jeudi, 25 août 2005
Voleur de voix
L'une des particularités de cette phase critique, c'est que je suis contraint de ne plus tricher dans le recours à l'écriture, et que je publie en direct les notes, n'ayant pas, de toute manière, l'occasion ni le temps de préparer des notes plus élaborées dans un document Word. Plusieurs projets de notes me traversent l'esprit, mais je suis affairé ailleurs, presque désintoxiqué de l'écran et du clavier, et elles restent dans les limbes.
Cet après-midi, première petite promenade à Tours, depuis la mi-juillet, et nous avons contemplé tout notre soûl les belles façades de certaines rues du vieux Tours, et notamment dans la rue du Mûrier, où je pris naguère une photographie reproduite par Simon sur son blog.
Comme j'ai commencé de lire, hier soir (en alternance avec Saint-Simon et les chants de Dante) Marelle de Cortazar, un texte qui se donne à lire selon plusieurs plans possibles, le plan de lecture totale étant non linéaire, je me suis surpris à commencer tout à l'heure la lecture de Pour en finir avec les chiffres ronds de mon cher Enrique Vila-Matas en faisant se succéder la 1ère notice, puis la 52ème, la 51ème, la 2ème, etc.
19:13 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Lect(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0)
Point (le)
Le mois d'août aura été bien irrégulier, sur tant de points, par tant d'aspects. Je ne peux, dans la stérilité actuelle, que vous inciter à consulter le très riche blog d'Alain Mabanckou.
18:40 Publié dans Affres extatiques | Lien permanent | Commentaires (1)
Le point
Que se passe-t-il donc? J'ai enfin pu déposer mon ordinateur portable chez un réparateur, ce matin. Pour trente euros, ces chevronnés spécialistes (espérons!) vont dépister la faille, qui pourrait s'avérer trop coûteuse pour valoir remplacement. Dans l'intervalle, je n'écris plus de notes, depuis samedi dernier, jour (je le crains) où le Fujitsu lança son chant du cygne. C'est que, pour écrire des notes, je n'ai pas seulement besoin de l'accès à Internet, mais aussi de l'ordinateur, tout bonnement!
En attendant, le blog suspend son vol...
14:13 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 24 août 2005
Retour à Tours
Depuis trois heures à Tours... Juste eu le temps, en cinq minutes sur la Toile, de lire les commentaires les plus récents. Merci d'avoir continué de me lire et de vous être inquiété. Merci à Vrai Parisien de son très joli et mallarméen envoi.
Mon silence n'était dû qu'à l'évanouissement de mon ordinateur portable. J'écris ces lignes sur le Macintosh de C. More later...
18:57 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (2)
dimanche, 21 août 2005
Cheeky Japon
Un rondel féroce et surtout absurde, du 4 avril dernier...
Connaissez-vous Cheeky Japon,
Son gras joufflu bibendumesque,
Sa rousseur en tout barnumesque
Et monstrueusement burlesque?
---- Connaissez-vous Cheeky Japon?
Il en apprendrait aux Lapons
Sur la sueur intra-fourrure;
Et, de sa rouquine carrure,
Sur la puanteur des froidures,
Il en apprendrait aux Lapons!
Franchement, il a le pompon
Avec sa dégoûtante aisselle,
Ses flûtes à l'eau de vaisselle
Et son klaxon comme crécelle.
---- Franchement, il a le pompon!
Les 2 et 3 avril, nul trésor dans Outlook...
21:35 Publié dans Ecrit(o)ures, Ecrits intimes anciens, Indignations | Lien permanent | Commentaires (5)
Deux nouvelles de Florian ("Claudine" et "Valérie")
Lues dans l’anthologie des Nouvelles du XVIIIème siècle (“Bibliothèque classique”, Le Livre de Poche), ces deux nouvelles présentent deux facettes résolument divergentes de Florian nouvelliste, lui dont je ne connaissais que les fables (qui n’ont, souvent, que peu à envier à celles de l’illustre La Fontaine). En effet, Claudine est un beau texte d’une grande ambiguïté thématique qui tend toutefois, de tout son long, vers une fin moralisante, Valérie paraît moins soigné, plus bâclé, mais, si la nouvelle est, dans ses thèmes, fort limpide, la structure et le sens de l’existence de la protagoniste éponyme restent bien indécidables, douteux d’un point de vue éthique, comme si l’inachèvement, l’(apparente) absence de polissage correspondait, de fait, à des sens plus détournés, plus sinueux. Voilà, de la part de l’auteur de l’anthologie, Jacqueline Hellegouarc’h, un choix fort judicieux, qui donne grande envie de lire d’autres proses de Florian, afin de s’en faire une meilleure idée.
