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samedi, 11 juin 2011

Avant dame-jeanne, pourtant

C'est tout à fait officiel : je deviens complètement dingue.


Cher Jean-Marc, cher Jean-Michel

le message envoyé à l'instant, trop promptement, était destiné à Jean-Marc, qui m'a écrit ce matin. J'avais commencé à taper "jean-m" dans la barre d'adresses, gmail m'a proposé Jean-Michel ***, que j'ai accepté, alors que c'est bien à Jean-Marc que je voulais écrire !!

Sorry sorry
Jean-Martial Cingal

 

Pour la triple 6, une bouteille de rhum !

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L'Allègre

Lassé par d'autres âpretés, vous renoncez aux climats. Ce n'est pas au Mercantour, ni dans le Limousin que vous avez vu venir la victoire. Prise au dépourvu, la meute a donné de la voix, mais ce sont toujours les mêmes ondées, les mêmes nuages secs, les mêmes rosiers cabotins qui s'éternisent sur des pentes gravillonneuses. D'où que viennent les voix, vous ne parvenez à les entendre qu'étouffées. Si le mâle dominant est comme vous, il vous faudra rencontrer de nouveaux échecs, et, après les climats, renoncer aux humeurs.

vendredi, 10 juin 2011

Petit exercice (oulipien, en quelque sorte)

 

Voici les trois premières phrases d’Adama ou la force des choses du Burkinabé Pierre Claver Ilboudo :

Pendant cinq bonnes minutes, Adama resta là, abasourdi, hagard. Puis il se mit à marcher droit devant lui, comme un automate. Il recouvrait progressivement ses esprits. (Présence Africaine, 1987, p. 7)

 

Voici à présent les trois dernières phrases du même roman :

Adama était là, figé, le visage en sueur et les traits décomposés. Le vélo qu’il avait garé dix minutes plus tôt devant la porte de l’atelier avait disparu. Et les tissus avec. (p. 154)

 

L’exercice que je propose consiste à écrire un récit dans lequel l’incipit et l’explicit seraient inversés. Autrement dit : le récit à écrire doit commencer par les trois dernières phrases d’Adama et s’achever par les trois premières phrases. À vos claviers.

 

jeudi, 09 juin 2011

De quoi Cucuphas est-il le nom ?

 

Ayne Bru.jpgLes entrées des différentes WP (francophone, lusophone, hispanophone) donnent la même étymologie pour le nom de saint Cucuphas, dont on peut voir, dans la basilique de Saint-Denis, une chapelle qui lui est consacrée. (Je ne suis pas très sûr de la syntaxe, bancale voire fautive, de la phrase qui précède.*) Il s’agirait d’un nom dérivé du copte cacupat, par l’intermédiaire du grec kukupha et du latin upupa : ces noms désignent la huppe.

Or, pour l’entrée de la WP anglophone, nettement plus complète, l’étymologie proposée, empruntée au site Web Santi Beati, fait remonter ce nom à une expression phénicienne dont le sens serait « celui qui aime faire des plaisanteries ».

hoopoe.jpgJe ne dispose ni des compétences ni des ressources, ni surtout du temps nécessaire à l’élucidation de ces hypothèses contradictoires, de sorte qu’il m’est aisé d’imaginer qu’elles sont en fait complémentaires : le cri de la huppe appelle l’analogie avec l’homme qui se gausse, comme on le dit du merle moqueur, ou qui glousse. Cela, pourtant, est bien incertain. Je ferais mieux de m’intéresser à cet Ayne Bru qui a peint le tableau le plus connu, et surtout le plus reproduit, représentant ce martyre – ou tenter de lire sérieusement l’hymne que Prudence lui a consacré – ou encore envisager d’aller me promener dans le bois de saint Cucufa à La Celle-Saint-Cloud – ou, seulement, décrire la chapelle à la minute même où je la vis.

