mardi, 13 mai 2008
1981 - Michel Puygrenier, le génie festivalier
Michel Puygrenier, l'âme des Fêtes Musicales de Touraine, est un être divin aux multiples facettes. Tantôt il est capable, sans se départir de son rictus narquois ni de son chapeau mou, d'asséner de merveilleuses pépites afin d'expliquer à un grincheux pourquoi le Festival l'escroque de soixante-dix euros, en arguant notamment que "ce genre d'incident ne se produit jamais", puis de se retourner vers une des dames patronesses qui lui servent d'escorte en expliquant qu'"on ne rembourse jamais les gens, et puis quoi encore".
Mais il sait aussi présenter somptueusement les artistes qui viennent se produire "dans [s]a Grange" [sic]. Ainsi, le 22 juin, à quatre heures, ne l'entendit-on pas annoncer le quatuor Artémy, et une oeuvre de Kapustain ? Rien de surprenant, dès lors, que le violoncelliste du quatuor Artémis se soit autorisé à lancer au public que "Kapustin [qu'il faut prononcer comme Raspoutine, eh oui, mon vieux Michel] n'était pas du tout connu en France".
Cela n'est pas vrai, très cher Eckart Runge : Michel Puygrenier n'est pas la France. Il est un univers à lui tout seul.
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mercredi, 30 avril 2008
Artistes estoniens au Château de Tours, [3] : dessins de Priit Pärn

À mi-chemin entre les visions arachnéennes et plombées d'Alfred Kubin et l'humour noir d'un Topor, Priit Pärn, sans casser trois pattes à un canard, fait preuve de métier.
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samedi, 26 avril 2008
"Plaisirs de l'imagination", [2] : Fleurs imaginaires d'Urmo Raus

Courbes rouges, orbes, volutes :

trois carrés pris dans les Fleurs imaginaires de l'artiste estonien

Urmo Raus.
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mercredi, 23 avril 2008
Exposition "Plaisirs de l'imagination", Château de Tours [1]
Il ne reste que qutre jours (pas un de plus) pour aller découvrir l'exposition d'art contemporain estonien qui est présentée, pour trois semaines seulement, au Château de Tours. Elle occupe les deux étages médians du Château.

Il s'agit d'un panachage des collections du Kumu (Eesti Kunstimuuseum) de Talinn, forcément inégal mais très intéressant.

J'ai choisi, pour illustrer ce bref billet, deux photographies de l'installation d'Erki Kasemets, "Life File", réalisée in situ.
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vendredi, 29 février 2008
Né un 29 février, il y a 100 ans

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mardi, 19 février 2008
De dos

Stalles de l'abbatiale de la Trinité, Vendôme.
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dimanche, 17 février 2008
Sens aigu de la propriété

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vendredi, 15 février 2008
De la cornemuse...

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mercredi, 13 février 2008
Vendanges tardives

09:00 Publié dans BoozArtz, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Art, Photographie
mardi, 05 février 2008
Les trois traits noirs du souci
N'ayant pas eu le temps de retourner visiter l'exposition "Julio Gonzalez en famille", n'ayant pas eu le temps de poursuivre mes forages dans l'univers sombre et livresque de Petite nuit, je me contente (les yeux crépitant de petits signes gris anthracite (pages de Soyinka)) de reproduire un dessin de l'artiste espagnol, un dessin de 1936 :

21:55 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Art, Photographie
lundi, 04 février 2008
Perutz, Poitiers, saules, lentes dédicaces
Comme je voulais aborder l'écriture du (long, peut-être) texte que je veux consacrer à Petite nuit de Marianne Alphant, j'ai ouvert le document Word où j'écris certains textes avant de les publier dans l'un ou l'autre de mes carnétoiles, et j'y retrouve ces bribes, datées du 19 janvier dernier et jamais publiées / franchement oubliées :
19 janvier, déjà, minuit quinze, je ne m’endors pas du tout.
Le seizième chapitre de Turlupin est parfaitement hilarant. Leo Perutz, dont le goût du roman historique – même déconstruit – me semblait un peu fade, sur les premiers chapitres, est maître dans l’art de faire dérailler progressivement, mais non sans une violence jubilatoire, un récit de prime abord anodin. (Il y a aussi la façon dont, subrepticement, « la danse de Toulouse », p. 104, me rappelle « la jambe de Poitiers », octobre 2003.)
Autour du titre. D’emblée : Je crache des gauloiseries. Avant, il y eut turlupiner, dont je crus lire que l’expression française était « ça me turlupiline » (j’avais sept ans, mettons, ou huit). Turlupin était, nous apprennent les dictionnaires, un auteur de comédies vite populaire pour l’inanité de ses calembours en dessous de la ceinture (ou, en adaptant à la mode du dix-septième siècle, ses mots proches du haut-de-chausses). Le nom de Tirelupin, dans Gargantua, a fait couler beaucoup d’encre : les auteurs du Robert culturel y consacrent d’ailleurs un encart instructif.
(Accessoirement, le lecteur vagabond finit par apprendre qu’en français du Québec et d’Acadie, la turlutte n’est pas ce qu’on pense. Cela dit, il n’est pas indifférent que le substantif turlupin soit encadré par turgescence et turlute.) Ça, c’était autour du titre. De pleines bouchées de mots crus...

Pour tout compliquer, j'illustre ce billet au moyen d'une photographie de l'exposition "Julio Gonzalez en famille" [Julio Gonzalez. Les saules, 1925. (Ils n'ont pas l'air de saules, mais bon... la pâte prend l'ascendant...)].
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samedi, 02 février 2008
Julio Gonzalez au Château de Tours I
Ce sont peut-être trente ou quarante billets que j'aurais voulu écrire, dans les pages de ce carnétoile, au cours de ces jours de vaches maigres. Une migraine atroce me martèle aux tempes. Avant de visiter, en coup de vent (et en passant entre les averses), l'exposition Julio Gonzalez en famille au Château de Tours, je n'avais (shame on me) jamais entendu parler de Julio Gonzalez, et encore moins, bien évidemment, de son frère Joan, mort jeune (à quarante ans), ou de sa fille, Roberta, huiliste, dont les toiles occupent tout le deuxième étage du Château. On est toujours l'inculte de quelqu'un. De retour à la maison, après un cours de thème dans une salle surchauffée qui a achevé de me plonger dans les bras de la sinusite (a foolish figure), j'ai pu vérifier, dans mon bon vieux L'Aventure de l'Art au XXe siècle (sous la direction de Jean-Louis Ferrier. Chêne/Hachette, 1990), l'étendue des dégâts : Julio Gonzalez y est cité pas moins de sept fois, dont deux petits articles à lui seul consacrés, avec deux reproductions de ses sculptures (la Tête aiguë de 1927 et le Masque de Montserrat criant de 1941).
Si tu as si mal que ça à la tête, je ne comprends pas que tu puisses rester comme ça devant l'ordinateur...
Feuilletant L'Aventure de l'Art au XXe siècle, je me suis retrouvé à méditer sur La Patience de Braque, sur mon rapport ancien mais conflictuel avec la peinture de Baranoff-Rossiné, et, enfin, à découvrir l'histoire savoureuse du Coucher de soleil sur l'Adriatique de Joachim -Raphaël Boronali. C'est d'ailleurs cette anecdote qui m'a conduit (en chantonnant in petto la chanson de Jean Ferrat ("Il est au milieu d' la route / Le stupide aliboron / On dirait qu'il nous écoute / Avec sa têt' de cochon")) à vérifier l'étymologie du substantif/sobriquet aliboron, d'où la citation qui va clore ce modeste et foutraque billet et qui peut renvoyer tant au Livre des mines quà mes lectures récentes d'Orhan Pamuk (encore que, dans Istanbul, Gautier ne soit guère évoqué) :
" Ces ânes étaient harnachés de bâts, de tétières et de croupières agrémentés de dessins en petits coquillages de différentes couleurs et n'avaient pas la mine piteuse de nos pauvres aliborons qui se sentent plaisantés. "
(Théophile Gautier. Constantinople. 1854.)
Si tu as si mal que ça à la tête, je ne comprends pas que tu puisses rester comme ça devant l'ordinateur...
[The story of my life.]
08:50 Publié dans BoozArtz, Le Livre des mines, Moments de Tours, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Art, écriture, Littérature
jeudi, 17 janvier 2008
Fischerboote
Une collègue qui est désormais en poste à Paris-IV m'a renvoyé un volume que je lui avais prêté, et dans lequel se trouve sans doute mon article de "critique" le plus délirant.

Elle m'a remercié d'un petit mot très cordial, au dos d'une carte postale représentant le tableau de Jan van Goyen, Fischerboote in einer Flussmündung (1655). Sur la vaste Toile aux milliards de marines, je n'ai pas trouvé ce tableau-là, mais cet autre, du même : Fischerboote im Seesturm (Bâteaux de pêche pris dans une tempête).
18:10 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Art
samedi, 22 décembre 2007
Itinéraires, au Château de Tours
D'emblée, j'ai un faible pour les expositions du Château de Tours. Le bâtiment a beau avoir subi les outrages du temps (et surtout des restaurations), il me plaît beaucoup ; il me plaît plus encore en tant que lieu d'exposition. Les salles sont vastes, amples, d'une grande sobriété pierreuse.
Ce vendredi après-midi, je m'y suis donc rendu, pour y découvrir l'exposition de l'association Itinéraires, qui occupe les trois étages et le rez-de-chaussée. Bien entendu, on ne s'attend pas à rencontrer le génie à toutes les cimaises, quand on parcourt les salles d'une exposition consacrée à 39 artistes tourangeaux contemporains : si la Touraine était peuplée d'artistes de premier plan, cela se saurait. Mais il y a tout de même, outre les inévitables croûteleux et ringards à la mode (dont Jean-Claude Loizeau est en passe de devenir le pire), quelques remarquables artistes du second rideau.

