mardi, 16 octobre 2012
« On ne sait pas »
— On ne sait pas, m'a répondu Débora en haussant les épaules et en fermant les yeux pour les rouvrir, prendre ensuite un air d'inexpressivité absolue, puis se toucher à toute vitesse deux fois le menton et poser sa tête presque sur mon épaule et, dans le mouvement suivant, faire semblant de s'évanouir pour recouvrer peu après la position verticale perdue et rehausser les épaules.
Je me suis dit que ce « On ne sait pas » était le mot de passe essentiel d'un code secret. Et tous ces gestes étaient directement liés à ce mot de passe. Aussi ai-je fait les mêmes.
Enrique Vila-Matas. Air de Dylan (traduction A. Gabastou). Bourgois, 2012, p. 266.
20:00 Publié dans Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (0)
Bahala na !
J'ai fini de lire The Match de Romesh Gunesekera. « Presque fini » serait plus juste : je me suis gardé, exprès, les sept ou huit dernières pages pour ce soir. L'écriture de Gunesekera – qui a atteint les plus hauts sommets, selon moi, avec Heaven's Edge, livre absolument magnifique et bousculant – s'est un peu attiédie ici. Tant le protagoniste que son parcours font songer au roman de Jamal Mahjoub, Travelling with Djinns.
C'est le séjour, dans le cadre de la Chaire Studium, pour un semestre entier, de Chandani Lokugé dans notre Université qui m'a replongé totalement dans le Sri Lanka. La semaine dernière, j'achevais Turtle Nest. Et là, après The Match – parabole historique ? Underworld à la sri lankaise ? roman philippin ? — j'enchaînerai avec Softly As I Leave You, le dernier roman de Chandani. Fin novembre et début décembre, j'organiserai avec elle un atelier de deux ou trois séances consacré à la traduction de certains extraits de ces deux romans. Son dynamisme et son hyperactivité me font bien plaisir, ont dynamité un peu le début d'année, sinon terne ou simplement laborieux, de sorte que je me suis retrouvé propulsé avec le comité d'organisation du festival « Voix d'ici, voix d'ailleurs », ou encore à discuter de Ronsard avec elle pendant un bon bout de temps, sans compter le projet de programme d'hiver à mettre en place chez nous à destination des étudiants australiens non francophones.
Turtle Nest est un très beau roman, très équilibré, qui s'inscrit dans une forme de modernisme classique, si j'ose ce qui pourrait sembler un paradoxe, et qui s'achève sur une pointe narrative aussi efficace qu'inattendue. Si j'ai bien compris les allusions de Chandani lors de notre promenade dans les jardins du Prieuré, il s'articule autour d'un symbolisme complexe (animaux, éléments naturels) dont tout ou presque doit m'échapper.
Entre ses diverses tâches au titre de la chaire Studium, Chandani a commencé d'écrire un roman dont l'action se passera, au moins en partie, en Touraine. Après-demain, je vais lui faire découvrir le manoir de La Possonnière ; si nous avons assez de temps, j'essaierai de lui montrer d'autres beaux sites voisins de Couture, quoique le très beau château de Poné n'ouvre au public qu'en été.
Nous verrons. Bahala na. Bahala na kayo ! (The Match, p. 255)
14:03 Publié dans Hors Touraine, Lect(o)ures, Résidence avec Laloux, Studium Chandani LOKUGE, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)
Nues
Qu'ont-elles fait de mon corps
Ces satanées
Nues de remords
Chaudes sublimes années ?
10:00 Publié dans Quatrains messalins | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 15 octobre 2012
Lac, II
soc le
bœuf la charrue
sillonner le champ remonter la rue
prendre le vent de plein
e face efface
r le sang au fond du r
avin
La brute avin
ée a jeté le cadavre là san
s ambages, traces de sang san
s pleins ni déliés ni
jambages — et la brute appelle ses copains
comme lui (elle?) fin
s pleins pour efface
r le sang au fond du r
avin écrire le mot de l
a fin, sur le
socle.
18:43 Publié dans Pynchoniana | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 14 octobre 2012
Distiques ribéryens - Rugby d'automne II
Dur Stade Toulousain et pelouse gazon
Est bientôt on a les distiques livraison.
Dans les 22 j'a vu partir Vincent Clerc
Emmêlé du plaquage a dur l'effet doppler.
Souffle coupu pour géant le Louis Picamoles
Et qu'on pas traite lui souvent de couilles molles.
Pour faiser meilleurs choix au pied McAlister
Lui faudrait DSC enfonçu un clystère.
Titularisé primo voir Gaël Fickou
Qu'en défendu aussi il est de très bons coups.