Je n’ai pas lu la notice introductive de Jacqueline Hellegouarc’h, mais je viens de vérifier que ces deux «contes moraux» furent écrits en 1791. Je donne ci-dessous un extrait de la première page de Claudine, qui intéressera certainement les amateurs du roman gothique :
« Je résolus d’aller visiter les fameux glaciers de Savoie. […] Je ne décrirai point ce voyage: il faudrait, pour le rendre intéressant, imiter ce style exalté, sublime, inintelligible aux profanes, dont un voyageur ne peut guère se passer à présent pour peu qu’il ait fait deux lieues et qu’il ait une âme sensible; il faudrait ne parler que d’extases, d’étreintes, de tressaillements; et j’avoue que ces mots, devenus si simples, ne me sont pas encore assez familiers.» (édition citée, p.664)
08:55 Publié dans Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
Chaudron de Chardin
Ce chaudron vivace qui ne
Pourrait en rien être miroir
A ce visage, je m'efface,
A la lame du couteau noir
Donnant ce sein fuligineux
Et poivrier du temps qui passe.
05:55 Publié dans BoozArtz, Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (4)
samedi, 20 août 2005
On enleva Wlérick des nouveaux dictionnaires…
Le sculpteur Robert Wlérick, dont je voulais vérifier les dates de naissance et de mort (car mon beau-père m’apprenait qu’il avait réalisé une série de dessins (exposée en ce moment à Mont-de-Marsan) pour l’édition originale des Fleurs du mal, et j’aurais pensé qu’il était très jeune en 1857)), ne figure ni dans le Petit Larousse 2000, ni (et c’est plus surprenant) dans le Robert des noms propres en cinq volumes…! Là, à la page 3356, entre Lars Wivallious et Wloclawek, une horrible béance!
20:55 Publié dans BoozArtz, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0)
Tramway de Bordeaux
J’avais annoncé cette note, à moitié par plaisanterie, ou pour titiller d’éventuels Bordelais, ce qui m’a permis d’apprendre, de fait, que Philippe[s], remarquable blogueur, était de cette cité. C’est que nous redécouvrîmes, mardi j’allais dire dernier mais en fait pénultième (le mardi 9 août, quoi), Bordeaux tel que nous ne l’avions pas connu lors de nos chères études, c’est-à-dire desservi et traversé par ce tramway qui a fait et fait encore couler tant d’encre, et dont je me contenterai d’écrire ici, sans préjuger d’autres éléments que mon bref passage n’a pu me permettre de distinguer, qu’il a considérablement réduit la durée des transports par rapport aux exclusifs autobus de naguère*, et qu’il a enfin donné son lustre à la cathédrale et à la tour Pey-Berland, car cette place, auparavant vouée aux embouteillages et à la grisaille motorisée des voitures, est désormais quasi piétonnière, et, à la faveur d’un ravalement, ressemble enfin à une place digne d’une grande cité de province.
* vingt minutes du lycée Victor-Louis
19:25 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2)
La collection Simonow à Flaran
L’abbaye de Flaran s’enorgueillit, pour sept ans je crois, d’un partenariat avec le collectionneur privé Michael Simonow, dont la collection est exposée par petites touches, selon un principe tournant: chaque année, une partie de la collection s’offre au public. Ce sont environ trente-cinq œuvres que nous vîmes, ce 15 août, à Flaran, outre l’abbaye elle-même et ses bâtiments conventuels, dont je n’avais gardé, je dois l’avouer, qu’un souvenir ténu ou flou depuis ma dernière visite, vers 1994 (mais elle est très belle).
Le plus curieux, c’est que ce collectionneur ne semble pas avoir de parti pris évident, et qu’il fonctionne au coup de cœur, sans réelle cohérence, si ce n’est un intérêt évident pour les portraits et pour le tournant du siècle dernier. Le plus gênant, de mon point de vue, c’est que ses coups de cœur n’entrent que très partiellement en résonance avec mes goûts, et que je n’ai que faire des deux croûtes de Léon-Auguste Lhermitte, par exemple, qui sont ici exhibées. Toutefois, la deuxième salle présente plus d’intérêt, avec, notamment, un Pas de deux ailé de Rodin, époustouflant de grâce. Une Jeune fille de Piazzetta et une nature morte de Suzanne Valadon ont aussi retenu mon attention.
