mercredi, 11 février 2015
Ping-pong, 7 : Le cas Tiki
Pour reprendre les mots de Stéphane Tiki lui-même, je trouve en effet la polémique le concernant “infamante”. Si sa situation est en attente de régularisation, et si on pense que les citoyens dans son cas doivent prouver leur attachement à la République, quelle meilleure preuve que son militantisme ?
Pour avoir entendu ce garçon avant-hier matin à la radio face à son homologue des Jeunes socialistes, je dois dire qu'il m'a paru plus intelligent et plus mesuré qu'elle.
Il faut dire que la responsable des Jeunes socialistes a parlé à DEUX reprises de « l'élection de Christophe Barbier » : parmi les cadres du PS, on peut donc confondre, sur une antenne nationale, un rédacteur en chef droitisant à écharpe rouge et le député élu dans le Doubs, prénommé Frédéric.
11:07 Publié dans Indignations, Ping-pong, Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (1)
mardi, 10 février 2015
(Seven) Lines Written After Reading Some of Schuyler's Poems
Feb. 8, 2015
Who was Bill Aalto, apart
from this guy who fished out
Auden's drafts from a hotel
wastepaper basket — could he
have been a pale knight,
a bender of arrows or
some nervous viola-player ?
08:32 Publié dans Chèvre, aucun risque, Gertrude oder Wilhelm | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 09 février 2015
Maraudeur
9 février
Une fois déposé le fils cadet à ses leçons — toujours avec le remplaçant — filé direction la place du Grand-Marché. Depuis samedi, il me fallait les deux nouveaux Savitzkaya. Laurent était seul (comme souvent le lundi, je crois, ils doivent se relayer), mais avec une stagiaire (?) à qui il expliquait un certain nombre de choses sur le fonctionnement de la librairie, notamment que leur modèle est l’inverse de celui de la plupart des libraires car 70% des ventes se font sur le fond, et pas sur les nouveautés. Comme, à l’exception d’un Zanzotto, mes sept livres du jour étaient tous des nouveautés, je n’ai pu m’empêcher, passant à la caisse, de faire remarquer que j’avais fait exprès de choisir mes livres pour plomber les statistiques. Juste avant, on avait discuté des traductions de Moby Dick et du Jonas de Grosjean (mais il avait un autre texte en tête).
Après l’achat de deux pains d’épeautre, j’ai passé le restant du cinq à sept à lire Fraudeur (les 45 premières pages, en prenant mon temps) au bord du boulevard Heurteloup. N’ai pas compté les bus et les cars, dont le ballet incessant, à frôler ma vitre, formait comme une ponctuation de métronome.
Dans le hall du Conservatoire, emmitouflé, j’ai vu passer le professeur de cor qui ressemble à Jimmy Somerville et faisait chef de chœur lors du concert des enfants le 31 janvier à Thélème, avant de voir débouler (débarouler) Oméga, content de ses deux leçons (clé de fa & chansons de la méthode de solfège).
18:28 Publié dans Ce qui m'advient | Lien permanent | Commentaires (1)
dimanche, 08 février 2015
Février court
Ce que j'écris, donc, est marqué au fer de la plus noire confusion. En ai-je gratté, des marmites rouillées, pour en arriver là. Le vent n'a ni soufflé, ni mugi — c'était plutôt un feulement de feu, sur un âtre abandonné : mon âme (ce qui en tient lieu). Février, décidément, court sur le haricot.
08:30 Publié dans Aphorismes (Ex-exabrupto), Chèvre, aucun risque | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 07 février 2015
Quatre distiques sur France/Écosse
Tandis comme qu'à Tours on se pelut le jon,
Il n'a touche qu'un seul ballon, Loann Goujon.
Hugo m'est dit à moi le goujon qu'on taquine
Si que je suis bobo après un gros tacklin'
Vu est-il faisi plus d'un quintal ce Loann
Va pas a confondu avec Lindsay Lohan.