On est trempe comme que la rugby pelouse
D'à le 3 à 0 dominé que Toulouse.
Arbitre qu'il est dit pas veut les porteurs d'eau
Où que bref je n'a pas besoin rime à Bordeaux.
Entendri le public du Stadium gueulard tout
Comme que le butard taperont 6 partout.
Carton jaune où l'a pris le gros pilar Guthro
Moi confondir circonflexe et grave aigu trop.
J'aimons beaucoup le joueur playeur Dusautoir
Où que Léo Ferré crie Pleyel en sautoir.
Avec toute la pluie tomber en oc du cial
Les Toulouse au maillot qu'écrivu Fiducial.
Pluie sans arrêt tombant et que neige et que luge
Du 10 anglais (Toby Flood) traduit ç'a déluge.
On est beaucoup golri comme le ballon glisse
De nuages roulés où la forme réglisse.
18:18 Publié dans Distiques ribéryens | Lien permanent | Commentaires (2)
samedi, 13 octobre 2012
(Distiques ribéryens - Rugby d'automne)
Qu'en regardir Clermont se prender la piquette
Va-je traduit Cummings d'agitons la cliquette.
N'allèze pas gagner en mettre (déconnaire)
Dans la mêlée crampons Sandrine et puis Bonnaire.
Voyu passé Parra l'essai Sivivatu
Hugo golri dire il a jou-u son va-tout.
Bogoss qu'être à Corinne un ce Morgan Parra
N'avant contraire je dents de capybara.
Hugo m'est dit va-je rime à tous patronymes
Et lui narco croivant Clermont et pas trop Nîmes.
Après la gymkhana des 22 du Fidjien
Où le rouge est sorti le ref pas pour les djiens.
J'a vu clairon de roche à ma télé la Sharp
Gros plaquage interdire à la manchette écharpe.
Clermontois que jouera 15 contre 14
Mélancoliquement qu'on auru dur et morze.
Enfin comme savoir-je on écrit Llanelli
Et golrire beaucoup rimaire avec tocli.
Quoiqu'aujourd'hui samedi on être dingo
J'a n'a pas comprendu essai de Domingo.
Clermont que de quinze ont mené 30-13
A présent et Gallois d'avoir bien bien aux fraises.
Commentatiste est confondu la défensif
Avec bonus offense. A Q.I. au calcif.
Cingal dû alli chercher Kizou Aventure
Son fils fête annoche amie avec sa voiture.
Chouly qu'est obtenu le gros point de bonus
Et golri-je d'osé pas la rime à "bonus".
Je suis compris pourquoi les Gallois taciteurnes
Ont maillot rouge à force se grattir Lee Byrne.
Corinne que comment elle on a pas bien clair
Que Stade toulousain jou-ure Vincent Clerc.
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Mon épouse, à qui je lisais un florilège de ces distiques tout en les écrivant, et à qui je faisais remarquer qu'ils étaient difficiles à lire à voix haute quoiqu'ils tombassent tous parfaitement dans le compte des alexandrins (mais avec des césures peu classiques), s'étonnant de cela, je confirme que tous les distiques ribéryens composés et publiés depuis quatre mois dans ces carnets sont rigoureusement en alexandrins.
22:49 Publié dans Distiques ribéryens | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 12 octobre 2012
Sonnet d’octobre
la c
hat
te allongée au sol
eil d’oc
tobre attend sobre
ment d’un œil verm
eil—doc
tement hier
o
glyphi-
que—que le c
iel d’Oc
citanie devienne un
lac
15:47 Publié dans Gertrude oder Wilhelm, Pynchoniana, Sonnets de janvier et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)
Hoodwinked retail
Amazon, which launched in the UK in 1998, is the UK's most popular retail website, with more visitors than Argos, Next and Tesco. Puis, ce fut l'heure du bizutage. And Achilles toke the see / With his vitayles and his naue. Toujours la frontière est là pour être dépassée, ainsi du plan en trois parties ou de la valence des verbes. Grammatical relations in a syntactically ergative language such as Katukina-Kanamari are claimed to rely on the very same formal properties than* in accusative languages. Let's ignore these billions of dollars that get hoodwinked by the world's biggest companies and instead blame our woes on the poor. Ainsi, de l'alternance des langues.
(PaperPestPaste, iv)
* sic. [sick]
14:40 Publié dans Chèvre, aucun risque, PaperPestPaste | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 11 octobre 2012
Exsangue
Dans les ténèbres dévale
Un torrentiel
Rouet d'Omphale,
Croirait-on choir dans le ciel.
