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mardi, 21 novembre 2006

Lille aux infos (voici venu le temps, etc.)

Il m'arrive fréquemment d'ironiser tant sur la langue, pauvre voire fautive, des journalistes de France Info que sur l'auditeur imaginaire qui passerait deux heures d'affilée à écouter huit fois de suite la même chose, ou presque.

Toutefois, il y a quelque chose de plus troublant encore : c'est lorsque, dans deux bulletins d'information distants de moins d'une demi-heure, les journalistes se contredisent. Ainsi, ce matin, à onze heures moins le quart, l'équipe de football de Lille (qui reçoit ce soir "l'équipe belge d'Anderlecht" (sic (j'ignorais qu'il y eût une équipe chinoise ou moldave d'Anderlecht, mais enfin...))) n'était pas assurée de sa qualification.         À onze heures et quart, on pouvait entendre que "Lyon et Lille, tous deux qualifiés pour les huitièmes de finale, jou[ai]ent ce soir", etc.

Faut-il comprendre qu'il s'agit d'un rectificatif ? Cela n'est pas annoncé comme tel, en tout cas. Pour l'auditeur qui n'est pas déjà au courant, il en résulte une impression de désinformation au sens le plus neutre : j'écoute France Info et je ne suis pas informé. S'il en est de même pour tous les autres faits annoncés, on tremble...

 

En écoute : "Lille" (Dick Annegarn. Album Adieu verdure, 1999).

Against the Day / Wizard of the Crow

Aujourd'hui paraît aux Etats-Unis le nouveau roman de Thomas Pynchon, Against the Day, un gros pavé très alléchant de plus de mille pages. Le titre, à lui seul, est au confluent de nombreuses références poétiques et philosophiques, sans même évoquer l'influence possible de Seize the Day, à la fois traduction anglaise du carpe diem horatien et titre d'un roman de Saul Bellow.

Je vais le commander, tout en sachant que j'ai d'autres colosses qui peuplent ma table de chevet, dont Wizard of the Crow, le dernier roman de Ngugi wa Thiong'o, dont j'ai commencé la lecture hier soir avant de m'effondrer entre les draps, et qui démarre très fort. J'avais quelques appréhensions, pour diverses raisons, mais il semblerait que les échos mitigés que le roman a reçus, tant auprès de l'éditeur américain, dans un premier temps, que des critiques, par la suite, aient été peu fondés... à moins que le texte ne s'effondre aussi après quelques pages (ou centaines de pages, car Wizard of the Crow avoisine les 800 pages, et l'essoufflement est un risque).

 

***********

Entre autres chantiers laissés en plan (ou plans laissés en chantier), il y a Le Livre des mines. (You're making a note of it just for yourself, lad !)

lundi, 20 novembre 2006

Naughts & crosses

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Là, pour le coup, je tire la tronche. (Il faisait plus froid, à Langeais il y a deux semaines, que ces jours-ci, du côté de Sainte Radegonde. (Mais elle nous protège, pas vrai ?)

Ni l'Adam androgyne d'Antoinette Bourignon ni les Australiens de Jacques Sadeur n'avaient imaginé que la vraie gageure consisterait à écrire la lumière.

dimanche, 19 novembre 2006

Effort appréciable d'être abstrus

Prise le 11 juin 2005 (soit, ne manquerait pas de préciser le duc d'Elbeuf, perché tout là-haut sur le toit, si bleu, si calme, cinq jours après la création de ce carnétoile), une image publiée le 19 novembre suivant ne peut manquer, en dépit des débats intéressants autour du projet de l'autoportraiture, de s'effacer si le souvenir revient de la journée passée à Paris, à célébrer une soutenance de thèse très spéciale !

Maintenant, nous allons, réponds-je au duc d'Elbeuf (en faisant la vaisselle), vers d'autres rochers, comme ceux de Saint-Malo, et d'autres menhirs, comme ceux de Carnac. Ah, si j'avais un éléphant (pas un jouet : un vrai, un grand). Toujours la manie des espaces, pas des grands mais des grandes espaces, alors que, dans les textes d'e.e.cummings jamais au grand jamais il n'y a d'espaces après les signes de ponctuation, fis-je, ce matin, remarquer au duc d'Elbeuf, tandis que j'éclatais de rire en lisant la préface de is 5.

