mercredi, 10 avril 2013
Baby-sitting blouse
On en a connu, des baby-sitters. (Jeudi dernier, Stéphane et sa femme me parlaient de leur baby-sitter, un garçon, qu'ils ne paient que 6 euros de l'heure, ce qui m'a scandalisé – même si j'ai tenté – difficilement – de le cacher.) Toutes, à une légère exception (transitionnelle – 2008 peut-être, et la jeune fille n'est venue qu'une fois, du coup), étaient – sont – très bien.
Je salue celles qui me lisent, dont Corinne — et Lucie, qui a passé la nuit chez nous pour garder Alpha quand mon épouse, un dimanche soir, dut être voiturée en urgence à Olympe-de-Gouges, pour y accoucher d'Oméga. (Il ne me semble pas que Lucile ou Pauline risquent de tomber sur ces pages, mais je les y salue toutefois.)
Hier soir, N., que j'avais contactée il y a un peu plus d'une semaine, ne pouvant pas venir, finalement, ma femme s'était débrouillée avec une connaissance, liée à son travail, mais cette personne (qui allait nous prendre 15 euros, ce qui pour le coup était excessif dans l'autre sens) n'a pas pu se libérer, on l'a su suffisamment à l'avance, on a essayé de refourguer la place de théâtre, même pour rien, la place de théâtre qui nous restait sur les bras, bref, ma femme est allée seule au théâtre, est revenue dépitée, c'était nul, rien à sauver, et même pis que nul, il paraît que j'aurais détesté encore plus qu'elle, d'où deux conclusions : il faut vraiment arrêter d'aller au Nouvel Olympia (et/ou éviter comme la peste les textes de toute baudruche à la mode chez les théâtreux ou téléramistes (en l'espèce : Henning Mankell)), et on a économisé 45 euros que nous aurions été doublement furieux de devoir débourser. Donc, la vie est belle, et l'art dramatique de plus en plus berne.
Et autre conclusion, Cingal, tu abuses des parenthèses et des tirets.
11:48 Publié dans Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0)
Huitième quintil pétronien
Ce mercredi d'avril,
Chez quelque boucher
(L'agneau est en péril),
On ne peut toucher
Soleil enfourché.
08:10 Publié dans Quintils pétroniens | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 09 avril 2013
Pas vraiment
Mon grand-père avait quatre-vingt deux ans, mon fils cadet moins de deux mois. Je posais, presque juvénile, pour mon fils aîné, à ce carrefour de chemins vicinaux qui était si important pour moi, adolescent (avec Stuart, une nuit d'avril 1989, nous y avons observé longuement une hulotte). Rouge, blanc, et gris pylône, et rouge de nouveau s'imposant.
21:22 Publié dans Autoportraiture | Lien permanent | Commentaires (2)
La politique choc
François Hollande a parlé il y a quinze jours d’un « choc de simplification ». D’un ridicule absolu, cette formule me semblait devoir attirer quolibets et critiques. Pas du tout : c’est même le seul moment de l’interview télévisée que l’opposition a salué. (S’il fallait une preuve supplémentaire que je ne suis pas de droite, ou, surtout, que je ne suis pas « de mon temps »…)
Aujourd’hui, dans les colonnes de Libération, Alain Fontanel évoque un nécessaire « choc de confiance ». Mais quelle est cette manie de prôner le « choc », et de le mettre à toutes les sauces ? Un choc, c’est quelque chose de négatif, soit physiologiquement, soit physiquement, et même dans les métaphores contemporaines (par exemple “choc pétrolier”). Il me semble qu’il s’agit d’une extension de la métaphore — déjà passablement idiote, mais bien frelatée aujourd’hui — de l’électrochoc.
Par delà même la violence politique et humaine qu’impliquent de telles métaphores (avec un côté « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs » qui n’est pas tolérable chez des responsables publics), il semble que ces images servent à fixer dans l’esprit des citoyens l’idée que toute solution est violente.
Une présidence normale, qu’il disait…
13:21 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 08 avril 2013
USAP / Stade toulousain (à la télévision) - 5 avril 2013
On ont pas besoin cherchir rime pour James Hook
S'il qu'avut toujours une tronche de bouc.
