Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 03 mai 2013

Le printemps, enfin ?

Qu'y avait-il dans l'air hier ? Etait-ce le contraste avec la veille, si froide et pluvieuse ? En effet, quoiqu'il y ait eu quelques journées plus chaudes ou plus ensoleillées en avril, je me sentais d'humeur quasi estivale, l'après-midi, dans les rues de Tours. De même, Alpha nous a confié qu'il avait infiniment plus de plaisir à jouer du saxophone quand il fait beau (il avait des sensations similaires à celles de l'été dernier, et des étoiles dans les yeux en l'expliquant) – cela ne l'a pas empêché de s'exercer tous les jours, même au creux de cet interminable hiver.

 

Ce matin, toujours dans le vieux Tours, j'ai inauguré, avec le minable appareil photographique de mon smartphone (comment dire autrement ? il doit bien y avoir un québécisme plus ridicule encore que le franglais...), une nouvelle série, qui pourrait se nommer Blue Shoes... mais je vais chercher à compliquer les choses, pour ne pas changer.

Sonates pour violon et basse continue de François Francœur (Ensemble Ausonia), 2001.

J'ai acheté pour cinq euros en tout, dimanche 21 avril, à Peyrehorade, lors d'un vide-grenier, trois CD, pas tout à fait au hasard : un solo de Frank Avitabile, un enregistrement en direct (à Pau !) des Variations Goldberg par le claveciniste Kenneth Weiss, et enfin, presque au hasard, sur la foi du label (Calliope) et du nom du compositeur (vaguement familier et tout à fait attirant), quatre Sonates pour violon et basse continue de François Francœur, par l'ensemble Ausonia. Comme il arrive souvent dans de pareils cas, c'est ce dernier disque qui m'enthousiasme le plus.

N'étant pas du tout spécialiste de musique sur instruments anciens, et peu familier, au reste, de la musique française du 18ème siècle (à l'exception des œuvres fameuses, Couperin ou Rameau), je craignais quelque chose de parfaitement réglé et d'absolument monotone. Or, pas du tout : chaque mouvement de chaque sonate a son atmosphère, des nuances marquées, et une joie qui déborde à toutes les coutures, même dans les pièces à la tonalité plus affligée. J'ai écouté, en rentrant de l'Université, la plus courte des Sonates, la n° X en ré majeur (sa durée, 11’38”, a correspondu presque exactement à celle du trajet), et viens de la réentendre ici, au salon. Elle est bouleversante.

Il est impossible que mon enthousiasme soit l'effet du seul (timide) beau temps (timidement) revenu. Avant-hier soir, , en allant chercher E*** à la gare de Saint-Pierre-des-Corps sous des trombes d'eau et un ciel écrasant, sous le charme et le choc du Rondeau de la n° VI en sol mineur. On trouve, dans cette musique, tout un côté “grand siècle” très lullyen, doublé d'une sorte de légèreté insinuante très poignante, laquelle correspond plus, pour aller vite, à l'image que l'on se fait – par la peinture surtout – du loisir et de l'art, au sens large, au dix-huitième siècle.

Bien entendu, je n'y connais rien. Il faudrait avoir (prendre) le temps de se renseigner, par exemple sur ce que Francœur retient de la forme sonate, et/ou comment il l'adapte. En effet, dans la dixième, il y a deux adagios (1er et 3ème mouvements respectivement), tandis que, dans la septième (que j'écoute en ce moment précis – la Sarabande), c'est le rondeau qui est redoublé, en quelque sorte, mais en des positions symétriques (3ème et 5ème mouvements).

