mercredi, 17 août 2005
La nullité est contagieuse
Sylvain Cottin (si c'est bien lui l'auteur du commentaire ci-joint) a raison: la nullité est contagieuse, et la seule lecture de son article a suffi à tenter le démon calembouresque et scatologique qui dormait en moi. Ne vous inquiétez pas. Ce malin génie s'est promptement rendormi, et M. Cottin (que j'aurais pu comparer à l'abbé du même nom, cible de Molière (mais je craignais que Sylvain ne comprenne pas, car Molière ça fait pas djeunns)) peut poursuivre l'écriture de ses torchons.
Je signale par ailleurs que j'ai transmis l'article criminel et incriminé à un médecin d'une région éloignée, qui recommande souvent des cures à Dax et qui va savoir, avec d'autres parmi ses collègues, ce que les Dacquois "locaux" pensent vraiment des curistes. Dax bientôt sixième ville thermale de France grâce à Sylvain Cottin? Il faudrait peut-être prévenir M. le Maire...
10:47 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 16 août 2005
Des examens
Un courriel envoyé le 30 mars dernier:
Chère A°°°
je te confirme par le présent courriel que je serai présent pour les examens: lundi 9 mai mardi 10 mai du lundi 16 au vendredi 20 mai
Je te ferai parvenir, en temps utile, une liste des petits problèmes qu'il pourrait être nécessaire de guetter pour les journées du mercredi 11 au vendredi 13, où je serai, comme S°°° d'ailleurs, à Toulouse pour le congrès de la S.A.E.S...
Merci d'avance de ton concours!
Autre chose, je voudrais savoir si tu avais à ta disposition une version plus "propre" du texte que tu as remis pour la session de mai: il est déjà assez peu lisible et risque de devenir définitivement illisible à la reprographie. Par ailleurs, est-ce délibéré de n'avoir mis aucune référence de texte (ni auteur ni titre)?
Bises,
Guillaume
20:25 Publié dans Ecrits intimes anciens, WAW | Lien permanent | Commentaires (3)
300, ça rame
Ceci est ma trois-centième note, que j'écris sur l'ordinateur de mon père, qui offre une fenêtre minuscule, une vision miniature, même avec "la taille la plus grande" (vive Apple! vivement qu'ils fassent définitivement faillite!).
Il n'y aura plus de notes dans un futur proche, car, depuis hier matin, juste avant note départ pour le Gers, mon ordinateur portable est tombé définitivement en panne, et je ne pourrai m'enquérir de le faire réparer que demain au plus tôt, peut-être à Mont-de-Marsan. Pourtant, j'avais de nombreux projets de note.
Vive Windows! Vivement que Microsoft fasse faillite!
08:30 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 15 août 2005
Du ténia
Dans la série des poèmes parodiques "à clef" de ce mois de mars, un limerick, envoyé le 29 mars à plusieurs correspondants qui étaient dans la confidence:
There was a baker in Souvigny
Who said, 'Your poems ain't funny!
It's true that I stink
And I sleep in the sink,
But my Anal Tapeworm is indeed so skinny!'
23:25 Publié dans Ecrit(o)ures, Ecrits intimes anciens | Lien permanent | Commentaires (0)
S'y retrouver
Avec ma prolixité retrouvée, la gabegie menace. Une solution: arrêter de me lire.
Sinon, un petit conseil à ceux qui, désireux de me lire plus avant, et qui craindraient d'avoir laissé passer une note: le module des "notes récentes" (à droite) n'est guère satisfaisant, aussi est-il préférable de lire par journée, ou encore de recourir aux fameuses catégories (dont je ne voulais pas entendre parler avant, mais seuls les imbéciles ne changent pas d'avis).