 

* ...saint à qui une chapelle est consacrée, dans la basilique Saint-Denis.

mercredi, 08 juin 2011

Rapides remparées * avides désemparés

La généralisation des rapports abstraits s'est comme incarnée dans le décor. [...] Et comme la vie et le travail se trouvaient dissociés, on a tiré au cordeau des voies rapides remparées de glissières en acier zingué, connectées au moyen d'échangeurs et de rocades où il vaut mieux éviter de se tromper parce qu'il n'est plus question de faire demi-tour et de recommencer. (Pierre Bergounioux. La fin du monde en avançant, p. 33)"L'Heure tranquille", centre commercial des Deux-Lions, Tours sud,(Indre-et-Loire), 20 avril 2010.

Parfois je me promène dans mes quartiers, qui ne m'appartiennent pas, puisqu'ils sont déshumanisés, en un sens, et je fais des photos : je ne construis pas de savantes images, je ne compose pas grand chose, je fais des photos. Faire, dans un tel décor, le plus machinalement possible, est ce qui s'approche le plus d'une appropriation de la déshumanisation. Lorsque, par un clin d'oeil à Thiéfaine, j'ai créé, dans ces carnets, la rubrique des Kleptomanies überurbaines, je jouais sur le vieux cliché de la photographie comme vol, dérobade ; or, je me rends compte que ce sont ces quartiers, ces étendues qui ont poussé à son paroxysme le principe de construction pour y perdre souvent l'urbanité, qui nous volent quelque chose, et que ce quelque chose évanescent, il nous faut, difficilement, c'est-à-dire (peut-être) machinalement le reconquérir, fût-ce une bataille gagnée dans une guerre perdue depuis longtemps, une lutte d'arrière-garde, un rempart de sable contre de plus hautes buttes mouvantes. Dans de tels déplacements (car le terme de promenade, employé plus haut en totale usurpation de son sens, ne peut convenir), on n'est, machinal, que l'ombre de soi-même. Reste le langage, si rempart de sable soit-il.

W.M. 14

Une dame de Sisimiut

Trouvait tout extra-hyper-cute :

Flots bleus et maisons rouges,

Rocs, pierres, sels et tourbes ---

--- Même le port de Sisimiut !

Léonora Miano

 

Il y a trois semaines, j’ai lu Soulfood équatoriale. Ecriture nerveuse, plaisante, fine et drôle.

Abordé ensuite les romans de Léonora Miano (Contours du jour qui vient et L’intérieur de la nuit) : quelques belles phrases, mais dans l’ensemble l’écriture est lourdingue, le récit cousu de fil blanc, les personnages prévisibles – bref, l’ensemble tout à fait démonstratif. Me suis surpris à penser « des romans Presse-Pocket ». Déçu.

mardi, 07 juin 2011

Nihilité - 1

Le substantif nihilité n'apparaît pas du tout dans le Robert culturel, qui a constitué l'un des premiers jalons, historiques en quelque sorte, de ces carnets. La lecture à peine ébauchée des quelques brefs chapitres qui composent La fin du monde en avançant, de Pierre Bergounioux, m'incite à reprendre la rubrique des Mots sans lacune, longtemps interrompue (comme tout le reste, dira-t-on).

La réalité, la seule, c'est celle que nos yeux, en s'ouvrant, ont suscitée parce qu'ils ignoraient la relativité, l'écoulement, l'éclair blanc, déchirant, de la conscience, l'absence et le deuil, le doute, la nihilité, pour parler comme Montaigne, de notre condition. (La fin du monde en avançant, p. 21)

 

Par ailleurs, comme Bergounioux (dont j'ai découvert, il y a peu, que le très-Orléanais et très éminent linguiste Gabriel Bergounioux, que j'ai un peu côtoyé, est son frère) en revient toujours à ses origines brivoises, je ne peux m'empêcher d'illustrer ce billet à ma façon :La religion tue le monde. (Brive, avant Turenne, la Fage et Saint-Robert.)