3040 — « Comprendre »

Neuf fois sur dix, quand une personne inculte se plaint de ne rien comprendre à un objet culturel quelconque — qu’il s’agisse de littérature, de philosophie, de peinture, de musique, de cinéma ou d’art contemporain —, neuf fois sur dix il n’y a, sur le point particulier que cette personne met en avant comme étant hermétique entre tous, rien à comprendre. Ce qu’il y a à comprendre, c’est que ledit point particulier n’est pas à comprendre, justement, mais à aimer, à ressentir, à percevoir dans ses effets. Rien n’est plus difficile à appréhender, quand on n’y est pas préparé par l’éducation, que le défaut, l’absence, la simple présence, la présence par défaut, le défaut de la présence. Or il n’y a pas d’art recevable, ni de littérature bien sûr, ni de haute philosophie je crois bien, qui n’exige, de la part de qui s’y confronte, un consentement préalable à une rupture des enchaînements logiques, à un évanouissement provisoire ou définitif, éminemment jouissif dès lors qu’on s’en accommode, de l’intelligence et de l’intelligible.

(Renaud Camus, Journal 2013, entrée du 23 avril)

jeudi, 02 mai 2013

XX-Art (Espace Nobuyoshi, Saint-Antoine du Rocher), 1er mai 2013

Exposition XX-Art, Espace Nobuyoshi, Saint-Antoine-du-Rocher (Indre-et-Loire), 1er mai 2013. Sous une pluie battante, plus digne de novembre que de mai, nous nous sommes promenés, à un rythme de marathon plus que de manifestation de Fête du Travail, dans le parc de La Mulonnière, et dans les serres et resserres de l’Espace Nobuyoshi, à Saint-Antoine du Rocher. Il s’y tient, depuis trois ou quatre ans, une exposition d’une semaine, dont le principe est que chaque artiste ne propose qu’une seule œuvre de grand format. Le titre de cette exposition est XX-Art, ce qui est un nom un peu bêta, mais qui a au moins le mérite de la brièveté, et d’être, à cet égard, facile à retenir.

Exposition XX-Art, Espace Nobuyoshi, Saint-Antoine-du-Rocher (Indre-et-Loire), 1er mai 2013. Il me semble que, si agréable qu’ait été la découverte de ce lieu (nous n’en avions jamais entendu parler jusqu’à la veille), la promenade a été gâchée par les hallebardes, les ornières boueuses, le parking gavé de voitures à la manœuvre – un curieux afflux de peuple, étant donné que cette manifestation n’est pas très médiatisée.

Exposition XX-Art, Espace Nobuyoshi, Saint-Antoine-du-Rocher (Indre-et-Loire), 1er mai 2013. Il n’y avait pas grand-chose de transcendant à se mettre sous l’œil, si ce n’est quelques amusantes sculptures extérieures, et deux ou trois toiles abstraites dérivatives mais pas désagréables ; il y avait, dans la grande serre principale, des sortes de sculptures (en plastique renforcé ?) tout à fait réussies, et j’ai pu découvrir un échantillon de la dernière manière de Juliette Gassies, qui se rapproche désormais un peu de sa voisine Florence Lespingal, mais de façon plus contrastive et surtout plus foncièrement figurative. Il y avait, cette année, un hommage à Didier Bécet, artiste sans doute trop tôt disparu (il n’avait pas cinquante ans), mais dont la petite « rétrospective » a confirmé tout le mal que je pensais de ses hideuses kitscheries.

Exposition XX-Art, Espace Nobuyoshi, Saint-Antoine-du-Rocher (Indre-et-Loire), 1er mai 2013. Reste qu’une année prochaine, sous des cieux plus cléments, on pourra tenter de se promener à grands et amples enjambées, dans un style plus proche des Tableaux d’une exposition.

mercredi, 01 mai 2013

Mi-printemps (?)

En à peine quatre ans, le terrain côté rue s'est beaucoup bosselé. Sous les deux cognassiers en fleur (de belles fleurs roses qui, avec leurs feuilles, semblent promettre mieux que le lourd fruit jaune et lui-même bosselé), plusieurs repousses, comme je l'ai fait remarquer dimanche à Oméga. Certains de ces jeunes cognaissiers ont peut-être deux ans ; ils finiront par ne plus avoir assez de lumière et par s'étioler, certainement.