Dans son que nous avions le sentiment d’avoir déjà vu (mais où?), Renoir trace ce mélange de joie et d’inquiétude qui est aussi le propre des scènes maritimes ou florales du sujet. Renoir, d’ailleurs, ne s’est jamais aussi peu regarder peindre que dans ce portrait d’un confrère (puis-je risquer ce mot?).
Nous avons acheté la «jaquette», qui recèle dix reproductions grand format d’œuvres exposées, et plusieurs feuilles photocopiées de format A4, ce qui ne donne pas une très haute opinion de l’investissement du Conseil Général et des instances culturelles dans cette exposition, dont il est fait, par ailleurs, un battage assez impressionnant (jusque sur les murs de Bordeaux, où l’affiche partout s’étale*). Parmi les dix glaçages de la jaquette, la marine de Monet est donnée dans des teintes nettement plus vertes que l’original, à moins que ce ne soit l’éclairage extrêmement sombre qui soit responsable de ce hiatus. Rentré chez soi, n’ayant plus le tableau devant les yeux, on se perd en conjectures.
* La fréquentation assidue du Fou d’Elsa me ferait-elle passer, à mon insu, des alexandrins cachés au vers de seize syllabes?
17:55 Publié dans BoozArtz, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3)
Etamination
S'attirer des trolls, ce n'est pas très agréable. Les refiler aux autres, comme de vils morbacs, c'est moins terrible encore. D'autant que Traube n'a pas compris que, justement, je défendais profondément l'art contemporain, que j'aime, non sans discernement, c'est-à-dire: non sans trouver quelconques ou fades beaucoup d'oeuvres contemporaines.
Je me demande ce qui m'ennuie le plus chez Traube: 1) de ne rien comprendre à ce qu'il écrit, parce que ce n'est pas du français 2) de constater qu'il ne comprend rien à la plupart des notes qu'il commente, aussi chez les autres 3) qu'il pollue la Toile 4) qu'il soit assez bon artiste (parce que le pire, c'est qu'il n'est pas du tout inintéressant, comme artiste, et j'avais même un a priori favorable à son endroit)...
17:01 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (3)
Addendum à Plieux (1)
De meute ni de chiens, nous ne vîmes ni n'entendîmes mie. Autrement dit, Stephen a raison: l'un des silences ou l'un des vides les plus surprenants, c'est l'absence de labradors à Plieux.
15:55 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
Visite de Plieux le jour de l'Assomption
(18 août, cinq heures de l’après-midi)
Quinze août, trois heures. La voiture s’approchait de Plieux, par le même chemin emprunté cinq ans auparavant, et le conducteur s’étonna du carrefour qui indiquait que le chemin de droite conduisait à Plieux (1,8 km) et que celui de gauche était recommandé pour le château (avec le sigle des Monuments historiques). Pourtant, si la visite de 2000 avait capoté car le site était fermé, une chose était sûre: le château était au cœur du village. Y avait-il là un désir particulier que les visiteurs arrivassent d’un côté plutôt que de l’autre, avec telle vue plutôt que telle autre? D’emblée, nous voici dans l’énigme.
Une fois la voiture garée sur la placette qui se trouve au bas du château, le conducteur, qui avait vu le grand portail en contrebas, s’imagina que c’était là la seule entrée, au lieu de se rendre directement au petit portillon situé tout près de la placette. (Dans tous les cas, cela doit ajouter trente mètres à l’itinéraire, et, si je fais remarquer cette autre bévue, c’est qu’elle semble montrer un goût poussé du maître des lieux, Renaud Camus, pour les ambages et bifurcations: pourquoi ce lieu aux choix cachés?)
Sonnons à la cloche! La cloche tinte! Un bruit de pas dans l’escalier. Un jeune homme finement barbu et moustachu vient nous ouvrir: ce doit être Pierre, le compagnon de Renaud Camus. Il nous demande gentiment de patienter en attendant la fin de la précédente visite (des Britanniques) et nous ouvre les deux salles jouxtant la tour, où se trouvent exposées plusieurs œuvres de Marcheschi: de quoi bellement patienter, indeed! Ces murs austères, cette pierre rugueuse et suave se prête merveilleusement aux grandes brûlures, aux jeux ignés et fuligineux du peintre. Longue admiration et déambulation.