Grozi, un Isou africain ?

 

Au théâtre qu’on cesse d’aligner les mots doublés de gestes purement illustratifs qui enfoncent des portes ouvertes. Que d’autres vibrations entrent en jeu pour nous émouvoir jusqu’au fond. Que des sons de voyelles nous frappent l’hypophyse et nous remettent en contact avec d’autres mondes. Que les couleurs agressent notre peau. Que des odeurs nous mettent de l’eau dans la bouche. Que les images nous captivent. Qu’il nous soit donné l’extase de l’explosion initiale qui créa les mondes.

Werewere Liking. Elle sera de jaspe et de corail (journal d’une misovire…). L’Harmattan, 1983, p. 101.

 

On ne fait pas mieux, de la part d’un polygraphe féru de discrépance, pour relancer la rubrique Affres extatiques.

lundi, 06 juin 2011

Barcarolle VII

Il y a six ans, je débarquais pour un embarquement.

Je crois me rappeler un mois de juin sec et ensoleillé, aux enthousiasmes farouches.

Depuis quelque temps, ce carnétoile a eu plus de soubresauts que de longs fleuves tranquilles, mais certains chantiers ont la peau tenace et la vie dure : le projet Tavers, le projet Dubuffet, le projet Mines. Il ne faut donc pas renoncer. Plus maintenant. On ne renonce pas après six ans !

(La maison, c’est une litote, n’est pas humide. La troisième lessive, étendue hier soir vers dix heures, a bien séché au salon.)

Nous sommes rentrés hier d’un bref séjour hors Touraine, tout d’abord trois jours dans l’Oise, sur les traces d’un passé de moins en moins récent, puis un jour et demi à Cesson, chez ma sœur. Beauvais n’a pas changé. Pour sacrifier au cliché : la forme d’une ville ne change pas aussi vite que s’y attendrait le cœur du mortel post-moderne. Seules vraies variations : le jardin médiéval de la maladrerie ; la grange dîmière réhabilitée, c’est-à-dire massacrée ; une enseigne Gibert (avec livres d’occasion comme à la maison-mère) place Jeanne Hachette ; le portail sud de la cathédrale ravalé, et d’un blanc étincelant, dans le vent.

Fini The Human Stain, lu Les Onze.

Une semaine commence, et une septième année.

lundi, 30 mai 2011

Aphorisme XVI

Dans le silence bourdonnant beuglent les haridelles sautant les haies.

 

 

Bon, bon, bon, you don't mean nuffin'.

mercredi, 25 mai 2011

G.C., le seul, l'unique !

Au cours de mes premières années à l'Université François-Rabelais, nous étions quatre anglicistes portant les initiales G.C. L'une est partie à la retraite (good riddance !), un autre a été recruté comme maître de conférences à Brest en 2006 (ami - perdu de vue), et j'apprends ce matin que mon ultime alter ego abréviationnel aura certainement sa mutation pour Poitiers.

(Oui, je sais, c'est totalement trivial, comme billet.)

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Quatre petits riens en 4 phrases commençant par la lettre M

Mon ordinateur (vieux et très sollicité) fait un boucan de tous les diables au bout d'une vingtaine de minutes. Mimi la souris fait du voilier. Mal réveillé, ce matin, et à jeun, j'ai écrit un mail de vingt lignes sur un point complexe de narratologie. Murat : il me semble que les musiques de "Caillou" et de "Accueille-moi paysage" sont quasi identiques.

Qui a dit que Balzac ne supportait pas la médiocrité ?

Balzac devant le château de Saché. Fresque réalisée par les lycéens du L.P. F. Clouet, circa 1990. Rue Edouard Vaillant, Tours, 28 janvier 2009. . . . . . . ................... . . . . . . .Buste de Balzac par TorcheuxInscription rue Briçonnet. Tours, lundi 23 mai 2011.

mardi, 24 mai 2011

Jardin de vite quitte

 Sur le parterre transformé pour l’occasion en boulodrome, les garçons, brutaux et joueurs, s’amusent à lancer les boules le plus fort possible – pour renverser les quilles.

