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dimanche, 24 décembre 2006

Esperluette au frigidaire

Ce n'est rien, pensa-t-il. Puis décampa, prit la poudre, se tira avec l'héroïne, et alors macache les adieux ! Sans même pousser de simiesques hurlements, sans se demander même s'il avait vu juste, il prit le taureau par les cornes, et même si c'est un jour orange je m'en tape, je me barre. Prit aussi la poudreuse, le mauvais virage avant l'avalanche. Mourir dans le feu d'un sati comme une épouse hindoue, tard venue, sur le bûcher presque lancée, ou droguée peut-être, une autre forme encore d'héroïsme béat. Chacun sa sainteté, pensa-t-il en plantant le bout du bâton dans la neige décidément trop lourdement damée. Dépassé par les fuseaux horaires, comme si jamais avant il n'avait skié dans les montagnes rocheuses (ce bonnet, pensa-t-il, me rend beau), il s'interrogea : peut-on attraper froid par les jambes ? Par les sentiments plus sûrement, mais c'était encore une autre affaire, paire de manches ou poisson à frire, enfin c'était autre chose, et les pleins et les déliés n'auraient pas ce crime sur la conscience. Il se demande bien, tout de même, où et comment tout cela va finir. Dans tout mauvais film, il y aurait une trace de sang atroce sur le mur, et atroce de réalisme bien sûr (fausse). Dans tout mauvais film, aussi, je me réveillerais en sueur. On n'en est pas très loin, pensa-t-il. Ronge tes barreaux avec tes dents, la dinde - de son gloussement macabre - t'attend. Les passants verront son ombre difforme s'allonger sur le macadam. Du raisiné, encore un verre !

vendredi, 22 décembre 2006

By the Sea

Il y a un an précisément, il était question, dans ces pages, du roman d'Abdulrazak Gurnah dont je viens de découvrir qu'il avait été traduit en français, aux éditions Galaadé, et pas très bien, apparemment.                 (Mardi 19 décembre, aux étals de la librairie Le Livre, s'offrit à mon regard le nom, cher entre tous, d'Abdulrazak Gurnah. Mais, en feuillettant le roman, je trouvai la langue plutôt laide ou triviale, dans l'ensemble. Or, ce n'est pas là du tout l'effet de la prose de ce grand écrivain.)

Cela demanderait vérification plus ample.

jeudi, 21 décembre 2006

Lézard des froids

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Il est retrouvé ? Quoi ? L'autoportrait !

C'est le cercle allé / Avec l'eau des jours.

 

(Aujourd'hui encore, à mille lieues de mes pensées, l'hiver mord dans une orange.)

jeudi, 14 décembre 2006

Gazehuqiatuseseajudebivak

Voilà, en titre, le "mot" inventé, hier après-midi, par A., dans un document Word, sur l"ordinateur de sa mère. What can it possibly mean ???

mercredi, 13 décembre 2006

Vitraux de Truyes, 4

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Deux notes par jour, depuis lundi. Saint Rémi, priez pour nous !

Deux billets par jour, depuis lundi. Le dollar et le dinar, face à l'euro, se déprécient.

Une image par jour, depuis lundi. Chaque texte contient une multitude de bons points et chaque image repique celle de la veille.

(Dans Apex Hides the Hurt de Colson Whitehead, n'était-il pas question, dans une phrase brève comme un coup de canif, de la vieillesse comme d'un desséchement ? Cliché. Ou était-ce dans le volumineux roman fini juste avant ? Quoiqu'il en soit, faire un roman cratylien quand on s'appelle Whitehead et qu'on est noir...)

Un jour par image, dans la rétine du temps. 

Deux billets par jour, depuis lundi. Jingle coins, jingle all the way.

