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lundi, 03 août 2015

“dans les arènes de Panjas”

cette seconde n'a duré

dans les arènes de Panjas

que pour laisser l'autre bécasse

s'adosser à l'ancien muret

 

le teckel parti la queue basse

& toute une ménagerie

l'embarquement sa vacherie

bien pire encore qu'à Habas

 

tout ça l'été c'est le bonheur

ou quelque chose d'approchant

dont nous traverse le plain-chant

 

tandis qu'à la perche on remballe

l'ivrogne & son énorme balle

foin des lourdingues déconneurs

 

dimanche, 02 août 2015

“le très long cierge”

le très long cierge allumé

fait valser dans l'air du lundi

la citronnelle dont on dit

que son âpre embrun parfumé

 

éloignera bien ces maudi

-tes zézayantes dont le mé

-rite est d'avoir encor cramé

une nuit blanche (on s'enhardit

 

à risquer des vers difficiles)

le café rendrait plus débile

& le miel bouche les artères

 

mieux vaut s'encanailler sous terre

directement que l'on astique

son cadavre sans la moustique

 

samedi, 01 août 2015

“les aboiements du labrador”

les aboiements du labrador

& la pluie en pleine sourdine

c'est le mois d'août qui se radine

en novembre de chanvre et d'or

 

dans la mémoire on se calcine

pas besoin de jouer les cadors

pour qui confond peut-être encor

le laurier-rose et la glycine

 

y a-t-il vraiment une raison

à ce temps de flotte et de pisse

été après été dans la

nasse de quelque sot horla ?

peu de chance que quelqu'un bisse

un sonnet pour chaque saison

 

lundi, 27 juillet 2015

“le fourgon tricycle Piaggio”

le fourgon tricycle Piaggio

rouge rutilant que j'ai a-

cheté hier pour rien et à

un vieux barbu nommé Giorgio

 

(ou peut-être était-ce Andrea)

à son volant mes bons petiots

je vais trimbaler mes gaffiots

dans toute l'Europe, béat

 

— c'est le modèle minuscule,

hormis moi et le chat Hercule

(qui se nomme en fait Er-co-le)

 

on n'y met pas une souris —

mais foin de ces amphigouris :

mon Piaggio va décoller !

 

mardi, 23 juin 2015

Le Loup & l'Agneau génétiquement modifié

La raison de l'INRA est toujours la meilleure :

Nous l'allons montrer tout à l'heure.

 

Un Agneau qui baguenaudait

Dans le courant d'une onde pure

Vit survenir un Loup, affamé d'aventure

Et que le surf en ces lieux attirait.

– Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage

Avec ton ombrelle sauvage ?

Tu seras châtié de ta témérité.

– Sire, répond l'Agneau, que votre Majesté

Fasse attention à ses écailles

(C'était un Loup un peu poiscaille)

Et n'aille pas, en discourant,

Se choper un peu du courant 

Que j'envoie à peine on me touche.

– Peu me chaut une telle douche ;

Ce sont là pures balivernes...

Le Loup s'approche avec sa planche, et Jules Verne

Ne l'eût pas mieux exécuté :

À l'Agneau pourtant prévenant

Le voilà électrocuté !

 

Dans notre assiette ainsi qu'au fond de l'Océan,

Qu'on le dise ailleurs ou céans,

L'agneau n'est plus du tout-venant.

 

15:29 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 06 juin 2015

36.05 ░

Si vous avez googlé ‘Comment ressusciter les tagliatelles d'Elkabbach à la cour de Weimar ?’, vous êtes au bon endroit ; et sinon restez quand même.

(Olivier M.)

 

Je suis en poste à Tours depuis treize ans. Parmi les étudiants qui sont devenus des collègues, puis des amis, il en est un que, même s'il est éloigné dans de très lointaines et barbares terres, je retrouve toujours avec joie dans le monde virtuel, et équanimité alcoolique dans le monde réel. (C'est un excellent dessinateur, de plus — talent qui m'épate toujours.)