Zyeutent les filles. En coin.

Tout ça ne débouchera sur rien. Dormez sur vos deux oreilles. (Vous : parents ; pudibonds ; vertueux ; journalistes particuliers.)

Du square planté de saules et de gynériums, les garçons cavaleurs, encore enfants, ont déboulé le plus vite possible. Alerte à la patrouille.

Filez fissa, j’ai rien vu.

Les Sept fous

Des Sept fous, la lecture est encore vivement présente à mon esprit. Je croyais l’avoir lu très récemment (j’hésitais entre mars et janvier). Or, je viens de retrouver une mention de ce livre qui date du 1er décembre, et indique clairement qu’il avait déjà été lu. Ce serait donc novembre ! Que le temps, l’année aura filé vite. En tout cas, j’ai eu raison de le garder sous le coude, puisque je prends enfin le temps d’extraire quelques passages de ce récit d’une dérive sectaire. Le patronyme de l’auteur, mort à quarante-deux ans en pleine Seconde Guerre mondiale, pourrait évoquer – avec une ironie sinistre qui ne lui aurait pas déplu – quelque sigle de notre société post-moderne.

 

 

« La peine, semblable à ces arbustes dont l’électricité accélère la croissance, grandissait dans les profondeurs de sa poitrine et montait jusqu’à sa gorge. Immobile, il se disait que chaque peine était un hibou qui sautait d’une branche à l’autre de son malheur. »

Roberto Arlt. Les sept fous (1929),

traduction d’Isabelle et Antoine Berman. Belfond, 1981, 2010, p. 50.

 

Les Hiboux, gravure de Henry Chapront pour le poème de Baudelaire

 

« Derrière la vitre de la petite fenêtre allaient et venaient des requins borgnes, furieux parce qu’ils souffraient d’hémorroïdes, et Erdosain jubilait silencieusement, riant du petit rire de l’homme qui ne veut pas qu’on l’entende. » (p. 147)

 

« À la manière de celui qui tire de son portefeuille l’argent produit par ses divers efforts, Erdosain tirait des alcôves de la maison noire une femme fragmentaire et complète, une femme composée de cent femmes démembrées par cent désirs toujours identiques et toujours ravivés par la présence de femmes dissemblables. »  (p. 158)

 

« Je vais rompre le faible fil qui m’unissait à la charité divine. Je le sens. À partir de demain, je serai un monstre sur la terre… Imaginez-vous un enfant… un fœtus… un fœtus qui aurait la capacité de vivre hors du sein maternel… Il ne grandit jamais… Velu… Petit… sans ongles il marche au milieu des hommes sans être un homme… Sa fragilité horrifie le monde qui l’entoure… Mais il n’est pas de force humaine qui puisse le restituer au ventre perdu. » (pp. 317-8)

lundi, 23 mai 2011

Tout blanchit.

22 mai 2011.

