minutes au maximum, ce qui aura le triple mérite de concentrer mes efforts d’écriture, de préserver mes oreilles… et de garantir de longues heures véritablement en famille. (Ainsi, je viens de passer une heure au salon à passer des puzzles d’Oméga aux pages d’Indignation, back and forth, to and fro.)
11:04 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 22 août 2011
13
Treize, comme le nombre de pétales du rüdbeckia (à l'exception de celui, mangé par un insecte, qui m'a donné envie de composer de nouveaux types de sonnets (avec la lecture en cours, hier, et achevée aujourd'hui, d'ABBA ABBA, rien d'étonnant), et comme le nombre de pas japonais dans le petit parterre créé par mes parents au printemps 2006 -- et comme le nombre de jours de vacances, encore, pour les enfants.
12:11 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3)
lundi, 08 août 2011
Dédain, ou au Quercy (...)
Un charme objectif, intemporel s'attache au pays quercynois où tout m'appelle. Des esprits libres, ennemis déclarés du prosaïsme, des immobilités, ne dédaignèrent pas de s'y établir. C'est ainsi qu'André Breton descendait passer les beaux jours à Saint-Cirq-Lapopie.
(Pierre Bergounioux. Le premier mot. Gallimard, 2001, p. 59)
"Charme objectif" : cette formule mériterait tout un long et complexe développement. J'en prends note (hé hé) et préfère :
¤ rappeler que c'est à Saint-Cirq-Lapopie que nous avons fait connaissance de l'œuvre d'Alain Prillard ;
¤ ne pas dédaigner de n'est pas daigner ;
¤ signaler que, si Sant-Cirq-Lapopie nous a semblé charmant, et assez peu "village à touristes", c'est que l'art y était très supérieur aux artisanats de dixième zone qui s'affichent habituellement dans ce que Renaud Camus nomme les beaux villages professionnels, mais aussi qu'après Cordes-sur-Ciel, tout aurait paru délicieusement posé.
13:25 Publié dans Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 18 juillet 2011
Âpreté, exubérance(s)
Au voisinage de l'Aquitaine, le tempérament local, qui était âpre et taciturne, contractait une exubérance, une volubilité toutes gasconnes.
(Pierre Bergounioux. Le premier mot. Gallimard, 2001, p. 39)
(J'écris ces lignes le 4 juillet, elles seront publiées quand je serai, non plus en Gascogne – quoique nous aurons fait un crochet par les Landes – mais dans l'Aude.) Il me semble que ce qui exaspère le plus les gens que j'exaspère, c'est, justement, mon exubérance et ma volubilité – je veux dire : mon exubérance volubile, et ma volubilité exubérante (l'une ne va pas sans l'autre). Défauts, sans doute, ou traits de caractère suffisamment marqués pour qu'ils s'apparentent à des défauts. Or, si je me reconnais volontiers à cette aquitanité du trait, je veux rappeler ici que, si je suis normand pour moitié (du côté paternel), c'est justement de ce côté paternel que provient, me semble-t-il, l'extraversion (et partant, l'aversion des uns ou des autres pour ma volubérance). Le quart ariégeois est taiseux en diable, et je ne (re)tiens rien de ce côté-là. Le quart de sang landais n'a pas grand-chose d'exubérubile pour le recommander, mais la vérité me semble être du côté du terrain, du contexte de l'enfance, d'une forme de droit du sol : j'ai vécu les seize premières années de mon existence dans les Landes. Voilà où j'ai attrapé la parole abondante et la soif du délire.
12:58 Publié dans Autoportraiture, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 04 juillet 2011
Beaux jours frisquets d'août 2007
On découvrait, sans qu'il fût besoin de lever la tête, le velum azuré des beaux jours, les grandes nefs blanches que pousse le vent d'ouest, les émaux de la bise, les vapeurs versicolores et les fusions que le plus âpre des vents tire d'on ne sait quel creuset.
(Pierre Bergounioux. L'Empreinte, p. 8)
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mercredi, 22 juin 2011
2300 - D'ailleurs quelles régions
Nous voici de l'autre côté, en pensée à tout le moins. Des arbalétriers sont à pied d'oeuvre. Mettre le roi en pièces en un clin d'oeil ? Le vieux projet (Eu dans l'eau) refait surface. Et pourtant le désir de Lisbonne me hante.