Deux notes par jour, depuis lundi. Encore un carreau de cassé, Gustave Doré n'était pas vitrier.

mardi, 12 décembre 2006

Vitraux de Truyes, 3

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Un brin martial, ce Saint-Martin farouche, quoique offrant son manteau. (Ou un pan d'icelui.)

lundi, 11 décembre 2006

Vitraux de Truyes, 2

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Trois mauvais moines contemplaient, avec une tendresse de parade, le vitrail où dansait l'hostie, un ovale presque imperceptible que désirait ardemment effacer le cercle de feu. Face au calice, Saint Martin, de profil, semblait moins les menacer que ces trois scrutateurs austères, drapés de rouge et coincés entre la chasuble bleue du saint et la crosse d'or de l'évêque, une sorte d'image-miroir de leurs propres faux-semblants. La grisaille de la pierre n'est pas plus funeste que le fond de mon coeur.

dimanche, 10 décembre 2006

Vitraux de Truyes, 1

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Je n'ai pas trouvé, sur le Web, d'informations au sujet des quatre vitraux de l'église Saint-Martin de Truyes (mais j'essaierai de dégotter quelques menus renseignements via le fonds de la Bibliothèque Universitaire). Comme, de surcroît, je suis nul en botanique, je ne sais identifier ni la plante représentée ni, a fortiori, le symbolisme qui s'y attache. (Mais pour ce qui est de placer, dans une même phrase et avec une belle symétrie, deux groupes adverbiaux dont un emprunté au latin, trop fort le mec !)

Tout au plus me semble-t-il que la structure de ce vitrail rappelle la figure longiligne du clocher-tour, avec ses quatre baies géminées. Le bleu est superbe.

 

Bétail de Truyes

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Voici les moutons (sept d'un coup ! s'exclame le vaillant petit tailleur) qui paissent de l'autre côté du muret du cimetière.

Il est assez facile d'ainsi aligner les notes. (Il est plutôt fastidieux, s'insurgent les vaillants petits lecteurs, d'avoir à se les envoyer.) Bien, je vais faire un effort : les billets suivants proposeront des interprétations sémiotiques inouïes des vitraux de l'église Saint-Martin (toujours à Truyes).

Château de Bel-Air (Truyes)

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Je ne vais tout de même pas commencer par l'essentiel... D'abord, la rocaille, c'est-à-dire le style rocaille : quelques escarpements grottesques (délibérément avec deux t), chutes d'eau que l'on contourne.

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Le château de Bel-Air, à Truyes, n'a pas même un siècle, mais il est plutôt attachant, dans un style caractéristique de la Troisième République (finissante?). Il s'y tient, chaque année à la fin de l'automne, le Salon du Petit Format, qui ne casse pas des briques (exception faite de Pierre Cousin et de Philippe Maraindaz)...

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Il y a, dans l'escalier d'honneur qui conduit au premier étage (et à la bibliothèque), une série de vitraux très Art Déco et assez réussis, dans ce style. Les trois panneaux supérieurs représentent des envols de colvert au coeur de forêts brunes, mais tant l'éclairage très faible que la piètre qualité du zoom de mon appareil photo numérique m'ont empêché d'en garder une trace convaincante.

Eglise Saint-Martin (Truyes)

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Avec sa tour-clocher si finement élancée, sur quatre étages de baies géminées (ou doubles arcatures), l'église Saint-Martin de Truyes, placée au bord de la petite route (très passante) qui traverse ce village par ailleurs plutôt fade, saute aux yeux. Il faut ensuite entrer, mais ce sera pour plus tard dans la journée...

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Sur la deuxième image, la tour paraît "écrasée" par le fronton massif, mais il s'agit, en grande partie, d'une fausse impression, un effet pas très heureux de contre-plongée... à moins que le regard ne saisisse mieux l'ensemble de l'édifice si le piéton se tient au milieu de la route (à ses risques et périls). Dans le cas des images illustrant ce billet, le photographe se tenait sagement au milieu du parking, et peut-être plus "à droite" pour celle du bas.

samedi, 09 décembre 2006

Photif phormat

Irène, que je vois trop peu ce trimestre, a indiqué à une collègue et amie commune que je "déformais toujours les propos des autres de toute façon". N'est-ce pas le propre du bouche-à-oreille qui se perpétue aussi dans les carnétoiles (la tête dans les nuages ? dans la lune ?) ? Bref, je vais essayer de rapporter ici un fragment de la conversation que j'eus (mardi dernier) avec Aurélie, qui pensait que les portraits de moi qui se trouvaient sur ce site avaient été pris par mes proches (et, en particulier, par ma compagne), et que je devais être drôlement casse-bonbons (my words, not hers) de solliciter ainsi, constamment, des photographes pour me tirer les lumières du nez (ditto).