Hallebardes ce matin, puis ça s'est calmé, avec toujours ce froid. Mauvaises nuits, je suis parvenu (dans Vue d'œil) au début du mois de mai 2012, précisément quand Renaud Camus souligne l'absence de véritable printemps : on se dirige tout droit, si la présente saison est représentative, vers des années à deux saisons : hivers humides plus ou moins rigoureux (8 mois) suivis d'un été de 3-4 mois plutôt instable. Cela fait déjà plusieurs années (dix, au bas mot) que le printemps et l'automne semblent rétrécir (reculer).

À midi dix, toujours une file régulière devant la boulangerie de la rue de Sapaillé — elle ne semble jamais désemplir, au moins le mercredi et les jours fériés, seuls jours où je peux (moi aussi ?) m'y rendre.

Mai ne promet rien de transcendant.

Le muguet n'a pas encore fleuri (quinze jours de retard ?).

mardi, 30 avril 2013

Ocre printemps

Autoportrait au memento mori.

lundi, 29 avril 2013

Le français selon Lequay

Il est donc avéré que l'on peut être « grand reporter » dans un influent hebdomadaire (Marianne) et 

* confondre nombre et nombreux

* écrire “des deux côté”

* finir son article par une phrase aussi incohérente et mal ponctuée que :

Or ce phénomène, en pleine récession européenne ne cesse de s’aggraver, dans un Hexagone dont le marché de l’emploi, il faut s’en alarmer, est désormais en panne sèche. 

Merci, Mme Lequay !

(Au demeurant, comment peut-on encore s'étonner des couvertures poujadistes du Point ? Est-ce encore un sujet ?)

Œuvres pour piano de Boris Liatochinsky

J’écoute la Sonate op. 18 de Boris Liatochinsky, après plusieurs séries de préludes (dont le 3ème de l’opus 38, écouté trois fois de suite, pas subtil mais très prenant – entraînant peut-être – d’où vient que, pour l’appréciation esthétique, on retombe toujours sur les adjectifs, encore et toujours les adjectifs, tout en étant constamment insatisfait de ne pas saisir grand-chose avec ces adjectifs), et, plus chopinienne (scriabinienne ? on peut aussi forger des adjectifs, ou user d’adjectifs que le vérificateur orthographique, peu mélomane, refuse), elle me plaît moins (œuvre de jeunesse, davantage). (On peut aussi abuser des parenthèses, après tout je prends ici des notes pour moi-même, mémento, guide-âne, après je te retrouve ces machins huit ans plus tard, je me dis ah oui au fait…)

Série Espadrilles rayées I Sans vous dire si les points de suspension précédents faisaient partie de la citation en style direct, je poursuis sans avoir rien à dire de Liatochinsky, seulement du style de ce que j’allais en écrire (adjectifs frustrants, exaspérantes parenthèses), je ne connaissais pas Liatochinsky avant ce matin, c’est une musique excessivement pianistique, je vois qu’il a composé opéras et symphonies, lesquels risquent d’être très (donc, trop, à mon goût) expressifs.

(Les Reflets op. 16, par Boris Demenko, pourraient mériter le même reproche, mais il y a une telle résonance, une telle qualité acoustique aussi que les fragments font  naître des images fortes. — La version anglaise nomme ces pièces Reflections, que j’interprète comme des reflets plus que des réflexions, sans doute influencé par leurs tonalités debussystes. Tout expert en musicologie ou en russe est invité à me tancer sévèrement.)