J'ai retrouvé avec un grand plaisir les ardoises de Florence Lespingal, qui est de plus en plus inspirée et dont les meules, notamment, nous avaient séduits lors de notre visite de l'atelier. Les dernières en date sont encore plus belles.

Dans un style voisin, j'ai découvert Hélène Sellier-Duplessis, dont les toiles gagnent sans doute à partager la même salle que la kitschissime Malou Ancelin.

Charles Bujeau a livré plusieurs grands formats abstraits, tôles peintes qui font grand effet sur les murs.

Les compositions d'Alain Plouvier sont très déconcertantes, et je ne sais trop qu'en penser.

Après un premier mouvement de recul, je me suis surpris à aimer plutôt la peinture d'Eraldo Buratti, grands aplats de lumières bleues ou jaunes qui portent, si mon souvenir est bon, des titres conceptuels. J'ai photographié le tableau ci-dessus à quatre heures moins dix, alors que le soleil dessinait, à travers les carreaux, de jolies découpures de jour. La photographie, malheureusement, n'est pas à la hauteur de l'épiphanie.

Au troisième étage, il y a aussi la salle conçue par Philippe Phérivong, artiste dont j'ai eu l'occasion de voir naguère des petits formats aux Bons Enfants. Philippe Phérivong propose une véritable installation, une série de toiles et de totems qui portent tous le titre Mise en cène. Le jeu de mots est un rien vaseux, mais la reprise du motif de la Cène est très convaincante. Il y a trois ou quatre grandes toiles rectangulaires, dont chacune représente les treize figures sous une couleur dominante, de petits triptyques, un ou deux Christ isolés, et enfin, au milieu de la salle, alignés, treize totems dont chacun représente deux ou trois apôtres et un verre de vin incarnat.
11:11 Publié dans BoozArtz, Moments de Tours, Sites et lieux d'Indre-et-Loire, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Art, Ligérienne
mercredi, 19 décembre 2007
Tout a l'air du toc / Tout a l'air tactique / Tu m'as l'air typique / -Ment sans trac

17:17 Publié dans Autres gammes, BoozArtz, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Photographie
dimanche, 16 décembre 2007
1880 - Paulinaaaggle
The Gates of Paradise est un site consacré à la poésie visuelle. Il y a là de quoi s'égarer des heures durant, en planchant sur la Toile. (I know I have.)
À titre d'exemples, je vous recommande le projet Gaaagle (a gag, en anglais, est un baîllon) et les poèmes visuels de Komninos Zervos.

Illustration : thalia est, tout comme Komninos Zervos, australienne d'origine grecque ; elle compose des poèmes visuels à partir des signes sténographiques conventionnels (shorthand alphabet).
18:55 Publié dans BoozArtz, Flèche inversée vers les carnétoiles, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Art, Poésie, Australie, Ligérienne
samedi, 15 décembre 2007
Brosses glaces noires
Absolument vous vous moquiez de moi, vous tapiez ma fiole. Plein le flacon qu'il en avait le rombier.

" J'ai rencontré aussi la veuve de Marfaing, une femme au beau visage, vêtue comme un Marfaing, si l'on peut dire, id est en noir, bien entendu, un peu à la japonaise."
(Corée l'absente, p. 453)
L'évier enfin débouché, on put remercier en lever de rideau les bras au ciel l'homme au torse musculeux qui s'extirpait difficilement du faux placard.
22:55 Publié dans BoozArtz, Corps, elle absente, Où sont passées les lumières? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Art, Littérature
vendredi, 07 décembre 2007
Voilà ce coeur qui a tant aimé les hommes

16:00 Publié dans BoozArtz, Sites et lieux d'Indre-et-Loire, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 23 novembre 2007
Léger excès de bleu

P.-H. de Valenciennes (1750-1819). L'Orage au bord d'un lac.
Le léger excès de bleu dans la couverture de Sommeil de personne ne frappe que moi, apparemment. (Corée l'absente, p. 136).
You can say that again.
La couverture est un détail du tableau. Les couleurs du tableau ne sont en rien si bleutées, ni la nuée entre terre et ciel si verdâtre, ni la forêt si violette. Ou est-ce la reproduction du site de la RMN, ci-dessus par moi reproduite, qui n'est pas assez bleue / verdâtre / violette ?
19:50 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Art, Littérature
mardi, 16 octobre 2007
Carambolages, le hérisson

Nico Nu (ré)invente l'affiche à colorier soi-même...
(Mouais...)
16:10 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Art
dimanche, 16 septembre 2007
nico nu / descendant l'escalier
10:05 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Art, Ligérienne
samedi, 15 septembre 2007
nico nu / dévalant l'escalier
15:00 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Art
vendredi, 14 septembre 2007
Jacqueline Lamba au Château de Tours
« Jacqueline Lamba, c’est en haut ». Ça commence bien, me dis-je ; au royaume de l’explosante-fixe, les étages s’inversent. Non : au troisième étage du château de Tours, Jacqueline Lamba est au plus près du ciel, et presque déjà dans les montagnes. Tout va bien, alors, rien ne déraille.
Je ne connaissais, de Jacqueline Lamba, que son statut de « femme et muse d’André Breton », pour ainsi dire. La rétrospective que propose le Château de Tours permet de saisir l’artiste dans la discontinuité même d’un travail poursuivi pendant plus d’un demi-siècle, de l’époque des jeux surréalistes aux villes et aux ciels des années 1980.
Dans le grand couloir, le visiteur est accueilli par une multitude de documents divers, dont une longue série de très belles photographies, datant surtout des années Breton, c’est-à-dire d’une petite décennie à peine, puisque Jacqueline Lamba quitta le poète pendant la seconde guerre mondiale, pour épouser le sculpteur David Hare (dont je n'avais, pour ma part, jamais entendu parler (à moins de considérer que connaître son parfait homonyme le dramaturge né en 1947 est en avoir entendu parler)). Ne serait-ce que par ces photographies – dont une splendide de Claude Cahun et une, sans nom d’auteur, un peu bougée, où l’on voit le trio formé par le couple et leur fille Aube, le père et l’enfant étonnamment semblables dans leur expression mi-inquiète mi-farouche – l’exposition vaut le déplacement.
[Il est à regretter, d’ailleurs, que le catalogue en propose si peu, et dans des formats dérisoires.]
Toutefois, il ne faut pas s’en tenir à ces belles photographies, et, d’un pas décidé, en suivant ou non l’ordre chronologique, respirer au rythme des cent et quelque toiles exposées dans les six salles aériennes de ce troisième étage de féerie.
[J’exagère un tantinet, mais bon, Hugo est surréaliste quand il n’est pas bête, n’est-ce pas ?]
Respirons. Entrons. En effet, on n’est pas déçu du voyage, car bien des œuvres sont loin d’être mineures. Comme la maison ne recule devant aucun calembour hâtif pour faire pièce à Fuligineuse, on peut dire que Jacqueline Lamba n’était pas un peintre lambda.
On reconnaît, dans les diverses phases de sa vie d’artiste, l’influence de peintres plus célèbres ou plus marquants – Matisse, O’Keefe, Mondrian… – sans qu’il s’agisse jamais de simple imitation, ni d’hommage : on a le sentiment que Jacqueline Lamba poursuivait de ses pinceaux une vision intérieur, une fièvre de paysages qu’elle trouva à exprimer selon divers modes au cours de sa carrière.
Il me semble, pour ma part, que les toiles les plus belles, les plus durables, les plus admirables, sont la demi-douzaine de « montagnes » sur supports divers (papier journal, feuille de patron couturier, etc.), très inspirées des encres obsessionnelles de Michaux ; mais cette prédilection est sans doute l’influence de mes goûts préalables. J’aime aussi beaucoup la série des puits, de la première manière & donc exposée dans la première salle. Dans cette même salle, je n’ai pu photographier que de biais le troublant autoportrait, et encore sans éviter tout à fait le reflet d’autres cadres au niveau des yeux.