Tout de même, on est mal barrés ! Revenons à Lyon, si vous le voulez bien, dans les traboules, et dans les bouchons où l'on déguste d'excellentes fricassées, ou les plats qui, de tous ceux que la cuisine française a pu inventer, sont les plus susceptibles de faire peur aux Amerloques. Des ribambelles nées à Babel rebondissent. Le texte alors se compliqua, encore un tour de vis, encore un faisceau supplémentaire, des strates en veux-tu en voilà (Lisie n'a pas dit non), puisque le scripteur se mit en tête, se fit un devoir, d'ajouter aux citations barrées et aux citations non identifiées d'autres citations, des sortes d'autocitations que, faute d'autre police possible dans les "fenêtres de commentaires" de son site de photographies (la source de tout texte, ici), il italicisa. Rome caracole. Comme ce verbe "caracoler" tombe à point nommé. Comme tout se rejoint, comme tout fait sens !
Unissons !
Frissons ! Revenons à Lyon, en gardant notre sang-froid. Confondus avec la foule. Ce qui nous berce nous bannit. Primatiale de tous les saints, frissons du pardon. Avoir visité, jadis, Lyon avec un fervent catholique a dû colorer mon regard. Comme ce verbe "colorer" tombe à pic. Vincent vint sans son yacht. Il s'appelle évidemment ..... Tristan.
Comment nommer un texte composite formé de collages et de bribes qui sont-elles mêmes dérivées de textes polymorphes où l'on sent la pratique du centon, l'ekphrasis, la sortie impossible du langage ? Ce n'est pas la bucolique. Ce voyage, du jeudi au mardi matin (tôt, il n'est pas sept heures et je suis levé depuis deux heures déjà), a connu un coup d'arrêt. Un coup d'épée. Et pourtant le désir de Lisbonne me hante. Allez savoir de qui (de quelle contrée?) il s'agit... (D'autres s'interrogent, non sur Zimbazane, en Corrèze (qui vaut mieux qu'une montre en or, mais pas que le Zambèze), mais sur Fonbalquine, qui doit connaître des ressourcements.) Faute d'autre police : il faudrait, lors de la publication finale, en arborescence, un jeu de couleurs. Comme ce mot "couleurs" tombe à merveille. Et du Rhône on ne peut dire qu'il possède l'aura diaphane, si particulière à ces régions. D'ailleurs, quelles régions ? D'ailleurs quelles régions.
Avec tous ces détours, nous n'avons pas vu Lyon.
Y étions-nous ?
Unissons.
D'ailleurs, quelles régions ? (Tu reviendras. La sottise n'est pas mon fort.)
08:37 Publié dans Entre Baule et Courbouzon, Hors Touraine, Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 07 juin 2011
Nihilité - 1
Le substantif nihilité n'apparaît pas du tout dans le Robert culturel, qui a constitué l'un des premiers jalons, historiques en quelque sorte, de ces carnets. La lecture à peine ébauchée des quelques brefs chapitres qui composent La fin du monde en avançant, de Pierre Bergounioux, m'incite à reprendre la rubrique des Mots sans lacune, longtemps interrompue (comme tout le reste, dira-t-on).
La réalité, la seule, c'est celle que nos yeux, en s'ouvrant, ont suscitée parce qu'ils ignoraient la relativité, l'écoulement, l'éclair blanc, déchirant, de la conscience, l'absence et le deuil, le doute, la nihilité, pour parler comme Montaigne, de notre condition. (La fin du monde en avançant, p. 21)
Par ailleurs, comme Bergounioux (dont j'ai découvert, il y a peu, que le très-Orléanais et très éminent linguiste Gabriel Bergounioux, que j'ai un peu côtoyé, est son frère) en revient toujours à ses origines brivoises, je ne peux m'empêcher d'illustrer ce billet à ma façon :
. (Brive, avant Turenne, la Fage et Saint-Robert.)
18:45 Publié dans Hors Touraine, Mots sans lacune, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 06 juin 2011
Barcarolle VII
Il y a six ans, je débarquais pour un embarquement.