À creuser — les quatuors à cordes.

dimanche, 28 avril 2013

Sept sans faute

Eglise romane et cimetière mérovingien de Civaux (Vienne), 29 avril 2006 La contrainte n'a pu être respectée. Toujours ces jours sans archive.Porche et façade de l'église de Vernou, Indre-et-Loire, 28 avril 2007 Ainsi, avant d'avoir un appareil numérique, on avait déjà visité l'église de Vernou. Pressing & autoportrait, rue du Docteur Blanche, Paris, 28 avril 2008 Marché de Noël, avec l'ami lyonnais.Rayures, 28 avril 2009 Sans archive ne signifie pas sans mémoire. Se servir de l'album comme d'un recours contre l'effacement de ce qui n'a pas été saisi.Bilbo/Bilbao, Pays basque, 14 avril 2010. Là, plus moyen de retrouver ce nom d'église, éloigné par un sonnet de jours, et par plus lourd oubli. Monument aux morts de Biron (Dordogne), 28 avril 2011 « Je me souviens de la débâcle.» Moi ? Rembrandt n'a pas moufté, le ridicule ne tue plus.

Peu

Mon mois de mai s'apprête à ne ressembler à rien.

Toi, tu ne savais pas – à une heure du matin – où nous étions. Mauvaises nuits toujours.

Le chauffage à la relance, aucun printemps en perspective.

Ne pas râler, ni se morfondre, fais ce que dois.

05:34 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 27 avril 2013

Domme ou l'Empierrement

Domme, 27 avril 2011. Domme, deux ans déjà. Ce que l'on y voit est si étriqué, le souvenir de déception (première visite en 95) lui-même ne déçoit pas, et l'on regarde vers ailleurs, vers alentour, déçu encore.

Le nom est beau, qui fut rencontré pour la première sur les étagères farcies, au huitième (neuvième? j'ai un doute) étage de la résidence Génovia. Cet appartement, lieu intermittent où je lus notamment Hemingway en sirotant je ne sais plus quels sirops, reviendra-t-il me hanter sur mon lit mortuaire ?

C'est gai. That's what Domme does to you.

vendredi, 26 avril 2013

Concerto n°2 pour hautbois de Bruno Maderna

Les textures et les chromatismes qu'évoque le Concerto n°2 pour hautbois de Bruno Maderna sont comme un jardin à l'anglaise. Percussions typiques de ce que, dans les années soixante, on devait encore ne pas hésiter à nommer avant-garde, pourtant lorgnant du côté de Varèse ou Webern plutôt qu'au geste absolument novateur ou cacophonique.

Le concerto n'est pas découpé en mouvements, le continuum s'impose dans cette œuvre très évidemment dodécaphonique. Le hautbois ne survient qu'après trois minutes de nappages sonores. Le long passage soliste, invitant bientôt les vents et bois de l'orchestre, offre, après un départ en stridences, une belle rêverie, très romantique, en fin de compte.

Dans cette œuvre, le soliste joue du hautbois piccolo, ou musette, au registre évidemment plus aigu. Par simple curiosité, j'aimerais bien entendre une transposition de la partition pour cor anglais... surtout pour entendre ce qu'il adviendrait de l'ambiance si particulière du concerto.

La version que j'écoute est celle de Heinz Holliger, dont je possède, par ailleurs, pas mal d'enregistrements (répertoire baroque et romantique surtout (dont le magnifique concerto d'Albinoni)).. Dans un article qu'il consacre à une autre version, celle de Fabian Menzel, Gilles Quentel écrit que les trois concertos pour hautbois de Maderna sont « remarquables par leur poésie et par leur l’étrange univers de féérie glacée ». On ne saurait mieux dire.

L'avant-dernière “phase” (pour ne pas parler de mouvement - je pense aux passages minutés 13'-15' dans la version Holliger) a des aspects très harmolodiques.


jeudi, 25 avril 2013

Encore encre de bruine

Pour poursuivre sur drizzles and mizzles (billet publié le 21).