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Ce soir, boudant le festival in de Montlouis, souvent convenu voire carrément à cent lieues du jazz (ce soir, c’est l’octuor du mollasson Fabien Mary, très peu pour moi), je vais découvrir le trio du pianiste Frank Woeste. Vous en dirai des nouvelles. (Word souligne en vert, je ne suis pas surpris.)
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jeudi, 13 septembre 2007
Make It Rain : François Gratelle aux Bons Enfants
Certes, François Gratelle a invité, pour cette exposition personnelle, deux de ses amis ou acolytes (avez-vous remarqué comme le mot alcyon veut obstinément apparaître sous les doigts quand on n'a nul besoin de lui ?), Olivier Cheminard et Ûr, sculpteurs sur ferraille, mais les 69 pièces majeures de ce qu'on ne peut - pour un artiste aussi jeune - nommer une rétrospective sont bien de lui, François Gratelle, dont le nom ouvrait cette phrase qui n'a cessé de se ramifier et de proliférer, au point que le point (justement, et sans redite) se demande bien quand viendra son tour, ce qui lui ressemble bien, à celui-là, signe de ponctuation pressé d'en finir et de briser là, de couper court, de faire taire, quoiqu'il sache bien (on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre ni les points avec des phrases courtes, n'en déplaise à l'atroce Fred Vargas et autres sous-écrivaillons de la même farine) que l'espace qu'on ménage juste à sa droite, le plus souvent, n'est que duperie, et que rares sont ceux appelés au statut de point final, de sorte que je n'ai pas encore dit un mot, vraiment, de l'exposition que l'espace des Bons Enfants consacre ce mois-ci à François Gratelle, ce qui, d'une certaine façon, est se foutre du monde, et je n'en disconviens pas. (Que le point vienne après le pas, voilà qui plaît aux danseurs.)
Les 69 oeuvres proposées, accrochées par François Gratelle, sont tout à fait dignes d'intérêt... sinon, franchement aurais-je pris la peine d'écrire un tel billet ? Pas pour dégoiser sur la psychologie des signes de ponctuation, en tout cas, non, je ne mange pas de ce pain-là. La plupart sont de format carré, petites, et constituent des séries accrochées par lignes de neuf, six ou trois, mais qui forment un ensemble, avec des titres qui reviennent, non comme des motifs, mais comme, semble-t-il, des points de départ (et non des points finaux) à l'imaginaire du peintre. Ces petits formats, qui, encre et lavis sur papier, constituent la très grande majorité de l'arsenal, le gros des troupes, ont des titres anglais qui rappellent ou évoquent certaines oeuvres littéraires (A Good Man Is Hard to Find, par exemple) ou musicales. L'inspiration assez jazzeuse de plusieurs de ces petits formats laisse penser aussi que plusieurs titres sont empruntés à des standards, hypothèse que mon ignorance ne me permet pas de confirmer ni d'infirmer. Par les tons choisis (gris, ocre et bleu pétrole le plus souvent), mais aussi par les thèmes (charnier, ossements, visages et corps défigurés), ces encres broient du noir, mais c'est justement là que le principe des lignes de neuf, six ou trois trouve tout son sens, car les quelques représentations plus joyeuses viennent contrecarrer l'impression parfois lugubre, ou, à tout le moins, sombre de ces carrés.
Certaines de ces encres ont servi aussi de point d'accroche à des toiles plus grandes, surtout des huiles, dont il faut bien dire qu'elles sont moins réussies : ainsi, la huitième encre, Make It Rain, splendide de douloureuse ambiguïté (a-t-on bien vu un visage se multiplier en facettes hésitantes ?), devient, à l'agrandissement, beaucoup plus transparente, et cesse de résister. On peut voir également, sur le pilier près de la fenêtre, deux très belles lithographies, Christ gris et Christ rouge, qui soulignent plus qu'elles ne signalent (plusieurs des carrés nous avaient déjà alertés) l'importance des figures christiques dans le travail de François Gratelle ; à ces figures de Christ, justement, François Gratelle a consacré le plus beau, le plus poignant et le mieux construit, en quelque sorte, des trois "carnets" exposés. Christ en croix par collages rectangulaires, esquisses de dépositions, mise au tombeau fulgurante, c'est là un livre de feu et de suie.
Balourds, ferrailleux, crispés sur leur fausse modernité, l'éléphant de Cheminard et le monstre hybride d'Ûr n'en peuvent mais.
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lundi, 03 septembre 2007
« En forme de couronne de laurier »

« À distance, il me rappela l’autoportrait de Luis Meléndez qui est au Louvre, mais en dégradé et en vicieux ; et ce que le peintre a sur les cheveux n’est pas comparable : un foulard noué, sauf erreur de ma part, en forme de couronne de laurier ou cherchant à pr od uire cet effet. » (Javier Marías. Ton visage demain II. Danse et rêve. Traduit de l’espagnol par Jean-Marie Saint-Lu. Gallimard, 2007, p. 92)
… j’ai bien mis l’accent aigu sur le i, encore que je ne sache pas du tout à quoi cela correspond… j’avais bien dit que je me lancerais fiévreusement dans ce Danse et rêve le soir du 31 août… relu un extrait d’un texte traduit de Javier Cercas, semble-t-il un clone de Marías... Martin Mantra s’en bat l’œil… du nu herculéen à l’oreille fermée on ne dira rien… du double pinceau pointant vers la peau mate du peintre non plus… de la feuille à croquis désespérément retroussée moins encore… on ne dira rien du reps bleu… finalement le foulard noué petitement ne serait pas si saillant, sans la signature.
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jeudi, 17 mai 2007
Itinéraire d'un traîneur de glèbe
J’ai traîné, non mes guêtres mais mon vieux blouson rouge (quatorze ans d’âge déjà), encore dans les allées du prieuré Saint-Cosme.
On a beaucoup discuté, avec A., de choses et d’autres (mais surtout de Ronsard, hommage au génie du lieu oblige), sous la grisaille que seul un timide mais fulgurant rayon de soleil est venu transpercer, tandis que nous approchions du jardin des senteurs.
Finalement, je n’avais rien écrit au sujet de notre précédente visite, il y aura quatre semaines demain. Le prieuré est un lieu si agréable, malgré le passage de la 2x2 voies tout près du jardin des simples et du potager, que l’on y revient toujours.
Tinou y a été intriguée, dernièrement, par les saints aussi médecins anargyres, et, de fil en aiguille, par la matula du bon saint Cosme. (Iam hercle ego vos pro matula habebo, nisi mihi matulam datis, dit Callimadates dans la Mostellaria de Plaute, ce qui doit vouloir dire quelque chose comme : « Ah par Hercule, je vous prendrai pour une cruche, si vous ne me donnez pas la cruche à pisse. » (Bon, là, il faudrait relire la Mostellaria pour s’assurer que cela veut vraiment dire quelque chose, et j’ai autre chose à faire !))
Il y a, à partir d’aujourd’hui, une intéressante exposition de Serge Crampon, artiste qui glane bois, tissus et formes sur les rives de la Loire. L’exposition s’intitule Itinéraire d’un traîneur de grèves, et, après avoir découvert plusieurs troncs d’arbre verticaux seulement tournés d’une certaine façon et rehaussés de quelques ajouts peints (ils figurent des corps immobiles, statues arrachées au fleuve),
le visiteur peut admirer une plus large palette du travail de Serge Crampon dans le grand et toujours aussi beau réfectoire du Prieuré. Toiles au sens fort du terme, grands fusains (Corps d’arbres), troncs suspendus, impressions sur tissu… Cela n’a rien de sidérant, mais ça n’est pas du tout désagréable. En revanche, le film qui présente l’artiste et son travail vaut son pesant de cacahouètes : le texte en voix off, qui a dû être écrit par un ancien étudiant de philosophie qui ne s’est jamais remis de ses échecs répétés aux concours de l’enseignement (si, vous savez, dans le genre Juan Asensio), commence d’emblée par un imparfait du subjonctif (fussent-ils, etc.) aussi superbe qu’inutile, puisque le verbe principal est au présent… ! Tout est à l’avenant…
Bon, j’arrête de râler et je retourne à mes moutons. (Il faudra tout de même reparler de la précédente visite au prieuré. (Prétérition à répétition.))
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Je jure mes grands dieux que je n'ai même pas fait exprès de publier cette note le 17 mai à 17 h 05. (C'est grave, anargyre ?)
17:05 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie, Art, Latin
samedi, 03 mars 2007
Frasques de fresque
Je ne sais plus à quand remonte le brouillon de billet ci-après, car il est en carafe depuis des semaines. Un mois et demi, peut-être ? Je comptais donner, à ce quatrain, quelques frères, mais il est préférable de poser d'ores et déjà les jalons. De plus, c'est l'occasion rêvée d'annoncer (avec une semaine de retard) la parution d'un ouvrage en collaboration avec Tinou, qui a très bien fait le service de presse sur son blog ! Merci à elle d'avoir accordé sa confiance à mes mirlitoneries.
Vous souriez, mais ce n'est rien.
Vos lèvres déjà vous échappent ;
Le sourcil baissé patricien
Ploie sur la peau comme une chape.
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lundi, 05 février 2007
LXIX CRESCENDO

Dans le cadre du salon « Expression d’amour »
BARZECK-GRADZKI
vous invitent à venir
découvrir leur nouvelle exposition
« LXIX CRESCENDO »
samedi 10 et dimanche 11 février 2007
Espace VINCI à TOURS
de 10h à 20h
18:55 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Art
dimanche, 28 janvier 2007
Gérard Marchand, accords & corps subtils