C'est qu'il y a beaucoup de visiteurs, à la Tour Moncade, Orthez, 14 avril 2008tour. Et que je sache ils sont contents. Qui serais-je, dès lors, pour critiquer ? Ni Bernard ni les autres ne sont descendus si bas, pourtant ils ne cessent d'y songer, à cette tour haut perchée. Diadème, qui a fait le détour par Savonnières et Villandry, ne retrouve ni les mots ni les termes. La tour appelle le tourisme. Diadème recherche le nom de cette figure de style, et le retrouve peu après le confluent : la figura etymologica. Entre-temps, Bernard baguenaude. Entretemps, Bernard baguenaude. La porte de fer qui y donne accès est fermée par un cadenas rouillé. Mon cadenas ! Des mousquetaires on glisse assez facilement aux cadets, en ne pouvant s'empêcher d'entendre la voix de Cyrano. Nous t'envoyons ce message car nous nous faisons du souci. Then she plants in the pot a marigold, a flower that is thought to be fadeless. Tout de même, d'Orthez à la maison de mes grands-parents (où il n'y a plus de poulailler, où il n'y a plus de parc à l'abri des regards, où, pour s'y rendre depuis le bourg, on ne trouve plus de ronciers couverts de mûres juteuses comme lorsque j'avais cinq ans), il n'y a pas une si grande distance, et j'aurais pu faire le détour. Le chemin où nous cueillions des mûres se nommait Tout-Blanc, ou du moins ainsi l'appelait-on dans la famille, et je n'ai jamais vraiment remis en cause cet oracle, d'autant que le chemin a disparu sous les tractopelles et le bitume quelques années plus tard, alors que (peut-être ?) nous n'y cheminions déjà plus (mais est-ce si sûr ?). D'un texte farci d'incertitudes que pourrait-il advenir ? Nous nous faisons bien du souci. It appears that a hoop wreathed with rowan, and bearing suspended within it two balls, is still carried on May Day by villagers in some parts of Ireland. Aussi, n'oublions pas, il y avait Orthez "by night", 27 décembre 2009.le parc Jean-Rameau. Et la Gloriette, à Cauneille !

Diadème se laisse aller aux souvenirs foisonnants. Pourtant, ne lui semblent-ils pas un peu desséchés ?

Souvenirs, mais aussi : projections ! exils ! Le printemps, malgré le tout début visible d'un dessèchement promis, s'exalte. Si c'est le printemps, le dimanche 22 mai peut valoir le lundi 22 mars. Alors, repensant à la tour, Diadème se souviendra peut-être d'y avoir vu une étrange exposition collective, dans laquelle chacune des photographies en noir et blanc était encadrée par les initiales du photographe, ce dans des polices ou linotypes de plus en plus extravagants au fur et à mesure de la visite, de sorte que c'était aussi une exposition de typographie. La Tour Moncade, tout de même ! L'un des portraits était un très gros plan, qui ne montrait que la minutieuse arcade des sourcils noirs. C'était un vendredi. Et c'est un vendredi, depuis longtemps déjà le confluent est derrière nous. Derrière elle. Jamais je n'aurais Protestations contre le projet de rocade à Sallespisse, 12 août 2008 : "Les vieilles planches..."imaginé que le chemin était si long, jusqu'à l'estuaire. Nous nous faisons beaucoup de souci.

Une demi-heure dans la vie du futur non-Directeur

De la main gauche, je scanne, par séries de 2 pages, le chapitre 2 d’American Pastoral en vue de poursuivre l’élaboration du wiki que je vais consacrer au roman de Philip Roth. De la main droite, je consulte mes mails, y réponds, tout en surveillant certaines procédures de retouche en cours sur de récentes photographies (dans Flickr) ; je m’interromps régulièrement pour copier-coller les résultats de reconnaissance d’ABBY FineReader dans un document Word, et même, tout en écoutant les albums Art Deco (1988) et Brown Rice (1975) de Don Cherry, je réponds au téléphone, car H., qui a reçu mon mail sur les décomptes horaires pour les colles, en profite pour me donner les dernières instructions pour la préparation des oraux de l’UE1003. Tout en gardant le bras gauche tendu pour que le scanning des pages 56-57 soit le meilleur possible, je copie-colle dans un autre document Word les instructions officielles et lance une impression afin d’adjoindre icelles au sujet de chaque candidat. Après avoir écrit ce texte, je descendrai à la reprographie récupérer les sujets individuels, les mettrai sous enveloppe avec les instructions officielles, avant de m’atteler à corriger les erreurs de numérisation du chapitre 2.

Qui a dit que les hommes n’étaient pas multi-tâches ?