********************************

Une recherche dans les ressources du Projet Gutenberg m'a permis de glaner quelques citations dignes d'intérêt. Tout d'abord, un passage au tout début de Bleak House, dans une veine onomastique très dickensienne (variante sur l'expression “any Tom, Dick and Harry”, mais en lugubre/pluvieux) : « Chizzle, Mizzle, and otherwise have lapsed into a habit of vaguely promising themselves that they will look into that outstanding little matter and see what can be done for Drizzle—who was not well used—when Jarndyce and Jarndyce shall be got out of the office. »

 

Ensuite, je ne résiste pas à citer in extenso un passage savoureux et très vivant des carnets de Byron :

January 16. 1821.

Read–rode–fired pistols—returned—dined–wrote–visited–heard music–talked nonsense–and went home.

Wrote part of a Tragedy–advanced in Act 1st with “all deliberate speed.” Bought a blanket. The weather is still muggy as a London May–mist, mizzle, the air replete with Scotticisms, which, though fine in the descriptions of Ossian, are somewhat tiresome in real, prosaic perspective. Politics still mysterious.

 

Enfin, dans la traduction du Feu de Barbusse (due à un certain Fitzwater Wray – nom assez ironique – traduction publiée en 1917 d'après la WP anglophone), voici notre réduplication du 21 avril, mais sous forme verbale :

"A damned country!" says Fouillade. In truth this Northern climate is not worth much. It drizzles and mizzles, reeks and rains. And when there is any sun it soon disappears in the middle of this great damp sky.


Dans le chapitre XII, grâce à Wikisource, j'ai retrouvé l'original :

– Sacré pays, milédi ! dit Fouillade.

Le fait est que ce climat du Nord ne vaut pas grand-chose. Ça bruine, ça brouillasse, ça fume, ça pleut. Et, quand il y a du soleil, le soleil s’éteint vite au milieu de ce grand ciel humide.


 

Voilà une allitération que la langue anglaise n'a pas manquée ! Le Feu a été retraduit, récemment, par un certain Robin Buss. Sur ce seul passage (glané grâce à Google Books), on ne peut pas dire que sa version s'impose : “The truth is that this northern climate is not much to write home about. You get mist, fog, drizzle and rain. And when there is a bit of sun it gets swallowed up in this great damp sky.

mercredi, 24 avril 2013

« thirty types of gravy »

"thirty kinds of gravy" Il y a un an, donc, je lisais (et photographiais une page (pas tout à fait au hasard) d')un livre de David Antin.

Je nommai cette photographie « thirty types of gravy », dont je ne sais si la meilleure traduction serait :

      • trente sortes de jus de viande
      • trente sortes de sauce
      • trente variétés de sauce
      • un choix de trente sauces
      • pas moins de trente jus de viandes

mardi, 23 avril 2013

Après un an de Sarkozie

Sarkozy I, Salle 31, site Tanneurs, Tours, 23 avril 2008

23 avril 2008.

lundi, 22 avril 2013

Erki Kasemets

Erki Kasemets, Life-File, installation, 2008, Exposition Plaisirs de l'Imagination, Art contemporain d'Estonie (vue partielle) Il y a cinq ans, j'avais pris plusieurs photographies d'une très belle, très forte, très inspirante installation d'un artiste estonien contemporain, ce dans le cadre d'une exposition d'art estonien contemporain qui avait été annoncée, alors, à grands renforts de clairon, comme la première d'un événement appelé à se répéter, et baptisé, du coup, biennale. Cinq ans après, on attend toujours la deuxième partie de cette biennale.

dimanche, 21 avril 2013

D'une phrase de Paul Auster

Intemperate cold (three degrees one morning), drizzles and mizzles, mist and slush, ever-aggressive winds, but most  of all the snow, which will not melt, and as one storm falls on top of another, the bushes and trees in your back garden are all wearing ever-longer and heavier beards of snow.