Ensuite, notre guide revient, la visite commence, vite interrompue par un couple qui souhaite visiter mais a oublié l’argent dans la voiture. Pendant que le monsieur retourne à la voiture, nous discutons avec notre guide, qui nous explique le sens de la démarche et les techniques de Marcheschi. Trop timide jusque là pour avancer un pion, je lui fais comprendre que je connais l’artiste et la collection de réputation, mais que c’en est la première vision. “Ah, vous êtes des lecteurs du Journal, peut-être?” “Oh, du Journal et des autres pans de l’œuvre…” répondis-je.
Comme Monsieur Pierre (c’est une citation) comprend que je suis membre de la SLRC, il s’avoue confus de nous avoir fait payer. Je ne suis pas à jour de cotisation, mais la vraie raison en est que, parfois, on veut payer. (Je ne suis pas, contrairement à ma mère ou ma sœur, du genre à réclamer ma réduction enseignants à 5% dans les librairies, par exemple.)
Le monsieur revient enfin de son expédition en quête de sous, et la visite peut commencer. Je n’en dirai pas grand chose, car je crois qu’il faut visiter Plieux, non pour l’amour de l’œuvre de Renaud Camus, mais pour la singularité du lieu, qui ne ressemble véritablement à aucun autre château habité par des particuliers et ouvert à la visite que je connaisse. La «décoration» (thanked be Jean-Paul Marcheschi) y est pour beaucoup, bien sûr, et le goût du maître des lieux en matière d’ameublement et d’espaces épurés. Mais la vastitude des pièces et leur faible nombre tracent un trajet sans pareil.
Si l’on connaît l’œuvre du propriétaire, l’attente est sans doute importante, car de nombreuses pages ont servi à dessiner les contours de ce château, à faire deviner tel détail de telle pièce. La contemplation de la bibliothèque, par exemple, prend un sens différent selon que l’on est familier de l’œuvre ou non. Dans mon cas, la surprise est venue de l’escalier et de l’enchaînement des pièces, dont je n’étais jamais parvenu à me faire une idée exacte. Comme mes livres sont à Tours, je n’ai pu vérifier non plus où se trouvaient les pièces de commodité (salle de bains, cuisine), qui, naturellement, ne se visitent pas, et dont je ne parviens pas à comprendre où elles se trouvent. (Bon, j’ai une quasi-certitude, mais, plutôt que d’écrire des âneries, je préfère, pour une fois, passer pudiquement!)
Les Morsures de l’aube et Nuits sont certainement le fleuron des deux étages, mais une autre surprise est venue, pour moi, de nombreuses statuettes ou objets “primitifs”, que je pense africains (mais d’où exactement?), dont un cimier remarquable admiré dans la bibliothèque (et qui a détourné longtemps (longtemps, c’est-à-dire, à l’échelle d’une visite d’une heure au plus (hélas), deux minutes) mon attention des tranches). Héritage d’une “autre vie”, ou goût persistant de Renaud Camus pour l’art africain, dont je n’ai pas gardé le souvenir ou qui s’exprime dans des textes que je n’ai pas lus (ou qui constituerait le vrai jardin secret de l’écrivain…)?
Nous avons dû, évidemment, quitter les lieux à l’issue des quarante minutes de visite, non sans avoir posé plusieurs questions sur tel point d’histoire ou d’architecture (et notre guide fut, comme on pouvait s’y attendre, incollable). Sur le chemin du retour, une énigme n’a pas été résolue: quel pouvait être le Pléiade absent de son boîtier, entre Kafka et Mallarmé? (à vos méninges)
Une autre énigme, de mon point de vue, c’est la présence, sur les rayonnages, de toutes les pièces de Jean-Luc Lagarce, dont je ne connais qu’un seul opus, vu à Beauvais, et dont j’avais conclu qu’il s’agissait d’un dramaturge ultra-mineur, sans inventivité. La pièce que nous avions vue (en 1999) s’intitulait Derniers remords avant l’oubli, était sans intérêt tant pour son texte que pour la mise en scène, et a été montée plusieurs fois depuis, dont l’an dernier à Tours (à moins que ce ne soit une autre du même, j’ai un doute subit).