Golrirais-je beaucoup si comme Loann Carpe
Un jour il se pétut à donf le métacarpe.
20:00 Publié dans Distiques ribéryens | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 06 février 2015
Misdemeanours
Jeanie Deans was admitted into the jail by Ratcliffe. The gentlemen who waited upon Farmer Eccles went in obedience to her orders.
When the worthy magistrate asked the crime of which the prisoner had been guilty, the captors looked somewhat puzzled for the moment; since, in truth, it could not be shown that the Ensign had committed any crime at all; and if he had confined himself to simple silence, and thrown upon them the onus of proving his misdemeanours, Justice Ballance must have let him loose, and soundly rated his clerk and the landlord for detaining an honest gentleman on so frivolous a charge.
The Cockpit representations lasted but a few days. He is never more than half ashamed of having barked or bitten; and for those faults into which he has been led by the desire to shine before a lady of his race, he retains, even under physical correction, a share of pride.
15:15 Publié dans PaperPestPaste, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 05 février 2015
Sept distiques sur une rhinopharyngite
Voudrus-je moi beaucoup me terrer dans un gîte
Si j'a cerveau cramu la rhinopharyngite.
Golri-ont les étudiants ma tronche de biftèque
Et mon tarbouif trop plus énorme une pastèque.
Mon crâne il a un feu ! Mon crâne il a un goufre
Malgré le Pivalone & aussi l'Actisoufre !
Possible est ma cloison nasale qu'elle rompe
Si comme que mon nez deviendut une trompe.
Au cours de Cingal mon rhume est attentatoire
Comme qu'on a dur l'explosion sternutatoire.
Autant que kimono de Douillet ju-jitsu
Aujourd'hui j'a mouché de mouchoirs en titsu.
Golri-je le Président si qu'il n'est pas dupe
Où que j'avons chanté la Brigade des stupe.
19:39 Publié dans Distiques ribéryens | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 04 février 2015
Ousmane Diarra. La route des clameurs.
/J'ai laissé passer plus de trois mois avant de chroniquer ce roman, ce qui m'empêche d'être aussi précis que si j'avais écrit à chaud.
La route des clameurs est le troisième roman publié par Ousmane Diarra, à quoi s'ajoutent quelques nouvelles, poèmes et livres pour la jeunesse. Très influencé, dans l'écriture et le traitement d'un narrateur enfant, par Ahmadou Kourouma et surtout Tierno Monénembo, Diarra propose un roman qui ne sidère ni par son originalité ni par son inventivité stylistique, mais qui offre un point de vue supplémentaire sur la manière dont l'Afrique est livrée au grignotage infernal du jihad, et sur le cas particulier des enfants-soldats.
Ici, le narrateur, enfant-soldat, ne bascule jamais totalement dans le fanatisme et l'adhésion à l'idéologie de ceux qui l'emploient. Tout le récit maintient, voire recrée, le lien qui l'attache à son père, artiste demeuré libre et perçu comme un blasphémateur incroyant par les Morbidonnes, ce mouvement de fanatiques islamistes désireux de prendre le contrôle du Mali tout entier. La satire mordante, très carnavalesque, vise très juste quand elle décrit la bassesse des dirigeants de ce jihad, et leur cupidité vide de tout idéal : s'il ne fallait pas d'autre indice, le nom du Calife, aussi interminable qu'inlassablement répété (Mabu Maba dit Fieffé Ranson Kattar Ibn Ahmad Almorbidonne), donne la mesure de ce que l'auteur pense de Boko Haram, de Daech et des autres mouvements religieux qui se proclament seuls détenteurs de la parole de Dieu sur terre.
Le motif des deux routes — que l'on retrouverait, sous d'autres formes, dans plusieurs cultures d'Afrique de l'ouest, et dont s'est expliqué l'auteur dans un bel entretien publié sur le site de L'Afrique des idées — indique que les choix individuels sont seuls possibles, et, par là même, complexes.