(Paul Auster. Winter Journal. Faber & Faber, 2012, p. 33)

 

L'expression drizzles and mizzles, qui joue classiquement sur une réduplication par paronomase, est assez courante, ainsi qu'en atteste qu'une brève recherche sur Google. (D'ailleurs, la tournure inversée est plus rare. La variante au singulier est répandue, sans d'ailleurs qu'on puisse envisager, en français, de rendre compte d'une éventuelle variation entre le pluriel et le singulier.)

La réduplication est elle-même difficile à conserver. Dans sa traduction publiée par Actes Sud, Pierre Furlan choisit « de la bruine et du crachin, de la brume et de la neige fondue » (Chronique d'hiver, p. 42). La proximité de mist a permis au traducteur, sans forcer le sens, de déplacer la paronomase sur bruine/brume, ce qui est habile.

Il est curieux, par conséquent, de constater que Pierre Furlan commet deux contresens assez élémentaires dans le reste de cette phrase. En effet, il traduit le modal will par un futur, alors que le sens est évidemment « neige persistante » ou « neige qui refuse de fondre » ; le futur semble impliquer, dans ce récit rétrospectif,que la neige n'a jamais fondu, ce qui est une ineptie. De même, back garden, expression figée usuelle, est traduite par « jardin derrière chez toi », ce qui est inexact : en français, cette expression désigne souvent un jardin qui ne fait pas partie de la propriété, d'où une ambiguïté absente du texte anglais (il suffisait de traduire par « dans ton jardin » en effaçant back).

samedi, 20 avril 2013

Châtaignes brunes

Georg Trakl, Herbst & Winter Il y a six ans, je lisais (relisais - il est, depuis mes années d'études, un de mes poètes préférés) Georg Trakl. La raison en fut peut-être l'importance des références à Trakl dans les Eglogues de Renaud Camus, dont la plus récente venait d'être publiée.

Je prends des coups, tu mets des prunes.

vendredi, 19 avril 2013

Carnaval au lycée Choiseul

Choiseul 4 L'an dernier, 19 avril 2012, aucun doute car je ne trafique jamais les infos Exif (!), c'était le carnaval au lycée Choiseul, à Tours — toujours deux mois après le vrai carnaval, les Ligériens font n'importe quoi, et pas seulement à Choiseul. Des fées, un père Noël. Ce simili-rituel invasif n'a pas le sens commun, puisque la plupart des bahuts, comme on disait quand j'étais jeune, sont une sorte de cirque permanent.

Ce jour-là, je n'avais pas réussi à attraper du regard Amy Winehouse.

jeudi, 18 avril 2013

L'église du Prieuré Saint-Cosme

Prieuré Saint-Cosme, La Riche (Indre-et-Loire), dimanche 31 mars 2013.

mercredi, 17 avril 2013

Amou, 17 avril 2011

Course d'Amou, 17 avril 2011, 47, superbe série de Mathieu Noguès sur la vache sans corde Il y a deux ans, on a pu assister à une extraordinaire série de Mathieu Noguès sur la vache sans corde, à Amou. Les courses, hors été, ne sont pas faciles à « attraper ».

mardi, 16 avril 2013

... hair were ...

¿How come same

number of

signs draws fine lines

"La Babinière", 123, rue de la Presle, Tours, 23 avril 2008

08:05 Publié dans 373#47 | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 15 avril 2013

... were hair ...

Wish there were

stripes on my forehead

wrinkles on my legs

hair on the sky's face


Wish someone would

walk around this spider's web

plucking flowers for a barn,

picking their nostrils on a ship


Wish there's a cloud,

a crowd of rainy arguments

woozy with bassoony breaths


Wish you'd rest a little with me,

stripped of your bad old godforsaken

prudishness

and blonde hair.


08:00 Publié dans 373#47 | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 14 avril 2013

Gris, bleu, jaune

Mes fols après-midis de juillet

 

J'exhume cette photographie pour poursuivre l'illustration du billet précédent.