Cette fois-ci, nous ne nous sommes pas cassé le nez à Plieux. Sur le chemin de retour, nous étions encore sous le charme des prouesses brûlantes de Marcheschi et de cette rencontre curieuse, en léger porte-à-faux, entre une œuvre lue et sa matérialisation partielle.
15:20 Publié dans BoozArtz, Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (6)
L'habituel enclavement
Me voici de retour dans ce carnet de toile, après deux jours d'absence, pour cause d'impossibilité à me connecter, toujours pour les mêmes raisons en cette cité de Hagetmau: travaux, interruption des services de Wanadoo... L'habituel enclavement dont il n'est jamais question dans la presse locale. Vivement aussi le retour en Touraine...
14:53 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (2)
jeudi, 18 août 2005
Sans écoute
Je me surprends (alors que je suis seul, pourtant, dans la grande maison de Hagetmau (mon beau-père parti chez le coiffeur en compagnie de R°°°, et C. à la piscine avec A.)) à ne pas écouter de musique, et à remarquer que, depuis que nous sommes hors Touraine (ce qui ne va plus tellement durer), la mention « En écoute », sur laquelle plusieurs notes écrites et publiées à Tours se refermaient, a disparu. C’est que, à Cagnotte, en nombreuse compagnie, il m’est arrivé d’écouter quelques morceaux d’un disque, mais pas pendant que j’écrivais; et à Hagetmau, en dépit des protestations de mon beau-père, qui ne m’en a pas découragé, j’ai quelque scrupule à écouter des disques, car mon beau-père, très amateur de jazz (au point qu’il possède sans doute un millier de vinyls et plusieurs centaines de disques compact), a radicalement cessé (et de manière irréversible) d’écouter de la musique dans sa maison, depuis la mort de son épouse, il y a quatre ans. Depuis quatre ans, l’habitude, pour moi, a été prise de me passer de musique ici, car je n’ai que rarement le réflexe d’écouter un disque, avec les écouteurs, par recours au lecteur de l’ordinateur.
Il y a aussi, peut-être, que le manque d’écho donné par les lecteurs de la communauté Jazz à mes notes (à l’exception notable du malentendu sur les deux Avishai Cohen) ne m’a pas incité à poursuivre coûte que coûte.
20:50 Publié dans Jazeur méridional | Lien permanent | Commentaires (1)
Varia
Jeudi, trois heures de l’après-midi
Ce matin, je ne pouvais pas écrire (mais j’ai beaucoup lu, en revanche), et cet après-midi, après une heure passée à vaquer à quelques affaires courantes et à prêter mon ordinateur, pour sa connexion Internet, à R°°°, qui loge ces temps-ci chez mon beau-père, je ne peux plus me connecter. Non que j’aie écrit grand chose jusqu’à présent, d’ailleurs. J’ai l’impression que l’écriture me replonge dans mes remords et démons. Je l’évite.
Il me semble parfois que l’écriture de ce carnétoile m’arrache à la lecture, qui est fondamentalement ma passion principale, mais aussi que je lis trop pour tenir le rythme, car j’aimerais parler ici de ces lectures.
A défaut, je recopierai prochainement le bref poème de Stuart Merrill qui se trouve dans un numéro de Scapin de 1886. Maigre moisson, qui ne risque pas de me réconcilier avec la bibliophilie, ni avec les antiquaires.
Je suis très intrigué par ma lecture d’un roman de Lise Deharme, L’Eve blonde.
Hier, à table, il a été longuement question des ostensoirs, aspersoirs et goupillons, ou plutôt du sens de ces différents mots, aucun des convives n’ayant une grande culture religieuse ni de forts penchants cléricaux. C’est une chanson de Brassens qui m’a donné une piste, avant la vérification dans le dictionnaire, et mon beau-père et moi nous sommes accordés pour dire que cette Messe au [du?] pendu compte parmi les incontestables chefs-d’œuvre du chanteur. La phrase de la soirée aura été: «Tu as de la chance, de connaître tous ces textes par cœur.»
C’est à du gibier de potence
Qu’en cette triste circonstance
L’hommage sacré fut rendu…
Plus classiquement, ou baroquement, ce matin, entre six et huit, je me pourléchais de ma lecture du Fou d’Elsa (qui regorge de très beaux vers, et se distingue par une composition poétique et un imaginaire inoubliables).