22 toulousain, endroit qu'il se fit qu'où
Il prendit la manchette (ç'a Gaël Fickou).
Golri-je très beaucoup qu'avec Louis Picamoles
Ça n'ont pas dur trouvir rime : y a ............ guacamole !
Percée énorme qu'a faisi Nicolas Mas
Où les rouge & noir dansu comme Jeanne Mas.
(Anne GaWoolf ne regarde pas le rugby
Où qu'on a préférant chante Eleanor Rigby.)
Nicolas Mas qu'a remplace Kisi Pulu :
Fidjoan ou Samoien ou de Wooloomooloo.
Bon contact et raffût Vahaamahina
Dave lui qu'il a mou de chante Vanina.
Toulouse remonté Perpignan 10 à 9
Et grenouille qui se faisit gros que le bœuf.
12 points maintenant qu'ont mis Lionel Boccyx
Et les Catalans de l'avoir dur au coccyx.
En-avant tout près commettit Matanavu
Dont je n'ai pas sûr son orthographe (javou).
Golri-je très beaucoup Grégory Lamboley
Qu'il cruche en crêperie et non pas l'en-bolée.
Un essai catalan qu'a marquu Farid Sid
Comme Œdipe que lui il était parrisid.
Perpignan maintenant menont 17 à 12
Et supporters traiti Toulousains de tarlouzes.
Après la pub que je n'en ai pas trop fana
On montront Rougerie et Wesley Fofana.
Entré remplaçant que ç'avait ce Karl Château
Formé à Vaucanson mais qu'il ne lâcha tôt.
50 mètres que Boccyx tentut le drop
Merveilleux si ça passerait Vladimir Propp.
24 à 12 ç'a le score fantastique
Qu'il a le même nombre de pieds qu'un distique.
Jeune joueur a entraire et ç'a Cyril Baille
Et que match mollasson devant lui moi j'a bâille.
Talonnage au sol on ont vu Taumalolo
Et j'appellus Zahia souvente "ma Lolo".
Remonte à toute bringua Maxime Médard
Et Zahia qu'appellu Rimka et moi "mes dards".
Sifflus gradins l'en-avant de Yannick Jauzion
Comme que Bob Marley voulut aller Zion.
Stoppu faute d'essai Christopher Tolofua
Trouvir rime de lui que ça me fout les foua.
Je n'a pas comprendu qu'où Russlan Boukerou
S'appelont comme ça, car qu'est brun, non qu'est roux.
Überlolant trouvé-je et que David Mélé
Catalan qu'il a ferme a demi de mêlée.
Ç'a donc Perpignan qui ce soir qualifieront
Et Toulouse perdu ils l'aurit dans le rond.
12:21 Publié dans Distiques ribéryens | Lien permanent | Commentaires (0)
No visuals
“This audio-only DVD can be played on any DVD player (note: there are no visuals).”
Thanks for explaining again what "audio-only" might mean.
J'ai mis en ligne ce bref « statut » il y a quelques minutes sur Facebook, et me suis demandé, dans la foulée, comment traduire. [Oui, on se demande aussi ce qui différencie un DVD audio d'un CD — je renonce à tenter de comprendre.] ——— Le plus difficile est de traduire “visuals”. La difficulté vient du fait que ce support “uniquement audio” est “uniquement sonore”, et donc que la phrase repose sur une redondance totale. Faut-il appuyer sur cette redondance afin que la phrase semble aussi ridicule en français qu'en anglais ?
Voici une proposition, guère satisfaisante :
Ce DVD uniquement audio est lisible sur tous les lecteurs DVD (attention : il ne contient aucune image).