13:51 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (3)

Champ inframental

Ce qu’il voit n’est pas ce qu’elle voit n’est pas ce qu’on vit n’est pas ce que tu veux n’est pas. Ce qui n’est pas n’a pas d’existence n’a pas de substance n’est pas sans être n’est pas sans s’avérer n’est pas sans poser quelques légitimes problèmes de substance. Ce qui est substance n’est pas essence ce qu’elle voit ce qu’il voit ce qu’on voudra comme on vit comme on veut comme on ne sait rien mieux vaut se taire. Ce que l’on tait n’est pas ce que l’on assume n’est pas un refus de s’exprimer n’est pas le mutisme n’est pas le chaos n’est pas un cataclysme – est-ce le mutysme ? – ce n’est pas et c’est le silence. Ce qui s’isole n’est pas ce qu’on immole n’est pas ce qu’elle adule n’est pas ce qu’il abhorre n’est pas ce qu’on hait n’est pas ce qu’on est. Ce que l’on naît n’est pas ce que l’on devient n’est pas ce que l’on soutient n’est pas ce que tu tiens n’est pas ce qu’elle craint n’est pas du tout pas pas du tout non pas du tout pas moindrement pas ce que pas ce qu’il pas ce dont n’est absolument pas ce dont je me souviens.

dimanche, 22 mai 2011

Sonnet composé après avoir revu des photographies du tombeau de Louis XI

Suèvres ? Cléry-Saint-André ?

 Votre mémoire se dispense

 À peu de choses sur le pré –

De ce duel privé de distance.

 

Entre la fin de nos printemps

Et le début de vos automnes,

Est-il, aride monotone,

Un autre amour qui vous attend ?

 

Non, à cette aune, je ne sais

Si, de Suèvres aux Ponts-de-Cé,

J’atteindrai ce qu’ai commencé :

 

Et, de la sorte, on s’exténue

À songer que, gris sous la nue,

Nos souvenirs nous ont tancé.

 

samedi, 21 mai 2011

La bouteille à l'encreur

Tentations de folie polygraphe. Tentations de nouveaux chantiers, travail. Mois de mai colossalement assommant (de travail). Tentations, et relâchement tout aussi dense. Sécheresse, lecture de trente pages (The Counterlife), puis devoir vaquer, c'est-à-dire travailler. Terrible. Villandry ce matin (Villandry pour la quatrième fois en huit ans). Le Cher moins bas, moins à sec que la Loire, mais guère. Sécheresse. Terrible. Tentations. Terribles tentations. (Ecrire.)

jeudi, 12 mai 2011

Vu à la télé

Inimaginable :

Il y a plus ridicule que Lady Gaga : ses fans !

lundi, 09 mai 2011

Un soir sur le rond-point

Bombardé par un corbeau freux.

Sous les lourds nuages anthracite qui jamais ne tombent en pluie, tandis que je surveillais les enfants, à la lisière du rond-point, j'ai lu deux articles, l'un de Christian Prigent sur Ponge, l'autre de Mieke Bal sur mise en abyme et iconicité, après avoir feuilleté, près du bac à sable, une anthologie de poésie de langue anglaise redécouverte lors de son transfert au sous-sol. (Le transfert a eu lieu samedi soir, après une journée passée à monter des bibliothèques Ikea et à réorganiser toutes les étagères.) Lectures quasiment de détente, après une journée d'oraux de troisième année.

Enfin, alors que les enfants venaient de rentrer, je nettoyais les poubelles (celle du recyclage empestant) lorsque j'ai reçu un projectile sur la tête. J'ai levé les yeux, et, à la verticale de mon corps, huit ou dix mètres plus haut, juché sur l'antenne, ai vu un corbeau freux se démener sur l'antenne de télévision. D'où l'incipit de ce billet :

Bombardé par un corbeau freux.

vendredi, 06 mai 2011

Même pas peur

        La foudre tomba sur le tonneau. Et la barrique de s'étonner !

lundi, 02 mai 2011

Le monde libéré d'Osama bin Laden

Scènes de liesse aux Etats-Unis. Comment peut-on se réjouir d’un assassinat ? Que cela est peu chrétien. Ce neveu d’une victime des attentats du 11 septembre qui déclare que c’est l’un des plus beaux jours de sa vie… qu’est-ce que cela change à ce qui s’est passé le 11 septembre ?