Comme j'ai aimé ses petits formats exposés, avec ceux d'autres artistes, dans ce même espace des Bons Enfants, en décembre & janvier, je fais, sans ambages, la promotion de l'exposition personnelle de Gérard Marchand, qui se tiendra en février 2007. (Vernissage le 3, mais on ne m'y verra pas : je fuis ces endroits/moments-là.)
Ajout de 14 h 14 : 5555 visites ce mois-ci, en 27 jours. Ce carnet retrouve très progressivement son rythme d'antan. Moins de billets publiés, mais toujours quelques lecteurs, des perles et des polémiques.
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mardi, 09 janvier 2007
Ni fée ni affaire
Ce matin, entre plusieurs rendez-vous et surveillances d'examen, j'ai réussi (dans l'université presque déserte (après un lundi peuplé, du matin jusqu'au soir, par les étudiants de troisième année de L.E.A.) et avant d'aller me faire doucher sans parapluie) à coincer l'oiseau Nico Nu, affairé à refaire son tableau vert (qu'à part moi j'ai depuis longtemps baptisé (sur le modèle de "l'escalier le formidable") "le vert-igineux") et à déposer un panonceau Interdit de cracher. Comme, contrairement à l'ami Simon, je ne me promène pas avec mon appareil photo sur mon lieu de travail, vous devrez vous contenter de mes mots... et d'attendre ce qu'en dira le Blog Oranginal, toujours sur le pont dès qu'il s'agit d'élucubrations niconuesques. Il se trouve aussi que j'ai rapidement engagé conversation avec l'artiste, après avoir pu admirer enfin de visu (et pas en photo, once again) ses premiers essais de signalétique, que je trouve très réussis, dans le genre loufoque propret.
Bien entendu, tout ce billet ne doit avoir ni rime ni raison pour ceux qui ne connaissent pas le premier mot de toute cette affaire, et à qui je ne saurais trop conseiller de lire les divers textes de Simon, marqués en lien ci-dessus.
En écoute : Wayne Shorter Quintet. "Speak No Evil" (Speak No Evil, 1964.)
Quel phrasé, quelle atmosphère en ténèbres & magie glorieuse, comme si un vieillard couvert de givre sentait renaître la vie à fleur de peau ! Ce n'est pas ça ici.
17:55 Publié dans BoozArtz, Jazeur méridional, Moments de Tours, WAW | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
mardi, 12 décembre 2006
Vitraux de Truyes, 3

Un brin martial, ce Saint-Martin farouche, quoique offrant son manteau. (Ou un pan d'icelui.)
11:35 Publié dans BoozArtz, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, Ligérienne
lundi, 11 décembre 2006
Vitraux de Truyes, 2

Trois mauvais moines contemplaient, avec une tendresse de parade, le vitrail où dansait l'hostie, un ovale presque imperceptible que désirait ardemment effacer le cercle de feu. Face au calice, Saint Martin, de profil, semblait moins les menacer que ces trois scrutateurs austères, drapés de rouge et coincés entre la chasuble bleue du saint et la crosse d'or de l'évêque, une sorte d'image-miroir de leurs propres faux-semblants. La grisaille de la pierre n'est pas plus funeste que le fond de mon coeur.
16:50 Publié dans BoozArtz, Le Livre des mines, Mots sans lacune, Sites et lieux d'Indre-et-Loire, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, Ligérienne, écriture
dimanche, 10 décembre 2006
Vitraux de Truyes, 1

Je n'ai pas trouvé, sur le Web, d'informations au sujet des quatre vitraux de l'église Saint-Martin de Truyes (mais j'essaierai de dégotter quelques menus renseignements via le fonds de la Bibliothèque Universitaire). Comme, de surcroît, je suis nul en botanique, je ne sais identifier ni la plante représentée ni, a fortiori, le symbolisme qui s'y attache. (Mais pour ce qui est de placer, dans une même phrase et avec une belle symétrie, deux groupes adverbiaux dont un emprunté au latin, trop fort le mec !)
Tout au plus me semble-t-il que la structure de ce vitrail rappelle la figure longiligne du clocher-tour, avec ses quatre baies géminées. Le bleu est superbe.
20:20 Publié dans BoozArtz, Sites et lieux d'Indre-et-Loire, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, Ligérienne
lundi, 13 novembre 2006
Retour de bal

Hier, sur la route de La Ville-aux-Dames, le compteur kilométrique de la Mégane affichait 90109, palindrome parfait. Mais il n'est pas question de cela. Plutôt (encore) des cormorans, dont nous avions déjà admiré le bal il y a un an et que j'ai pu photographier mercredi dernier, mais mal (en raison d'un appareil numérique compact au zoom faible).

Dans les peupliers, j'ai dénombré une bonne centaine de cormorans, oiseaux fabuleux. Sur l'îlet sablonneux, il y avait un intrus (goéland), que, de toute évidence, ses ailes de géant empêchent de se tenir debout.
Pas l'ombre d'un albatros.

15:15 Publié dans BoozArtz, Comme dirait le duc d'Elbeuf, Moments de Tours, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie
mardi, 24 octobre 2006
Philippe Pradier, ou le creusement des grattures
Philippe Pradier expose ces jours-ci, aux Bons Enfants, une vingtaine de ses toiles. Il ne reste que quelques jours pour aller admirer ces carrés aussi variés qu'obsessionnels dans leurs thèmes et leurs teintes. Il s'agit principalement d'acryliques sur toile ou sur papier marouflé ; certaines des peintures sont composées à même les pages de vieux livres et encadrées ensuite.
Finalement, et contrairement à ce que m'avaient laissé penser les petits formats présentés en décembre dernier dans cette même galerie, Philippe Pradier échappe généralement à la petite moulinette creuse du vertige citationnel. Le principe de composition est le même, pour l'essentiel : vastes fonds colorés recouverts de repeints minutieusement distincts. Les couleurs les plus souvent employées sont l'ocre, le jaune, les roux et les orangés, mais il y a de belles incursions du côté des bleus et des verts. Toutes ces toiles sont figuratives, avec une oscillation entre une façon assez classique de composer (dans les oeuvres les plus récentes) et d'autres tableaux qui se distinguent par une structuration de l'espace peint selon des cases ou zones (ce qui n'est pas sans rappeler certains tableaux de Klee (toutes proportions gardées)).
Parmi les formats réduits, j'ai bien aimé Le repos, La maison au petit jardin japonais et La chute de l'ange, qui donne à voir le théâtre du monde sous un versant plutôt léger. Parmi les tableaux les plus énigmatiques, il faut certainement signaler Le mur des oiseaux : est-ce une arène ? une falaise ? troglodytique ? les arbres, ici aussi, sont-ils des horloges ? faut-il appeler au secours le marchand de couleurs (d'oublies, d'oiseaux, de sommeil) ?
Il me paraît nécessaire de m'arrêter, le temps de quelques phrases, sur deux des grands formats exposés, qui frappent autant par leurs similitudes que par leurs dissemblances. Il s'agit de Terres inconnues et du Voyage du Douanier Rousseau (qui est, surtout par les couleurs, un hommage au célèbre peintre). Ici et là, même composition, même trouée et tracé vertical au moyen de l'arc de la barque. Pourtant, ces deux tableaux diffèrent fortement, dans leur "propos" et dans leur effet sur le spectateur. Ici, un océan tourmenté plutôt japonisant (avec les volutes des vagues et les boucles du ciel) et un net recours à l'abstraction (le temps et l'espace y sont représentés par des signes et des symboles, sans compter le texte gratté). Là, en revanche, corps nus se mêlant aux branches ou se confondant avec elles, impression d'apaisement qui naît tant de la structure matérielle ("purement" picturale?) de l'espace-temps et, peut-être aussi, de la mise en abyme, très sobre et presque effacée, de l'artiste au fond de la barque, comme les poissons des îles de la Sonde.

[ Je suis allé piquer, sans vergogne aucune, une photographie de l'artiste devant une de ses toiles. Merci beaucoup à la ville de Fondettes et à son site Web ! ]
18:02 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
lundi, 16 octobre 2006
Atelier Lespingal, 15 octobre
C'est curieux. J'aurais juré

que j'avais parlé, dans ce carnétoile, ou dans l'autre, tant mieux prolifique *, de cette superbe ardoise de Florence Lespingal que nous avons achetée en décembre dernier, après avoir admiré une série de six aux Bons Enfants...

Or, je ne retrouve rien. Peu importe. Mes yeux et ma mémoire savent l'amour que je porte aux ardoises de Florence Lespingal, et qui s'est accru encore depuis que nous avons visité, hier, son atelier, dans l'un des nombreux quartiers informes de Montlouis-la-Tentaculaire.

Plutôt que de longs discours, cette fois-ci, je préfère vous inviter/inciter à aller faire un tour du côté du site/blog de l'artiste elle-même, où se trouvent de nombreuses reproductions de ses oeuvres. (Elle pensait que je n'en trouverais pas l'adresse, mais c'est sans compter sur l'admirable Madame Google, avec ses gros yeux braqués sur le monde des écrans.)

00:05 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Art
mercredi, 11 octobre 2006
Exposition Henri Gaden, suite
Hier après-midi, mon collègue, Michel Naumann, grâce à qui la bibliothèque d'anglais-L.E.A. de Tours a pu accueillir l'exposition Henri Gaden, a répondu aux questions d'un journaliste de La Nouvelle République.

Il y avait aussi un technicien de l'U.F.R. Lettres & Langues, que je ne connaissais pas et qui est très gentil.
J'ai pu admirer de nouveau ces trente clichés vraiment très beaux.