09:41 Publié dans Translatology Snippets | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 07 avril 2013
Dimanche soir, face absentée
20:42 Publié dans Autoportraiture | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 06 avril 2013
Le Vert mystérieux
Je n’imaginais pas, mercredi, en évoquant, avec Éric – qui n’en avait jamais entendu parler –, les labbes (j’ai même cité le nom plus ancien de stercoraire, car les connaissances d’Éric en matière de poésie et de littérature du dix-neuvième siècle me semblaient à même d’éveiller, là, quelque souvenir en lui), et en me disant que je ne croyais jamais avoir rencontré le mot anglais, skua, ailleurs que dans des guides ornithologiques, je ne m’imaginais absolument pas que, ce samedi, je lirais, à la page 100 de Walking to Hollywood, une phrase contenant ce mot, justement, l’une des 3 phrases du très bref chapitre 5.0078125 : « A giant skua hung above a perfectly round pool in the sward. »
Il s’agit d’une forme de coïncidence assez habituelle, si ce n’est qu’en général c’est une expression ou un mot que l’on ne connaissait pas qu’on se met à voir jaillir partout. Rien de tel avec les labbes (qui figurent au moins dans une de mes lectures favorites de jeune adolescent, L’Île verte de Pierre Benoît), les stercoraires (mot que je découvris plus tardivement et qui m’a toujours fait entrevoir quelque parenté, autant marine que sonore, avec les corsaires) ou les “skua”, donc, à l’anglaise ; je ne doute pas qu’une rapide recherche dans les limbes du projet Gutenberg suffirait à faire émerger, en quelques clics, des phrases contenant ces mots et extraites de livres qu’Éric comme moi avons déjà lus. (Au hasard, et pour parier : Moby Dick ou Arthur Gordon Pym. Pour ce billet, je me refuse à toute recherche lexicale, remettant à plus tard (ou à jamais) d’ouvrir le Littré, l’OED, le Projet Gutenberg.)
Sur skua, Éric, lui, s’en tenait à l’homophonie avec les brochettes (skewer).
Labbe est un mot très beau, et, quoique je ne la trouvasse guère sublime, une collègue de mes années nanterroises était toujours, dans mon esprit, liée à l’oiseau, plus qu’à des références ecclésiastiques plus attendues, et ce par la vertu de la proximité sonore avec le nom de l’oiseau, peut-être aussi parce que, silencieuse, calme et presque transparente à force de pâleur, sa figure contrastait sévèrement (plus qu’allègrement) avec le vol puissant de ces oiseaux fuligineux, anthracite, très bruns, pour ne pas dire – parfois – noirâtres.
15:03 Publié dans Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 05 avril 2013
Cahuzac, les paradis fiscaux et l’anonymosité
Still, all of the accusations and denials and leaks and plumbing and frocking and unfrocking and hundred-dollar bills running around in suitcases with no human hands attached to them except maybe people in red wigs and furor and shouting and high-level pomposity
Does tend to create in us of the silent majority a degree of what might be called anonymosity.
Donald Barthelme. “The Royal Treatment”.
In Guilty Pleasures, 1974, p. 86.
Bien entendu, Barthelme évoquait un contexte Watergate.
Mais c'est transposable.
19:01 Publié dans Aphorismes (Ex-exabrupto), Indignations | Lien permanent | Commentaires (1)
jeudi, 04 avril 2013
OSL : L'Oreiller du tatou
Dans le cadre, tout à fait peu cadré, de mes divers albums de limericks, je propose aujourd'hui une traduction française. L'original, qui est extrait du Jingle Book de Carolyn Wells (1901), se trouve ici, avec illustration d'origine.
Un tatou, satanée bestiole,
Un jour se fit une cabane sous un saule.
Et puis ce loustic
Prit un porc-épic
Comme oreiller – mais quel mariole !
04:20 Publié dans Old-School Limericks | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 03 avril 2013
Symphonie n°5 de Franz Lachner
Le ‘Menuet’ (troisième mouvement) de la 5ème Symphonie de Franz Lachner est vibrant – noir et entraînant. Le reste de l'œuvre, tout à fait consistent (cohérent, “qui tient la route”), me semble plus attendu, presque convenu dans son post-beethovénisme. Je veux donc retenir ici un ‘Menuet’ tout en noirceur, au charbon – qui, solide, chtonien, est tout sauf minaudant.
Renaud Camus a écrit à plusieurs reprises combien il admirait certaines œuvres post-romantiques (symphonies de Bax, notamment), tout en ne sachant jamais trop si c'est l'histoire de la musique qui les a reléguées au deuxième, voire au troisième plan, ou si ces partitions sont intrinsèquement médiocres. Ce qui est captivant, ici, c'est que cette musique n'est pas « post » : elle est pleinement romantique, et n'est en rien dérivée de Schubert, dont on nous dit que Lachner fut proche, et encore moins de Schumann ou Brahms, qu'il précède plutôt (par rapport à Brahms, c'est très évident dans le final de cette symphonie, qui date de 1835 !).
