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samedi, 15 décembre 2007

Brosses glaces noires

Absolument vous vous moquiez de moi, vous tapiez ma fiole. Plein le flacon qu'il en avait le rombier.

 

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" J'ai rencontré aussi la veuve de Marfaing, une femme au beau visage, vêtue comme un Marfaing, si l'on peut dire, id est en noir, bien entendu, un peu à la japonaise."

(Corée l'absente, p. 453)

 

 

L'évier enfin débouché, on put remercier en lever de rideau les bras au ciel l'homme au torse musculeux qui s'extirpait difficilement du faux placard.

 

Manières landaises

Cardiff Blues - Stade français 

- S'il est beau gosse, putain, l'arbitre !

- Euh, comment tu parles, là ?!...

- De la manière landaise que l'on m'a apprise.

 

Mines farouches

En cherchant dans le Robert culturel divers renseignements sur les deux étymologies de mouche et moucher, mais aussi les dates de première occurrence de certaines expressions idiomatiques (dont faire mouche ou fine mouche), je découvre la citation suivante, si typique de Rousseau paranoïaque :

Je pris l'enfant dans mes bras, je le baisai plusieurs fois dans une espece de transport, & puis je continuai mon chemin. Je sentois en marchant qu'il me manquoit quelque chose. Un fort besoin naissant me ramenoit sur mes pas. Je me reprochois d'avoir quitté si brusquement cet infant, je croyois voir dans son action, sans cause apparente, une sorte d'inspiration qu'il ne falloit pas dédaigner. Enfin cédant à la tentation, je reviens sur mes pas ; je cours à l'enfant, je l'embrasse de nouveau, & je lui donne de quoi acheter des petits pains de Nanterre, dont le marchand passoit là par hasard, & je commençai à le faire jaser ; je lui demandai qui étoit son pere ? il me le montra qui relioit des tonneaux ; j'étois prêt à quitter l'enfant pour aller lui parler, quand je vis que j'avois été prévenu par un homme de mauvaise mine, qui me parut être une de ces mouches qu'on tient sans cesse à mes trousses. Tandis que cet homme lui parloit à l'oreille, je vis les regards du tonnelier se fixer attentivement sur moi d'un air qui n'avoit rien d'amical. Cet objet me resserra le coeur à l'instant, & je quittai le pere & l'enfant avec plus de promptitude encore que je n'en avois mis à revenir sur mes pas, mais dans un trouble moins agréable qui changea toutes mes dispositions. (Rêveries du promeneur solitaire, IX)

 

Du transport au trouble, on passe par les trousses. La mouche, c'est ici l'espion, le mouchard. L'homme de mauvaise mine, c'est la némêsis toujours retrouvée de Rousseau.

(Dans le Robert culturel, la citation, plus restreinte que ci-dessus, se trouve entre bateau-mouche et fine mouche.)

Bergman, où passé

Dans Corée l'absente, Renaud Camus s'offusque de découvrir qu'Arte diffuse le dernier film d'Ingmar Bergman en version doublée (et donc en français). Il note alors ce dont je me suis souvent fait la remarque : "Je ne vois pas très bien qui peut avoir envie de voir un film de Bergman en français. Surtout je ne vois pas très bien ce qui en subsiste. Je ne dirais pas que la langue est tout, chez Bergman, mais elle est le ciment qui tient le reste." (p. 622).

Quand j'essayais de lui expliquer ce point de vue, P. (dont la mort remonte à 10 mois et 1 jour (tandis que je fêtais hier mes 33 ans et 33 jours)) me rétorquait que, pour les personnes qui, comme lui, ne comprennent pas la langue d'origine et qui sont en partie sourdes, passer la totalité du film à lire les sous-titres est pire que tout. Il n'en demeure pas moins qu'à mon avis, on n'a pas vraiment vu un film de Fellini s'il n'était pas diffusé en V.O., de même que les quelques anglophones qui ont fini par céder aux sirènes de la collection Shakespeare Made Easy ne connaîtront jamais Shakespeare : ce n'est pas que la difficulté ou l'abstrusion soient shakespeariennes par essence, mais, par le processus de facilitation (made easy), disparaît ce qui fait la force de ce théâtre. De même, les voix de Roma ou de E la nave va n'ont d'autre écho, fondamentalement, qu'italien.