11:10 Publié dans Quatrains messalins | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 10 octobre 2012
Piano bruissant
Glenn Gould jouant Strauss chante
La lueur naît
Un air déjante
Octobre qui nous connaît.
02:20 Publié dans Quatrains messalins | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 09 octobre 2012
Nuruddin & Breyten
(billet à palindrome : le 2772ème en 88 mois)
Je croyais que m'attendaient, sur les étagères du salon où s'empilent (comme à la chambre à coucher) divers livres à lire, deux ouvrages récents de Ngugi et Okri — deux noms encore annoncés, avec celui de Farah, pour le Nobel, et qui ne l'auront pas —, alors que l'un de ces livres était un récent Breytenbach. Récemment, j'avais acheté ces Notes from the Middle World dont, en mon absence d'attention bibliographique continue, la parution m'avait échappé, et, tout en ignorant toujours de quelle situation verbale, bilinguale, elles avaient émané.
(Lors de notre dernière rencontre, en 2006, en deux temps, à Paris, avant le fiasco absurde des éditions du Seuil et de l'idiote perruche Anne Freyer, Nuruddin m'avait confié que, pour lui, Breyten Breytenbach était devenu à moitié fou, mais surtout complètement raciste.)
Autre souvenir, de Sandra Saayman, avec qui j'ai eu tant de plaisir à travailler, circa 2001-2004. Nous partagions l'amère désillusion d'avoir vu le Prix Nobel échoir à Coetzee, qui nous semblait, à tous deux, un bien moins grand écrivain, et un artiste à l'univers beaucoup plus étriqué que Breyten. Nous en avons parlé, un samedi midi je crois, place du Panthéon.
22:33 Publié dans Affres extatiques | Lien permanent | Commentaires (0)
Mèches et traînées
Nadar voyageant en ballon — Zébulon se traînant au radar — bref, c’était encore une affaire de grands vents, mistrals, aquilons. Comme tout cela me rappelle les textes que je claquais frénétiquement à la machine, dans le studio de Talence. En d’autres temps je serais parti en flèche, mais avant de me garder du retour de flamme. Toutefois, déjà, j’égrenais de vains mots, ce dont ne m’a pas guéri le rosaire de Camilo José Cela.
Peu importe le rosaire. Le flacon n’est pas grand-chose, un dimanche sans train.
Aussi les cheveux en broussaille n’ont-ils pas fait de flaques dans le ciel, on s’en consolera.
15:12 Publié dans Un fouillis de vieilles vieilleries | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 08 octobre 2012
Acababaca(dabra)boulier
Vulgairement appelé chanvre de Manille, le tagal est obtenu par le nattage de fibres tirées des pétioles des feuilles d'un bananier, l'abaca. La plupart des pièces recueillies sont des élégies où un amant désaimé dit des souffrances dont la langue poétique fait une brûlure qui dévore son cœur. Abacá is better known around the world by its export name, Manila hemp, though it is not really hemp.
(PaperPestPaste, iii)
18:21 Publié dans PaperPestPaste | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 07 octobre 2012
Distiques ribéryens : le C.M. de Documentation
PAO, JSTOR, Cairn, Wiley, Google Scholar
Que je n'a comprendu noms de patate au lard.
Foutraque a-ce on a dur pas regardant "The Voice"
De trouvu côte à côte et Joyce et Pet Shop Boys.
J'aime parle Cingal du poisson ISIDORE
Que croyus-je lapin Croqu'Vacances j'adore.
Si d'SSRN on voise hétéroglossie
Résultats qu'on est mal de l'été regrossit.
Compliquir toujours Cingal que Web parodia
D'étudiants continont taper Wikipédia.
Si qu'étudiants z'avoir touché les grosses bourses
D'Isabeau Zahia j'appréciaire le coursous.
22:11 Publié dans Distiques ribéryens | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 06 octobre 2012
Ressentiments
C'est de la balle.
Envols dans les champs, folies de l'ouragan, sacre de la tornade, et goût amer sucré folâtre et musqué de la dorade.
Si vous ne la souhaitez pas exploratrice, épelez daurade.
Un amphithéâtre, quelques cris, des joutes de martinets dans le ciel de Corinthe.
Je me suis gouré d'endoit, je me suis gouré de carnets, je me suis gouré de vie.
Tandis que la tornade sévissait, battait son plein, mugissait dans les esgourdes, Don Juan se répétait inlassablement les mots de Samuel Beckett, la ferveur de la foirade, le détachement du gâchis.
Et, si vous avez ingéré trop de métaux lourds, appelez-la Darius.
Raisins secs, Rosinnen, le chat goinfre détale.
C'est de la baballe.