 

Même en essayant, je n’arrive pas du tout à comprendre cette mentalité selon laquelle la vengeance change quoi que ce soit. Lors de conversations sur la peine de mort, il m’est arrivé de dire que, même si quelqu’un tuait les êtres qui me sont le plus chers, je ne changerais pas d’un iota ma position sur la question. Aucune vengeance ne peut réparer l’irréversible, et rien n’est plus atroce que la vengeance institutionnalisée, la vengeance muée en système.

 

Scènes de liesse. Les mêmes, en miroir, que celles de « la rue arabe » qui célébrait, en certains endroits, les attentats imputés à al-Qaeda. Deux faces d’une même médaille rouillée et épouvantable.

Chaorgasme

Défense d'écrire.Un carnétoile est comme une bibliothèque qui se rangerait, s'arrangerait d'elle-même, avec ses trous et ses chaos, ses pleins et ses déliés -- ou plutôt : le chaos, l'amoncellement, l'accumulation (de rubriques, dont certaines sont comme mort-nées, n'ont pas donné suite, have finally petered out) n'y empêche aucunement l'impression de bonne tenue. Il serait facile de redécorer radicalement la pièce, repeindre les murs et les rayonnages d'une autre couleur : d'un simple clic, le vert de Touraine sereine, omniprésent depuis la création, le débarquement, deviendrait grisâtre ou orangé. Pourtant, le graphomane résiste à cette tentation.

(J'écris ces lignes en surveillant un examen, au fond de la salle 413. Il me semble que j'ai photographié, il y a longtemps, des nids de pie depuis cette même salle, à moins que ce ne fussent les graffiti sur les tables. Si je retrouve ces images sur FlickR, j'en illustrerai ce billet. Pour de sombres et pragmatiques raisons, j'ai dû faire, entre 7 h 50 et 9 h 05, deux fois l'aller-retour entre la salle de surveillance et le secrétariat, laissant ma collègue surveiller seule la quarantaine d'étudiants de master. L'ascenseur étant en panne, j'ai donc monté trois fois les 4 étages, l'équivalent donc, très approximativement ou de façon hachée, de deux orgasmes. (J'avais entendu, adolescent, les résultats d'une étude qui expliquait que monter 6 étages équivalait, du point de vue de la dépense d'énergie, à un orgasme. Like most people, I'd rather have a fuck.))

Le carnétoile, dépaysé, raccroché ou renfloué, s'accommode aussi bien des parenthèses languissantes que de liens hypertextuels à foison. C'est lundi matin, back to the grindstone.

 

(Une nouvelle parenthèse, comme si je suivais ici le flux et le reflux des odes composées selon strophe et antistrophe, mais en oubliant, savamment ou sottement, de composer d'épodes : je n'ai pas retrouvé de photographie du nid de pie, mais bel et bien les graffiti, dont l'un vient orner, en lettrine, le début de ce billet. L'éléphant polygraphe a encore du pain sur la planche.) ----- Puis, j'ai cherché encore, mieux, autrement, dans le fouillis gravement ordonnancé de cet autre carnétoile qu'est mon site FlickR, et j'ai retrouvé le nid de pie capt(ur)é depuis la salle 413 : Framed magpie's nest Aujourd'hui, ce sont les mêmes fenêtres, et les mêmes platanes, beaucoup plus feuillus et verts (nous sommes en mai, et non le 26 mars 2007). Héraclite peut prendre des cours de conduite auprès de l'éléphant polygraphe.