 

(explication de la série dans laquelle s'inscrit ce billet ICI)

19:22 Publié dans 10 ans | Lien permanent | Commentaires (1)

36.04 ░

Rien de plus terrorisant que l'obligation de paraître intelligent. 

(Valérie S.)

 

Ayant, fort heureusement, reçu très peu de témoignages, je suis encore “dans les clous” pour les publier en ce jour anniversaire. Valérie est une de celles qui m'a le mieux et le plus lu, le plus régulièrement surtout. Il m'est impossible d'écrire dans le détail tout ce que ce site lui doit.

 

(explication de la série dans laquelle s'inscrit ce billet ICI)

19:06 Publié dans 10 ans | Lien permanent | Commentaires (1)

36.03 ░

Le blogue du Saint-Gal je l'aime trop le lire

Comment que ses idées elles me font bien rire

(Frank Ribéry-Pranchère)

 

Dix ans de Touraine sereine, et du cap fixé au début, j'en suis passé au bazar absolu. C'est ce qui plaît, et qui me plaît.

(explication de la série dans laquelle s'inscrit ce billet ICI)

09:40 Publié dans 10 ans | Lien permanent | Commentaires (1)

vendredi, 05 juin 2015

19 envois ▒ 6

clés pour tinter

baisser la voix sur le balcon

heurtoirs de portes

été torride sur l'estuaire

yeux du judas

répare ce qui désempare

pareils à tout ce qui brille

yeux les tiens

remparts ouverts à tous les vents

lisent d'autres messages

envolées lyriques

 

10 ans moins 1 jour

Demain, ce carnétoile aura dix ans.

 

Le 3.600ème billet a été publié hier, et pour fêter les 3.652 journées d'existence (parfois discontinue) de ce chantier d'écriture, je demande à tous ceux qui le souhaitent, lecteurs anciens ou récents, amis FB  non-lecteurs, de m'offrir une phrase qui sera publiée sous leur nom, sous un pseudonyme ou sans nom, au cours de la journée du 6 juin, assortie d'un petit commentaire de ma part.

 

La phrase, avec sa signature, peut être déposée en commentaire à la suite de ce billet.

20:14 Publié dans 10 ans | Lien permanent | Commentaires (3)

jeudi, 04 juin 2015

19 envois ▒ 5

comme nous avons parlé

bleu comme ce tissu

hors de tout langage

écru comme la toile

yeux surtout

rouge à la semblance du soleil

paroles dans le vent brûlant juin

yeux pers évidemment

répétitions paroles

lumière verte de juin brûlé d'amour

entractes et rideaux

 

mercredi, 03 juin 2015

Pour fêter une éléphantelle. Sonnet augmenté à la manière de Samain.

Un mot, ce n’est point bagatelle :

Pour sacrifier sur cet autel

Dans quelque vineux coquetel,

Fi de la rime accidentelle !

 

Gavé donc de tagliatelle,

J’ouïs dire qu’en un châtel

Wallon naquit (quel fier cheptel)

Nang Faa, une éléphantelle !

 

Sur le champ j’alerte un cartel :

Larousse, aussi l’homme aux bretelles

(Alain Rey) via le minitel !

 

L’accord de porte-jarretelles ?

Laissez tomber, mon cher Untel !

Rien ne capte la clientèle

 

Comme ce mot d’éléphantelle !

19 envois ▒ 4

comment ressusciter

bête je suis je fus

heureusement le bonheur

été composé

yeux les tiens

ravissement du foudroyé

passionnés

yeux aveuglant

rapiècements de discussions

la lumière même des mots

entre les carreaux du vichy

 

Animaux-valises (avec métiers)

en famille, sur une proposition d'A.-G. J.

Pumaquignon.

Porc-épicier.

Okapiculteur.

Potamochercheur.

Lapingénieur.

Poulainstituteur.

Atélectricien.

Professeur des écolobes.

Cerf sikafetier.

Canartiste.

Colvérificateur.

Lapintre-en-bâtiment.

Lamaçon.

Furéboueur.

Chauve-souriziculteur.

Caprincipal.

Vervétérinaire.

Aurockeur.

Wombatteur.

Millepâtissier.

Tapirotechnicien.