Toujours jamais toujours.

L'inverse dans Ils : jamais toujours jamais.

samedi, 18 novembre 2006

Fard rouge

Toujours selon le duc d'Elbeuf, il arrive que les promeneurs soient la proie de souvenirs soudains, et ainsi, l'exposition > ou < présentée par Daniel Buren au château de Tours l'an dernier ne laisse pas de souvenirs, seulement des paroles et des traces écrites. Il appert toutefois que ce jour, d'année en année, restera le jour rouge, la journée des bougies, dans le chaud et froid des fumisteries.

Jeux de garçonnet, 5 : Paléontologie inédite

Voici le tyrannosaure gaufré. Il est jaunâtre, et sa queue mesure seize mètres. Il attaque en bandes.

[...]

Quant à ce carnivore petit, la Kanjouama, il n'y en avait qu'une espèce en France. Il faisait deux mètres et n'était pas plus grand qu'une orange.

 

Sortie du dernier Thomas Pynchon

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Rougie bougie, à Langeais comme à Broadway, partout boogie woogie, & fumerolles épaisses, brumes, et bribes de volutes, si vous cherchez encore la bougie rougie dans ce bouge rouge que les frémissements effarouchent.

vendredi, 17 novembre 2006

75

Un alcoolique de Cangey

Se plaignait sans arrêt : "Cangey

Trop bu, je pisse."

Dieu le maudisse !

La vessie doit le démangey.

 

74

Un footeux gynopolitain,

Qui n'était guère poli, tint

Des propos peu amènes.

Ce descendant de Célimène

N'en avait pas le joli teint.

 

73

Un brave chasseur de Cangey

Toujours affrontait le dangey.

"Si je vois une bécace,

Je la fourre dans ma besace."

(Mais il n'y a guère à mangey...)

 

Des crocodiles sur ton T-shirt

Tout occupé à ravauder les voiles de mon navire, à repriser les toiles de ce carnet, je retrouve un autoportrait ancien (où, toute préoccupée de mon infâme T-shirt Rip Curl, Irène en oublia de faire une remarque sarcastique sur mes narines proéminentes, voire pithécanthropiques) mais aussi une recension dramatique (et suivie de débats houleux).

jeudi, 16 novembre 2006

Je vends la mèche (de Saint-Antoine)

Olivier Delagarde s'emmêla mardi les pinceaux avec la conjugaison, pourtant facile, du verbe rapetisser, du premier groupe. Mais j'aime bien Olivier Delagarde, humour & finesse dans un monde d'abrutis (France Info).

De proche en proche, je me laisse aller, amour des mots aidant. Alors :

" Elle enviait les petites mains de Charles, son teint, la fraîcheur et la délicatesse de ses traits. Enfin, si toutefois cette image peut résumer les impressions que le jeune élégant produisit sur une ignorante fille sans cesse occupée à rapetasser des bas, à ravauder la garde-robe de son père, et dont la vie s'était écoulée sous ces crasseux lambris sans voir dans cette rue silencieuse plus d'un passant par heure, la vue de son cousin fit sourdre en son coeur les émotions de fine volupté que causent à un jeune homme les fantastiques figures de femmes dessinées par Westall dans les Keepsake anglais et gravées par les Finden d'un burin si habile qu'on a peur, en soufflant sur le vélin, de faire envoler ces apparitions célestes Charles tira de sa poche un mouchoir brodé par la grande dame qui voyageait en Ecosse. " (Eugénie Grandet)

 

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Se sentant friable, fragile, cependant, amoindri dans son autorité, le professeur se redresse, et je me fais très bien à ce Japon mignard [...] je me rapetisse et je me manière (Pierre Loti. Madame Chrysanthème. Cité dans Le Robert culturel, tome 3, p. 2367**). Il est aussi question, dans le Journal de Gide, de "rapetasser un manuscrit". (De quoi approfondir quelques développements en critique génétique. Ratage de rien, pace Pierre Bayard.)

Enfin, ça se tasse, ou encore un carnétoile ça se tisse. Viens ici que je te ravaude...!

 

Illustration : Statue d'Alfred de Vigny*, Loches.