À ce titre, notamment, le roman d'Ousmane Diarra peut servir de contrepoint truculent et assez in-your-face au film d'Abderrahmane Sissoko... d'autant que, contrairement à Timbuktu, il évite le piège de l'essentialisme. Alors que le film de Sissoko ne cesse de sous-entendre que ce sont les bons Africains qui sont actuellement envahis par les mauvais Arabes (ce qui est tout simplement faux, historiquement), Diarra choisit un narrateur partagé, scindé, picaresque, aussi vil que splendide.
Pour approfondir :
- lecture d'un extrait de Pagne de femme par l'auteur (site Francophonies en Limousin)
- un point de vue malien (sur Gangoueus)
- l'article d'Éric Chevillard, “Candide furieux” (Le Monde, 4 septembre 2014)
04:40 Publié dans Affres extatiques | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 03 février 2015
De l'élection de Martinez
Cégété qu'elle a classique feuille d'acanthe
Où que le métallo arborit la bacchante.
13:43 Publié dans Distiques ribéryens | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 02 février 2015
Entre deux maux
2 février
Pas en forme, alors qu’Oméga, entre la grosse rhinopharyngite et le début d’otite qui devait le reclouer au lit le lendemain mardi, s’était rendu assidument à ses leçons, je me suis contenté d’aller lire Eggericx au Vel’Pot, qui est vraiment trop crasseux, où je ne remettrai pas – c’est dommage, le lieu est spacieux et pourrait avoir du cachet – les pieds.
18:26 Publié dans Ce qui m'advient | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 01 février 2015
Frites
À l'économe. Acte I.
Branchement & installation.
Couper deux par deux → dans le torchon, pièce à pièce.
Dans le saladier. [Position “on” sur 180°.]
Autre torchon, deuxième essuyage.
Aller dehors, avec la fourchette et le sel, alterner.
13:33 Publié dans Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 29 janvier 2015
D'une phrase superficielle
Comme je viens encore de lire, sur le mur d'une amie FB, la très habituelle phrase selon laquelle « le FN n'est pas un parti comme les autres », j'ai livré quelques réactions à chaud que je copie-colle ici, et dont je déplore certes qu'elles soient un peu à l'état brut :
Quand Charlie Hebdo a fait campagne dans les années 90 pour l'interdiction du FN (avec des articles sublimes de Cavanna), quasiment tout le monde disait “ah non ce n'est pas possible, ce ne serait pas démocratique gnagnagna”. Si le FN est un parti légal, s'il a le droit de présenter des candidats, si ses candidats sont jugés capables démocratiquement de diriger les destinées de leurs concitoyens, alors il est également normal que ces mêmes citoyens puissent être jugés "élu local de l'année" ou toute autre faribole. Je veux juste rappeler qu'il n'y a pas de demi-mesures. Comme la plupart des critiques, sur cet événement, émanent de journalistes prompts à dénoncer leurs confrères, précisons que tous ceux qui ont décidé que le FN faisait partie démocratiquement et légalement du paysage politique n'ont pas le droit de nous infliger leurs leçons de morale. À part du côté de Charlie Hebdo et d'une certaine gauche radicale, je ne connais aucun journaliste qui ait soutenu l'interdiction du FN alors que ce parti avait fait la preuve de son incompatibilité constante avec les valeurs de la République et le triple idéal de liberté, d'égalité et de fraternité. Donc maintenant, qu'ils assument. Bientôt peut-être on aura un président FN ; il n'y avait qu'à agir plus tôt.
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Dans la réalité électorale, dans les institutions politiques du pays qui seules fondent cette réalité, le FN est un parti comme les autres. Moi, le temps d'antenne, le financement des campagnes etc., ça me rend malade depuis trente ans — je ne comprends pas ceux qui montent au créneau maintenant, au prétexte qu'un cénacle de journalistes a remis un prix à Steeve Briois.