Je crois me rappeler un mois de juin sec et ensoleillé, aux enthousiasmes farouches.
Depuis quelque temps, ce carnétoile a eu plus de soubresauts que de longs fleuves tranquilles, mais certains chantiers ont la peau tenace et la vie dure : le projet Tavers, le projet Dubuffet, le projet Mines. Il ne faut donc pas renoncer. Plus maintenant. On ne renonce pas après six ans !
(La maison, c’est une litote, n’est pas humide. La troisième lessive, étendue hier soir vers dix heures, a bien séché au salon.)
Nous sommes rentrés hier d’un bref séjour hors Touraine, tout d’abord trois jours dans l’Oise, sur les traces d’un passé de moins en moins récent, puis un jour et demi à Cesson, chez ma sœur. Beauvais n’a pas changé. Pour sacrifier au cliché : la forme d’une ville ne change pas aussi vite que s’y attendrait le cœur du mortel post-moderne. Seules vraies variations : le jardin médiéval de la maladrerie ; la grange dîmière réhabilitée, c’est-à-dire massacrée ; une enseigne Gibert (avec livres d’occasion comme à la maison-mère) place Jeanne Hachette ; le portail sud de la cathédrale ravalé, et d’un blanc étincelant, dans le vent.
Fini The Human Stain, lu Les Onze.
Une semaine commence, et une septième année.
06:25 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 30 avril 2011
Retour de La Roque Gageac
In extremis pour clore le mois d'avril, je note ici, à notre retour du Périgord noir, que la semaine fut passionnante, mais aussi émouvante et déroutante, puisque cette huitaine était comme un palimpseste inexact, ou rapetassé, des deux séjours que nous avions faits en Dordogne, en août 1995 et juillet 1996, sans compter une incursion d'une journée, depuis la Corrèze voisine, en juillet 2006. Comme, pour le peu que j'aie lu, j'étais accompagné par les chapitres du Dépaysement de Jean-Christophe Bailly, on peut dire que les résonances se poursuivaient, là aussi. Ses pages sur la vallée de la Vézère, mais pas seulement elles, justement, retentissaient. Bien sûr, les déclics n'ont cessé, face aux falaises et aux envols réguliers de montgolfières jaunes. Peut-être les ricochets bizarres ont-ils encore de beaux jours, ou plus sûrement de belles années, devant eux.
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dimanche, 27 février 2011
D'autres 27 février
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mardi, 08 février 2011
Aub ourg (au bourg)
22 décembre 2010, huit heures et demie.
Levé à 4 h 30, suite de Campo abierto. Très Aragon (c’est le comble – c’est le moins). Me souviens mal de Campo cerrado, qui avait un protagoniste principal, me semble-t-il (et donc très différent dans la construction). Ne sais pas si les volumes suivants ont été traduits / publiés. Je dois écrire ce billet sur Herta Müller. Les enfants dessinent des lettres au feutre humide, dans le lit. Il y a des myriades de photographies retrouvées dans la mallette
( – Papa, tu étais parti ?
– Non.
– Mais où tu vas, alors, avec ta valise ?)
et que je veux archiver grâce aux fonctions « gros plan » de mon Panasonic. (D’où : faire du vide dans l’ordinateur, aussi.)
Il est allé secouer la nappe, qui était couverte de miettes de Panettone.
Hier soir : Becket de Peter Glenville (1964). Très Royal Shakespeare Company, mais orienté yankee.
Avant de songer à écrire quelques phrases un peu moins superficielles sur le bref roman de László Krasznahorkai, au titre interminable (rose des vents, orientation du monastère japonais), je dois me débarrasser de ceci : la traductrice confond eut et eût ; il y a d’autres erreurs de conjugaison qui m’ont agacé contre la traductrice et contre l’éditeur négligent ; on ne sait pas du tout, quand on ne connaît aucun autre ouvrage de cet éditeur (Cambourakis), si les marges larges sont du fait de l’auteur ou de son éditeur français.
Onze heures et quart. J’ai bien entamé la note de lecture sur l’un des deux Herta Müller (Atemschaukel). J’ai aussi fait la vaisselle, les courses au bourg, des parties de loto des animaux avec Oméga, rangé du linge. Le soleil ne se lève pas. On nous parle de radoucissement, puis de froid avec soleil. Qu’y comprendre.