Emporté par ces accords, j'ai failli faire cramer les neuf pommes au four que je préparais. Et allez savoir pourquoi le correcteur orthographique de cette camelote du démon baptisée Open Office souligne chtonien en n'acceptant que chthonien !
Il nous faut des pommes sataniques.
14:29 Publié dans Autres gammes, Le Livre des mines | Lien permanent | Commentaires (0)
Loxam
Dans un fatras de 2x2 voies, de ruelles, d'impasses, de parkings gris, l'enseigne Loxam se détache, avec son losange trompeusement proche de celui, plus connu, de la firme automobile Renault (losange qui a tant évolué avec les décennies – je me rappelle, comme pour la différence entre le lion de la vieille 304 que mes grands-parents avaient léguée à mes parents, le losange d'un seul tenant sur les R6 et R12, le losange déjà en plusieurs traits sur la R16 et la R30 familiales, etc.), et donc, en passant près du hangar Loxam, engins agressifs, piquants, débordant sur le trottoir, avant une enfilade interminable, ennuyeuse, de panonceaux, de panneaux, d'autres hangars, plus moches les uns que les autres.
Je ne sais même pas ce qu'est ce Loxam — firme de location d'engins de chantier, peut-être (avec un triple génitif). La peinture rouge y prédomine. Le nom (sigle ? invention d'une époque où l'on crut que les néologismes en -am seraient durablement “vendeurs” ou accrocheurs ?) semble l'anagramme d'un médicament. La verrue, comme les autres le long de cette 2x2 voies, fait bien mal aux yeux, sinon au bide.
14:14 Publié dans Blême mêmoire, Kleptomanies überurbaines | Lien permanent | Commentaires (0)
Bribes
Avant-hier, en allant à Spay, je me suis fait la réflexion qu'il serait temps d'inaugurer un album de limericks sarthois.
Il faut aussi reprendre le chantier des Kleptomanies, sur place ou sur le motif.
Hier soir, j'ai vu le chat des voisins laper goulûment, sur notre terrasse, des dizaines de fourmis.
Ne pas confondre le tatou (dont le zoo de Spay possède trois espèces différentes, dans un « exotarium » (sic – ?) fruste et aménagé de bric et de broc) et le tamanoir, dont voici donc un avatar félin.
Je lis simultanément, dans les rares moments de disponibilité que je trouve, le dernier Marie N'Diaye (Ladivine) et un récent Will Self (Walking to Hollywood). Ladivine, admirable comme toujours par l'élaboration d'un langage analytique plus que par les versants fantasmagoriques, me plaît moins que le roman de Self, très inhabituel (inhabituel pour Will Self – à l'intérieur, veux-je dire, de ce genre à part (à part entière) qu'est « la littérature willself »), désarçonnant, dont je ne sais où il va me conduire.
Autre piste dont on ne sait où elle s'arrêtera, me conduira : ces poèmes en anglais que je me force à écrire/publier chaque jour. Ils n'ont guère été remarqués, comme ils sont peu remarquables. J'avais pensé recourir beaucoup plus au collage, et puis, en fin de compte, comme à Oxford circa 1996, je m'étonne de gratter vite, d'une voix qui monte, peut-être pas irrépressible mais que, en tout cas, j'ai envie de laisser s'exprimer sans la bâillonner.
mardi, 02 avril 2013
Avril déjà dérape
Avril déjà dérape
(Titre d'un roman
Jamais écrit), lape
Le souvenir charmant
De mars, froidement.
(Ce modeste quintil de circonstance constitue le trois millième billet de ce blog.)
14:44 Publié dans Quintils pétroniens | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 01 avril 2013
Avril vert
Avril ....................... la folie sur les branches
la forme des nuages change
courir on ne sent plus ses jambes
le froid encore nous hante
(on s'en cogne, du froid),
il semble.
Dans le néflier où le vert ....................... rampe,
des chants d'oiseaux s'ébranlent
tout de plumes. Déjà, encore, enfin, je pense
à tes yeux mauves rue de Vanves.