Capybaramoneur.

Tatoubib.

Chameaudiste.

Watussidérurgiste.

Okapilote.

Flamandoliniste.

Makinésithérapeute.

Fossa-peur-pompier.

Gorfoutballeur.

Singérant.

Thylacinéaste.

Alligatorthodontiste.

Calamarchand.

Émeunuisier.

Dinosaurthophoniste.

Kangouroutier.

Pélicancérologue.

Chloropterrassier.

 

Galago-godancer.

Pécaripatéticienne.

Vendeuse-chez-Étamanoir.

mardi, 02 juin 2015

19 envois ▒ 3

cacher la lumière

baste on pourrait

hennir chanter

éternellement replier

yeux biais de la bien-aimée

reptile d’une autre mémoire

plis & cheveux

yeux rivés au guidon

rire & sourcillements

l’encre sur le cahier

embrassades

 

lundi, 01 juin 2015

19 envois ▒ 2

cerises, je l’écrivais

botte en touche

humeur de la folie d’aimer

étamines dans la distance

yeux les nôtres

regardées par nous les volutes

perdus sur le fil éloigné

yeux dans le vague

regards les miens

latin pour le gaffiot poussière

enfin les nôtres

 

Pour fêter les 3 ans des distiques ribéryens

Monfils il a vraiment méga beaucoup grippé

Si France 2 écrivut grippe avec trois p.

 

On a beaucoup content que bientôt j'a le clash

Golri d'été lancé Taisez-toi Elkabbach !

 

******

 

Le sorbet Oasis vraiment je suis été

Pas golri du slogan “vivemangue l'été”.

 

Clash of Clans ç'a un jeu qu'est pas l'air folichon

Si comme Mister T chevauchut un cochon.

 

 

*****************

Golri-je l'entraîneur ressemble un gros minet

Si qu'il est sévillan les cheveux gominés.

 

Grosse égalisation 2 à 2 mazeltovsk

Les Sévillans ont dur Dnipro Dnipropetrovsk.

 

********************************************************

 

À la maison on a beaucoup meilleur qu'au RU

Miam-miam le mercredi brandade de moru.

 

*

dimanche, 31 mai 2015

19 envois ▒ 1

chaque moment

beauté & douceur

hésitations

étonne-toi que je m’accroche à ton

yeux les tiens

rire au balcon des cerises

paraissent tantôt gris-vert

yeux les tiens

rarement de noisette opale

luisent de ton brillant mat

enfin nous

 

 

vendredi, 29 mai 2015

W.M. 69 : Herzogin Anna Amalia

Anne Amélie de Brunswick,

Sa perruque, il paraît, fait tchouic

Sur sa robe en cachemire.

Quant à son Erwyn & Elmire

Pardon, j'y entrave que couic.

 

jeudi, 28 mai 2015

W.M. 68 : Caroline Herder

uite des 9 limericks “Frauen in Weimar”

Sans l'opiniâtre talent

De Karoline Flachsland,

Nous ne connaîtrions, des œuvres de Herder,

Qu'une poignée d'apophtegmes plutôt boudeurs.

D'elle célébrons le génie polyvalent.

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mercredi, 27 mai 2015

Cheval de mine

Il ne s'est pas rêvé yearling, mais plutôt cheval de trait, cheval de halage tirant sa charge au pas, cheval de mine peinant dans le noir.

(Préface de J.-B. Para à l'édition NRF-Poésie de La Descente de l'Escaut de Franck Venaille, p. 8)

 

Donc, ce serait ça, aussi, qui travaillait en moi ? Une rêverie des profondeurs, de la suée, du coup de boutoir au fond des galeries. Ai-je toujours eu un côté taupe (avec l'aveuglement) ? En tout cas, une fois lancée la constitution en livre à proprement parler de ce Livre des mines, je n'ai plus eu envie, tiré une tronche de terril, me suis écharpé avec moi-même. Ce ne sera peut-être jamais le moment de raconter l'histoire du moine qui arrouméguait, mais toujours de tirer des plans sur la comète.