* Mais pourquoi diantre Vigny ?

** Cette référence directe au Dictionnaire culturel en langue française nous ramène treize mois en arrière, mais aussi au projet, avorté, des Mots sans lacune. Par ailleurs, j'ai trouvé sur le blog d'un certain Pierre Elzière (en cherchant une citation voltairienne que signale, sans la donner, ce maudit merveilleux Robert culturel***) la phrase suivante, très ironique, car l'auteur, lui-même médecin généraliste, y critique la vision simpliste qu'ont les journalistes de l'exercice hippocratique en notre sombre période : "le médecin généraliste [...] fait dans l’empirique mais dispendieux rapetassage**** des petits maux".

*** this wonderful dictionary of mine / that dictionary of theirs (Il n'y a pas de mal à tracasser ses étudiants. (Coucou!))

**** Il y a aussi, qui nous entraînerait du côté de Joseph Delteil, l'article de Marie-Françoise LEMONNIER-DELPY, « La Deltheillerie, vannerie, mameillage et rapetassage », in Genèses du “je”. Manuscrits et autobiographie. (Paris : CNRS Éditions, 2000, pp. 79-89).

(Tout cela ne répond pas à la question : Pourquoi diantre Vigny ?)

72

Un vieux paysan de Thilouze

Ne rêvait que pognon et flouze.

Son petit-fils, en liance

À certaines substances,

Lui dit : "Fais voir ton fric, ou c'est la louze ! "

 

mercredi, 15 novembre 2006

71

Un brave pêcheur de Marray

S'écria : " Vous m' faites marray !

Ce n'est pas un coup de la Parque

Si je ne trouve plus ma barque :

Je l'avais fort bien amarray."

 

70

Une belle dame d'Yzeures

(Yseut) voyait passer les heures

Tout en s'attristant

De ne revoir Tristan,

Son bel ami tourneur-fraiseur (e).

 

 

Grande journée footballistique

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Si je ne vais jamais voir de match de football, c'est qu'il me faut des rencontres exceptionnelles, et que ni le Barça, ni Arsenal, ni l'Inter Milan, ni même l'Olympique Lyonnais ne sont en mesure de satisfaire mon niveau d'exigence (très élevé). Il me faut du beau jeu, des gestes éblouissants, un stade superbe, etc.

C'est pour cela que j'ai particulièrement apprécié la rencontre qui opposait, ce dimanche, dans le cadre de la première division du championnat de district d'Indre-et-Loire, l'équipe de La Ville-aux-Dames au S.C. Bléré.

 

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Quelle après-midi remarquable, tant pour ses exploits individuels (pas moins de deux passements de jambes et de quatre grands ponts) que pour son esprit de fair play (c'est à peine si l'on a déploré quarante-trois tricheries, vingt-sept simulations et une soixantaine d'insultes).

 

 

 

[INTERRUPTION. On peut aussi faire remarquer la beauté du décor, la suavité du logo, la cataracte de ciel bleu, parfaitement kantienne.]

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D'ailleurs, aucun joueur (ni de l'équipe locale, en orange et noir, ni des visiteurs, rouges (de colère?)) ne s'est plaint, et le défenseur de Bléré qui a été expulsé (à tort) en seconde mi-temps ne s'est nullement montré vindicatif quand, à la rentrée aux vestiaires, déjà douché et rhabillé, il a lancé, à propos du menteur de l'équipe adverse : "Je vais lui défoncer sa gueule, moi! "

Pure plaisanterie amicale, bien sûr.

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Reste que le photographe professionnel dépêché sur place a fait preuve d'un talent nonpareil en capturant le moment précis où le ballon a franchi la ligne de but de La Ville-aux-Dames, pour le second but de Bléré. (Le fait que ce soit un penalty n'enlève, évidemment, rien à sa prouesse.)

Score final : 2-2. (1-1 à la pause. Un penalty de chaque côté, en deuxième mi-temps, & tout aussi imaginaire l'un que l'autre (arbitre frappé d'hallucinations?).) Public nombreux (quatre douzaines d'habitués). Pelouse impeccable (pour les taupes). Temps clément.

69

Une secrétaire d'Autrèche

Vivait sans arrêt sur la brèche.