08:01 Publié dans Dizains en assonance | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 31 mars 2013
Toujours, le Prieuré
Comme Oméga était venu avec nous dimanche dernier au Prieuré pour son premier concert « de grand » (deux Sérénades de Mozart et l'Octuor de Beethoven — il a beaucoup aimé et s'est très bien tenu), nous y sommes retournés, en ce dimanche de Pâques, afin qu'il puisse visiter pour de bon ce site, dont il se trouve qu'il est parmi les préférés de son frère.
Peu après notre retour (et un passage par l'île Simon, où sévissait un “contest” de skate et BMX), je cherchais s'il y avait, dans ma galerie Flickr, des photos de ce foutu mardi il y a quatre ans, et notamment de la manifestation à la suite de laquelle je me suis retrouvé en garde à vue pendant cinq heures. Pas l'once, évidemment... mais, au plus proche, dimanche 29 mars 2009, de nombreuses photographies d'Alpha au prieuré Saint-Cosme, dont celle, que j'aime énormément, où, dans le déambulatoire à ciel ouvert, le programme du Printemps musical entre les mains, il scrute quelque détail hors champ, sans doute une voussure, peut-être la statue d'un des deux saints anargyres.
Il est rare que je cède à la tentation de l'intime, ou tout au moins du familier entre ces pages, mais bon, pour une fois : mes garçons sont beaux et formidables !
Pour ne pas finir sur une note trop sentimentaliste, et plutôt météorologique : il faisait très gris hier pour le dernier jour d'hiver, et un ciel bien dégagé aujourd'hui pour l'avènement de l'heure d'été. Le contraste, pour la luminosité, est saisissant.
18:03 Publié dans ... de mon fils, Moments de Tours, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (4)
Laps et synthèse mêmorielle
Conserver les laps, écrivait hier Valérie.
Ce qui me préoccupe le plus, dans toute l’optique d’ « archivage » propre à ce genre de sites, comme à l’existence, c’est la capacité de la mémoire à réduire des moments différents à une scène identique – le contraire de la fulgurance, l’inverse aussi (peut-être) de l’épiphanie.
Par exemple, je n’arrive pas à me rappeler si c’est Patrick McGuinness ou Gilles Ortlieb qui déclarait, il y a dix jours à peine, qu’il n’était pas intéressé par l’épiphanie, plus par la durée (et certainement par l’oubli) : cette confusion des figures relève de cet aplatissement, de cette identification que j’avais choisi de nommer, il y a déjà plusieurs années, mêmoire – concept qui donne d’ailleurs son titre à cette rubrique.
La scène identique (ou faudrait-il dire identifiée, mêmifiée, cristallisée ?) n’est pas l’objet, de ma part, d’un rejet. Si j’ai consacré de si nombreux billets, déjà, à ce phénomène de mêmoire (en ne m’en expliquant vraiment qu’aujourd’hui), c’est qu’il me semble créatif, il m’intrigue. Trop d’écrivains et même de philosophes se sont intéressés, soit au rapport (contrastif, complémentaire) entre mémoire ou oubli, ou encore à la mémoire sélective – peu, en revanche, à cet aplatissement qui me semble être, au fond, la caractéristique fondamentale de tout souvenir individuel (par souvenir, j’entends souvenance, action de se rappeler (et encore y inclus-je ce qui n’est pas action, le souvenir qui revient, la revenance)).
On le comprend, ma théorisation demeure confuse.
Pourquoi « blême », alors ? pas seulement par jeu sémiotique, pas seulement pour proposer un autre accent circonflexe sur un autre e. Il me semble que la mêmoire a justement pour fin (ni but ni conséquence, et les deux à la fois), en aplatissant et « mêmifiant » des éléments irréductibles du passé, de rendre plus pâles les souvenirs isolés, établissant à leur place un seul souvenir (fusion, synthèse ou fission). Le paradoxe, bien sûr, est que, si plusieurs souvenirs isolés ont blêmi au terme de ce processus mêmoriel, c’est pour permettre à un seul souvenir synthétique d’émerger de manière particulièrement vivace, loin de toute pâleur imaginative.
10:49 Publié dans Blême mêmoire | Lien permanent | Commentaires (2)
samedi, 30 mars 2013
W.M. 61 : Le Furoncle
Si vous allez dîner, quelque soir, au Furoncle,
Sachez que le cuistot n'est autre que mon oncle.
