jeudi, 23 février 2012
Can’t A Jazz & Simmons/Tusques (Petit Faucheux, 17 février 2012)
Vendredi dernier, au Petit Faucheux, c’était ticket double.
En 1ère partie, le septette Can’t A Jazz autour du guitariste Jean-Noël Galard : musique très appliquée, très écrite, offrant peu d’envolées mais quelques belles harmonies, de bons solos, bref… du jazz français se prêtant hélas à la tapinose. Entre autres menues faiblesses, pourquoi le leader, de toute évidence timide et peinant à parler en public, ne laisse-t-il pas un autre des musiciens annoncer les morceaux, dire ce qu’il y a (aurait) à dire ?
Après un entracte que je passai, exceptionnellement, vissé à mon siège car mon fils préférait rester dans la salle (ce qui nous a permis d’admirer le déménagement des instruments et instrumentistes), c’était le duo formé par deux septuagénaires de choc, que je ne connaissais que de nom mais qui m’ont accompagné depuis, au disque et via divers sites de streaming : le saxophoniste américain Sonny Simmons et le pianiste François Tusques (qui n’a d’entrée WP, et encore bien incomplète, qu’en allemand). Le programme était peu ou prou celui de leur album paru en 2011, Near the Oasis, et que je n’ai acheté qu’après, autant intrigué que subjugué. En effet, Sonny Simmons n’a pu achever le (bref) concert. Après un long duo piano / cor anglais, et plusieurs standards, le saxophoniste s’est excusé en nous disant qu’il devait aller se reposer et reviendrait après un solo du pianiste. François Tusques a enchaîné trois solos, dont un Night in Tunisia pour lequel il s’attendait à voir revenir son comparse, mais le saxophoniste n’est revenu qu’à la fin du troisième, lançant un petit chant puis saluant. De toute évidence, Sonny Simmons est de santé fragile et il fatiguait vite, mais chacune de ses improvisations valait, à elle seule, la totalité de ce qu’avait proposé Can’t A Jazz avant. Par-dessus le marché, François Tusques joue Monk totalement dans l’esprit de Monk, mais sans rien reproduire des modes de jeu ou choix d’improvisation de Monk ; cela aussi, c’était une sacrée découverte.
Bien sûr, l’album est beaucoup plus abouti, plus « parfait », plus rond, et donc plus satisfaisant, en un sens. Mais ce qui s’est joué là, ce vendredi, pendant une petite heure, au Petit Faucheux, c’est l’expérience réelle de la difficile beauté : un duo si magistral, si émouvant, ne s’écrit et ne s’impose qu’après des décennies d’une vie en musique. Et la beauté, même lorsqu’elle semble couler de source, n’est gagnée qu’en un combat sourd mais incessant contre la dureté, et la mort.
À écouter :
Simmons/Tusques. Near the Oasis (2011).
François Tusques Trio. Blues Suite (1998)
François Tusques. Octaèdre (2011).
11:04 Publié dans Jazeur méridional | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 22 février 2012
W.M. 32 : Garibaldiste
Parle-t-on, dans les Rombaldi,
De Giuseppe Garibaldi ?
Si je me repasse souvent
Un garibaldien au couvent,
C'est pour la scène du bal dit.
11:18 Publié dans Wikimericks | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 21 février 2012
"La prison n'est pas un gruyère"
Après avoir lu le 62ème volet de l'Autobiographie des objets de François Bon, j'ai pris ma voiture (qui n'est pas un coupé), ce sous un soleil dardant et dans un froid tranchant, et, avant de démarrer, j'ai pris en photo le Laguiole repliable qui se trouve en permanence dans ce qui n'est pas la boîte à gants, mais, côté conducteur – faute d'autre appellation – la boîte à canif, ou le vide-poches à laguiole (qu'il faut prononcer la-yole, je le signale à l'attention de tous ceux qui, comme moi, veulent faire les malins à peu de frais).
Ce Laguiole, je l'ai trouvé sous une table de pique-nique, un beau jour de printemps 2010, en face du lavoir, à Sauternes of all places. Il était extrêmement sale, très évidemment rouillé. Dûment nettoyé, le soir, dans le gîte de Saint-Laurent des Combes, il avait l'air quasi neuf. Depuis, il ne quitte pas ce petit creux dans la portière avant gauche dela Prius.