08:20 Publié dans Hors Touraine, Tographe | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 21 janvier 2011
L'Hiver, le vaste Hiver désole nos labeurs...
21 décembre, quatre heures et quart.
En chauffant, le café a répandu, dans la cuisine, une odeur de lait brûlé – un rejeu du lait débordé de ce midi (la purée, les plaques électriques). Hier, dentiste ; aujourd’hui, notaire. Ici, dans cette maison où, si j’avais mis par écrit tous les instants de bonne solitude, toutes les pages imaginées depuis bientôt vingt ans, je serais déjà à la tête d’un excellent roman de deux mille pages (voire plus), ou de dix de deux cents – ce qui est peut-être plus juteux, commercialement parlant –, je surveille le feu, l’alimente du peu de bois qui nous reste, et notamment de longues branches encore vertes ou de bûches noueuses pas assez sèches non plus ; toutefois, la cheminée est excellente, vaste, et elle avale tout.
Dès hier, et peut-être même dès avant-hier (après, pourtant, les fatigues du voyage et de la pause habituelle – quatre heures dont le déjeuner – chez mes arrière-grands-parents de Saintes), j’ai senti que la fatigue m’avait quitté. Comment est-il possible de sentir la fatigue s’en aller ? On la sent venir, s’installer. Mais, quand elle passe, c’est souvent à la faveur de moments de repos qui passent inaperçus, le sommeil tout particulièrement, bien sûr. Enfin, j’ai déjà senti, dès le début de ces vacances, que la fatigue (ou était-ce la tension ?) me quittait.
Quelques constantes : le café n’est jamais bon ici, même en changeant sans cesse de cafetière, même à l’eau minérale (et quelle que soit l’eau minérale) ; il n’y a pas de lave-vaisselle (sinon moi) et pas de connexion Internet (et, du coup, les ordinateurs restent souvent endormis, voire au fond de leurs mallettes) ; les journées de beau temps doux (hier : dentiste) et de longue pluie ininterrompue sans l’once d’une éclaircie (aujourd’hui : notaire) se succèdent, alternent.
Je ne suis allé ni chez la dentiste, ni chez le notaire.
Disques écoutés : Jackie McLean, Brad Mehldau (Art of the Trio, 1), Robert Wyatt (Old Rottenhat), Captain Beefheart (les 4 faces de Trout Mask Replica – il y a des choses superbes, et puis des braillements vraiment insupportables). Renaud, Jean-Louis Murat (de l’ambiance ?).
Livres lus : terminé le Jirgl, lu le Krasznahorkai (me suis promis de ne pas me lever pour vérifier l’orthographe, au diable !), commencé Armance. Go Down, Moses, interrompu depuis au moins trois semaines, attend sur un accoudoir.
Film vu : Le Cheikh blanc de Fellini. Tout est déjà là, rien n’est en place. (Curieux d’écrire cela, car l’art de Fellini est un art du déplacement, de l’hors-place (hors cadre ?).)
Je dois absolument écrire un billet sur Herta Müller (me dis cela depuis le 1er lu, à Toussaint, qui est le dernier paru). Plus j’attends (et j’ajoute des lectures), plus cela devient impossible, bien sûr. La parenthèse après Müller est d’une syntaxe particulièrement tordue, ou audacieuse. Art de la syllepse, ou plongée dans les solécismes ?
A un moment précis, face au feu, je commence la lecture de Campo abierto.
06:44 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3)
mardi, 18 janvier 2011
"Démons viennent quérir sorbonnards"
17:34 Publié dans Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 07 décembre 2010
Frimas à Florence
La grand-mère paternelle de C. est morte dans la nuit de dimanche à lundi. In memoriam.