21:50 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (1)
René Char, dans l’édition de la Pléiade
Cette formule (venue de là) appelle une notule. Le Pléiade en question m’avait été offert, à ma demande, pour mon dixième anniversaire. Mes parents s’étaient avoué sceptiques ou légèrement inquiets, car ils avaient lu quelques pages et s’étaient demandé quel démon me poussait. Bien sûr, un Pléiade est un si bel objet (je n’en possédais, auparavant, qu’un seul) que je dévorai les poèmes de René Char, qui exerçaient sur moi une véritable fascination, et dont je ne comprenais pas le tiers du quart, il va sans dire. Cette fascination enfantine, infantile peut-être, était liée à l’attrait des mots. Si j’avais demandé à recevoir en présent ce volume-là, c’est que j’avais lu quelques poèmes de Char au gré d’anthologies, et que ses rythmes, ses mélodies, la charpente de ses phrases, m’avaient harponné.
Il y avait peut-être un semblant de m’as-tu-vuisme, dont mon enfance ne fut pas dénuée et dont les derniers oripeaux ont dû choir sur mes vingt ans environ, à moins que l’on ne voie dans mon style chantourné l’écho lointain de ce tempérament poseur ou de cette curieuse affection pour la poésie hermétique du rude René.
Toujours est-il que je passai plusieurs années, avant l’adolescence, à lire (entre autres) René Char. Le plus étonnant est que, jusque sur mes quatorze ans, des romans pourtant jugés abordables me tombaient des mains, que je n’en comprenais pas l’intrigue, que je sautais des pages et les finissais sans avoir vraiment tiré profit de ces lectures. J’étais peut-être rétif au roman, et si ivre de mots que la poésie me comblait, au mépris parfois du sens. Je n’en tire aucune vanité, et suis sensible aux côtés les plus ridicules ou les plus mystérieux (même pour moi devenu adulte) de cette passion. Il m’arrive, quand je veux donner raison à l’enfant que je fus (et pourquoi toujours lui donner tort?), de dire que c’est justement cette lecture irraisonnée, sonore, qui rend le meilleur hommage à Char: quand les allégories et métaphores abstruses deviennent claires ou compréhensibles, le charme de sa poésie s’évanouit (ce qui explique aussi que je ne lise plus Char).
Je n’ai toujours pas abordé le point central de cette note (au début, j’écrivais notule (j’en ris encore)): ce fut longtemps un sujet de plaisanterie, ou de moquerie, de la part de C., qui, quand nous comparions nos enfances, nos expériences, me disait parfois: «oui, et toi, à cet âge-là, tu lisais René Char». Elle entendait par là que je ne pouvais pas connaître tel “tube”, telle série télévisée (de toute manière, les séries télévisées étaient interdites par mes parents, et je ne les en remercierai jamais assez), de notre adolescence. C’est une moquerie gentille, et qui met le doigt sur la vérité.
Toutefois, la vérité est multiple, et j’écoutais aussi, en classe de cinquième et de quatrième, tous les soirs entre cinq heures et six heures de l’après-midi, Star Max, le hit-parade de la radio locale Acqs 95, animé par Yoann (qui prononçait l’anglais comme une vache espagnole et parlait français en exagérant toutes les diphtongues). J’assume tout autant mon passé de gamin lisant un Pléiade par les après-midi pluvieux que ces scènes où je me revois gagner des “maxi 45-tours” après avoir joué, par téléphone, à classer “les cinq entrées de la semaine”.
18:55 Publié dans Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1)
Un beau vers (4)
A tout prendre, un vers est rarement séparable des vers avoisinants, comme le montre éminemment le cas de l’enjambement, ou du rejet.
Il y a aussi les vers de la prose poétique — bien embarrassants, ceux-là — dissimulés qu’ils sont dans le corps de la prose.
Il y a, il y a… Bon, je lance des pistes…
14:50 Publié dans Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1)
Un beau vers (3)
La technique seule ne permet pas d’expliquer pourquoi un vers nous touche, ni pourquoi on le trouve beau. C’est d’ailleurs ce qui rend le sujet Qu’est-ce qu’un beau vers? difficile ou pernicieux. La beauté d’un vers peut naître du moment où je le lis, où je l’ai lu, où il m’a été lu ; elle peut dépendre du don, si tel recueil m’a été offert par une personne que j’aime et qu’à chaque phrase, au détour de toute métaphore se glisse opportunément le regard de cette personne, ou sa voix, ou l’odeur de sa peau.