11:04 Publié dans Blême mêmoire, Flèche inversée vers les carnétoiles, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 20 février 2012
Freegun, ou le sexisme en vers
Voici ce que j'ai découvert ce soir en lisant l'étiquette d'un caleçon acheté pour mon fils. Il s'agit d'un caleçon (donc d'un produit spécifiquement "garçon") de taille 12-14 ans.
Je n'ai jamais beaucoup apprécié le sexisme sous sa forme publicitaire. M'est avis que beaucoup de choses passent la rampe, question humour, du moment que cela ne se double pas d'impératifs économiques ou marchands. Desproges disait qu'on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. L'humour juif à un meeting du FN, non merci...
Pour cette raison, je ne suis pas fou de blagues sexistes, mais en particulier pas avec les marchands de soupe -- ou, en l'espèce, de fringues. Car que dit cette étiquette, sous son allure débonnaire de distique en petits caractères ? Tout d'abord, elle dit au jeune garçon, et même, en l'occurrence, à l'adolescent que :
1) quand on est un enfant, on n'a pas à se préoccuper de tâches domestiques
2) quand on est un garçon, on n'a particulièrement pas à se préoccuper de tâches domestiques
3) que, quand on a un père et une mère, c'est forcément la mère qui s'occupe de tout ce qui est chiffons (et donc ni soi, ni son père)
Que cette normativité sexiste se déguise sous un mince maquillage d'humour ne peut la rendre tolérable. En l'occurrence, je désapprouve fortement cette pseudo-plaisanterie, au nom des femmes, au nom des mères... mais aussi en tant que père qui, comme cela se trouve, fait plus des trois quarts des lessives familiales ! Or, non seulement une telle étiquette range mon épouse dans la case bobonne, ce qui ne me fait pas plaisir, mais elle me range de facto dans la case père pantouflard qui exploite sa femme. Il y a beaucoup à dire sur le modèle de l'enfant-roi (du garçon-roi ? trouve-t-on cette même étiquette sur les culottes pour jeunes adolescentes de la marque Freegun ? j'en doute) que véhicule également ce distique.
D'ailleurs, il ne sert à rien de se cacher derrière les prétentions humoristiques, ni derrière la foutue fonction poétique du langage dont on sait que les publicitaires raffolent. Comme je l'ai écrit immédiatement sur Twitter et sur Flickr, on pouvait très bien dire : "File-le à tes parents / Ils sont au courant". Ce n'est ni malin ni très drôle non plus, mais au moins ce n'est pas sexiste. C'est déjà jeuniste, ce qui garantirait à la société Freegun un diplôme de bien-pensance en bonne et due forme.
17:32 Publié dans Indignations, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (8)
vendredi, 17 février 2012
La fée talmudique se repose (5’35”)
Pas de perte de contrôle, ni de vitesse, si ce n’est le sombre éclat entre les touches. Tu tergiverses, mais non – jamais tu ne tergiverses, alors : on s’embringue, embardées, d’où d’autres embrassades, sans emberlificoter, tout se résout finalement en un brelan harmonieux. La flèche monte au ciel, c’est comme si le caméraman avait trouvé un truc pour l’y suspendre, l’y arrêter, faire en sorte qu’elle s’attache à rien, à l’air, à la chaleur d’un souffle, au butinement discret d’un insecte imperceptible. Pourtant, la caméra elle aussi fait des embardées, tout le monde s’extasie. Après une pause étonnante, on se croit en plein film d’espionnage, même pas parodique, comme si la sieste nous avait saisis, un assoupissement de fortune, ça tombait bien, on n’allait pas fort, tout d’un coup c’est tout comme si tout prenait le moelleux d’un tapis de mousse, mais tout s’étiole toujours, partout. Alors, après la pause étonnante dont l’on ne garde plus qu’un souvenir diffus, en différé on suit les embardées renouvelées d’une cacugne – pas du tout la Jaguar ou la Porsche des frimeurs, des flambeurs – au volant de laquelle s’exprime tout un imaginaire. Il a fallu que je reprenne, revienne, reprenne tel mot, telle virgule, ça n’allait pas, le lisse et le moelleux qui enflamment, dans les embardées, le souffle chaud, le lisse et le moelleux je n’ai pas su les capter dans mes phrases, quoique j’aie fini par sentir, doucement, l’accalmie, le repos, la sérénité encore – sur un lit de mousse en été, contre une cabane de planches sèches en hiver – s’enfouir dans mes phrases, s’y lover, s’y bercer, embardées encore, et embrassades, et tout un monde partout qui détoure les nuages, les angles vifs, à l’horizon, tout un monde, oui – et pas de perte de contrôle. Ni de vitesse. Effacement (moelleux).