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Ainsi, l'affirmation selon laquelle le FN n'est “pas un parti comme les autres” est d'une stupidité totale. D'abord, elle stipule que tous les autres partis sont semblables, alors que pour ma part je vois de nombreuses différences – idéologiques et internes – entre l'UMP, le PS, le MUP, le PCF, le NPA, le MoDem, les Verts etc. Ensuite, elle relève d'un déni : de même qu'il ne suffit pas de dire que l'islamisme n'a rien à voir avec l'Islam pour que ce soit vrai, il ne suffit pas de dire que le FN n'est pas un parti comme les autres pour qu'il n'ait aucun pouvoir. Par ailleurs, tous les journalistes qui participent à ce jury sont connus pour se répartir, lors des conférences de presse des présidents et ministres de droite comme de gauche, les questions rédigées ou approuvées par le cabinet du président ou du ministre en question. Alors, question déontologie, leur désignation de Briois comme "élu local de l'année" n'est pas leur fait d'armes le plus scandaleux.
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J'ajouterai que la formule le FN n'est pas un parti comme les autres me rappelle étrangement tous les olibrius qui beuglaient ou écrivaient Tout sauf Sarkozy en 2007. J'en ai fait taire un certain nombre en leur disant : "ah, vous militez pour Le Pen ?" — le sens de leur slogan leur avait totalement échappé.
Le problème est que toutes ces formules se répandent sans que presque aucun de ceux qui les emploient ne les comprenne ; il y aurait beaucoup à dire, aussi, sur le fameux Je suis Charlie, quand on voit que tel ou tel qui l'afficha ou l'affiche encore en photo de profil Facebook défend dans le même temps le port du hijab à l'Université ou le droit des associations musulmanes à menacer à mots à peine couverts une institution culturelle de représailles pour avoir exposé une œuvre censément (et en fait pas du tout) blasphématoire.
10:18 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (3)
Distiques à l'encre sympathique sur un thésard olfactif
On a bien content qu'on est de la citronnelle
Si que le doctorant fouettont de la rondelle.
On a doux la citronnelle madagascar
Comme que le doctorant schlinguont du calbard.
Endroit que j'aime bien l'aspergir de citron,
Le bureau messin d'où l'étudiant pue du rond.
On a véritablement âcre et écœurant
Le bureau où qu'il a mariné doctorant.
Croivu-je je vont dégueulir ma cirrhose
Si comme il s'habillut tout en polyviscose.
Endroit que plus qu'à Metz sentent les troufignons,
Dans le polyviscos ç'a la fac d'Avignon.
Roberta qu'on a aigre son odeur d'aisselles
Si même qu'elle nous offrut des sfogliatelles.
Alumnos qui foetores tenent timeo
Même si qu'en Lorraine il est mis du déo.
Golri-je malgré que citronnelle à torrent
Si je suis forgé le mot “déodoctorant”.
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03:49 Publié dans Distiques ribéryens | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 28 janvier 2015
Babouins de Besançon
On a dur le jeune babouin tendre sa croupe
Si comme à Besançon c'est un bachelor group.
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10:09 Publié dans Distiques ribéryens | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 27 janvier 2015
Saltykov-Chtchedrine
Aujourd'hui, nous fêtons le cent quatre-vingt-dixième anniversaire de la naissance de Mikhaïl Saltykov-Chtchedrine, écrivain russe dont je vois régulièrement, et depuis longtemps, passer le nom.
J'ai donc décidé de lire enfin un livre de cet écrivain, dans la traduction de Luba Jurgenson : Le Bon vieux temps.
En anglais comme en français, la récolte est mince sur les sites d'archivage de textes électroniques :
Trois contes russes (sur Wikisource, traduction d'Alfred Léo)
A Family of Noblemen (traduction anglaise, par A. Yarmolinsky, de son roman le plus célèbre, Господа Головлёвы, généralement connu sous le titre de Famille Golovleff)
Les lecteurs russophones ou russisants pourront en revanche se régaler ici.