18:40 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
lundi, 09 octobre 2006
Exposition Henri Gaden
Vendredi s'achèvera, à la Bibliothèque d'Anglais-L.E.A. de l'Université François-Rabelais (site Tanneurs) la très belle (mais trop brève) exposition de 30 photographies de Henri Gaden. Il s'agit d'une partie de l'exposition qui avait été présentée en 2001 au Salon du Livre de Bordeaux.
(Nota, pour plus d'informations sur Henri Gaden : le texte de préface d'Anne-Laure Jégo se trouve en ligne ici.)
Des 335 clichés sur plaque de verre stéréoscopique légués par les héritiers de Henri Gaden à la ville de Bordeaux dans les années 70, trente sont ici présentés. La plupart sont d'une très grande beauté : le photographe, administrateur colonial en Afrique de l'Ouest, a saisi des fragments de cérémonies, de conversations, des visages solitaires (vire solaires), des groupes d'enfants, sans parler de la capture de Samory Touré, à laquelle il a participé, selon ses fonctions d'alors. J'aime beaucoup les portraits d'individus seuls, et notamment une très belle Africaine saisie au vol d'un sourire. Le Portrait de Samory Touré après sa capture (n° 3056-57) est très impressionnant, pour ne rien dire de l'image intitulée Colon français et Africaine (Beyla) (n° 3066-67), où se lisent toutes les ambiguïtés de ce qu'il est convenu d'appeler, par un bel euphémisme, "l'aventure coloniale".
La rencontre de ces deux personnes n'a rien d'improbable : le cadrage, qui centre le regard sur l'Africaine, semble témoigner de la joie de cette femme, mais, comme il ne faut pas oublier que le photographe est un officier colonial, toutes les hypothèses sont permises. Rencontre mi-joyeuse mi-gênée ? Signe d'une vie quotidienne assumée, où la ligne de partage entre Blancs et Africains n'est jamais absolument fixe ou figée ? Simple moment d'harmonie ? Savant calcul idéologique du photographe ? Bien entendu, cette image nous renvoie à nos propres fantasmes, nos propres jugés ou préjugés.
Caverne et jeu d'ombres (n° 2976-77) est trop esthétisant, d'une certaine manière. Je lui préfère, et de très loin, ce petit bijou de photographie narrative qu'est l'image (références non notées, silly me!) de quatre hommes dans une salle vide : l'un est debout, un autre assis sur une chaise, un assis à l'arrière sur une sorte d'estrade, un enfin, torse nu, au premier plan, le dos tourné au photographe. Trois chapeaux coloniaux sont posés sur le sol. Que font-ils là ? Qu'ont-ils l'air d'attendre ? La différence entre le nombre de chapeaux et celui des sujets photographiés ne laisse pas d'intriguer : j'ai cru voir que le personnage au fond, assis sur l'estrade, avait une casquette à visière. On pourrait aussi imaginer, à l'extrême rigueur, que le personnage vu de dos, torse nu, soit une femme... Laissons dériver l'imagination...
23:01 Publié dans Affres extatiques, BoozArtz, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie, Art, Université
dimanche, 08 octobre 2006
Le Misanthrope (Nouvel Olympia), Benoît Lambert
On relance le chauffage ce matin, à peine, mais pour couper le refroidissement nocturne. Peu après, le soleil tape fort à travers les vitres, et il ferait presque trop chaud.
Hier soir, nous avons vu Le Misanthrope, au Nouvel Olympia, dans la mise en scène de Benoît Lambert. Une ancienne étudiante, désormais au Conservatoire (où elle se plaît beaucoup plus, me dit-elle, qu'à l'université, ce qui se comprend très bien) et ouvreuse en ces soirées, m'a assuré que c'était un très bon spectacle. Elle n'est pas difficile, ou nous n'avons pas les mêmes critères (sans doute).
En effet, il s'agit d'une mise en scène parfois judicieuse, souvent intéressante, mais médiocre dans l'ensemble, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'interprétation est très inégale, et il faut notamment déplorer que la plus mauvaise des trois actrices soit justement Célimène (Lara Suyeux), qui, de surcroît, est terriblement mise en avant par les choix du metteur en scène. Elle fait partie de ces actrices qui donnent le sentiment de débiter leur texte (surtout si ce sont des vers) sans rien y comprendre. Des formes généreuses et une belle chevelure brune ne suffisent pas à faire d'elle une actrice convenable, et tout était balancé d'une voix éraillée, d'un ton uniforme, sans que l'on ait jamais le sentiment que les mots correspondaient à un quelconque état intérieur du personnage, ni même, parfois, qu'ils aient un sens. Soit. Philinte (Emmanuel Fumeron) n'avait pas l'air très à l'aise, mais peut-être n'avait-il pas été dirigé... On laissera, à l'acteur, le bénéfice du doute.
Par ailleurs, si les choix de mise en scène étaient souvent astucieux, ils ne semblaient pas tellement relayés par les acteurs. Manque de direction, une fois encore ? Peut-être. Il n'est pas très novateur de faire de Célimène une sorte de semi-mondaine entourée de semi-maffiosos, mais l'idée d'utiliser alternativement, dans deux ou trois scènes très précises (dont la scène du sonnet), la voix nue et un micro, était tout à fait bien venue et donnait du relief aux relations entre personnages. Benoît Lambert ne nous épargne pas ce qui est, à mon avis, la malédiction du théâtre contemporain : les rideaux coulissants. Ici, ils sont là pour la parade, ou pour amuser le spectateur qui ne goûte pas les vers de Molière. De fonction dramaturgique, apparemment, pas l'ombre. On se serait bien passé aussi des riffs de guitare en musique de fond qui agrémentaient certaines scènes.
Ces quelques exemples montrent que ce spectacle était, sinon farci, du moins largement composé de petits gimmicks scénographiques qui sont la marque d'un metteur en scène dont l'un des desseins est d'impressionner ou de scandaliser le public peu habitué à aller au théâtre : lycéens, notamment, et toute la cohorte de ces messieurs dames qui voient un ou deux spectacles l'an et s'offusquent de ce qui a été calculé pour les choquer. Dans ces gimmicks, certains éclairent le texte de Molière, ce qui n'est déjà pas si mal, et d'autres n'apportent rien.
Que reste-t-il ? Eh bien, à l'exception de Philinte et de l'épouvantable Célimène, le texte est porté par de bons acteurs, qui font entendre de vrais alexandrins, et les disent dans le respect des règles prosodiques et des diérèses, sans oublier non plus les enjambements. Je retiens aussi un retour à des mises en scène qui mettent en avant les éléments comiques de la pièce, après des charretées de mises en scène à la limite du tragique existentiel (dans les années 1990 notamment). À cet égard, Oronte servait de contrepoint constant et parfait, avec un Guillaume Hincky cabotin juste à point. L'idée du remploi d'une même séquence de quatre vers dans plusieurs scènes, et entre des personnages différents, se prêtait tout à fait à l'oscillation entre comédie et nuances plus noires.
16:55 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
mercredi, 04 octobre 2006
Exposition Philippe Pradier aux Bons Enfants
Nous avons découvert quelques toiles de Philippe Pradier lors de l'exposition d'hiver Petits formats aux Bons Enfants, en décembre dernier. Cette fois-ci, le peintre amateur de citations picturales est de retour pour une exposition personnelle, en ce même lieu, ce que l'on peut vérifier sur le blog du galeriste.
Finalement, nous n'avons pas acheté ce 60x60 de Salaün que j'aimais beaucoup, parce que C. était moyennement emballée. (Or, pour transporter (être transporté(e)?), il faut un emballage.)
10:15 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
mardi, 03 octobre 2006
Vertes fenêtres...
Vertes fenêtres désuètes,
Quand le soleil brûle, attiseur,
Vous offrez vos grâces --- muettes
Que surprend un climatiseur.
23:25 Publié dans BoozArtz, Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie
vendredi, 15 septembre 2006
Exposition Jean-Michel Salaün
Comme je l'avais déjà annoncé, les Bons Enfants exposent ce mois-ci les travaux de Jean-Michel Salaün.
Il s'agit de tableaux peints, pour l'essentiel, à partir de grands aplats, car l'artiste se sert principalement des paumes de ses mains. Les toiles sont de formats divers, principalement des carrés, le tout allant, pour les proportions, de petits 20x20, presque monochromes, à deux ou trois toiles de 150x150. Il y a aussi de petites sculptures en technique mixte, de couleurs plus composites que les toiles.
J'ai surtout "craqué" pour le 60x60 qui se trouve au fond à droite, en entrant (que je nommerai Visage sous nuage, même si aucune des toiles n'a de titre) ; la série de six 30x30 (surtout le carré noir que j'aimerais nommer Orage) ; enfin, le grand 100x73 qui se trouve juste à droite en entrant (titre inventé par moi : Chair à vif).
Visage sous nuage : carré rouge où se dessine, par un triangle noir (traînée d'encre de Chine ?), une sorte de visage seulement pourvu d'une bouche grattée. Seul un nuage orangé vient menacer cette ombre paisible.
Orage : carré noir, pluie de suie qui tinte et tape sur la porte ardoisée d'une caverne (or et grisaille).
Chair à vif : frappé d'emblée par son éclat, quand je suis entré dans la salle d'exposition, je me suis toutefois aperçu, au second regard prolongé, que la chair rose blanchâtre qui compose, au centre de l'incandescence, un trapèze, me séduit moins - est-ce un visage ? une porte ? une hallucination ? le soleil aveuglant ?
Il faut, si l'on habite la région, aller voir cette exposition, d'autant qu'il est toujours très agréable de discuter avec Fred Ronfaut, hôte attentionné et galeriste délicat. Vous pourrez emporter (en guise de souvenir et s'il en reste) l'un des 260 morceaux d'un tableau de Jean-Michel Salaün, chacun de ces petits carrés ayant reçu la signature et l'empreinte digitale de l'artiste, ainsi que le numéro de série (mon exemplaire est le 183/260) et une inscription cryptique (996 ?).
[Lien vers le site des Bons Enfants.]
17:40 Publié dans BoozArtz, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
lundi, 28 août 2006
Dire qu'il y a une semaine je me demandais sérieusement si j'avais encore le goût des carnétoiles...
Hier, je vous signalais l'existence du nouveau blog (photographique) de Tinou. J'en remets une couche en vous signalant que la manière la plus séduisante, à mon avis, de découvrir l'ensemble de ces images est de passer par le module des archives mensuelles, sinon guette la pléthore.
Par ailleurs, j'ai laissé, sur deux de ses très belles images de Sousse, deux commentaires qui pourraient constituer deux fragments de mon autobiographie africaine : I et II.
Sinon, il faudrait que je toilette la rubrique (ci-contre à droite) des blogs amis, et y ajoute, enfin, celui de Baptiste Coulmont, déjà remarqué dans ces pages, et où je m'excite un tantinet ce jour d'hui.
17:50 Publié dans Affres extatiques, BoozArtz, Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 02 juillet 2006
Exposition Joël Frémiot, au château de Tours
Nous dirons, après quelques escalades, que
les images sont
parlantes,
à moins de considérer
la vie du visiteur
comme un
happening.
08:20 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 27 juin 2006
Exposition Simone Lacour
Il vous reste une semaine pour aller admirer, au premier étage du Château de Tours, l'oeuvre variée de Simone Lacour, peintre et sculpteur belge née en 1926, et dont cette rétrospective montre les différents visages, les multiples facettes.
Ce dimanche, l'artiste elle-même se tenait, digne et droite, près du petit bureau de bois de l'accueil, dans le grand et somptueux couloir où étaient exposées ses toiles, aquarelles, dessins et objets de moindre format.
Elle discutait avec la dame préposée à l'accueil.
Dans les salles se trouvaient, accrochées aux cimaises, les toiles de (très) grand format et - chacune sur son pédiestal - les sculptures.
Sans être une artiste de premier plan, Simone Lacour donne à voir quelques scultpures et quelques crayonnés d'une grande beauté. Les toiles sont plus inégales, à mon goût : de grandes réussites ligneuses ou ignées, abstraites et sombres, côtoient certaines, qui, plus figuratives, semblent plus convenues ou au bord d'un imaginaire un peu kitsch.
Un dimanche émouvant, dans la pierre époustouflante du Château, et non sans se mirer dans le Vellum - Féminin de la grande dame.
08:05 Publié dans Autoportraiture, BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 26 juin 2006
Fulgurante face austère
Azay-le-Rideau, 6 novembre 2005.
En le miroir encore, tu nous invites à méditer sur notre propre sévérité.
La rivière s'orne de rides qui t'engloutissent.
11:50 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 28 mars 2006
Malou Ancelin aux Bons Enfants