Alban Darche 4tet. Brut ou demi-sec ? (Yolk, 2009)
09:21 Publié dans Ecrit(o)ures, Jazeur méridional | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 16 février 2012
La France fort(e)

Projet d'affiche non retenu par l'UMP pour la campagne présidentielle.
(Il paraît que Sarkozy n'était pas réussi dessus.)
21:12 Publié dans Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
Revirement
--- Sonnet inspiré * par l’album du trio Alban Darche
avec un quatuor à cordes hongrois.
Qu’on dise « En avant, marche ! »
Ou, plus subtilement,
Oyant un feulement,
On se calfeutre sous une arche
Afin, du laiton d’Alban Darche,
D’écouter moins paisiblement
Les effets dont l’esseulement
Déplaira à tout patriarche,
On s’emporte, une main se torde
À pincer sans férir la corde,
Au point de n’être pas un max
Désabusé, mais enthousiaste
De suivre les envols du sax
Métaphysique, inecclésiaste.
* Il est, entre autres traits pénibles caractéristiques, composé d’une seule phrase, la proposition principale tenant en deux mots trois syllabes.
11:25 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Jazeur méridional, Sonnets de janvier et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)
Des sonnets romains de Belli
J’ai lu l’été dernier – et ne m’avise qu’aujourd’hui d’en dire quelques mots – un roman d’Anthony Burgess qui s’intitule ABBA ABBA. Il n’y est pas question de l’insupportable groupe scandinave aux mélodies dégoulinantes de nullité, mais de la forme conventionnelle de notation des rimes embrassées dans les quatrains du sonnet dit pétrarquiste. Il se trouve que je me rappelle très mal l’intrigue, les péripéties, etc. Autant dire que ce n’est pas un texte inoubliable. Roman qui brode sur l’improbable rencontre, à Rome, entre Keats et Giuseppte Gioacchino Belli, il vaut surtout pour la découverte du dénommé Belli, donc, auteur d’une œuvre monumentale, une somme de sonnets (2279 si l’on en croit le répertoire exhaustif) en dialecte romain. Savoureux et d’une grande violence, je n’ai pris le temps de les découvrir – par l’intermédiaire d’une édition bilingue qui en propose un florilège et s’intitule Rome, unique objet…– ou Les Sonnets clandestins – que récemment. Or, Burgess propose, dans la deuxième partie de son livre, la traduction anglaise de quelque 71 de ces sonnets aussi truculents que rabelaisiens sur des sujets religieux. L’été dernier, j’avais dû faire des recherches sur Internet, car, en lisant ABBA ABBA, on peut tout à fait s’imaginer que Burgess invente de toutes pièces ce Belli (qu'un des sites qui lui sont consacrés qualifie de "plus grand poète italien de tous les temps", ce qui est de tout de même bien exagéré).
Afin de donner un exemple, j’ai choisi de reproduire ci-après la traduction du sonnet 330 (329 d’après l’édition des Belles Lettres), « La Nunziata ». Il est assez évident que le traducteur français, Francis Darbousset, est beaucoup plus proche de l’original que Burgess, qui a choisi une métrique, une syntaxe et un lexique beaucoup plus « nobles », ou – en tout cas – moins abrupts. Dans ce poème, Burgess restitue très astucieusement, en revanche, le jeu de mots oiselet/sexe. Plus curieux, Burgess respecte le schéma CDECDE des tercets (fidèle en cela au titre même de son livre, qui met l'accent sur les contraintes spécifiques du sonnet italien), alors que Darbousset, lui, est beaucoup plus libre dans le choix des rimes, jusqu’à traduire le concetto final au moyen d’un distique de rimes plates, structure caractéristique du sonnet… shakespearien ! Pour être assez paradoxal d'un point de vue formel, ce choix, comme on le verra, est très efficace.
La Nunziata
Ner mentre che la Verginemmaria
se magnava un piattino de minestra,
l’Angiolo Grabbiello via via
vieniva com’un zasso de bbalestra.
Per un vetro sfasciato de finestra
j’entrò in casa er curiero der Messia;
e co ’na rama immano de gginestra
prima je rescitò ’na Vemmaria.
Poi disse a la Madonna: «Sora spósa,
sete gravida lei senza sapello
pe ppremission de ddio da pascua-rosa».
Lei allora arispose ar Grabbiello:
«Come pò esse mai sta simir cosa
s’io nun zo mmanco cosa sia l’uscello?».