Ainsi, rassurons tous ceux qui auraient encore des doutes : la série des autoportraitures a pour principe intangible et infrangible la capture du sujet par l'appareil photographique tenu à bout de bras (gauche, en général). Quelques bidouillages sont parfois possibles, comme dans l'image publiée ici même il y a un an, qui n'avait attiré aucun commentaire (alors, il serait temps : lâchez vos comm's ! (au niveau du mental)). Dans ce cas précis, il s'agissait d'effacer la partie droite de la photographie, qui représentait mon fils, et ce non pour de basses raisons narcissiques, mais parce que je me suis vu interdire formellement, par sa mère, de publier des images d'icelui on-line (point de vue que je partage).

Sinon, toujours le 9 décembre 2005, C. et moi avions passé une heure agréable aux Bons Enfants, pour l'exposition des Petits Formats ; ironie des dates, nous devons aller cet après-midi à Truyes (uuuiiiiiiiiit!) pour le Salon du Petit Format (qui s'achève demain).

Publicité & métonymie

Dans notre univers envahi par la publicité sous toutes ses formes, ce qui ne cesse de m'étonner, ce sont les effets métonymiques involontaires que la prolifération des messages et des images ne manque pas d'entraîner. Ainsi, ce matin, boulevard du maréchal Juin, j'ai remarqué (sur un de ces panneaux déroulants qui présentent, à tour de rôle, deux publicités différentes) que l'affiche représentant Arlette Laguiller ("qui mieux qu'elle peut se dire dans le camp des travailleurs ?") était suivie d'une publicité pour le film Déjà-Vu.

vendredi, 08 décembre 2006

Trois limericks, Mandelstam, les cormorans sous le dolmen...

On ne sait laquelle choisir. (Il faut bien avouer...

 

... que le jeu n'en vaut pas la chandelle ; quelle fière chandelle je vous dois ; un chandail me pend aux épaules ; l'automne refroidit finalement ceux qu'il ne revigore point ; d'embonpoint (moral) que je n'ai pas, je suis gêné aux entournures ; le faux me fait défaut ; laissez venir l'homme à la faux ; hors du charnier natal, je vais en Afrique du Sud ; quoi, Zoulou ? ; oui, pourquoi pas, après tout ; vous rigolez, points-virgules...)

Popularité

Trottoir des Tanneurs. Conversation sur téléphone portable.

- Ouais, ouais...

- ...

- Non, là, je vais filer aux Galeries et à la FNAC.

- ...

- Non, je sais, mais je sèche le cours de Cingal, ça me gave, là.

- ...

- Ah bon ? Anaïs ? Tu es sûr ?

 

12:28 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Ligérienne

jeudi, 07 décembre 2006

Homme fatal (Happy Feet)

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Gloria ? C'est pas un truc des Manhattan Transfer, ça ?
Glo-o-o-o-o-ria !
Glo-o-o-o-o-ria !
It's not Ma-a-a-a-a-ary
Glo-o-o-o-o-ria !
It's not Che-e-e-e-e-erie
Glo-o-o-o-o-ria !
But she's not in love with me-eeeee
(Bam, bam, bam, dadoo-da-dam)

mercredi, 06 décembre 2006

Déjà un an et demi

Eh oui.

Modeste contribution au dictionnaire des néologismes d'origine pijjulienne

Liminaire : Il est vivement recommandé de lire l'article de Simon avant de jeter les yeux sur ce qui suit.

 

BOURVONNE, n.c. - Petit insecte bruyant dont l'on peut atténuer les agissements sataniques à grandes lampées de whisky. 

CARDILOPHE, adj. - Se dit d'un chirurgien qui se recoiffe pendant une opération à coeur ouvert. 