09:58 Publié dans Célébrations improbables, Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 26 janvier 2015
Neuf distiques sur un incendie à Rueil-Malmaison (Guillaume-Franck Ribergal)
On a übergolri de la flamme incendiaire
Si Le Pen qu'il a cramu son gros œil de vaire.
On a mal maison cramée et bobo à l'œil
Si qu'on aura hospitalisé loin de Rueil.
Marine qu'elle a dit les bobos sont ténus
Que le feu au conduit et mon cœur mis anus.
Jany Paschos appellut Le Pen “mon biquet”
Mais on a dangereux jouir avec le briquet.
La maison qu'à lui elle pue le fumigène
Comme c'est plus über-dégueu que la gégène.
Véner comme il paraisse il n'aime pas tes races
S'il s'avut réfugiu aussi sur la terrasse.
En garde à vue qu'ils sont été mes supporteux
Comme ils ont chanté “ce soir on vous met le feux”.
Gros vieillard blond il s'a prendu pour Catwomane
Qu'en veut s'échappant de la maison pyromane.
Tandis Kurdes chassont Daesh de Kobané
Le Pen il sont son œil totalment calciné.
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16:05 Publié dans Distiques ribéryens | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 25 janvier 2015
Cinq distiques sur la mort d'un barbu aigrelet
On a dur le quart monde on a dur les cassos
Si le tramway qu'ils sont chante Demis Roussos.
Manière qu'on célèbre Αρτέμιος Βεντούρης
Que mater un épisode d'Agenc' Tous riss'.
Golri-je pas du tout m'est pété le fémur
En que dribblant sur l'air d'“On écrit sur les murs”.
Cafetiers qu'ils ont bien contents sa mort Demis
Si toute la journée sont vendre des demis.
L'Hellène tout ce qu'elle épitaphe Roussos :
Donna Summerentes Timeo Danaos.
23:03 Publié dans Distiques ribéryens | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 24 janvier 2015
Textes théâtraux robotiques, 2
(A., vieil homme voûté, est assis dans un canapé défoncé et lit un catalogue d'art contemporain autrichien. B., jeune femme vêtue très chic, revêt, tout au long de la scène, une combinaison de ski.)
B — Oui, je crois que s'il y a des choses dont je ne suis pas grand chose sauf que là d'où l'on voit tout.
A — C'est en hochteutsch, hein, c'est que je suis frappé du coup c'est une artiste millionnaire.
B — Guichard apprit que Fortuné avait détruit le studio où a été tourné le clip de Brassens !!!?!
A — Entre la chèvre et le sommeil de vos nuits. Poèmes du Petit salon !
B — Dixit celui qui ferme nos paupières.
A — “Everybody in a GAME would be Both”, la deuxième partie est un entretien fort long pour l'examinatrice.
B— C'est en français, ses textes les mieux traduits SE méfier des gens qui sont les mauvaises passes, les ballons perdus et moi je n'ai pas gagné à EuroMillions.
A — Vorher schleppt sie kam anders zurück. Kasimir Edschmid se demande désormais ce Jorge Guagua.
B — It's in the Turkish rugs to pull back, confusing some and officers, some leaders decided that lonely rooms is Queenstown, a regal little adust.
A — Passer la matinée à faire lessives, corriger copies de l'UVSQ d'alerter tout détourné par le médecin à 10 h 20 ans au bas mot qu'il fait de la prochaine fois maismes féloches à Melissa.
B — How to get him an officer yelled. No. It's not, protesters responded. This is to take action, that has failed to the Otago lakes is Wakatipu—a lake like a beautiful UFO.
(B. mime un slalom, très longuement. A. la regarde en bâillant.)
10:11 Publié dans Textes robotiques | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 23 janvier 2015
Chançon
à peine du bout du poinçon
sans craindre de malfaçon
le subtil maçon
a tourné ton colimaçon
citadelle de Besançon
« de rien, garçon »
bien sûr, il me vint un soupçon
le temps ne fait pas de façon
la grammaire en cheval d'arçon
saute sans verser de rançon
du coquelet à l'hameçon
.