Ce peut-être un ensemble de vers, une suite que l’on ne peut interrompre, qui a son rythme propre. Il en fut ainsi, longtemps, pour moi, du distique qui ouvre le premier poème de René Char, dans l’édition de la Pléiade :
Brûlé l’enclos en quarantaine
Toi nuage passe devant
Pourtant, après de longues ruminations de ce distique, je me trouvai un jour à isoler le second vers, qui vint à désigner pour moi (et je le lui disais, parfois sérieusement, parfois en plaisantant) la femme aimée, que je ne rencontrai que longtemps après ma fréquentation de Char.
Ce qui est embarrassant dans cet argument-là, c’est qu’on ne voit pas très bien en quoi il s’applique spécifiquement à la poésie, et en particulier au vers. Par exemple, une jeune fille que j’aimais beaucoup (et qui me le rendait) m’offrit, à notre séparation, Aurélien d’Aragon. Je lus le roman dans les semaines qui suivirent, conservant mes facultés critiques, mais lisant, malgré tout, malgré moi, cette belle histoire d’amour au reflet de la nôtre. Aurélien, pour autant, pour être un superbe récit, n’est pas un beau vers !
La poésie a peut-être, plus que le roman, le don de me hanter (et ne dirai-je pas ici, en lieu de me, “nous”?). Enfant, un bref poème de Bruno Dey me taraudait. Je peux encore le citer de mémoire, sans y pouvoir isoler un beau vers:
rideaux de tergal blanc
conscients du vent du soir
reviendras-tu un jour
des mots donner les sens
Tout au plus est-ce un beau quatrain, dont le rythme devait me préparer à la fréquentation et l’amour immodéré de Guillevic, poète remarquable dans l’œuvre de qui se trouvent fort peu de beaux vers, car le vers n’est pas, pour lui, le centre de l’expression. Peut-être une unité de mesure, un battement, un éclat de silex qui n’a de sens, de son, de stupeur, qu’au contact des autres pierrailles. (A foolish figure, peut-être, mais Guillevic est un poète étonnamment minéral, donc j’assume.)
Où en étais-je ? (Ah, qu’il est agréable, sur un sujet de dissertation, de pouvoir divaguer, prendre méandres, à tel endroit prendre racine, puis s’envoler… Peut-être mes ruminations de la décennie passée sur ce sujet (Qu’est-ce qu’un beau vers?) n’attendaient que la cristallisation de ces pages de carnétoile…)
10:45 Publié dans Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1)
Un beau vers (2)
Ce sujet complexe et controversé a bien d’autres angles d’approche. Entre autres, qu’est-ce qui permet de déterminer la beauté d’un vers écrit dans une langue étrangère que l’on ne connaît pas du tout (ou que l’on maîtrise imparfaitement)? Je sais que je ne lis de poésie qu’en ayant recours à l’original, ou à des éditions bilingues, à l’exception occasionnelle des poèmes écrits dans des alphabets que je ne sais pas déchiffrer (arabe, chinois, japonais), car j’aime pouvoir deviner, ou rechercher quel mot correspondant, ou quelles sonorités propose le texte d’origine.
Je connais fort mal le portugais, que je suis incapable de parler mais que je sais prononcer, et que je lis tant bien que mal. Je n’ai pas sous la main les ouvrages de poètes portugais que je pratique souvent, car ils sont à Tours, mais je pourrai prochainement donner des exemples de beaux vers dans une langue étrangère que je connais mal.
06:40 Publié dans Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1)
Pourquoi ça sent le réchauffé
Aujourd'hui, théoriquement, nous serons là. Ce qui explique que les notes qui seront publiées au fil de cette journée furent écrites le 14 août, et portent sur la question des "beaux vers".
02:00 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (1)
dimanche, 14 août 2005
Une pensée pour Marione et Simon
Apples! Apples!, ainsi que le fredonne Astaire
(Fred) qui ne trimait pas au fond d'un monastère!