GARGODONTE, n.c. - Borborygme provoqué par l'ingestion imprévue de solution avant brossage.

GORSOIR, n.c. - Menu particulièrement appétissant et fort peu onéreux, mais "qui n'est pas servi aujourd'hui".

HALGOROLOGIE, n.c. - Etude des gourous hagetmautiens. Syn.: reboutisme.

JACAVARER, v.int. - Arroser les jacarandas.

ORDICTER, v.t. - Dicter une phrase au mode impératif.

PHALANCODRE, n.c. - Sorte de dé en fer peu résistant dont se servent les couturières infortunées pour être sûres de se piquer les doigts.

PLOUD, n.f. - Flaque d'eau huileuse. (Attention. Contrairement à ce que pensent d'aucuns, ploud est bien féminin.) 

VILIESQUE, adj. - Vil et simiesque.

Poupon la Peste...?

Hier, lors d'un cours de traduction journalistique de première année, il y avait, dans un texte intitulé "Why Are Oil Prices So High?" (que l'on peut retrouver reproduit ici, dans un forum), l'expression "big boys", employée dans un sens métaphorique pour parler des grandes compagnies pétrolières. Nous avons peiné à trouver une traduction, car toutes les propositions allaient soit dans le sens de la démétaphorisation (magnats du pétrole) ou de la transposition de métaphore (géants, déjà employé à plusieurs reprises dans la traduction), ou encore (et c'est là le plus intéressant) vers des tournures archaïques (grosses légumes, huiles) ou prêtant à contresens en raison de leur emploi dans des contextes mafieux (gros bras, gros bonnets, caïds, gros poissons). J'avais aussi envisagé cadors, trop familier (et, de plus, est-ce là l'orthographe de ce mot qui ne s'emploie qu'à l'oral?).

lundi, 04 décembre 2006

Victor Cherbuliez

Victor Cherbuliez n'est pas le plus connu des écrivains du dix-neuvième siècle. (Litote.) C'est un académicien renommé. (Antiphrase.) J'ai, face à moi, la première page de son roman, La Bête, publié en 1887, mais dans la réédition de 1929 ("Collection Nelson").

Comme, dans un des cours que j'enseigne ce semestre, j'ai proposé un extrait de Daisy Miller, et comme l'un des personnages de Henry James demande à ce qu'on lui apporte un "roman de Cherbuliez, Paule Méré", je me suis renseigné sur cet énigmatique romancier et ai même pu me procurer, à la Bibliothèque Universitaire, un de ses textes. (Pour Paule Méré, il faudra chercher sur Internet, ou passer par le Prêt Entre Bibliothèques.)

 

En écoute : William Parker. "There Is A Balm in Gilead" (Long Hidden : The Olmec Series, 2006).

11:35 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature, Ligérienne

dimanche, 03 décembre 2006

Rossignol des ruines

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samedi, 02 décembre 2006

81

Une dame de La Ferrière

Avait un énorme derrière.

Un jour qu'il ventait,

Elle s'est planté

Son parapluie dans le derrière.

 

vendredi, 01 décembre 2006

80

Un vieillard d'Epeigné-sur-Dême

S'éveilla un jour, un œdème

Énorme à l’œil :

Ça me fait deuil,

Mais bah ! nommons-le Nicodème !

  

Brun sur ocre

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Plus tremblé encore, je ne veux plus trembler, de la main sans flaque d'eau retenue, du doigt posé à déclic immédiat, du regard détourné loin de l'abondance fluorescente du signal de sortie. Au loin, au fond, un ciel cotonneux explosé se déchire à tendre le cou vers la tige d'acier.

jeudi, 30 novembre 2006

79

Un godelureau de Draché

Etait le portrait tout craché

Du facteur. Son paternel

(Ce n'est pas exceptionnel)

Obtint que fût muté le facteur de Draché.

 

Pâle sur blanc

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C'est tremblé, comme dans la forêt un chevreuil qui s'efface de la rétine. Lunettes, pauvres crétines ! Après rasage, comme avant...