L’Annonciation
Pendant que la Vierge Marie
s’envoyait une assiette de soupe,
l’Ange Gabriel accourait
comme carreau d’arbalète.
Par la vitre cassée d’une fenêtre
le courrier du Messie entra chez elle ;
et lis en main, à sa droite, d’abord
il lui récite un Ave Maria.
Ensuite, il dit à la Madone : « Vous êtes
ma chère dame, enceinte sans le savoir,
par permission de Dieu depuis la Pentecôte. »
Et elle alors à Gabriel de répondre :
« Mais comment diantre ça a pu se faire, dites,
si je sais même pas ce que c’est qu’une bite ? »
Annunciation
You know the day, the month, even the year.
While Mary ate her noonday plate of soup,
The Angel Gabriel, like a heaven-hurled hoop,
Was bowling towards her through the atmosphere.
She watched him crash the window without fear
And enter through the hole in one swift swoop.
A lily in his fist, his wings adroop,
“Ave,” he said, and after that, “Maria.
Rejoice, because the Lord’s eternal love
Has made you pregnant–not by orthodox
Methods, of course. The Pentecostal Dove
Came when you slept and nested in your box.”
“A hen?” she blushed, “for I know nothing of–”
The Angel nodded, knowing she meant cocks.
10:35 Publié dans Lect(o)ures, Sonnets de janvier et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 15 février 2012
Ali Ferzat, Egon Schiele, la "dégénérescence"
Les auteurs de l'article n'ont pas compris que le dessin est aussi une référence au tableau (pourtant archi-célèbre) d'Egon Schiele, l'Autoportrait aux doigts écartés. L'image des doigts cassés relie ainsi le caricaturiste opprimé par le pouvoir syrien à certaines formes de l'art moderne européen que les nazis devaient qualifier de dégénérées (entartet).
Autant dire : Télérama n'a rien compris. (Une fois de plus.)
14:08 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (0)
La Folie Baudelaire
Contrairement au Rose Tiepolo, qui m'avait enchanté - peut-être parce que je connaissais moins le sujet - , La Folie Baudelaire, aussi de Calasso, me laisse un peu sur ma faim * . Il me semble que l'équilibre entre éléments biographiques et analyse esthétique est nettement moins réussi, et que Calasso s'embourbe un peu trop dans les premiers, au détriment de la seconde. Cela confirme, si besoin était, que le génie n'existe pas, et les miracles non plus. Il y a des livres réussis, à force de travail... et des livres moins achevés. Cela étant, je n'en suis qu'au tiers ; ça va peut-être se réveiller.
* La Faim, je le signale, est une des figures, un des personnages - même - de Mathématiques congolaises.
10:55 Publié dans Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 13 février 2012
Dans le noir, et le blanc
Arrivé à 6 h 50 à l'Université, ce qui est plus tôt – et plus ridicule – que jamais. Mais j'étais réveillé tôt, courbatures.
Il est tombé encore deux ou trois centimètres de poudreuse, pour saluer le redoux. J'ai dû déneiger la pente avant de sortir la Clio, par anticipation. La plupart des rues, des routes, sont noires, au moins sur une voie. Les saleuses seraient-elles passées, alors qu'on n'a pas vu le facteur pendant cinq jours, et que les éboueurs ne sont pas passés dans le quartier depuis une semaine et demie ?
Je n'arrive à me tenir à rien, me sens très profondément fatigué, de ne pas foutre grand-chose, pourtant. Le café percole, bureau 44. Tous les couloirs et escaliers étaient éclairés, dès 6 h 50, et sans doute avant – pour moi seul, presque, on eût dit. Le café percole bruyamment, et je me sens épuisé.
Ce matin, bien équipé, pour ne pas avoir encore ces curieuses douleurs articulatoires que j'impute aux refroidissements, même lorsque je vais au sous-sol (où il faisait 4° ces jours-ci), j'avais enfilé mes gants en même temps que ma parka, dans le couloir du rez-de-chaussée. Mais il faut bien que l'homme noue ses lacets.
Puis qu'il démarre une Prius noire de neige.
Lundi matin, 7 h 20. Quatre heures et demie de cours, puis quelques menues broutilles. Fatigué.
07:20 Publié dans Moments de Tours, Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 12 février 2012
W.M. 31 : Non de Dalmatie
Un pauvre bougre, Donatien,
Aimait Les 101 Dalmatiens.