18:51 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (1)
De Beckett
Une bouteille, du 1er avril dernier, qui n'était pas un poisson, quoique jetée à la mer, et qui rencontra un écho favorable auprès de sa destinataire, mais sans, à ce jour, de concrétisation.
Chère M°°°
j'ai l'esprit d'escalier, en ce moment, décidément, mais je viens de m'apercevoir que 2006 sera l'année du centenaire de la naissance de Beckett. J'étais en train de me dire... Irlande... France... arts du spectacle... culture... Beckett...?
Isn't there something to be done? Grand admirateur de Beckett prosateur, comme tu le sais, je m'associerais volontiers à un événement culture/recherche/(enseignement?)
Bises,
Guillaume
L'idée eût été, aussi, de ma part, de faire un film composé d'entretiens avec divers amateurs de Beckett (universitaires, théâtraux, écrivains, étudiants, etc.). Une autre possibilité était de créer plusieurs événements entre la date de naissance fictive et la date de naissance réelle de Beckett (soit entre le 13 avril et le 13 mai 2006, au centenaire). Maintenant que j'y pense, pourquoi pas un blog ponctuel??? A suivre...
13:05 Publié dans Ecrits intimes anciens, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
Sans...
Sans ascenseur j'assume. (Devise du roi Barnabé Ier)
09:50 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (1)
In memoriam Michel Antoine
Il y a neuf ans mourait Michel Antoine, professeur d'anglais qui avait commis l'irréparable erreur de se trouver, pendant les fêtes de Dax, sur le chemin d'un de ses anciens élèves, qui le roua de coups jusqu'à ce que mort s'ensuive, avec l'aide de deux complices.
Aujourd'hui s'achève l'édition 2005 des prétendues ferias. Que ceux qui aiment "faire la fête", et que ceux qui leur trouvent tous les droits, n'oublient jamais que le festayre est aussi, parfois, un assassin. Il n'y a pas que les taureaux qui trouvent la mort pendant les fêtes.*
06:55 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 17 août 2005
La Terrauboise, à Terraube (Gers)
Craignant, après nous être cassé le nez à Valence-sur-Baïse, de ne trouver ni restaurant ni épicerie où trouver de quoi nous sustenter en ce 15 août, nous fûmes bien contents de trouver, avant Lectoure, un restaurant assez agréable, La Terrauboise, dans le très joli village de Terraube, jusque là inconnu de nous (nous empruntions, lors de nos précédents trajets, un autre itinéraire), et où se trouve un superbe château qui fera l’objet d’une visite une prochaine année ou ès calendes grecques.
Le restaurant, pour m’en tenir à ce seul côté connu désormais de la commune, n’est pas exceptionnel, mais très honnête. L’entrée du menu à 26 euros, un gaspacho de petits pois au foie chaud, ne rendait guère justice au foie frais cuit, qui n’était peut-être pas d’une qualité irréprochable de toute façon; mais, dans tous les cas, si l’idée mérite réflexion, la réalisation laissait à désirer (le foie était noyé dans le gaspacho, au goût, du coup, passablement écoeurant) et suscitait quelque regret que le foie n’ait pas été servi de manière plus traditionnelle, c’est-à-dire poêlé avec un peu de gros sel. Le plat principal, en revanche, était irréprochable: il s’agissait de ris de veau aux morilles, sauce succulente et infiniment tiounquable, le tout accompagné de ravioles au foie frais (dispensables mais réussies). Le dessert était une crème brûlée à la verveine, très douce et qui clôturait parfaitement le déjeuner.
Nous dînerons une autre fois à l’Hôtel de Bastard.
