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mercredi, 10 juillet 2013

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Il écrivait tout ce qui lui passait par la tête. Après, pas moyen de se corriger, de reprendre, chasse au snark sans adversaire. Un monde, de même.

mardi, 09 juillet 2013

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Il voyage dans les nuages.

Il plonge surtout, maladroitement, dans l’eau bleutée de la piscine, à minuit, tout nu, avant d’en ressortir pour aller lire et annoter un livre d’entretiens d’Emmanuel Levinas.

 

Voici de la sauge.

lundi, 08 juillet 2013

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Comme il était question de terres inondées, et comme la collusion avec les flots noyant Lourdes était tout à fait involontaire – sans quoi il faudrait songer que j’ai des dons de divination –,  je songeai soudain à la joie, à l’extase qui était la mienne, enfant puis adolescent, de remonter le cours du petit ruisseau bordant le bois, chez mes parents, après de fortes pluies. Ce ruisseau, sans nom sur les cartes I.G.N., n’y figure qu’en pointillés, ce que confirment mes souvenirs : l’été, son lit était de boue craquelée, sans même une flaque, près de la clôture faite de pieux de robinier et de fil de fer où je m’imaginais que je trouverais un jour des insectes piqués, le lardoir d’une pie-grièche. Mais jamais vu de pie-grièche près de la maison d’enfance. L’hiver, donc, et déjà l’automne, je remontais, en bottes, le cours dru d’onde pure, l’eau s’étant pourtant brunie sous l’effet des pluies et de l’argile que remuaient tant le passage de l’eau que mes enjambées à contre-courant. Souvent, le bois se trouvait en partie inondé, et je pouvais comparer, par l’engloutissement de tel ou tel boqueteau, de tel ou tel lit de fougères, le millésime d’alors à d’autres plus anciens.

 

L’écriture, elle, n’a pas encore trouvé son lardoir, ni observé d’étangs au-dessus des racines.

dimanche, 07 juillet 2013

(la bonne blague)

Perdu enfin dans la chaleur polluée de la grande ville. — Jusqu'à quand devrons-nous retarder le départ pour nos campagnes ?

(Ce n'est pas qu'elles soient belles : grêlées de hangars, salies de panneaux publicitaires aussi, creusées de mille petits néants qui les scarifient. Mais elles sont, tout de même, le havre.)

Tours, polluée, bruyante. Fenêtres ouvertes le soir — chambard des motos, heureusement les merles font du bazar. Il faudrait reprendre les poèmes en anglais du printemps (les compléter aussi). Manque l'énergie, ou l'envie, ou quoi. Difficile de dire.

Depuis que j'ai recommencé à m'échiner sur de piètres ponctuations (j'avais trente ans depuis pas longtemps), je devrais enfin enfoncer le coin de fer dans l'œil de Cyclope, je veux dire faire œuvre, tuer la vision dans l'œuf. Lire Bergounioux aide à décanter ——— et n'aide pas, en même temps, enfonce sans secours.

C'est étonnant tout ce que j'ai lu et qui n'aide à rien.

Écrire non plus, depuis si longtemps, n'aide à rien.

Dire que j'ai cru reprendre (la bonne blague). Parmi les dizaines de bouquins entassés, prêts à rejoindre, eux aussi, nos campagnes, j'aurais dû reprendre les Cahiers de Valéry (depuis le temps...)

Il y a cette servante qui plaisante, cette plaisante accorte domestique qui m'a plaqué au sol (je n'avais pas prévu de m'étaler ainsi, de m'étendre), s'est rendue maîtresse, sans bonté mais tout étant. 

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Toutefois, le very bad trip “chansons d’enfance” avait été tenté, déjà, et avec l’insuccès retentissant que l’on sait.

samedi, 06 juillet 2013

Huit distiques divers

Comprendu-je enfin pourquoi ç'a nom Mandela :

Ç'a qu'à attendir sa mort tout le monde est là.


Champion de roller qu'il a moi bien fait râler

Lui dit sur France 2 "de pas y avoir allé".


On a mélancolique, et très triste, et amorphe

Qu'a claboté la éléphante de Pont-Scorff.


On a très emmerdant tant et plus qu'on roupille 

Où que le gros Jean-Paul y parlut des Alpilles.


On a dur comprendir le cyclisme à la mode

Et que Pyrénées n'avont pas les ours kermode.


On a bien affolé que si sous sa Prius 

On tombit nez à nez avec un micrurus.


Maintenant pouvoir-je enfin où que je vaque 

À mes occupations qu'il gagnut le Slovaque.


On a content roulir par terre et pas à jeun 

D'inaugurir arène à Campagne et Renung.


(29 juin – 5 juillet)

« Canceller »

“Il a gelé. La journée sera ensoleillée. À la table de travail jusqu'à onze heures. Je n'avance que d'une page et demie pour m'être obstiné à vouloir garder une dizaine de lignes qui me poussaient dans une mauvaise direction. Cette répugnance à canceller m'irrite énormément mais c'est une si grande peine d'avancer qu'il faut éprouver celle, plus grande encore, de s'être fourvoyé, pour faire machine arrière et raturer des lignes mal tracées.”