11:09 Publié dans Ecrit(o)ures, Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 05 octobre 2012
Obole
Je devrais lire au moins un de ces livres par jour, et ne pas les laisser s'éterniser sur les rayonnages, si je voulais arriver à quelque chose. Et écrire vingt pages chaque jour aussi, sur quarante sujets divers, si je voulais lutter contre mon effacement.
Au bout du rouleau, Don Juan finit par reconnaître qu'il n'était pas fait pour être universitaire.
18:21 Publié dans Aphorismes (Ex-exabrupto) | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 04 octobre 2012
Becquée
22:03 Publié dans BoozArtz, PaperPestPaste | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 03 octobre 2012
Dédésir de lalavenir
Dans le récent numéro du magazine hebdomadaire local TMV, on trouve, dans un entretien avec le doyen de la faculté de médecine, M. le Professeur Dominique Perrotin, la phrase suivante, attribuée à l’auguste personnage : « C’est impossible d’oublier le passé quand nous réfléchissons au futur et avoir en tête que nous sommes ici pour former de très bons médecins. »
On ne peut tout à fait exclure que l’incohérence vienne d’une erreur de saisie, ni qu’elle soit une bourde du journaliste. Toutefois, quand on a entendu, une fois ou deux, l’auguste personnage prendre la parole en public, on ne peut pas exclure, non plus, qu’il soit entièrement l’auteur de cette bouillie asyntaxique.
(Précision supplémentaire. L’entretien se clôt sur cette belle (…) formule : « Il est là l’avenir. »)
11:33 Publié dans Indignations, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 02 octobre 2012
impossible chantier
18:00 Publié dans Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 01 octobre 2012
Pont Mirabeau, "déchet sociétal"
On vit toujours (plus) avec ses ombres et spectres. Retour chez soi après une très longue journée (belle par certains côtés, il ne faut jamais l'oublier), et voir encore et toujours, comme depuis quatre mois, cet intrigant presque autant qu'inquiétant homme qui, assis sur le trottoir côté aval, au milieu du pont Mirabeau, arbore désormais (après rien, puis longtemps une pancarte CON À TUER) une pancarte DECHET SOCIETAL. Cela fait quatre mois, peut-être plus, que je l'y vois plusieurs fois par semaine, il est assis sans rien demander ni quémander, et, bien mis, semble, à cet endroit très passant où aucun véhicule ne peut s'arrêter sans risquer d'embouteiller ou d'être embouti, vouloir protester contre la situation économique générale tout autant, sinon plus, que contre son cas particulier. Souvent, et ce soir encore (il était huit heures et demie, tout de même), je vois un véhicule arrêté, avec un ou deux hommes (une seule fois : une femme seule) qui discutent avec lui -- généralement, policiers ou véhicule du genre services sociaux. Il y a quelques jours, l'homme, habituellement impassible, faisait de grands gestes. Que faire, sinon passer à 50 à l'heure et faire ce que son attitude nous demande, à savoir de passer et de réfléchir à cet homme qui, jour après jour, s'installe à cet endroit inaccueillant avec sa pancarte DECHET SOCIETAL (CON À TUER était nettement plus dérangeant) ? Et finir, après l'avoir plusieurs fois voulu, par écrire un petit texte archivant son geste (sa geste ?).
‡††‡‡††‡†‡††‡
Demain, cela fera onze ans. Certaines fois, je n'aime pas le nombre onze.
21:33 Publié dans Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (2)
dimanche, 30 septembre 2012
Moins-orti
Je l'écris comme c'est sorti, comme ça s'est appesanti.
Focus Danse; [gravures] dernier jour de 7bre .................. danse < soprano
les 12 jardins
les 6 gravures
les 4 boissons
l'1 vieux endormi tenu par son volant sur la route de Chinon
NOMBRES
Le trio forme un serpent qui se gondole au fur et à mesure des figures. LA MONTRE BLEUE. LA BÊTE NOIRE. Mais tout de même les carottes râpées dans le cake, et la cycliste aux cheveux couleur carottes râpées chute d'épluchures sur les bords de Loire.
Le piano interrompit les envolées du trio. (Au verso je dois le préciser trois fois les 3 miens le tout sur fond noir vieil assemblage dû à la main technique de Delphine.)
NOMBRES les 15 tuiles de mon fils en déveine au bout de seulement 4 coups
puis mes 9 tuiles après le 6e coup, la chance tournant définitivement en ma défaveur
Si je compose un texte aussi enchevêtré à chaque partie de pyramides plastiques, qu'en faire ensuite ?
Puis j'écrivis une sorte de poème débile.