Doit y avoir un truc

Pour pas stresser. Y a plus qu'

à vendre ma maison d'Autrèche.

 

68

Une mère, à Marçay-sur-Esves,

Disait à son fils : "Mais, tu resves ! "

Il rêvait, en effet,

De commettre un forffet.

Ce que c'est que d'avoir la cresves !

 

mardi, 14 novembre 2006

67

Un jeune villageois d'Athée

Etait très fort au karathée.

Sa forte haleine d'ail

Valait tous les Banzail !

Et nul, jamais, ne le bathée.

 

Les Murmures des mustélidés

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lundi, 13 novembre 2006

Retour de bal

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Hier, sur la route de La Ville-aux-Dames, le compteur kilométrique de la Mégane affichait 90109, palindrome parfait. Mais il n'est pas question de cela. Plutôt (encore) des cormorans, dont nous avions déjà admiré le bal il y a un an et que j'ai pu photographier mercredi dernier, mais mal (en raison d'un appareil numérique compact au zoom faible).

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Dans les peupliers, j'ai dénombré une bonne centaine de cormorans, oiseaux fabuleux. Sur l'îlet sablonneux, il y avait un intrus (goéland), que, de toute évidence, ses ailes de géant empêchent de se tenir debout.

Pas l'ombre d'un albatros.

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(Onze heures. L***, étudiante qui a subi mes cours pendant quatre années de rang, vient de passer et m'a dit avoir découvert mon carnétoile par hasard, à la faveur d'une recherche sur... Florence Lespingal.)

66

Un jeune boxeur de Bossée

Avait la gueule cabossée.

Ce n’est pas élégant :

Prenez plutôt des gants

Pour dire au boxeur de Bossée qu’il a la gueule cabossée.

 

OPTIQ PHOTO

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Ils ont des yeux pour ne pas voir. Des cieux bleus qu'ils n'admirent pas. Les fous.

dimanche, 12 novembre 2006

Heures des levées

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 Je sais déjà tout ce qu'on reproche à mes malheureux autoportraits : insupportable narcissisme, etc.

Point de morale ni de psychologie de bas étage qui tienne, pourtant. C'est un exercice d'épuisement du sujet.

Il n'y a pas à y revenir (et donc le spectre revient toujours).

samedi, 11 novembre 2006

"Colored plates"

Des bouts de plastique, du fil, des fragments de tissu, des bouchons, et tout cela, jaune, formait la page jaune du Livre des couleurs que la classe d'A. avait composé, l'an dernier, vers la Toussaint, et qui avait ensuite circulé dans les diverses familles. (Ce projet, qui reposait sur le patchwork et la récupération de matériaux hétéroclites, correspond d'ailleurs, à sa façon, à la nouvelle rubrique, Comme dirait le duc d'Elbeuf.)

Où est-il aujourd'hui, ce Livre des couleurs ? Chez la maîtresse ? Dans la salle de classe de la moyenne section ? Au fin fond d'une poubelle ? Au moins, il en reste une trace, photographique, dans ce carnet.

vendredi, 10 novembre 2006

65

Un gars de Saint-Etienne de

Chigny* avait la haine de

La solitude maudite.

S'il voyait un troglodyte,

Il disait : "Qu'il en vienne deux!"

 

 

* Il pourrait s'avérer risqué de prendre le méchant pli d'annoter mes limericks, dont la forme brève et l'humeur ludique ne devraient pas s'accommoder de pesantes explications, mais, en l'occurrence, je veux seulement rapporter une anecdote plutôt récente. Au printemps dernier, la mère du meilleur ami de mon fils me racontait quelques épisodes de leur vie dans leur précédente demeure, "à Saint-Etienne". Comme elle ne cessait de répéter "Saint-Etienne", j'avais songé, longtemps, qu'il s'agissait de la cité où fleurissent le football et l'industrie, jusqu'à ce que, soudain, le malentendu se dissipe et que, à entendre évoquer l'habitat troglodytique, je comprisse que ce Saint-Etienne, à l'identité si évidente pour mon interlocutrice, était la petite commune des bords de Loire. De cette anecdote est peut-être né, également, le désir de jouer sur la polysémie du mot troglodyte.

(Note écrite le dimanche 5 novembre, au retour du château de Langeais.)