23:15 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
Huit melons dans la malle
De retour de Plieux, repassant par Lectoure (dont les lecteurs perspicaces auront, depuis longtemps, remarqué l’inscription dans ce carnétoile, par le biais de la catégorie Lect(o)ures), cette bourgade admirable, l’une des plus belles du Gers, où chaque fois je reviens avec délices, je décidai d’acheter, pour faire plaisir à mon père et lui montrer que je savais être beau joueur, après notre désaccord de l’avant-veille sur l’odeur des melons*, une caissette (ou un cageot) de huit melons, dans une ferme, caissette ou clayette que je mis dans le coffre de la voiture (ou, comme on dit dans les Landes, dans la malle), non sans prendre le soin de recouvrir la dite clayette d’un carton, afin de limiter autant que faire se peut les odeurs, et qui, comme de bien entendu, empesta le coffre tout au long des cent quatre-vingts kilomètres de route, sans que, toutefois, nous nous en aperçumes dans l’habitacle, car nous avions recours à la climatisation, qui, semble-t-il, neutralisa la pestilence, ce qui tendrait à prouver que la climatisation est effectivement efficace à plus d’un titre (et non seulement contre la chaleur), mais aussi qu’il s’agit d’une invention particulièrement démoniaque et nocive pour la santé, car ne pas être incommodé par l’odeur de huit melons dans un habitacle restreint est contraire aux lois les plus élémentaires de la nature.
* Mon père fait partie de ces personnes qui soutiennent que le melon n’a pas d’odeur, ou plutôt qu’il s’agit d’une odeur agréable et surtout légère, alors que j’affirme, pour ma part, que rien ne pue plus (en qualité et en intensité) qu’un melon dans un espace clos, si ce n’est peut-être un chou-fleur ou un brocoli déjà cuits ou en train de cuire.
21:55 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)
Allons-y Alonso?
Comme mon ordinateur portable met plusieurs minutes à se lancer et à afficher le bureau, après le traditionnel (mais, je le crains, inefficace) contrôle du système par le logiciel anti-virus (pourtant dûment mis à jour, avec une belle régularité), j’ai pris l’habitude d’avoir un journal ou un livre à portée de main lors de cette opération, afin de ne pas perdre stupidement ces instants à contempler béatement le toujours identique processus de démarrage, et de m’user les yeux avec des visions plus variées. Cet après-midi, j’ai lu, ainsi, une page du supplément des Inrockuptibles qui consiste en un florilège de dix-sept extraits de romans de la «rentrée littéraire». (Je déteste les Inrocks, comme on dit, et je fuis autant que possible la rentrée littéraire, mais enfin, voilà, paradoxe, que j’ai acheté ce numéro du 17 août avec ce supplément.)
La page que je lus était un extrait du dernier roman paru, ou à paraître, de Jean-Philippe Toussaint, Fuir. Toussaint est un écrivain dont j’ai lu parfois quelques pages, dans des revues, ou à l’étal des libraires, mais que, devant la platitude de sa prose, je n’ai jamais pu me résoudre à fréquenter plus avant. Ce ne sont pas ces quatre colonnes qui changeront mon point de vue: quel style pauvre, et quel banal début de roman!
Ce n’est pas de cela dont je voulais parler ici. Vers la fin de l’extrait, le narrateur, dans une sorte de “stream of consciousness” très fragmentaire ou minimaliste, lance cette phrase brève: «Allons-y Allons-o.» Je n’ai pas tout de suite identifié cette formule, qui pourtant fait partie de mes classiques (c’est mon côté calembours répétitifs), sans doute parce que, ne l’ayant jamais vue écrite, et ne l’ayant jamais écrite moi-même, je l’écrivais mentalement comme il me semble qu’elle doit s’écrire pour être intelligible, à savoir selon le rapprochement avec le patronyme ibérique: Allons-y Alonso. (Et, autre bifurcation, je m’aperçois que des journalistes sportifs ont dû s’en emparer, car il existe un coureur cycliste ainsi nommé, non? Monsieur de Gougle en cela nous aidera, s’il le veut.)
Lançons donc ici une brève enquête:
1) connaissez-vous cette expression?
2) l’utilisez-vous?
si vous avez répondu oui à la première question, comment l’écririez-vous?
Toute autre remarque sera la bienvenue.
20:35 Publié dans Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (5)
Du cinéma
Courriel envoyé le 31 mars dernier:
Cher E°°°,
j'avais en effet prévu de te confier la surveillance, car je supposais que l'examen de cinéma devait avoir une tournure un peu spécifique.
Je te fais confiance et te laisse toute latitude en l'espèce.
Merci du sujet et bien à toi,
Guillaume
18:20 Publié dans Ecrits intimes anciens, Moments de Tours, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)
Un peu de censure (et d'autoglorification)
Traube m'invective abondamment et inonde ce blog de ses commentaires sans queue ni tête. C'est son droit, car je n'ai pas été tendre avec lui. Toutefois, ne tenant pas particulièrement à ce que ce site devienne le déversoir de ses virulences haineuses, j'ai tout de même supprimé trois de ses commentaires, jugeant que ceux que je maintiens à la vue de tous, à la suite de la note Un blogueur inepte, suffisaient à donner la mesure de ses verbigérations.