« Mais enfin, c'est idiot ! »
Lui disaient ses poteaux.
Lui : « Pas plus qu'un film de Martiens. »
07:33 Publié dans Wikimericks | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 11 février 2012
Ah, l'ouette, gentille, etc.
There once was an Upland Goose
Who met a cruel and fierce mongoose.
Said the goose : "Goéland
Does rhyme with Magellan !"
At which the mongoose bit the goose.
12:15 Publié dans Mirlitonneries métaphotographiques, Old-School Limericks | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 10 février 2012
Trafic de prise en glace passive
Deux jours de suite, deux innovations linguistiques et conceptuelles frappantes :
1) Avant-hier, un responsable de centrale nucléaire (ce qui n'est pas du tout rassurant, soit dit au passage) : "nous avons mis en place les trois niveaux d'action pour empêcher la prise en glace au niveau des réacteurs et des bassins".
En français, on dit "gel", ça suffit. "Prise en glace", je vous demande un peu !!!
2) Hier matin, on nous annonce partout que Woerth est mis en examen pour "trafic d'influence passif". Je comprends "trafic d'influence" et "complicité de trafic d'influence", mais là, ça m'échappe. Comment peut-on se livrer à un ACTE de corruption de façon PASSIVE ?
En lisant l'article 432-11 (modifié en 2011, comme c'est curieux) du Code pénal, on a surtout l'impression que les coupages de cheveux en quatre sont là pour minimiser la responsabilité éventuelle de personnes reconnues coupables de corruption.
10:54 Publié dans Chèvre, aucun risque, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (1)
jeudi, 09 février 2012
A garden in garbage garb
Frightful is the longnose gar
Whom, to observe, I'd go quite far.
Despite its beak,
It's sober and meek :
I've never seen one in a bar !
12:14 Publié dans Old-School Limericks | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 08 février 2012
Un mercredi de rien
Voir seulement le soleil percer la blancheur.
Un regard vert
s'étend jusqu'aux rayons. L'ennui
n'a rien à faire là-dedans. Voir le soleil
juste poindre, puis
éclater sur les étendues froides et cotonneuses,
apaise, rameute
les souvenirs. Voir juste percer
poindre. Le soleil
.
11:37 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 07 février 2012
Hake mail
A fishmonger called Confucius
Was praising his stock of Merluccius.
His wife : "For pete's sake
Just call it a hake !
Won't make the fish less deluccius."
12:07 Publié dans Old-School Limericks | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 06 février 2012
Battre briquet, tracer cercles dans l'air, recouvrir son calme
"Novels," she repeated. "Why do you write novels? You ought to write music. Music, you see"—she shifted her eyes, and became less desirable as her brain began to work, inflicting a certain change upon her face—"music goes straight for things. It says all there is to say at once. With writing it seems to me there's so much"—she paused for an expression, and rubbed her fingers in the earth—"scratching on the matchbox. Most of the time when I was reading Gibbon this afternoon I was horribly, oh infernally, damnably bored!" She gave a shake of laughter, looking at Hewet, who laughed too.
"I shan't lend you books," he remarked.
"Why is it," Rachel continued, "that I can laugh at Mr. Hirst to you, but not to his face? At tea I was completely overwhelmed, not by his ugliness—by his mind." She enclosed a circle in the air with her hands. She realised with a great sense of comfort how easily she could talk to Hewet, those thorns or ragged corners which tear the surface of some relationships being smoothed away.
"So I observed," said Hewet. "That's a thing that never ceases to amaze me." He had recovered his composure to such an extent that he could light and smoke a cigarette, and feeling her ease, became happy and easy himself.
Virginia Woolf. The Voyage Out [1915], Hogarth Press, 1971, ch. XVI, pp. 251-2.
14:19 Publié dans Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 05 février 2012
4 vues
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samedi, 04 février 2012
Not bitty now, bitty later
- Bonne nuit. Tu as une oreille rouge, la gauche.
- Bah, ce n'est pas grave. Je préfère ça que d'avoir le nez gelé, ou les doigts de pied qui tombent comme les Néandertaliens... qui les bouffaient d'ailleurs. Bonne nuit !
Tout ça pour une oreille rouge.
21:36 Publié dans ... de mon fils | Lien permanent | Commentaires (0)
Alternance de rimes en milieu non tempéré
Je ne sais pas pourquoi la pluie. Le délai pour le premier tiers. Je me demande si le vent. La facture du peintre. Je ne sais pas si la tempête. Tire, tire vers le haut. Je ne comprends pas le brouillard. Pousse, pousse vers la tombe.