08:50 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
vendredi, 27 janvier 2006
Fauteuils de Juliette Gassies
Qu’est-ce que j’ai bien pu écrire de si affreux, sur les nageuses de Juliette Gassies, qui ait pu dérouter l’artiste ? J’écris ces lignes sans accès à la Toile, ni, du coup, aux archives de ces carnets.
Toujours est-il que le galeriste des Bons Enfants m’a raconté aujourd’hui qu’il lui avait laissé entendre que c’était de l’humour…
Je n’avais pas vraiment aimé ces nageuses, assurément, mais l’artiste ne me laisse pas indifférent, loin de là : la nouvelle série, de trois fauteuils, nous a totalement séduits, C. et moi. Cette série joue sur un faux bichromatisme bleu/rouge, qui se décline, en fait, en infinies nuances de perspective et de coloris. Entre deux fenêtres de salon, face à la lumière vitrée, ce fauteuil rouge, de trois quarts, rend admirablement.
Aux Bons Enfants, à Tours, c’est, demain, le dernier jour pour fouiner dans les nombreux petits formats qu’exposent différents artistes. Mention spéciale pour Carole Boissière, dont la série de six teraku est confondante de maîtrise, de terreuse et ferrugineuse beauté.
********************
P.S.: Vérification faite, voici ce que j'écrivais le 9 décembre : "Le galeriste défend avec maestria la série des nageuses, qui est de Juliette Gassies, je crois. Pour moi, c'est quasiment irregardable. Et il y a pire encore."
C'était assez méchant, en effet. À les revoir auprès de ces beaux carrés représentant les fauteuils, les nageuses sont, tout de même, regardables. Mais ce goût pour de fades silhouettes n'est pas ce qu'elle fait de mieux, je le maintiens. Il faut comprendre la phrase "il y a pire encore" comme suit : dans la note du 9 décembre, je ne parle que des artistes qui m'ont plu.
14:20 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
jeudi, 26 janvier 2006
Hommage à Richard (Au vent la lettre II)
21:05 Publié dans Affres extatiques, BoozArtz, Flèche inversée vers les carnétoiles, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
lundi, 23 janvier 2006
Le démon de l’association
De la table du déjeuner, une longue giclée d’orange sanguine atteignit le plancher, en parquet flottant. Peu s’en fallut que les grosses gouttes rosées ne tâchassent mon chandail (qui s’en serait remis) ou l’une des innombrables copies d’examen qui jonchaient la table, hâtivement repoussées pour permettre au tâcheron de se sustenter. L’image de ces gouttes vastes et violentes, que j’essuyai d’un coup de chiffon vigoureux, fit naître devant mes yeux quelques réminiscences de Kill Bill, vu tout récemment. En dépit de l’inévitable distanciation que provoque le mélange grossier d’humour décalé et de parodie propre à Tarantino, la violence de ce film demeure, et m’a choqué, sans doute comme pour C., qui avait pris à cœur certaines scènes de Casino : dans ce cas précis, le génie de Scorcese avait fait, de mon côté, passer la pilule.
Ces quatre ou cinq gouttes d’orange sanguine venaient clore, en point d’orgue, un repas fruste mais délicieux qui avait pour charnière trois œufs sur le plat ; il se trouve, pensais-je en faisant la vaisselle et en regardant, pour une énième fois, la reproduction de l’une des versions de la Vierge de Munch qui est collée à l’un des carreaux au-dessus de l’évier, que j’avais écrit, adolescent, un mauvais poème dont l’image principale était l’analogie, pour un prisonnier devenu anorexique et anémique, entre le jaune d’œuf servi à la cantine et le sang de son crime.
La carte postale qui représente cette Vierge peinte en 1895, achetée en 1998 à Paris lors de la grande exposition consacrée au Fauvisme en Europe, a longtemps orné l’un des côtés de l’étagère de bois blanc fabriquée par mon grand-père maternel, et qui servit, dans notre appartement puis notre maison de Beauvais, de séparation entre salon et salle à manger.
La vaisselle faite, j’écrivis les quelques bribes de phrase qui devaient me rappeler l’essentiel de ce billet à l’encre rouge (celle dont j’usais pour corriger les copies d’examen que n’avaient pas effleuré les gouttes de jus sanguin), puis, la cartouche faisant flic, à l’encre verte.
………
En écoute (en boucle) : « Rag » de Julien Jacob (album Cotonou. Wrasse Records, 2005. WRASS 138)
15:42 Publié dans Affres extatiques, BoozArtz, Moments de Tours, Tographe | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
dimanche, 22 janvier 2006
Renaud Lagorce expose au Cub’ Ink
Il y avait aussi des encres calligraphiant des silhouettes (d’Isabelle Genty), et un buste accompagné quatre photographies chromatiques (de Marie-José Laflaquère), mais j’étais venu faire un tour au magasin Cub’ Ink (21, rue Néricault Destouches, à Tours) pour voir les nouvelles images de fluides de Renaud Lagorce. Je ne fus pas déçu, même s’il n’expose que huit grandes photographies argentiques, collées sur aluminium.
L’artiste lui-même, dont C. m’a offert une petite œuvre en décembre, m’avait téléphoné pour m’avertir qu’il exposait, et j’avais relayé l’information sur ce carnet de toile.
Le travail de Renaud Lagorce est très particulier, à la limite du kitsch d’après C. Je suis, pour ma part, tout à fait séduit, sous le charme. Il met en image des fluides colorés, selon une technique qui m’échappe. La seule réticence que j’ai en ce qui concerne l’œuvre offerte, c’est son encadrement dans une ardoise de couleur beige foncé, qui se lie mal à la vue du fluide.
En revanche, les cadres d’aluminium des huit œuvres exposées au Cub’ Ink mettent au mieux en valeur ces fluides qui paraissent, selon l’angle ou l’humeur, fumerolles, nuées, radiographies, fleurs de poésie.
Lecteurs de la région, allez-vous faire une idée par vous-mêmes…
21:55 Publié dans BoozArtz, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
jeudi, 19 janvier 2006
Humour fagot

- Jésus, arrête de jouer avec l'orbe dans la grange ; tu vas finir par blesser une vache.
- Appelle-moi Salvator Mundi, d'abord, toi !!!
- C'est comme ça que tu parles à ta mère ?
[Très belle statue de la collégiale de Bueil. Droits réservés.]
08:10 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 17 janvier 2006
Christ aux épines

Ce Christ superbe, sur une commode, dans la cmabre bellement lugubre où Louise de Lorraine vécut ses années de veuvage*.
* En fait, elle avait sa chambre au rez-de-chaussée du château de Chenonceau, en face de la petite chapelle, mais la chambre a été reconstituée à l'identique au deuxième étage, ce qui la rend, en son isolement, plus sinistre encore.
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Au vent la lettre
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samedi, 14 janvier 2006
Daumier, ou les bouffissures