Il sert des potages troubles
Et de l'andouillette aux gras doubles,
Quand le choix du chef n'est pas la carpe aux pétoncles.
13:58 Publié dans Wikimericks | Lien permanent | Commentaires (0)
W.M. 62bis
Non diligo pomœrium
quia Barbarus hic ego sum
et pomerium urbis auxit Caesar
ut barbarorum dei repudiantur
Latinum atque mihi corrigendum verbum
10:19 Publié dans Wikimericks | Lien permanent | Commentaires (0)
W.M. 62 : Le pomœrium
Il ne me fait pas peur, votre pomœrium !
Ainsi hurlait un embolothérium,
Jusqu'à ce que Titus Pullo
Lui enfonçât dans le goulot
Inférieur la mine d'un gros critérium.
09:52 Publié dans Wikimericks | Lien permanent | Commentaires (0)
Le Rêve des dents à la poubelle
Les vues, les visions, et le reste.
La mémoire traque les menues différences et les immenses disparités. Ce faisant, elle tend à tout réduire à une forme d'identité, sans conserver les chatoiements. À la cascade.
Oméga, ce matin, s'est réveillé en nous racontant le rêve des dents à la poubelle.
08:25 Publié dans Blême mêmoire | Lien permanent | Commentaires (2)
vendredi, 29 mars 2013
11341 —13020
On a appris hier que le logement d'un de nos deux étudiants «pionniers» sur l'échange avec UKZN à Pietermaritzburg avait été cambriolé dimanche, de sorte qu'il a perdu ordinateur portable, papiers personnels, argent, etc., et, même s'il est rassurant de voir que les collègues, là-bas, considèrent que c'est grave, inacceptable, et se démènent, on ne sait si on trouvera aisément des étudiants pour les années suivantes. (Déjà, ne m'avais-tu pas dit que, cet automne, une jeune fille qui devait aller là-bas, ou en tout cas avait envisagé cela parmi les options possibles, s'était défilée, avait renoncé à cet échange-là suite aux conseils des siens, de sorte que ton collègue disait toujours qu'au moins, là, vous aviez envoyé deux grands gaillards débrouillards, mais il faut croire que minois et mini-jupe ne sont pas les seuls risques... Oui, et quoiqu'on puisse toujours rappeler que plus de 90% de la criminalité en Afrique du Sud a lieu dans les townships, et entre Noirs, chiffre qui, par-delà son caractère rassurant pour les touristes, est d'ailleurs terrible pour ce qu'il dit de la société sud-africaine contemporaine, malgré cela plusieurs personnes lors de notre séjour ont confirmé que des précautions élémentaires sont à prendre, qui-vive général Finalement, ce texte composé de phrases équilatérales pourrait «démarrer» et se muer, si bizarrement soit-ce, en récit par la grâce de ce cambriolage (si j'ose dire (si le pauvre A. lisait ceci, il serait furieux contre moi)) et en venir à l'Afrique du Sud, ce à partir du peu de choses que j'y vis, de l'infiniment peu que j'y vécus, mais on sait que, comme sur les bords de Loire, faconde et imagination font le reste.
15:15 Publié dans 420 * 420 | Lien permanent | Commentaires (0)
#38
L'étang de la Planche à la Bonne ?
Une balade qu'elle est bonne !
Il convient à la pêche
Et aux amours revêches,
L'étang de la Planche à la Bonne !
11:50 Publié dans Album de limericks berrichons | Lien permanent | Commentaires (0)
Billet joual
Bol à juillet.
Tollé jubila.
Ut, joli label.
Objet, il l'a lu.
Élut joli bal.
Billet joual.
09:24 Publié dans Lézard rame | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 28 mars 2013
Aubes
Abeilles, guêpes, frelons
Bourdonnent dès
L’aube — arbre long
De nos mondes dessoudés.
18:33 Publié dans Quatrains messalins | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 27 mars 2013
W.M. 60 : Le Karabair
Si au moins le Karabair
Pouvait s'envoler en l'air,
Ce nouveau Pégase
Quand le maquis s'embrase,
Nous servirait de Canadair !
13:49 Publié dans Wikimericks | Lien permanent | Commentaires (0)