En lisant cette page du journal 2004, je me suis aussi rappelé ma lecture du Journal de Travers, au printemps dernier. J'avais été frappé de constater que le narrateur (Renaud Camus diariste, mais en 1976-77) réitérait plusieurs fois l'idée, évidente à ses yeux, selon laquelle Bergman était un cinéaste mainstream, pour les petits-bourgeois, et nullement de l'ordre de la grande culture :

" (Le p.-b. français voit la marque du génie dans l'élévation du sujet : d'où l'estime durable dans laquelle est tenu Bergman par exemple, par l'étudiant du quartier Latin : c'est le cinéaste middlebrow type.) " (Journal de Travers I. Fayard, 2007, p. 186)

 

Cette affirmation récurrente m'avait étonné, et je constate qu'en presque trois décennies, il se pourrait que Renaud Camus ait changé d'avis.

[Ici, il faudrait citer le long passage de la page 475, toujours dans le premier tome : Camus y définit, après Woolf, l'intellectuel middlebrow, "la strate Télérama de la pensée", en citant de nouveau Bergman. Il faudrait citer aussi Didier Goux, qui m'a appris que la diffusion de Sarabande en version doublée avait été voulue par Bergman lui-même.]

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..... oui, où on nouoiuo .....

vendredi, 14 décembre 2007

Librocubicularists all of 'em !

 ............... I often read in bed but I'm not a librocubicularist.

(Si je lis au lit, je n'ai rien, pour autant, d'un librocubiculaire.)

16:04 Publié dans Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Anglais

L'Ermitage de Buron

" Le ciel lui-même s'est mis de la partie : il était aussi tumultueux que le paysage, tout en balafres énormes, 9f0ccc93a3cc1fc7e4349038404cbc4c.jpgen striures gigantesques, en boursouflures du diable, prêtes à s'écraser sur le wanderer nain au pied de la forteresse maudite, le tout à l'encre noire comme chez Hugo, ou bien à l'huile, mais avec le manche du pinceau, comme chez le plus sauvage Constable."

 

(Renaud Camus. Corée l'absente. Fayard, 2007, p. 655)

 

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Pourtant, jamais aucun navire ne l'avait emportée loin du village ..... en tombant du ciel ..... ..... absente ..... sans la menace du monde à portée ..... en aucune musique tombée, elle, pourtant.

jeudi, 13 décembre 2007

Flaque zircon

Bosser dur : c'est le moment même où le travail n'avance pas. Je trime en n'en foutant pas une rame. Il est vrai que, sur mes terres, il y a deux types de travail qui, intensément, effrontément, se chassent l'un l'autre, comme la limaille sur l'aimant.

Depuis lundi, les images assagissent le flot tumultueux de la vieillesse orpheline.

(Je n'avais même aucun souvenir de ce roman de Colson Whitehead, que je n'ai pas lu en entier, me semble-t-il. Le billet vaut aussi pour les deux titres qui l'encadrent. Il eut des remords de ne plus écrire de textes pour son Fouillis. Le chagrin lâche la bonde, mais l'eau stagne dans le bidet. Tout de même, en trente mois, tout ce que tu as pu débiter comme âneries... Il n'y a plus de billet vert sur ma carte bleue : je répète : il n'y a plus de bas bleu dans mon carnet vert.)

 

On se retrouve à Saint-Pierre des Corps, pour une valse. La maîtresse ne connaît pas les mules impressionnantes des corridas. La mule n'est pas l'ânon : noyer le poisson.

 

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En bonus : les pratiques débiles de la maison Gallimard.

Nincom-

C'était ce matin. Pas mal. (Pas une torture pour lui, on espère.) Manque de temps (je)*.

 

Dire que j'ai oublié de lui poser une question sur noncoms.

(Oui : noncoms.)

 

* Déjà Djibouti dérive en tous sens, centre absent. Reviendra en son temps. (je) manquE dE tempS.