18:02 Publié dans Aphorismes (Ex-exabrupto) | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 03 février 2012
À la vie à la mort (ARFI / Petit Faucheux)
Hier, pour la Chandeleur, par le jour le plus froid – pour l’instant ? – de l’hiver tourangeau, c’était, pour moi, la reprise de l’année au Petit Faucheux. Il s’agissait d’un spectacle déjà créé il y a deux ou trois ans en partenariat avec le Petit Faucheux, mais que je n’avais pas eu l’occasion de voir à l’époque : À la vie à la mort, par un quatuor composé de Jean Aussanaire (saxes), Jean Méreu (trompette), Laurence Bourdin (vielle à roue) et Bernard Santacruz (contrebasse), compositions sur le tableau de Bruegel l'Ancien, Le Triomphe de la mort, que j’ai pu (re)voir au Prado l’été dernier.
Les compositions sont très belles, les musiciens à la fois très inventifs et très attentifs, mais je ne devais pas être très en forme (ou très in the mood), car j’ai trouvé toute la première demi-heure trop homogène, tirant toujours un peu du côté de la lamentation ou de la mélopée. Le dernier quart d’heure était, pour moi, ce qu’il y avait de plus fort, à partir d’un duo frotté très sourd entre la vielle et la contrebasse.
Après le concert, autour d’une Grim, mon collègue Eric R. et moi avons parlé, de manière assez prévisible (à ceci près que lui ne connaissait le musicien que depuis deux semaines, et moi depuis six mois !), de Valentin Clastrier, dont je ne retrouve pas, ce matin, dans mon fatras, l’album que j’avais acheté totalement par hasard l’été dernier en pays cathare (décidément, le concert d'hier dressait un pont entre l’hiver et le dernier été), mais aussi de Leonard Cohen et de musique baroque.
En bonus : lien vers la page consacrée au spectacle sur le site de l’ARFI, avec un extrait.
08:39 Publié dans BoozArtz, Jazeur méridional | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 02 février 2012
W.M. 30 : Sappho in Chew Stoke
There was a fair lass in Chew Stoke
Who loved a girl and not a bloke.
When told, in a wrath,
They sent her to Bath —
— The sophistic sapphist-haters from Chew Stoke.
11:27 Publié dans Old-School Limericks, Wikimericks | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 01 février 2012
Poème pour saluer l'avènement du mois de février (poème dont le titre est plus long que le texte)
Février et son soleil
son grésil léger qui mouille
et vous traverse à l'orteil
-- Aussi sa bise gèle-couilles.
14:44 Publié dans Nomades | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 31 janvier 2012
W.M. 29 : Spa-Francorchamps
Un coureur de Spa-Francorchamps
Disait « Putain, je suis hors-champ ! »
La prude Mireille
Se boucha l’oreille,
Pour n’ouïr point d’autres mots torchants.
14:40 Publié dans Wikimericks | Lien permanent | Commentaires (0)
Construire français, ha ha !
Nicolas Sarkozy n'a cessé, dimanche soir lors de son entretien télévisé avec quelques serveurs de potage, de répéter qu'il fallait déréglementer en matière de construction immobilière, ce au mépris de l'environnement et de la santé publique. (Ces termes ont-ils même été prononcés ? Qui se rappelle que Sarkozy avait annoncé que l'environnement serait une des priorités de son quinquennat et nommé Alain Juppé Ministre d'Etat chargé de ces questions ? Or, le bilan de son quinquennat est désastreux, aussi à cet égard.)
Un des arguments économiques de Nicolas Sarkozy, outre l'habituelle et diaphane antienne "ça va faire baisser les prix", est que le bâtiment est un secteur qui fait forcément travailler les artisans français. "Le bâtiment, comment croyez-vous que je vous dise Madame Chazal que est-ce que ça va faire des délocalisations ? non, soyons clairs." (pas texto, mais enfin, pas loin)
Donc, le secteur du bâtiment permet la relance de l'emploi hexagonal.
Ce midi, à Tours, j'ai photographié, au feu rouge à la va-vite (d'où la piètre qualité de l'image - cliquer dessus pour agrandir), un des trois camions de l'entreprise allemande Finstral, entreprise qui a, de toute évidence obtenu le marché de rénovation de la façade et des fenestrages d'un immeuble entier sur le quai André Malraux.
13:55 Publié dans Questions, parenthèses, omissions, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)