Ce qui compte, au fond, c'est toujours le coup de grisou (héritier du coup de dés comme du Livre projeté), puis, au rabais, le coup de crayon : chez moi, la langue ne reçoit guère mandat de traduire des émotions, mais plutôt de les former (ibid., 11). Ainsi, le cheval de trait sert de figure, de modèle aussi au cheminement dans la langue. Ça fait dix ans que ça dure, et avant ça déjà quinze ans au bas mot.

Le chant est un chantier. On n'a pas le choix. Nous sommes les enfants des désengagés de 70.

W.M. 67 : Christiane Vulpius

suite des 9 limericks “Frauen in Weimar”

Peut-être Christiane Vulpius,

Dans l'ombre il faut dire mahousse

De son grand homme de mari,

Fut-elle vêtue d'un sari

Sans qu'on l'ajoute à son coursousse.

 

mardi, 26 mai 2015

W.M. 66 : Maria Pawlowna

À la cour de Weimar, Мария Павловна

N'avait vraiment rien d'un OVNA*.

Quoique, pour Lohengrin,

Elle fût déjà loin,

Elle n'était pas née au temps du Gondwana.

 

* Objet Volage Non Acclimaté

lundi, 25 mai 2015

Les Boloß, 2015 — i-v

Lucas Pouille éliminé, c'est un vivier de blagues téléphonées qui se tarit.

 

Mon fils (huit ans) ne comprend pas pourquoi les femmes ne jouent qu'en deux sets gagnants.

· · · ·

E. R.-V. est énervé : un break blanc, c'est troublant.

Est-ce le fils caché de Manuel Valls ?

 

▒░▓ ▒░▓▒░▓▒░▓

Un commentateur parle du “coup droit supersonique” de Gaël Monfils. Selon nos informations, le dictionnaire Larousse spécial Tennis contiendrait vingt-et-un adjectifs.

W.M. 65 : Marie Seebach

Reconnue pour sa Gretchen et son Ophélie,

Lettone, la Seebach était-elle jolie ?

Son nom, beau sanctuaire,

Nous offre un estuaire

Pour célébrer Weimar, cité de l'embellie !

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dimanche, 24 mai 2015

Lagoon (Nnedi Okorafor)

Plutôt une heureuse coïncidence, d'achever la lecture de Lagoon, l'avant-dernier roman de Nnedi Okorafor, à la charnière du dimanche/lundi de Pentecôte.

Ne m'attendais pas à ça.

 

Roman de science-fiction, ou plutôt réécriture de la Guerre des mondes mâtinée de Rencontres du troisième type → il y a donc un côté apocalyptique, sauf qu'ici il se pourrait (chapitres 51-53) que l'apocalypse soit joyeuse, ou que l'invasion des extraterrestres surdoués technologiquement signe l'évènement du pouvoir de l'Afrique sur le reste du monde. Tout cela n'est pas sans ambiguïtés (en soi, mais plus spécifiquement pour l'intrigue, ch. 54-56).

Une des réussites totales de Nnedi Okorafor, c'est de réussir à faire converger un tel récit avec les grands thèmes du roman ouest-africain contemporain (corruption politique, risques environnementaux, mégapole fascinante/effrayante, frénésie linguistique, tensions religieuses). Tout est là, en quelque sorte, mais sans qu'à aucun moment on n'ait l'impression que, pour l'écrivaine, ça devait y figurer : pas de liste de passages imposés, mais, au rebours, une écriture folle, féroce, énergique — qui rappelle, à des titres différents, Biyi Bandele-Tomas (The Man Who Came In from the Back of Beyond) et Nii Ayikwei Parkes (Tail of the Blue Bird).

Sur la convergence foutraque (au sens de dynamique) d'une forme de merveilleux onirique empruntée à la grande tradition yorouba et de l'hypermodernité, Lagoon rappelle la filiation Tutuola—Okri ; la brièveté des chapitres et les bifurcations incessantes relèvent de cette ascendance, mais pas le choix de couper sans cesse le fil conducteur de la narration par des chapitres dont le personnage principal est un anonyme sitôt instauré sitôt abandonné.

 

Traduire un tel texte, ce serait passionnant...