19:00 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 12 décembre 2007

60 centimes au 27

Dans ma ville, on voit, au dos d'une boîte à lettres, l'inscription Saïd l'escroc habite au 27 suivie d'une flèche. Dans ma ville, une jeune postière tutoie les clients. Dans ma ville, les regards s'effacent pour un rien. Dans ma ville, les gens sont tout surpris si vous leur tendez un ticket de stationnement qui leur permet d'économiser soixante centimes. Dans ma ville, les cyclistes roulent sur les trottoirs et les passages pour piétons, ce qu'aucun d'eux ne faisait il y a encore cinq ans. Dans ma ville, la grisaille s'efface difficilement en décembre. Dans ma ville, on voit, au dos d'une boîte à lettres, l'inscription Saïd l'escroc habite au 27 suivie d'une flèche.

mardi, 11 décembre 2007

Surconsommations

Père Noël pendu


Déjà en décembre 2005 et 2006 je me suis lamenté sur la prolifération de ces affreux Père Noël qui, outre qu'ils ont l'air de pendus ou de cambrioleurs, sont laids et polluants.
De plus, à l'heure où l'on discute à Bali des suites à donner au protocole de Kyoto, toutes ces communes qui ne cessent de surenchérir dans les "illuminations nocturnes" les plus kitsch et les plus coûteuses devraient être sanctionnées, sans parler des simples particuliers qui multiplient guirlandes électriques, rennes phosphorescents et autres immondices qui alourdissent la facture énergétique et les émissions de CO2.

lundi, 10 décembre 2007

Arbre seul dans l'hiver

Arbre seul dans l'hiver


Même en hiver / ce pays est beau / même si les oiseaux / sont de proie
Merveille sur terre / qu'un champ plein d'agneaux / dont la laine tient chaud / dans le froid
Derrière les nues / derrière les nuées / derrière les nuages
Hiver astral / les étoiles sont loin / et le vide est in - / -terminable

J'aime quand il pleut / j'aime quand il plie / j'aime quand il meurt / dans mes yeux

(Dick Annegarn)

dimanche, 09 décembre 2007

Contre pouvoir

....... où d'Irène on but les lais .........

samedi, 08 décembre 2007

La vérité sur Bébé Songe

..... couronne il y avait cours ........

Nus et vêtus

Emprunté avant-hier à la B.U. (dans les casiers réservés aux "ouvrages réservés", les piles s'empilaient : conséquence de la fermeture administrative du site) Nus et vêtus de Christian Combaz, dont j'ai lu les 70 premières pages en une demi-heure : le style est d'une indigence étonnante, et le sujet scabreux tout à fait prévisible.

Bien entendu, la vie est brève, et j'ai mieux à faire que de continuer la lecture de ce roman.

vendredi, 07 décembre 2007

Voilà ce coeur qui a tant aimé les hommes

Vitrail du Christ, église de Saint-Branchs

jeudi, 06 décembre 2007

La Ruse du Professeur Maupas

L’opération ne se passait pas mal, quoique, dérangé par les va-et-vient impétueux d’une bourvonne, le professeur Maupas fût quelque peu cardilophe. Ce brave homme, issu d’une famille d’experts (il avait une sœur psychiatre et un demi-frère halgorologue), était, de toute évidence, taraudé par quelques souvenirs impromptus et indésirables : le matin même, il avait omis de jacavarer avant de quitter le foyer conjugal, non sans quelques gargodontes suscités par son étourderie légendaire. Bref, le patient avait bien de la chance d’être inconscient, car il se fût, sinon, légitimement affolé.
 
« Grégory, les ciseaux 16/18 » ordicta-t-il à son assistant. Il s’irrita en voyant que cet olibrius viliesque, qui avait dû avoir ses diplômes dans une pochette-surprise, ou une année de grèves estudiantines, lui tendait une sorte de phalancodre.
 
Plus tard, tandis qu’en salle de réveil l’opéré revenait à lui, le professeur Maupas se rendait au Petit Patrimoine, où il savait ne pas trouver ce gorsoir de novembre qu’il avait tant aimé. En manquant glisser dans une ploud, il repensa à un giclement inopportun qui  s’était produit lors de l’opération ; même ce grand expert au cœur bien accroché ne put réprimer un frisson.

mercredi, 05 décembre 2007

Elle est bien bonne...

L'assemblée générale de l'intersyndicale des personnels de l'Université François-Rabelais, réunie hier soir, a émis des motions et des communiqués très radicaux au sujet de la LRU ; ces textes ne vont pas manquer de circuler dans la presse.