Guillaume Cingal. Distiques pour ses amis
23:35 Publié dans Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (1)
22 mètres
Il y avait hier, dans Libération, le carnet hebdomadaire de l’écrivain Jean-Hugues Oppel, écrit dans un style assez cinglant, remuant, voisin de Charlie Hebdo, qu’il doit beaucoup pratiquer.
Il décide, pour l’un des jours, d’intituler sa chronique L’enfer du 22 mètres radioactif, pour y traiter ensuite de la disproportion scandaleuse entre l’importance du seul sujet abordé par les médias (le retour de Zidane en équipe de France) et l’abondance d’encre et de salive que ce thème fit couler. Léger problème, la métaphore des 22 mètres est empruntée au rugby. Cela me rend plutôt sympathique l’écrivain, qui montre ainsi, même involontairement, que le sport est le cadet de ses soucis.
De surcroît, je m’étais exprimé sur cette même disproportion, dans l’une des notes du 4 août (qui n’a pas été publiée dans Libé!).
21:50 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)
Un blogueur inepte
S'il y a quelque chose que Traube semble avoir en horreur (jetez un oeil aux commentaires signés de sa main), par-delà les débats, c'est la langue française! Qu'il la malmène et la rudoie!
20:45 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (7)
Châteaux
Une interlocutrice, ou lectrice, m’a demandé il y a déjà lurette si je n’étais pas, par hasard, nostalgique de l’époque où florissait, en France, l’aristocratie. Cette question venait à la suite de plusieurs notes consacrées à des visites de châteaux. Suis-je un nostalgique de l’Ancien Régime? Nullement, en fait. J’ai reçu une bonne éducation, j’allais écrire “jacobine”, mais on préfèrera “républicaine”… enfin, bref, j’ai toujours été très sensible, dans l’Histoire de France, aux acquis de la Révolution, aux privilèges, aux inégalités entre les Etats, aux servitudes, aux hypocrisies du clergé, aux diverses trahisons de la cause du peuple qui ont émaillé le 19ème siècle, et dont l’usurpation du Second Empire n’est pas la moindre.
En revanche, si je n’ai rien d’un aristocrate, j’ai le goût de l’architecture et des belles choses, aussi suis-je facilement contenté, ou ravi, en visitant des châteaux où se trouvent: du beau mobilier; des tapisseries du XVIIème représentant, dans des couleurs passées mais fortement contrastées cependant et, de ce fait, émouvantes, des scènes mythologiques, guerrières ou champêtres; des toiles, des cabinets, des chambres, et, surtout, de remarquables bibliothèques comme je rêve un jour d’en pouvoir installer une chez moi.
Je ne suis donc pas exempt de la rêverie châtelaine, qui remonte à l’enfance, et à l’occasion de laquelle on se surprend à imaginer sa vie dans un joli manoir, ou un robuste castel, ou une splendide demeure seigneuriale. Mais l’aristocratie, en particulier les générations actuelles, ne me fascine aucunement.
Je repensais à cela, car la lectrice me demande, pour quelque temps, de ne plus lui écrire car elle ne sera plus chez elle. Mais peut-être lira-t- elle mon blog. Je ne joue pas le jeu. Mais je dois admettre que je repensais à cela à la veille d’une probable virée touristique dans le Gers, qui doit enfin nous conduire à Plieux, que nous vîmes il y a cinq ans mais qui était fermé, et ce du fait que Renaud Camus, propriétaire du château de Plieux, fait souvent état de cette puissante rêverie châtelaine, ou de l’attrait sur lui du fantasme immobilier.
Si elle a lieu, ce qui n’est pas certain, cette virée sera le dernier feu de vacances bien sages, car nous passerons ensuite dix jours à Hagetmau, d’où il nous sera impossible de bouger autrement qu’avec A. ou mon beau-père.