(Pierre Bergounioux. Carnet de notes 1991-2000. Verdier, 2007, p. 105)

 

 

Après quelques recherches – ni le Robert culturel ni le Littré ne m'ayant proposé ce canceller dont je ne pouvais me résoudre à songer qu'il s'agissait, sous la plume d'un Bergounioux peu féru d'informatique, d'un anglicisme – il apparaît que le verbe, attesté dans Furetière et même dans l'introuvable Rivarol, provient bien de l'ancien français, et même qu'il figure dans la strophe CLXI du Testament de Villon. Si l'on en croit le Wiktionnaire, les Québécois, obnubilés par tout ce qui ressemble vaguement à un anglicisme, proscrivent ce terme ; je préfère, et de loin, le choix de Bergounioux, qui consiste à préférer la complexité.

« La vierge sur le canal »

Six phrases en S+7 créées par Alpha il y a quelques semaines.

 

Il lifta les offenses vers la plaie.

Il leva les yeux vers le plafond.

Aucun serre-tête de ce talc ne voiture à Malte.

Aucun serpent de cette taille ne vit en Malaisie.

Dans un hibiscus, nos doléances et nos orthoptères seront gercés.

Dans une heure, nos doigts et nos orteils seront gelés.

La vierge sur le canal est digitale.

La vie sur le campus est difficile.

Je ne scelle pas ce que contracte ce boy.

Je ne sais pas ce que contient ce box.

Le moniteur est plus sinistre dans le filtrats.

Le monde est plus simple dans les films.

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Un homme étrange. Chant dans les bois. Passent tant d’heures dans la chambre, et le papier peint lui-même me répond. Je tape frénétiquement à la machine, sur du papier pelure, compose de curieux petits opuscules. C’est ce matin même, je n’ai pas vieilli d’un pouce.

 

Mon corps mort continue de lancer ses ongles et ses poils à la face du monde. Il ronge.

vendredi, 05 juillet 2013

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S’estimant heureux de ne pas trop poireauter, il défit les boutons de sa chemise, se débraguetta, mais la consultation devait durer des heures.

– Vous êtes sûre que je suis dans un roman ?

– Rien n’est moins sûr. Et le pire est toujours à craindre.

 

À force de proverbes, elle m’avait vaincu. Je me laissai aller.

jeudi, 04 juillet 2013

Fragment arraché à un documentaire sur les murènes

Vous aimerez toujours

Ma verve introvertie.

Le mérou fait le tour

Pour trouver la sortie.


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De ce va-et-vient étrange entre le je et le il naît un certain frottement, et stupeur hagarde dans les yeux du lecteur.

Qui décroche son téléphone, appelle le commissariat. Le poète traînait avec les gitans de la ferraillerie, son compte est bon. Humanité dans le regard. Ai-je le droit de me rappeler aussi l’œillade du très beau garçon qui me dragua place Gambetta un soir de novembre 1991 ?

(Ta lance est rude. Change d’estocade.)

 

Peu importe après tout, embrassades sous l’abribus.

mercredi, 03 juillet 2013

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(Déborde)

pas l’ombre d’un regret de quelque jour quelque semaine

pourquoi rassembler sinon

pourquoi remettre reprendre

à quoi chercher à ressembler

C’est une rivière qui coule, boue sur ses bords

Boue de partout sur ses berges

mardi, 02 juillet 2013

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Ce n’était pas une question de patience ou d’effort – il était, tout simplement, bonnement, incapable d’écrire un roman.

lundi, 01 juillet 2013

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Désormais, on ne met pas les œufs dans le même panier, dans le même tramway, on prend le bus à seule fin de pianoter sur un smartphone – en 1993, le comble de la modernité, c’était le lancement d’Info Matin, vous n’avez qu’à voir. Ce que l’on échafaude, on ne doit plus le prouver, à quoi bon. Quelques prises de bec remplacent avantageusement la nicotine des notions. Ainsi, et désormais (derechef), une amande grise nage à la surface du verre, gage de l’absolue saleté du café où l’on a ses habitudes.

1er juillet — Tirelipinpon

Un lundi matin où on se réveille, à 5 h 30, aux cris cauchemardeux du fils cadet, et en ayant presque aussitôt dans la tête – et sans aucune raison à cela – Le Tirelipinpon sur le chihuahua, c'est le genre de lundi dont on se dit, non, joker. Et puis finalement, pas vraiment, à midi on peut toutefois s'enorgueillir d'avoir transvasé, dans un dossier personnel créé sur l'ordinateur du bureau 45bis, la quasi totalité des fichiers qui traînaient sur des clés USB et sur l'ordinateur du bureau 44, mais aussi d'avoir fait du rangement, encore, dans ce fameux bureau 45bis, avec force cartons de ramettes rapportés de l'Imprimerie (au sous-sol), et tout cela non sans avoir préparé les délibérations de L1 LEA. En rentrant chez soi, seulement pour le déjeuner, on a même récupéré un présentoir Furby histoire de faire rire les enfants. Il fait très beau, enfin. Donc on peut oublier Carlos.