10:01 Publié dans Un fouillis de vieilles vieilleries, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 22 janvier 2015
Bondir hors de ses rêves, ratisser le réel
Tu te souviens quand je t'ai téléphoné
de Chartres ? Abattu et goinfre,
horrible dans mon désir. Tu aimais bondir hors
de tes rêves pour attraper l'écouteur et murmurer, non, non,
tu ne m'as pas réveillé, je me le suis déjà astiqué.
Mais ce n'était pas vrai. Même quand tu dors tu occupes
tout le terrain, les premières lignes.
Six premiers vers et demi d'un poème de Tomaž Šalamun traduit par Zdenka Štimac aux Éditions Franco-Slovènes (Ambre, 2013, p. 15), organisé en tercets enjambés, forme très fréquente dans le recueil, peut-être sous influence de la terza rima (faute de texte slovène en regard, impossible de le déterminer). Toutefois, exemple plus frappant que jamais que, même en traduction, il faut lire la poésie “étrangère”. L'univers de Tomaž Šalamun n'a rien de comparable. Chaque page m'a secoué, depuis que j'ai commencé à le lire, en novembre.
Il y a deux catégories de « lecteurs » qui m'agacent : ceux qui disent qu'on ne peut pas lire de la poésie (ou même des textes d'autres genres) quand on ne connaît pas la langue, et qui se privent, voire voudraient priver les autres d'accéder à une altérité réelle, puisque la bonne traduction consiste à transmettre une altérité réelle, effective, et — en ce sens — elle-même altérante ; et ceux, plus nombreux encore, qui se vanteraient presque de ne jamais lire de littérature contemporaine, en particulier de langue française, comme s'il était entendu que tout est bon pour le panier, alors que leur opinion s'est formée sur deux ou trois articles dénigrateurs sur le tout à l'ego (ou autre formule choc), ou sur la lecture d'un minable récit d'Amélie Nothomb qui leur a donné quitus pour tout jeter aux orties, et que l'opinion de ceux qui prennent, chaque jour, le risque de se confronter à des pans entiers de littérature contemporaine, dans les marges ou pas, se fonde sur une pratique de plusieurs années, décennies, au point d'avoir décelé des territoires entiers dont on pourrait espérer, n'étaient-ce la journalistisation des intellectuels et l'hyperspécialisation des universitaires, qu'ils seront d'ici quelques siècles l'équivalent de ce que sont, pour nous, Montaigne, Saint-Simon, Balzac ou André Breton.
10:14 Publié dans Lect(o)ures, Translatology Snippets, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 21 janvier 2015
¯ « De Turc à More » ¯
Bientôt la Faublin entra dans mon cabinet, m'amenant Croutot qui arrivait tout au plus à la hanche de la belle et plantureuse créature. La manière dont elle me le présenta fut des moins révérencieuses.
— Patron, m'annonça-t-elle, je vous amène un pierrot qui dit qu'il est un ange.
Puis, sans respect pour celui que, tout à l'heure, je l'avais entendue traiter de traîne-savate, de criquet et de chafouin, elle partit en ricanant:
— Oh ! oh ! un ange ! quel bas-des-reins, ce bel ange.
Je feignais de ne pas m'apercevoir de la mine furibonde de Croutot à cette façon d'être présenté. C'était un mauvais début pour lui qui voulait être pris au sérieux, et qui avait compté, du haut de ses fonctions et dès le commencement, me traiter de Turc à More.
Eugène Chavette. Le saucisson à pattes II (1884).
08:11 Publié dans Pynchoniana | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 20 janvier 2015
Guinée / Cuba
« Tu sais comme moi comment les choses se passaient à l'époque. Ici comme là-bas, on vivait au rythme des purges et des pendaisons ; à la merci des discours-fleuves et des pénuries de toutes sortes. Eh oui, notre lointain cousinage ne devait pas se limiter aux dieux yoruba et à la salsa. Il nous fallait partager aussi les mêmes tourments, les mêmes sévices, et la même dévotion pour le grand frère soviétique en dépit de notre bon climat tropical. L'engagement révolutionnaire, cela doit se démontrer, mon vieux. Il nous fallait nos koulaks à nous ; nos kolkhozes à nous ; nos goulags à nous. »
Tierno Monénembo. Les coqs cubains chantent à minuit (2015). Seuil, p. 159.