Colombe de la paix
perdue hors des lignes
(des lignes amies)
l'échéance à peine repoussée
du triple échec (cuisant :
marmite du dîner) Colombe
ton ombre on la déchiffre
le mot SEPTAIN compte 7 lettres
trouver pour nouvelle forme de sonnet un nom de 14 lettres
.
21:06 Publié dans Ecrit(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 29 septembre 2012
Nous du
"Nous du football amateur on est souvent mis de côté par rapport du football professionnel."
(Entendu sur France Infos, vendredi soir)
En effet, quand on maîtrise si bellement la langue française, il y a de quoi être agacé de ne pas être, à l'instar de Ribéry, millionnaire.
00:05 Publié dans Aphorismes (Ex-exabrupto) | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 28 septembre 2012
Early embroiled squeegee
An early move to rural China offers a window on the political savvy of Xi Jinping, who is on the cusp of taking over as China's supreme leader. David Cameron was embroiled in a fresh party funding row last night after he opened a factory in Brazil belonging to one of the Conservatives' largest donors. “Pollock flung it,” she said. “Rauschenberg silkscreened it; Richter took a squeegee; Polke used chemicals. Wade is working in what by now is a pretty venerable tradition, against the conventional idea of painting.”
(PaperPestPaste, i)
21:50 Publié dans Chèvre, aucun risque, PaperPestPaste | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 27 septembre 2012
Mémoire de Multani
Seize pions verts, et désormais un dix-septième qui s'affiche dans ce jeu de go, tout d'une pièce.
Santiago Amigorena (je n'ai pas avancé d'une page dans La Première défaite depuis mardi) se décrit, comme auparavant, en "crapaud graphomane", et je m'amuse à constater comme, nouvelle mouche-Amiel, je suis devenu le constituant ombrageux de ma propre polygraphie ignorée. La mémoire et l'oubli : une constellation Amigorena-Kundera-Breytenbach, qui invite d'autres calligraphies, aussi. Peu importe. Aimant les crapauds, surtout les alytes (crapauds accoucheurs), aimant leur chant mélancolique dans le brasier allégé des nuit d'été, m'interdisant les adjectifs, je trace pierre après pierre le chemin qui m'efface, en ombre songeuse encore.
Ce n'est pas rien, d'autant que le nombre d'hier est un nombre de Mat(t)hieu . Et je n'ai, très entre mille autres choses, pêle-mêle, jamais eu/pris le temps d'approfondir cette notion de nombre de Mat(t)hieu.
Qu'on me relâche.
Le circonflexe qui se greffe à la mémoire est aussi celui de l'entremêlement.
15:09 Publié dans Autoportraiture, Blême mêmoire | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 26 septembre 2012
# 2755
Retombant sur d'anciennes discussions à la suite d'anciennes notes sur un blog qui était, dès le principe, antique et désuet, je me rappelle tel ou telle de mes anciennement fidèles lectrices/commentateurs, tous disparus, sinon de la blogosphère, du moins de la mienne, sortes de spectres, tout comme je suis devenu, par l'effacement progressif de toute activité internautique de cet ordre (sauf l'écriture, là d'emblée, et elle-même effacement), un fantôme, peut-être même un fantôme pour moi-même, ombre qui, multipliant les griffonnages, se réfugie dans le nombre.
09:44 Publié dans Aphorismes (Ex-exabrupto), Autoportraiture, Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (2)
mardi, 25 septembre 2012
Froissé défroissé
Etait-ce une si bonne idée, ce départ à l’aube ?
Dans les broussailles, on devine des détalements de sanglier, des piétinements, quelques grincements aussi. Bien campée dans l’azur, la lune n’a pas dit son dernier mot. D’autres souvenirs sont conviés à la barre, pour soupeser un passé qui n’a plus de sens depuis qu’on s’est perdu en route, depuis qu’on a cessé d’arborer de vieux t-shirts, qu’on s’est embourgeoisé, empesé, alourdi, surbaudruché finalement. Alors, quoi, fallait-il partir ? Tout abandonner, vraiment ?
L’habit ne fait pas l’histoire, ni l’hystérique. On clame en s’époumonant un itinéraire et un univers dont il ne faudrait pas se vanter, tant et si bien que, de pierre en pierre, de fougère en fougère, de gué en gué, et d’escalade en escalade, on a tout perdu, ce que l’on regrettait – et ce que l’on regrette.
Tout au plus pouvons-nous encore lever les yeux, regarder la lune, qui n’a jamais fui.
Quelle débâcle. Habits déchirés.
En attendant que la pluie dessille nos guenilles, encore une nuit blanche encore. Qui se débat.
15:39 Publié dans Jazeur méridional, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0)