Trois flèches, le panneau bleu de guingois, la verdure oubliée (cadrage par smartphone), tout cela aussi relève de l'ambulance. (La mêmoire, elle, irait plutôt chercher ces affreux immeubles de bureaux dont chacun a reçu le nom d'un aviateur. Le bâtiment E = Amelia Earhart, je crois. C'est tout près de chez moi, je n'y passe jamais.)

samedi, 13 avril 2013

De l'averse à l'extravagance

Aujourd’hui, après une promenade calme quoique narrative au parc de la Cousinerie, j’ai écrit un nouveau poème en anglais, publié aussitôt, et passablement abstrus, je le crains. Pour moi, il est pourtant singulièrement vivant, charnel, lié à des sensations très précises et prégnantes. On a un peu triché pour ce qui est des cheminements de banlieue, et, afin de pouvoir consacrer la marche au parc lui-même (ses allées défoncées et boueuses, ses pelouses grasses d’averses, son ru débordé où sautaient de loin en loin d’heureuses grenouilles), n’avions pas marché à travers les ruelles et avenues de la déprimante ZAC, préférant l’approche en voiture.

Cela ne nous a pas empêchés de connaître, lors du retour à la voiture, justement, un pur moment de kleptomanie überurbaine : sur l’asphalte entourant le hangar ou l’entrepôt le plus proche, nous avons vu débouler un énorme lapin qui courait à tout berzingue et dont le cul blanc a disparu de l’autre côté d’une haie de cotonéasters peuplée de détritus abjects. De l’autre côté de la haie, Alpha a trouvé – au pied d’un arbre municipal malingre, s’enfonçant entre le carré de terreau entourant l’arbre pollué et la pelouse qui permet (permettrait) de se diriger vers d’autres entrepôts – le terrier du lapin précédemment entraperçu, avec plusieurs crottes caractéristiques à l’entrée : sans chasseurs ni renards à craindre, le réflexe atavique de faire disparaître les crottes, fût-ce en les ingérant, a lui-même disparu.

Misérable garenne. ZAC de la Cousinerie, Tours-Nord. Là n’était pas toutefois l’élément le plus ironique (le plus iconique ?) de cette scène de banlieue. En effet, le terrier se trouve en face d’un minable hangar gris peinturluré de rose  (ou de mauve beigeasse, je ne sais plus) et qui abrite, je vous le donne en mille, un cabaret dont j’ignorais même l’existence et dont il est bien curieux que ses propriétaires aient voulu l’installer là, entre ces demi-usines désaffectées, ces grillages défoncés, ces entrepôts énigmatiques. Toutefois, le site Web du cabaret annonce que les « soirées d’exception » ont lieu « dans un cadre prestigieux » : à cette aune, on peut s’attendre, en poussant la porte, à ce que le champagne du menu s’avère n’être qu’une infâme roteuse, et que les affriolantes girls en strass affichées sur ce même site ne se muent subitement, par un cendrillonesque coup de trafalgar, en une malheureuse arrière-grand-mère arrachée à son tricot et maquillée à la hussarde.

Pour voir déboucher sur quelque réelle fantasmagorie cette ébauche de conte, il faudrait, nous aussi, aplatir nos oreilles et pénétrer dans le terrier de l’énorme lapin, pour – qui sait – une chute dans un monde unter-rural qui nous consolerait de notre über-urbanité.

Mettray – 3 avril, onze heures

 Mettray – 3 avril, onze heures

 

En face du « village des jeunes », une pharmacie optimiste annonce 14 degrés, alors qu'on vient juste de repasser au-dessus de zéro. Hangars récents à l'air de déshérence, ce n'est pas un paradoxe. Escalier de traviole avant la côte, qui semble se tenir, de manière autonome, séparé de la maison au perron de laquelle il conduit pourtant, solidairement.

Des chèvres broutent, puis c'est la voie ferrée.

La voiture quitte Mettray.