 Je viens d'apprendre que l'une de ces motions à été votée à l'unanimité des... 18 présents ! (Rappel : l'Université François-Rabelais compte plus de 2 000 "membres du personnel".)

18:53 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (8)

Dans la mire

Pigeonnier (?)

Pas absolument certain de la fonction de ce bâtiment (poste d'observation ? pigeonnier post-moderne ?), je pose toutefois la question suivante à mes lecteurs ligériens (et aux autres aussi, s'ils ont une petite idée) :

                        Où peut-on voir ce curieux bâtiment ?

Mercredi, c'est tanneries

À onze heures moins vingt, un collègue m'a téléphoné pour me dire que tout le monde était coincé dehors, alors que le site devait rouvrir, dès huit heures, et ce après trois jours de fermeture administrative. Le mercredi est le seul jour de la semaine que je consacre à rester chez moi : famille et travail à domicile ; visiblement, je ne rate rien.

À Bordeaux-III, où les cours ont repris après trois semaines d'interruption (soit deux de moins qu'ici, à Tours), on vient d'annoncer aux enseignants et aux étudiants que le rattrapage des cours devait avoir lieu du 3 au 22 juillet. Il va de soi que, dans la mesure où la majorité des personnels et des étudiants, non grévistes, sont présents et prêts à assurer ou recevoir leurs cours, ce genre de "rattrapage" est illégal et qu'on ne saurait l'imposer.

Michel Lussault a, paraît-il, évoqué dans les colonnes de la NR la perspective d'un "semestre blanc" pour toutes les filières concernées par le blocage. On se dirige de facto, et comme je le répète depuis un mois maintenant, vers un redoublement pur et simple du semestre pour toute la promotion. Quel gâchis... Tout ça pour une centaine d'irresponsables qui ont pris prétexte de la LRU pour jouer à la guéguerre...

10:55 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (48) | Tags : Ligérienne

mardi, 04 décembre 2007

Le Vieillard et la mer

Dans son étude passionnante, Jean Dubuffet et la fabrique du titre (CNRS Editions, 2006), Marianne Jakobi évoque les lectures du peintre, en précisant que de nombreux envois émanent des écrivains, d'éditeurs tels que Jean Paulhan ou André Dimanche, mais aussi de libraires :
Jacques Fourcade, libraire rue de Rennes, lui fait lire Le Vieil homme et la mer d'Hemingway (qu'il intitule dans son cahier de notes de lecture Le Vieillard et la mer, erreur inattendue de transcription chez un lecteur si sourcilleux de précision.)
(Jakobi, p. 153)


Par un ultime tour d'écrou, on pourrait faire remarquer à Marianne Jakobi que c'est justement là un élément de re-création titrologique (pour reprendre la formule), mais aussi que la dyade vieil homme / vieillard se retrouve, sous sa plume, dans la confusion soucieux / sourcilleux !

Des astres

J'ai découvert, à la faveur d'une insomnie et d'une recherche sur Evgen Bavcar, que le CESR n'était pas seulement le Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance, mais aussi le Centre d'Etudes Spatiales des Rayonnements.
(Comme dirait Zvezdo : la blogosphère, c'est de la balle.) 

15:15 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (1)

No blamocracy, please...

L'hebdomadaire Courrier international propose, cette semaine, à la page 33, deux articles d'opinion relatifs à la situation actuelle du Liban. L'un, signé Ghassan Charbel, a été publié dans al-Hayat et s'intitule, dans cette version française, "La honte d'être libanais". L'autre, signé Pierre Akel, a été publié dans Shahaf, et s'intitule "L'incompétence du French Doctor". Tandis que Ghassan Charbel se livre à une attaque en règle contre Michel Aoun, Pierre Akel impute, lui, une part non négligeable des problèmes actuels à la médiation ratée de Bernard Kouchner.

Comme, de ces deux articles, je me livrais à une "lecture flottante", pour reprendre l'expression du psychanalyste et critique André Green, j'ai été frappé par l'absence de toute critique un peu constructive, ou, à tout le moins, englobante. Quand je traduisais Yesterday, Tomorrow. Voices from the Somali Diaspora de Nuruddin Farah (Hier, demain. Serpent à plumes, 2001), je me rappelle m'être arraché les cheveux pour traduire blamocracy, dans le dernier chapitre. Après avoir été tenté par un semblable néologissme (reprochocratie ? pas très beau), j'ai fini par opter par une périphrase qui étoffait blamocrats en "rois de la réprimande", ou quelque chose dans ce style-là.