7 décembre 2010. Il ne lisait ni Sols, ni Cape Cod, ni Capitaines courageux. Il ne m'a pas répondu d'une moue dubitative, ni avec un ton mitigé, ni en pleurant à chaudes larmes. (Elle s'écrit, je m'écrie.) Ce n'était pas rue Cardan, ni boulevard Bourdon, ni à Montrouge. Ce n'était pas en avril (the cruellest month) ni en juin ni en septembre. Il n'était question ni de gaspillage ni de déchets ni de perdre son temps : à quoi, d'ailleurs ? à quoi bon ? Il pleuvait à torrent, et dans les Landes aussi, mais dans un air plus doux. Les heures passent. Il donne à Phobos l'éclair, et à Domos la foudre pour épouvanter Typhée. Etait-il de bonne foi, sa moue non dubitative (mais quoi ? agacée ? non, pas même), son ton pas mitigé (perplexe, peut-être), ses larmes pas chaudes (ses yeux secs) ? Pourquoi photographier toujours les plaques portant les noms de rues, boulevard Bourdon écrasé par la chaleur ? Jacob fait un blocage, son Panasonic se bloque. Ce n'était pas dans la rue Traversière, où les heures s'égrènent plus lentement. Une éponge à nettoyer les calamars, je vous jure ! (D'ailleurs, squid n'est-il pas invariable ?)
Il donne à Phobos l'éclair, et à Domos la foudre pour épouvanter Typhée. Et Denys qui fit construire une prison en forme d'oreille ! En forme d'oreille, je vous jure ! (Si vous le dites.)
J'ai rencontré Loïc Rothman le 3 mars 2006, à l'issue d'un colloque en Sorbonne. Ce n'était pas à Paris, ni à Rouen, sinon comment trouver une aiguille dans une botte de foin, et le Relais de la Poste ------ à Versols, peut-être ? Lukasz Zyta laisse jouer Jaromir Honzak. Faute de calamar, ils se servaient d'un crapaud-buffle, ou de petites grenouilles ligotées ensemble, en guise d'appât. Michal Tokaj prend le relais. Les heures passent, plus lentement dans la rue Traversière, au rythme galeté de la Sorgues. Ce n'était pas à Paris ni à Rouen. So far I'm sure. Ce n'était ni en avril (le mois le plus rude, le plus amer) ni en juin, ni en septembre; Ce n'était pas dans un roman de Laurent Cohen, ni dans Le sourire d'Achille. (Volent les corneilles.) Lukasz Zyta accompagne Piotr Baron et Christian Rover. Faute de calamar, ils prenaient comme appât un crapaud-buffle.
Flûte !!! De la chair pour vos vers ! Od šesti let navštěvoval hodiny piana a ve čtrnácti začal hrát na kontrabas. Si vous le dites. Si vous le dites. Ce n'était pas à... Si vous le dites. Ce n'était pas en avril. Si vous (le mois le plus barbare) le dites... Jacob fait un blocage invariable rue Traversière. Si vous le dites. Les heures passent, en avril comme en juin comme en septembre. Après vérification, c'est la grammaire de Le Prieux qui est exagérément normative ; l'OED est plus cool. Les heures passent, au fil du rasoir. Si vous le dites.
Quatre mois seront passés. Lorca le sait. Lukasz Zyta lui souffle. While Baranski and drummer Lukasz Zyta play a sprightly romp, Maupin coaxes wistful phrases from his soprano. Ce n'est pas ce disque, mais Present Past. Quatre mois auront passé. Si vous le dites. Si vous le dites. Chaleur, canicule, temps de chien sur le boulevard Baron. Les heures passent, se muant en mois (quatre) puis ans (cinq). Il m'est aussi impossible d'être sérieux. Quelle chaleur ! (Ce n'était ni un sergent ni un amiral. Il ne faisait ni le poirier ni la roue.) Quelle chaleur ! Si vous le dites : quelle chaleur ! Et le Relais de la Poste, une aiguille dans une botte de foin, une alouette rôtie dans le bec (ce n'était pas rue Carvès, à Montrouge ( le lieu le plus amer ?)), une moue claire comme de l'eau de roche (pas dubitative). If : si vous le dites.
La prochaine étape passe par Hermilix. Passent les heures. J'ai rencontré Loïc Rothman le 3 mars 2006, à l'issue d'un colloque en Sorbonne. Si vous le dites.
10:37 Publié dans Corps, elle absente, Entre Baule et Courbouzon, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)


















































