Vingt ans après la parution de Pelourinho, que j'ai lu alors, première entrée dans l'œuvre, je n'avais pas tout compris je pense, Tierno Monénembo publie un roman très similaire, cette fois-ci en croisant l'histoire de la Guinée post-coloniale et celle de la Cuba d'avant et surtout d'après Castro. Récit d'un voyage de remontée vers l'amont au Brésil, Pelourinho se situait plus sur un versant mémoriel, alors que ce dernier opus est nettement plus politique. Ici, l'on retrouve tout ce qui fait la patte de Tierno Monénembo : récit adressé, narrateur goguenard et faussement cynique, enquête sur une fausse énigme familiale, sens du rythme et de la formule (mais jamais de la formule toute faite).
15:59 Publié dans Affres extatiques | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 19 janvier 2015
Lines Written In A Derelict Pub After Reading Fifty Pages of Ali Smith and Drinking Very Unsavoury Tea Indeed
no pluck for the duck
no good for the goose
no rain for the crane
no swim for the swan
I CHALLENGE YOU TO A GAME OF DARTS
dart this word and that verb
no dart for a fart
no nothing for a farthing
I CHALLENGE YOU
I FEAR YOU
go AWAY
in that pond of words
of stale ideas and sour words
a pond of nothingness
A VIOLIN GOES BERSERK YES A VIOLIN GOES BERSERK
and I'm
drunk on tea
18:24 Publié dans Chèvre, aucun risque, Gertrude oder Wilhelm, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (2)
dimanche, 18 janvier 2015
“La religion tue le monde”
Ainsi donc, depuis le début de l'année 2015 :
- plus de 2.000 civils nigérians ont été massacrés au nom de l'Islam par les fous de Boko Haram
- une fillette de dix ans s'est fait exploser dans un attentat, à l'initiative des fous de Boko Haram et au nom de l'Islam
- 17 personnes (dont des artistes et des Juifs) ont été sauvagement assassinées en France au nom de l'Islam
- un blogueur saoudien purge une peine de prison pour athéisme et a déjà reçu 100 coups de fouet, au nom de l'Islam
- un pianiste de renommée internationale a été condamné en Turquie à de la prison ferme pour athéisme, au nom de l'Islam
- des émeutes meurtrières ont eu lieu, notamment au Niger, au nom de l'Islam
Et voici que la majorité des responsables religieux de tous bords, le Pape ici, tel dignitaire musulman là, voudraient nous faire accroire que le problème vient de quelques dessins, ou de quelques textes “provocateurs”... Cela rappelle à ceux qui en douteraient qu'un religieux “modéré”, ça n'existe pas : les prétendus “responsables” religieux sont irresponsables, complices ou eux-mêmes assassins.
Une des rares exceptions, dans ce concert de faux-culs pyromanes, c'est « le curé de chez nous » de Brassens (hélas fictif) l'imam de Cenon (bravo à lui).
18:55 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (3)
samedi, 17 janvier 2015
Mât, matin, mâtin
09:29 Publié dans Mirlitonneries métaphotographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 16 janvier 2015
Dernier vendredi avant la cohue
Last Fair Deal Gone Down
Ce matin, je me rendais à une réunion de la Commission Bibliothèque, me suis autoportraituré coastard et chapeau dans l'ascenseur de 9 h 43. On n'est pas nombreux aux Tanneurs aujourd'hui, et les copies ne se corrigent pas toutes seules non plus. Ce que je dis à “mes” Coréens : vous allez voir, lundi, tout d'un coup 7.000 gusses là dedans !
09:34 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0)