Dans ce très beau passage, Nuruddin explore en effet la responsabilité collective de tous les Somalis dans le naufrage de la nation au cours des années 1990. Il écrit en substance que, dès que l'on écoute les discours des uns et des autres, on s'aperçoit qu'il n'y a jamais d'autocritique : "the self is never to blame". J'ai songé qu'on pourrait transposer cette idée aux deux articles d'opinion que je cite plus haut, et qui, si fins soient-ils par ailleurs, évitent d'évoquer l'idée de responsabilité partagée : c'est toujours la faute des Syriens, de Michel Aoun (qui, de fait, n'a pas un bilan très glorieux) ou de Kouchner (que je n'estime pas beaucoup)...

Je me souviens des Moi volatils des guerres perdues et de Sous le ciel d'Occident, deux romans de Ghassan Fawaz, excellent romancier libanais francophone, dont on peut dire, pour le coup, que sa matière littéraire est pétrie de ces ambiguïtés, se nourrit du jeu complexe des responsabilités partagées. D'où il ressort que la littérature est, comme souvent, tellement supérieure au journalisme...

Cherbuliez dans les nuages

 

 ..... où Victor Cherbuliez en remontre au père aérien .....

 

 

 

Ici, deux souvenirs : l'un de mes plus anciens, ce devait être à Bristol en 1978 (ce gosse avait quatre ans, Bristol remplaçait Dax), et  un livre pour enfants en anglais Henry's Aeroplane (ce qui ne manque pas d'évoquer l'"airéport" de Bachir Benladen, dans l'incipit de Transit (tiens, Waberi : n'aurais-je pas dû, à la demande de Chloé, publier les bribes de ma conférence de dimanche ?)), sans doute chez Brenda et Brian, les amis de mes parents, ou, peut-être, dans l'avion de retour... L'autre, récent, date du 4 décembre 2006 même, une discussion avec I. B., ma collègue de bureau, qui ne connaissait pas non plus Victor Cherbuliez mais se montrait très intriguée (tout en me demandant, comme toujours, si gentiment, des nouvelles d'Alpha).  D'ailleurs, dit-elle /inn-si-pit/ ou /inn-ki-pit/, prononciation latine mais qui, non attestée, de fait, dans le Robert, suscite les moqueries d'Eric ? (La fac, c'est de la balle...)

lundi, 03 décembre 2007

La lutte anti-LRU, c'est ça...

Ce matin, les cours devaient reprendre sur le site des Tanneurs ; c'était la dernière chance de sauver le semestre, menacé sinon d'annulation pure et simple. Apparemment, certains cours ont pu avoir lieu à Fromont, mais ce fut, rue des Tanneurs, une jolie pantalonnade (une de plus).

Comme la réouverture du site était annoncée pour 10 heures, je suis arrivé à 9 h 30 ; il était impossible d'entrer par le parking, et moins encore par les autres accès. Tout était fermé, et des centaines d'étudiants et de collègues battaient le pavé. Plusieurs groupes de bloqueurs, rassemblés par poignées de huit ou dix, et tous ou presque à visage couvert (écharpe ou pull-over jusqu'au-dessous des yeux), patrouillaient de ci de là. Il y avait aussi plusieurs fourgons de CRS.

Nous avons bientôt appris que des bloqueurs avaient réussi à entrer dans le bâtiment, à bloquer de nouveau de nombreuses issues avant de se réfugier dans la bibliothèque universitaire, non sans avoir forcé l'entrée en démontant une partie du rideau de fer. Tous, collègues, étudiants, secrétaires, nous étions là, dehors, à attendre de voir si le bâtiment allait ouvrir.

Un concours blanc du CAPES d'anglais devait avoir lieu ; en voyant l'heure tourner, nous avons décidé, la collègue qui devait m'aider à distribuer les sujets et à surveiller et moi, de renvoyer les étudiants à leurs chères études (c'est le cas de le dire) et d'organiser le devoir ultérieurement sous forme électronique (ce qui ne va pas sans poser quelques complications, mais enfin...).