"La charge de Daumier est féroce. Les trognes exsudent les bouffissures de la vanité. Une cravate bourgeoisement nouée compresse le menton renfrogné, la fausseté d’un regard luit dans l’oeil mi-clos sans que jamais le détail n’égare."
(Dominique Widemann. L'Humanité du 30 octobre 1999)
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vendredi, 13 janvier 2006
Fait tapisserie au château de Chenonceau, 6

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Fait tapisserie au château de Chenonceau, 5

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Fait tapisserie au château de Chenonceau, 4

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mercredi, 11 janvier 2006
Exposition de Renaud Lagorce

Je vous raconterai ultérieurement dans quelles circonstances, pourquoi et comment ma compagne m'a offert, pour Noël, une photographie de fluide de M. Lagorce.
Dans l'immédiat, je vous informe d'une nouvelle exposition de cet artiste digne d'intérêt, Etherance, rue Néricault-Destouches, à Tours.
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Fait tapisserie au château de Chenonceau, 3

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Fait tapisserie au château de Chenonceau, 2

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Fait tapisserie au château de Chenonceau, 1

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mardi, 10 janvier 2006
Médaillons sculptés de Chenonceau, 6 : Galba

17:22 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Médaillons sculptés de Chenonceau, 5

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Médaillons sculptés de Chenonceau, 4 : Germanicus

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Médaillons sculptés de Chenonceau, 3

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Médaillons sculptés de Chenonceau, 2 : Néron

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lundi, 09 janvier 2006
Médaillons sculptés de Chenonceau, 1

21:30 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Vierge florentine du XVème siècle

Cette Vierge à l'enfant, absolument magnifique, se trouve dans la chapelle sise au rez-de-chaussée du château de Chenonceau.
Le menton et les arcades sourcilières de la Vierge, sa chevelure, l'expression de l'enfant Jésus, l'ange espion juste dans le fond... quel mariage osé entre la douceur et la merveille !
Je n'étais jamais allé à Chenonceaux, ni à son château (qui, lui, ne prend pas d'x), et je vais avoir besoin de temps pour m'en remettre. Le château, avec son mobilier et sa collection d'art, est splendide et mérite tous les éloges mirobolants que l'on peut lire ès tous lieux.
14:10 Publié dans BoozArtz, Où sont passées les lumières?, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 07 janvier 2006
Six vues du monument aux morts de la place René-Coty






Comme pour l'ensemble de ce site, tous droits image et texte réservés Guillaume Cingal.
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mercredi, 04 janvier 2006
Double coup double
Je cherche une citation précise de Hervé Guibert, dans L'Image fantôme, et je tombe sur celle-ci, plus belle encore :
Mon désir va vers les personnages qui entrent intrusément dans le cadre familial. ("Photo animée", p. 50)
Je le parcours. Le pré reverdit de son encre noire, encore. Il faudrait citer chaque phrase de ce livre. Voilà, enfin, celle que je promis de recopier dans ce carnet de toile :
Les photos que je trouve bonnes, moi, sont toujours les photos loupées, floues ou mal cadrées, prises par des enfants, et qui rejoignent ainsi, malgré elles, le code vicié d'une esthétique photographique décalée du réel. ("Inventaire du carton à photos", p. 40)
Voilà une citation, qui, outre réparer un oubli, devrait contribuer à un débat.
lundi, 12 décembre 2005
Est-ce ce palmier-là ?

" De nouveau à la F.I.A.C., hier soir, avec Jean et Philippe. Beaucoup de choses m'avaient échappé dans la cohue de l'inauguration, et par exemple un paysage avec un palmier de Jawlensky, de 1914 semble-t-il, qui est certainement pour moi la merveille de la foire, l'objet de fantasme par excellence, comme l'Udalzowa de chez Gmurzynska, l'année dernière."
(Renaud Camus. Journal Romain (1985-1986). 11 décembre 1985)
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vendredi, 09 décembre 2005
Petits formats aux Bons Enfants
Avant et après le déjeuner (de très piètre qualité), au nouveau restaurant mexicain de la rue Bretonneau, Chez Kristina, que nous vous déconseillons absolument, nous sommes allés, C. et moi, voir, en deux temps pour mieux nous en imprégner, la petite mais robuste exposition de petits formats à l'espace des Bons Enfants. J'en ai annoncé le vernissage avant-hier, et je confirme l'intérêt qu'il y aura, sinon à aller rencontrer les artistes au cours du pince-fesses susdit, du moins à faire un tour du côté de la rue des Bons-Enfants.
Plusieurs des vingt-six artistes exposés nous ont "tapé dans l'œil ", comme on dit vulgairement.
J'aime beaucoup les nouveaux carrés encadrés de noir de Jean-Pierre Loizeau, des figures composées, à peine défigurées, noires illuminées, ou soudainement jouant sur des contrastes d'orange et de rouge très puissants.
J'aime beaucoup le travail subtil, coloré et jouissif de Philippe Pradier en hommage à certaines toiles reconnaissables (la très galvaudée Jeune fille à la perle, hélas, mais aussi un Braque), qui forme une sorte de série très réussie, serinée, et passée sans encombres au surin des regards.
Les photographies de Renaud Lagorce, qui représentent des fluides colorés, me plaisaient énormément, notamment deux d'entre elles (une grise, l'autre rouge) qui donnent à voir, en fonction de l'angle, soit une structure en fil de fer, soit une exquise fumerolle. Mais C. trouve cela très kitsch. Des goûts et des couleurs... (J'attends vos avis, chers lecteurs ; quand vous aurez visité l'exposition...)
Autres points forts de cette exposition, les tôles de Charles Bujeau et les ardoises de Florence Lespingal, presque abstraites (mais un soupçon de figuration vient relever, d'une touche lumineuse, ces petits blocs de toute beauté). Les ardoises de Jean-Pierre Lenoir, saignements de lave et boues noires virulentes, dans un recoin, irradient leur douceur, près de statuettes blanches, rêveuses et paisibles (mais de qui ? (à vérifier)), très réussies, au moins pour trois d'entre elles, en porcelaine (ce qu'il est impossible de deviner ou déceler).
Il y a là, évidemment, des artistes dont la "démarche", comme on dit communément, est tout ce que j'abhorre : esthétique inspirée de la bande dessinée (ou des arts décoratifs), figurations hyperréalistes dans des teintes outrancières, etc. Par exemple, le galeriste défend avec maestria la série des nageuses, qui est de Juliette Gassies, je crois. Pour moi, c'est quasiment irregardable. Et il y a pire encore.
Mais l'ensemble de l'exposition est, pour le regard, extrêmement stimulante. Le vernissage a lieu demain, samedi 10 décembre, tout l'après-midi, et le galeriste m'a dit qu'il ouvrait aussi dimanche après-midi.
******
Une petite plaisanterie s'est glissée dans la trame hypertextuelle de ce message. Saurez-vous la trouver ?
17:35 Publié dans BoozArtz, Moments de Tours, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Salon du Petit Format, à Truyes
Je l'apprends à l'instant : il se tient, au château de Truyes, un Salon du Petit Format. Il ne reste qu'un jour et demi pour s'y presser, mais je n'arrive pas tout à fait après la bataille.
16:01 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 08 décembre 2005
22
Un beau gars de Champchevrier
Courait tout comme un lévrier :
"Je cherche, tel Saccard,
L'artiste des Rougon-Macquard,
Car je sais bien que L'Oeuvre y est."
20:43 Publié dans Album de limericks ligériens, BoozArtz, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 07 décembre 2005
Les Bons Enfants