18:40 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (1)
Le dernier taureau
Comme annoncé, voici un extrait de l’entrée du Journal III de François Mauriac intitulée “Le dernier taureau”:
Je fus donc à cette corrida de Saint-Vincent-de-Tyrosse. Il m’a fallu, ce jour-là, crever un de mes derniers ballons, renoncer à l’un de mes derniers plaisirs. Non! Plus jamais je n’assisterai à une course de taureaux. Sans doute serait-il injuste de les juger toutes sur celle-là qui fut au-dessous du pire, moins par la faute des matadors que par celle d’un bétail exécrable, fuyant, et comme on dit, “manso”. Mais nous eût-il été donné de voir une belle corrida et d’applaudir un Martial Lalanda, nous aurions dû tout de même subir ce qui, tout à coup, me paraissait horrible à crier: l’attachement de cette foule assise, inactive, abritée, embusquée, “planquée”, à un spectacle dangereux pour l’homme, mortel pour la bête. Quant à cet art que j’ai tant admiré, toute sa science repose sur le leurre: une bête seule contre dix, trompée, dupée jusqu’à la mort… L’étrange est qu’elle s’en aperçoive, parfois, qu’elle le devine. […]
Pourtant ce qui m’arracha soudain ce vœu : «Je n’y reviendrai jamais plus…», ce ne fut pas tant cette horreur toute physique, ce dégoût, cette pitié, ni même la honte que me donnait la présence des Anglais venus de Biarritz […] Non, la raison de mon désenchantement, elle m’apparut tout à coup : impossible d’ignorer, aujourd’hui, de quoi notre goût pour les corridas est le signe. Nous savons, nous ne pouvons plus ne pas savoir ce que dissimule dans son cœur cette foule qui hurle autour d’une bête couverte de sang. (Les Chefs-d’œuvre de François Mauriac, vol.11. Le Cercle du bibliophile, p.242)
15:25 Publié dans Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
Javier Tomeo, versant traduction
Traduire est merveilleux, lire des traductions est indispensable ou inévitable. Mais qu’il est frustrant de se sentir pieds et poings liés en lisant ce qui semble être une mauvaise traduction. Ainsi, des Histoires naturelles de Javier Tomeo, que je lis en ce moment, dans une traduction de Denise Laroutis, au demeurant passeuse attitrée de cet Espagnol.
D’emblée, pourquoi traduire ce Bestiario par un doublon de l’œuvre de Jules Renard? La parenté littéraire et intellectuelle n’est pas nette, à moins de vouloir attirer à tout prix un lectorat francophone.
Et encore, c’est le seul mot d’espagnol dont l’on retrouve la trace. Pour le reste, seuls les mots de la traductrice nous sont offerts. Et, dois-je le dire, ce français-là est bien douteux. Mais, comme je n’ai pas le texte espagnol à ma disposition (et comme, de surcroît, je n’ai pas non plus une véritable connaissance de la langue espagnole dans mon bagage), le doute subsiste.
Ainsi, dans le texte intitulé “Les Pucerons”, la phrase suivante, en début du dernier paragraphe: «Nous sommes trop, nous savons nous reproduire, là réside notre force.» (Corti, 1993, p.40). Le contexte semble indiquer un sens voisin de “nous sommes trop nombreux”. Nous sommes trop n’a pas de sens, en français, à moins de sombrer dans la langue la plus familière et la plus négligée, ou de ressusciter les mânes de l’oublié Collaro (“ce mec est too much, ce mec est trop” (bon, on a les citations qu’on mérite)). Mais peut-être, se dit-on, cette faute, ou cet effet de style, est-elle/il dans le texte d’origine, et la traductrice fait preuve d’une grande habileté…
Autre phrase incorrecte, sans qu’il soit possible de trancher : «Mais j’avais à peine quatre semaines que je m’aperçus qu’il y avait en moi quelque chose qui me différenciait d’elles.» (“L’abeille”, in Histoires naturelles, Corti, 1993, p.60).