Traube a-t-il pris des cours auprès de Pierre Driout? Même confusion des thèmes, même amalgame permanent de tout et de son contraire, même incohérence de la langue... Le plus amusant, c'est que l'un (Traube) me traite de pétainiste, là où l'autre (Driout) ne cesse de me reprendre sur ma "négrophilie". L'un m'accuse de provincialisme, l'autre dit que je suis un normalien parisianiste et, de ce fait même, dénué de talent et d'intelligence.
Cela me renvoie une image flatteuse, car cela montre que je suis un écrivain complexe, chatoyant, aux mille moires équivoques, un fanal lumineux, où deux pauvres fous, pareils à des phalènes, sont venus se brûler en y voyant des traces de leurs fantasmes respectifs.
Bon, ironie mise à part (je me sens obligé de signaler que la phrase précédente était ironique, car Traube et Driout sont incapables d'ironie - il faudrait pour cela qu'ils comprennent ce qu'est le langage), heureusement que l'immense majorité de mes lecteurs est douée de raison. Ce serait fatigant, sinon...
Pour clore sur la question de la censure, j'accepte évidemment le débat et la contradiction, mais si l'un des commentateurs se contente de polluer le site avec des monceaux de phrases incohérentes et des commentaires absolument identiques les uns aux autres, je fais valoir toutefois mon droit de suppression.
17:50 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (8)
Les notes que je voudrais écrire si mon ordinateur marchait mieux et si j'avais plus de temps
Voici les titres de quatorze notes que j'aimerais écrire:
* Tariq Goddard (a.k.a. le serpent de mer de Guillaume)
* Deux nouvelles de Henry James
* Deux nouvelles de Florian ("Claudine" et "Valérie")
* Longlive de Menan du Plessis
* La collection Simonow à Flaran
* La Terrauboise, à Terraube
* L'Eté photographique de Lectoure
* Huit melons dans la malle
* Allons-y Alonso?
* Visite de Plieux le jour de l'Assomption
* D'une phrase de Faulkner
* La valise de Lise Deharme
* Où en est la Touraine?
* Les Entrepôts Lainé... est-ce bien raisonnable?
* Tramway de Bordeaux
16:25 Publié dans Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (2)
Silence & emphase
Mon silence de ces deux derniers jours est lié à la panne informatique (qui s'avère être, apparemment, la mort de ma batterie bien-aimée, après trois ans de bons et loyaux services (une neuve est commandée auprès de Lespiauc Informatique, à HAgetmau), ce qui fait que je peux de nouveau, depuis ce matin, travailler, ayant enlevé la batterie et reliant directement l'appareil au secteur) et aux déplacements, avant-hier dans le Gers et hier à Saint-Pierre-du-Mont, chez mes grands-parents maternels, avant de rallier la "patrie douce et chère" de C.
Des dizaines de notes à écrire, sur des sujets qui me tiennent à coeur, et il a fallu, ce matin, que je réagisse à chaud au commentaire de Sylvain Cottin, qui (si c'est lui, toujours (je me méfie des plaisantins depuis les driouteries de juillet)) a pris la mouche sur mon piteux calembour à reconstruire, ne s'apercevant pas que ce n'est pas habituellement le genre de la maison et qu'il y avait donc un effet-miroir de sa propre médiocrité imbécile (de sorte que Roucas, oui, d'un certain point de vue, c'est surtout l'auteur de l'infâme article sur les curistes pendant les fêtes de Dax), mais qui ne se défend nullement des accusations de gérontophobie. S'il existe bel et bien un "péril jeune", c'est celui qui consiste à voir des vieux partout, et surtout à les mépriser. Pourtant, bien des grandeurs du monde sont venues d'hommes et de femmes qui avaient une certaine expérience de la vie.
Autre point que Cottin ne relève pas, sa totale mauvaise foi et sa célébration implicite des festayres, qui se rendent pourtant coupables, chaque année, d'abus et de méfaits. J'attends votre réponse, Monsieur...
14:39 Publié dans Hors Touraine, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)