 

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(D'autant que – je l'écris avant que quiconque ne l'écrive en commentaire – personne n'a la moindre raison d'avoir Le Tirelipinpon sur le chihuahua dans la tête.)

dimanche, 30 juin 2013

Notes, à la table carrée de métal noir

J'écris dehors. Il fait encore (bien) jour.

J'écris dehors, pour la première fois de la saison, si peu avant de partir, à la table carrée de métal noir.

La ville est un raffût.

La ville (même ici — surtout ici (dehors)) est un chambard. Merles, certes, grenouilles, mais surtout grondement ininterrompu de véhicules dont le son me parvient de la deux fois deux voies.

Vivre en ville me semblait quelque chose d'atroce, enfant ; je ne suis pas certain d'avoir tout à fait changé d'avis.

 

image201306300008.jpgOmissions. Le prunier a beaucoup forci. Quand le réverbère s'allumera, je ne pense pas pouvoir, comme les autres années, lire à sa lumière, sous le prunier.

La ville (même ici) a ses verdures, contraint de faire, autant que possible, pousser arbustes, buissons, arbres.

 

Trille du merle à l'instant, bonsoir.

La ville est un raffût. ——— Questions. Ce matin, en surveillant Oméga cycliste, j'ai lu, sur le rond-point, les quatre premiers chapitres des Lieux-dits.

Bergounioux aussi me raccompagne (ses carnets (: son journal)).

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« De tout temps, l’homme s’est penché sur la femme. »

 

Ainsi ironisait le professeur de philosophie de C***, pour se moquer de certains débuts de dissertation  à proscrire.

Dans la mire !

Dans la mire.

Dans la mine.

Pleins feux sur les yeux du cyclone !

Je bois mon café (réchauffé) à une tasse pseudo-bosselée (cabossée ?), que mes fils — elle porte une inscription en lettres bleues près de l'anse porte-cuillère — ont gagnée lors de la kermesse, vendredi.

Ça scintille dans la mire !

Ça luit dans la mine !

Un regard reluit-il, l'œil reluque, tant pis pour le père Paul.

On fouille dans les vieux papiers avec des humeurs de fouine, des gestes empressés de furet, le poil blond à refléter d'anciens soleils.

Dans la mire... dans la mine !

Au fond du trou, et pour longtemps.

samedi, 29 juin 2013

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Au moment où, les soucis ayant cerné de toutes parts cet homme velléitaire, s’enfoncer dans la tourmente lui parut le geste le plus noble, il se souvint qu’on ne retient jamais, des naufragés, que leur visage bleu aux rides hideuses, leur face de schtroumpf malveillant.

vendredi, 28 juin 2013

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Jeunesse enfuie. Cut dans les bus. Cut de cinéma, cut de folie. Moments bondés. Presse étrange des citrons humains. Foire d’empoigne. Moignons aux centaines de peaux, lourdes, épaisses, un hiver de saignements. Foire encore. Une terrible nuit s’abat sur le monde, mais ça ne dure que quelques secondes. Le reste du temps, l’allégresse, la joie, la liesse. On cuit les concepts au bain-marie. Cut de cinéma dans les bus bondés. Cut de cinéma dans le bus désert. Couinements du sac jaune. Un cut. Une averse. Des rafales de passants fades. Enseignes des coiffeurs sur le cours de la Somme.

jeudi, 27 juin 2013

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Les fâcheux prirent la tangente, mais pour monter sur le trône. Lente procession filmée. Ne resta qu'un amas calciné de cendres, mon corps et mon esprit anéantis.

mercredi, 26 juin 2013

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Dans son Journal, aux années d'homme jeune, Pierre Bergounioux raconte les maux de l'enfance, les maladies des enfants, garçons tout le temps malades, temps et énergie perdus à cela, va-et-vient incessants chez le médecin, le pharmacien, l'inquiétude, souffrance et souffretosités — pages du volume jaune dans lesquelles, faut-il dire, je me reconnais le plus.

mardi, 25 juin 2013

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Les mots se sont échappés. Comme souvent. Le temps de quelques gestes intermédiaires, sans importance, habituels, la formule s'est évanouie. Il se retrouve face à l'absence d'aphorisme.

lundi, 24 juin 2013

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Relisant depuis quelques jours (en vrai garde-malade d’un début d’été totalement hivernal — entre les fioles, les nausées de l’un, les vomissements de l’autre) Ponge, Gracq et Michaux, dont certains textes que je n’avais en fait jamais lus (L’Ecrit Beaubourg de Ponge, par exemple, ou Emergences-Résurgences de Michaux), je m’avise d’une véritable parenté — par-delà les différences de façade et de phrasé — entre leurs démarches respectives, ce que l’on pourrait nommer, au tréfonds, leur style. Et je m’avise de ce qu’une telle parenté a de fâcheux, dans mon domaine. La messe dite.

Tchernobylisation

Le fier Buffalo Bill

Avait l’esprit rebelle.

C’est vraiment Tchernobyl

Autour de la poubelle !