J’avais dans l’idée, au moment de créer ce carnet de toile, de le consacrer, non à la Touraine ou à mes diverses divagations, mais à la question de la traduction. Peu original, mais ouvert à de riches perspectives. Vous voyez, avec cette note, à quoi vous avez échappé…
14:27 Publié dans Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)
Bucolique
J'inaugure avec cette note un nouveau genre d'envois. Ayant constaté que le genre épistolaire était finalement ce qui s'apparentait le plus à l'écriture bloguistique (bouteilles envoyées dans l'océan du Web), j'ai décidé d'exhumer chaque jour, selon un principe numérologique et chronologique que je vous laisse deviner, un courrier électronique par moi naguère envoyé.
Aujourd'hui, c'est un poème parodique adressé le 28 mars dernier. Il s'intitule Bucolique, et n'aura de sens que pour d'anciens souvignyens. Il est attribuéà Marcel Chédeau, dit Casque d'Or.
.................
En ce joli lundi de Pâques
Affecté par les giboulées,
Jacky Chipon, de sa matraque
A pétrir tarte et pain au lait,
Décochait, ivre bacchanale,
D'infâmes lapins cacao
Sur notre route vicinale,
Engendrant l'ire et le chaos.
Le dirai-je, que la mort l'arde,
Le maire qui passait par là
Goûta une aile de poularde
Et soudainement dégueula.
13:15 Publié dans Ecrit(o)ures, Ecrits intimes anciens | Lien permanent | Commentaires (0)
Usine à gaz
Toujours impossible d'écrire des commentaires, aussi m'interrogerai-je ici, à la faveur de la note de Philippe[s] sur l'exposition L'Homme et les masques, que je n'ai pas vue mais dont j'avais déjà eu quelques échos, sur la présentation (dont Philippe[s], pour sa part, se félicite (ou par laquelle il se dit intrigué, intéressé, fasciné?)) côte à côte de masques rituels africains et de masques à gaz militaires. Quoique me situant plutôt du côté d'une approche esthétique qu'anthropologique des masques africains, je pense que toutes les confluences et tous les rapprochements ne sont pas idéologiquement fondés. Enfin, c'est une première réaction. Il faudrait plus ample réflexion, et surtout... voir l'exposition!
11:55 Publié dans Affres extatiques | Lien permanent | Commentaires (2)
Psychanalyse
Après les mésaventures que j'eus, ces derniers temps, avec les fenêtres de commentaires de H&F, je n'ose plus écrire dans les carnétoiles amis... J'aurais pourtant aimé laisser un commentaire sur le blog de Jacques Layani, qui m'a donné longuement à réfléchir, avec, en particulier cette citation de Roger Vailland: "La psychanalyse ne m’intéresse pas. Je vois très clair en moi".
Et si, pourtant, la psychanalyse (ou: une certaine psychanalyse) n'était pas surtout le moyen, pour ceux qui voient clair en eux, de désapprendre, de se défaire de leurs illusions, ultime degré de l'élucidation?
10:50 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (1)
Du nerf
Bon, dans la mesure où mon ordinateur n'a pas encore rendu l'âme, autant renoncer à essayer de régler ses lenteurs et se concentrer sur l'écriture. Je vais essayer de tenir ma promesse.
Dans l'immédiat, la note de Livy relative à son fils vous en dira assez long sur ce bel âge de quatre ans, qui apparente le bel Idris à notre A. superbe. Je partage son inquiétude face à certains programmes pour enfants, émissions ou films, et reste pantois de voir que Le Livre de la Jungle de Disney ne semble susciter aucune critique, aucune interrogation, ne serait-ce que le fait que la voix et le chant de l'orang-outang, qui dit "vouloir devenir un homme" ait été alors confié à un chanteur de jazz noir, Louis Prima. Je crois d'ailleurs que Le Livre de la Jungle 2 a d'ailleurs repris le même schéma, dans la mesure où la version française a confié ce rôle de l'orang-outang à Houcine, l'éphémère nullité de la Star Academy.