 

Vers onze heures et quart, comme le site n'ouvrait toujours pas, et comme je discutais avec plusieurs collègues, dont une maître de conférences d'italien que je connais un peu et que j'aime bien, le sémillant Benoît La Francesca (que nous avions tous vu, depuis plus d'une heure, aller d'un groupe de bloqueurs à l'autre, et bouillonner d'en découdre avec les CRS) s'est approché de notre petit groupe, et, interrompant notre conversation, a commencé à parler à cette collègue en italien, et en lui disant, en substance, qu'il ne fallait pas discuter avec des garçons comme moi. Trouvant très cavalière cette façon de faire, je lui ai dit sur un ton amusé qu'elle était capable de décider seule qui elle pouvait fréquenter. Sur quoi Benoît La Francesca : "je ne vous parle pas, à vous". Tandis qu'il continuait son discours comminatoire en italien (dans lequel des mots tels que sbiri et fascisti trouvaient naturellement leur place), je lui ai fait remarquer qu'il était paradoxal, d'un point de vue strictement linguistique et performatif, de dire à quelqu'un qu'on ne s'adresse pas à lui. Sur quoi Benoît La Francesca : "je te parle pas, je te dis, et me cherche pas ou je te pète la gueule". Là, je dois avouer que je n'ai fait aucune remarque sur l'aspect éventuellement performatif de cette docte saillie... sans doute est-ce par lâcheté, d'où la phase testiculaire qui s'est ensuivie...

Une fois que Benoît La Francesca eut lâché son "je te pète la gueule", il a été appuyé, dans son discours d'une haute tenue, par un étudiant "bloqueur" qui passait alors près de nous, que je n'avais jamais vu et qui m'a traité de "nazillon visqueux". Ils s'éloignèrent alors tous deux, touchant tableau, et comme je demandais, sans grand espoir d'éclaircissement, ce qui pouvait me valoir le qualificatif de "nazillon visqueux", Benoît La Francesca s'est retourné pour me hurler à la face que je n'avais "pas de couilles".

Les collègues témoins de la scène étaient édifiés. Pour ma part, j'étais très surpris d'avoir même gardé un calme olympien, ce qui n'est pas dans ma nature.

Il faut savoir que M. Benoît La Francesca (dont je pseudonymise ici le nom) est professeur de rang A et que les propos qu'il tenait à la collègue (maître de conférences, comme moi, et donc de rang B) étaient non seulement insultants à mon égard, mais également une menace voilée vis-à-vis d'elle. Bref, en quelques minutes, ce charmant monsieur s'est comporté en mandarin fier de son statut de "rang A", tout en faisant preuve de sexisme, de radicalisme idéologique (pour dire le moins), de goujaterie, et, pour tout dire, en démontrant l'étendue de sa violence. À présent, j'attends de voir si les syndicalistes du SNES-Up, qui ont toujours soutenu ce merveilleux démocrate et polémiste subtil, continuent de lui confier les fonctions de porte-drapeau de la cause syndicale...

 

En fin de compte, les bloqueurs sont partis manifester, escortés par la troupe des CRS ; il a été annoncé que le site n'ouvrirait pas ce jour, et je suis allé prendre un verre avec quelques amis, avant de rentrer à la maison, non sans avoir raccompagné un collègue chez lui et découvert un disque étonnant : Anna Livia Plurabelle, d'André Hodeir, mise en musique jazz très serrée et vibrante d'un célèbre chapitre de Finnegans Wake. Cela, et le vin de myrte corse, remonte le moral.

16:30 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (13)

Pas sage piétonnier

Dans son entrée de journal du 7 décembre 2004, Renaud Camus emploie l'adjectif piétonnier dans son sens métaphorique seulement attesté en anglais :

Qu'il faut être laborieux et piétonnier, pour être convenable idéologiquement !

(R. Camus. Corée l'absente. Fayard, 2007, p. 619.)

 

Comme il vient de faire remarquer, suivant en cela Finkielkraut,  qu'il est fort dommage que la langue française n'ait pas d'équivalent de l'anglais congenial, on peut voir, dans ce calque hardi, une volonté assumée de mettre en valeur le "bon franglais"...!