Le fait que, dans le fond, ce genre de phénomène ne semble poser aucun problème à l'immense majorité des citoyens, même cultivés, est pasablement déroutant. Merci, Livy, de mettre le doigt sur ce point sensible.
09:40 Publié dans Affres extatiques | Lien permanent | Commentaires (1)
samedi, 13 août 2005
Dans la saumure
Le feuilleton informatique tourne au saumâtre: au lieu de passer ma première moitié d'après-dînée à écrire ces jolies petites notes qui font votre joie et inondent ce carnet, j'ai essayé de comprendre pourquoi mon portable rame comme ce n'est pas permis, et va le plus lentement du monde. En vain. Il refuse maintes opérations de sauvetage, et me laisse dans le désarroi.
J'avais rêvé quelques quatrains que je n'ai pas couchés sur le papier ni le clavier, je voulais poursuivre la réflexion sur les beaux vers, ne serait-ce que pour faire mentir Livy, je me sentais tenté de livrer quelques remarques sur le livre de Javier Toméo que j'ai commencé à lire ce matin, je voulais traduire Breyten, etc.
Au bilan, le dur rien, dont mon esprit s'agace.
18:18 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (7)
Bibliothèque de Tours
Juste un bref lien au cas où vous voudriez voir une photographie prise par moi avec mon vieil appareil numérique gratuit. (Le nouveau, que nous nous sommes offerts, C. et moi, le 18 juin dernier, est tellement mieux!) On y voit le diamant, sous-plombé de béton gris clair, de la Bibliothèque Municipale de Tours, dont la situation, au moins, entre les quais et la Loire à son plus beau, ne laisse pas à désirer. (Et la syntaxe, ici encore, n'est guère aisée.)
.............
Autre chose, un quatrain floral, par moi laissé à la surface de Trace de moi. Mais les images ne sont pas de moi!!!
13:30 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (0)
13 août : Sainte Radegonde
Sainte-Radegonde-de-Touraine s'est appelée Saint-Ouen jusqu'au XVIIème siècle. La commune est rattachée à Tours depuis 1964, en est devenu un hameau. Il y a toujours une mairie, au centre du hameau, et, auprès, un bureau de poste, une école primaire et une boucherie.
Notre rue a beau être rattachée à la circonscription de Saint-Symphorien, nous nous sentons citoyens du quartier de Sainte-Radegonde. Notre pâté de maisons, le quartier des musiciens, s’articule en effet beaucoup mieux avec le village bas, par la rue Jeanne-Weddells, qu’avec Saint-Symphorien, qui se trouve de l’autre côté de la très vaste et bien laide avenue du maréchal Juin.
12:05 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (4)
Villes (1)
9 juillet 1998 (mais écrit ce jour)
Dans le caveau, où que l’os tende
Une pitié de pacotille,
Chère, vêtez votre mantille
Et sous le vent qui nous titille,
Rallions prestement Ostende.
10:00 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0)
Troie sang
Ô que le sang de Toie aux Atrides se lie!
Je viens d'écrire un commentaire en réponse à la judicieuse remarque de FB, qui s'avère être, par ailleurs, le trois-centième commentaire depuis la création de Touraine sereine.
La machine est relancée, semble-t-il. J'ai un peu mal aux cheveux, après la soirée capbretonienne arrosée, qui tint toutes ses promesses.
09:20 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (0)
Knokke-le-Zoute, tout de go
Ma mère, revenant d’arroser le persil et relever le courrier chez les voisins dont elle garde la maison, nous apprend qu’il y avait, dans la boîte à lettres, un numéro du Figaro Madame dont la couverture arborait le titre suivant : Knokke-le-Zoute, le chic des plages du Nord.
Moi qui, vers six ou sept ans, chantais avec joie Knokke-le-Zoute Tango (ça reste un de mes classiques, si je veux délirer un bon coup), ai saisi, à l’été 1998, toute la portée ironique du refrain, en visitant la Belgique et m’apitoyant sur ces affreuses stations balnéaires, dont Knokke est sans doute la plus laide. Tout est possible.
07:55 Publié dans Autres gammes, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)