du côté des bons enfants
17:06 Publié dans BoozArtz, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 02 décembre 2005
Je sors de ma torpeur (exposition Buren)
Le silence n'aura duré qu'un jour. Mais je reprends la plume brièvement pour m'indigner seulement d'une phrase trouvée dans un article de Régis Guyotat, daté du 29 octobre dernier et paru dans Le Monde :
"Pour célébrer les vingt-cinq ans d'activités du Centre de création contemporaine de Tours, son directeur Alain Julien-Laferrière a donné carte blanche au plasticien Daniel Buren pour tenter de sortir de sa torpeur le château de Tours."
Pour penser que le château de Tours a vécu ces dernières années "dans la torpeur", il faut être singulièrement inculte et mal informé... ou ne regarder la province tourangelle que du seul haut de son parisianisme creux et inepte.
J'ai consacré une note à cette exposition il y a bientôt un mois.
19:48 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
mercredi, 23 novembre 2005
O'Nan
Comme il est beaucoup question de mes autoportraits ou de leur éventuelle indécence/inintérêt (en tout cas, ils attirent les commentaires), voici un poème récent de Steve Gehrke, inspiré d'un célèbre tableau d'Egon Schiele.
10:11 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
dimanche, 20 novembre 2005
Où va l'érudition...
Les Presses Universitaires de Princeton ont même publié un ouvrage, d'une certaine Carrie Rebora Barratt, sur les circonstances dans lesquelles Thomas Sully réalisa, en 1837, un portrait de la jeune reine Victoria.
... je sais, les auteurs de carnétoile qui n'ont pas le temps d'écrire se contentent de quelques images ou de notes courtes... sombrant dans la facilité...
13:50 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Il y a 168 ans, le 20 novembre 1837...
... le peintre Thomas Sully assistait à une conférence du professeur Green, le grand anatomiste anglais.
(Thomas Sully. Portrait de Thomas Jefferson. 1821)
11:35 Publié dans BoozArtz, Célébrations improbables | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 18 novembre 2005
Guillaume Cingal, dans le rouge fade de l'exposition Buren
21:30 Publié dans Autoportraiture, BoozArtz, Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
Un débat sur l'art
Je voulais vous signaler une vigoureuse (mais d'idées) empoignade avec Marione, au sujet de l'exposition Buren. Mes deux longues réponses expliquent aussi mon silence sur ce blog-ci.
15:40 Publié dans BoozArtz, Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 17 novembre 2005
Des crocodiles dans tes rêves : Tchekhov, Markowicz, Bouillon
Cette fois, nous n’avons pas bu le bouillon – pas tout à fait, en tout cas.
Je m’étais juré, depuis le ridicule Songe d’une nuit d’été et l’affreux Léonce et Lena, de ne plus aller voir de mise en scène de Gilles Bouillon. Mais la curiosité de découvrir la traduction de Markowicz en action fut plus forte, et, samedi soir, nous sommes allés voir Des crocodiles dans tes rêves, le spectacle composé de cinq pièces courtes de Tchekhov proposé par le C.D.R.T., au Nouvel Olympia, à Tours. Evidemment, Bouillon est un metteur en scène qui est incapable de faire entendre les moindres subtilités d’un texte dramatique, et, comme il ne semble pas non plus savoir choisir ni diriger les acteurs (son Léonce et Lena, l’an passé, était un cas d’école), le choix qui consiste à surjouer, entre le grotesque et la fanfare, est à peu près la seule option qu’il ait à sa disposition. Toutefois, dans le cas des pièces choisies, ce parti pris fonctionnait à merveille, à l’exception de La noce, qui traînait en longueur et manque de rythme. Sinon, L’Ours et La Demande en mariage, les deux premières, très outrées, marchent bien, en grande partie grâce au talent des acteurs.
Un collègue, mécontent, me disait qu’il s’agissait, à son avis, d’un contresens, car Tchekhov est tout intériorité, ce qui me semble inexact. Tchekhov est le dramaturge de l’intériorité qui éclate, de l’explosante-fixe, des tréfonds extravertis.
Aussi ce parti pris n’était-il pas, pour moi, choquant, d’autant que la deuxième partie du spectacle se concentrait sur deux pièces plus retenues, plus lentes. Je connaissais bien Sur la grand-route, car j’avais failli jouer un rôle dans cette pièce en 1995 ; le revirement final est un peu poussif, mais il n’était pas mal rendu par des acteurs qui savent trouver le ton juste. Le chant du cygne est une très jolie parabole sur le théâtre et la vie, qui offre à l’acteur le grand privilège de jouer plusieurs scènes classiques du répertoire shakespearien, un bonus s’il en est.
Dans l’ensemble, et même si l’on peut déplorer la longueur du spectacle (quatre heures), la construction en est intéressante, la scénographie plate mais au service du texte, le jeu souvent juste, et les scènes font leur effet sur le spectateur. Il se trouve que je suis en train de lire, toujours dans la traduction de Markowicz (mon compagnon du moment), Images du passé, la trilogie – méconnue en France, me semble-t-il – de Alexandre Soukhovo-Kobyline ; ces pièces sont assez proches de l’esprit des pièces courtes de Techekhov que Gilles Bouillon a choisi de mettre en scène. Je baigne donc dans une Russie pétrie de folie financière, de dérives verbales, d’inquiétudes bureaucratiques.
07:13 Publié dans BoozArtz, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
mercredi, 16 novembre 2005
Exposition Daniel Buren, au château de Tours
Ecrire ou ne pas écrire… L’exposition présentée par Buren au château de Tours est une telle imposture, une fumisterie, que l’on aimerait l’ignorer, tout bonnement – ce d’autant qu’il me faudra justifier mon avis pour ne pas donner l’impression de n’avoir « rien compris » (vous n’avez rien compris : c’est l’argument habituel des avant-gardistes les plus chevronnés et inconditionnels, ceux qui, au nom de Soulages, Fontana ou Pollock, artistes vraiment géniaux, vous feraient avaler les pires couleuvres en vous menaçant d’être d’“affreux réactionnaires” – rien n’est mieux à même de dégoûter de l’art dit « contemporain » que le zèle mis par ses thuriféraires à affirmer que toutes les œuvres ont une valeur).
Toujours est-il que Buren n’a pas réellement enlaidi le château. Son exposition s’appelle « plus petit ou plus grand que », et le seul concept a consisté à transformer l’espace rectangulaire du château en un triangle, au moyen d’échafaudages tout à fait hideux. La figure géométrique du triangle représente, je suppose, les signes > et <.
A l’intérieur du château, le triangle est constitué, sur trois niveaux, par des planchers colorés qui redéfinissent le sol. L’installation se limite à ces planchers de couleur (vert au rez-de-chaussée, orangé au premier étage, rouge au second étage), et – outre son caractère complètement superficiel, qui ne redéfinit rien du tout, et ne permet en rien la « déconstruction de l’espace visuel » vantée par les argumentaires bien-pensant – elle n’est même pas techniquement bien faite : les bordures des planchers peints, qui débordent sur les escaliers, ont été peintes avec force dégoulinures, de toute évidence involontaires, à faire honte au plus inepte des apprentis. Ici, l’art ne produit ni une belle vision, ni le moindre sens ; il ne témoigne pas même d’une quelconque compétence technique.
Au mieux, on pourrait penser que l’installation est propre à scandaliser les badauds, ou à épater les gogos. Mais y a-t-il des gens encore assez incultes pour se laisser épater ou scandaliser par une telle médiocrité ? Peut-être ; ce qui est certain, c’est que l’on peut s’offusquer de la médiatisation d’un si fade imposteur.
17:15 Publié dans BoozArtz, Moments de Tours, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
mardi, 15 novembre 2005
Le singe et le chameau
(Détail d'une tapisserie du château de Langeais.)
***************************
Tout de même, ce singe a l'air d'un homme, mais pas tout à fait non plus. Le chameau me fait penser à cette réplique célèbre du Flying Circus:
"What is it now, you great pillock?"
Les admirables feuillages jurent de miroiter le ciel.
07:55 Publié dans BoozArtz, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 09 novembre 2005
Rue Briçonnet, toujours
18:10 Publié dans BoozArtz, Moments de Tours, Où sont passées les lumières? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 23 octobre 2005
In memoriam Serge Charchoune
Je parlais tout à l'heure de Serge Charchoune, dont on trouve peu d'oeuvres en ligne (mais je me rappelle avoir vu une très belle toile naguère à Oxford). Ce ne fut sans doute pas l'un des peintres d'avant-garde les plus marquants, mais, s'il s'est laissé oublier, comme Breton l'écrivait de Saint-Pol Roux, il reste possible de le ramener à la surface le temps d'une note:
21:05 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Dada
La commémoration actuelle de Dada, dont Yann Kerninon souligne justement le paradoxe, a été, pourtant, l'occasion de rechercher des informations sur Serge Charchoune, peintre dont je ne connaissais que le nom, longtemps associé pour moi à la vision hallucinée, amusée et toujours reprise de L'oeil cacodylate, l'un des "chefs d'oeuvre" de Picabia. (S. Charchoune est celui dont la signature occupe le plus d'espace sur la toile.)
14:33 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 21 octobre 2005
Sainte Ursule
Pour célébrer les vacances de la Toussaint qui commencent pour Marione et Simon, alors que moi, pauvre bagnard, je trace mon sillon, je tiens à montrer certaines représentations remarquables de Sainte Ursule.
Celle-ci provient du Musée de l'Oeuvre à Strasbourg et constitue l'un des deux panneaux conservés d'un retable perdu. La fresque ci-dessous, en revanche, se trouve près de nous, en Touraine, dans l'église de Souvigné:
Enfin, j'ai l'impression ( que je n'ai pu nullement vérifier ni confirmer) que le tableau de Vittore Carpaccio ci-après était une anamorphose. Il faudrait s'en assurer de visu... mais Venise est loin de Tours, hélas.
23:25 Publié dans BoozArtz, Flèche inversée vers les carnétoiles, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
lundi, 17 octobre 2005
Isaak Levitan
Que nagent les nuages
et se penchent, s'épanchant, les peupliers en pluie
Sans que le vert s'arroge
un droit autoritaire
Ô les nuages gris ô les nuages doux ô les nuages
Verts
qui penchent vers l'abîme qui se tournent se fondent Ô vers
quelle infortune avez-vous détourné
La course de mes yeux?
Ton infini voyage
aux îles détournées
se déverse en sanglots de joie et de douceur
********
Inspiré d'une toile superbe d'Isaak Levitan, à voir sur l'écran nuageux du Sablier.
16:40 Publié dans BoozArtz, Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 15 octobre 2005
Soutine à Champigny
Vous pouvez quitter ce carnet pour admirer un tableau peint par Soutine à Champigny-sur-Veude. (Il faut cliquer sur l'image en haut à gauche pour en avoir une vue agrandie.)
21:00 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
jeudi, 13 octobre 2005
Château de Cinq-Mars la Pile
Samedi dernier, nous avons eu l’excellente intuition d’aller visiter le château de Cinq-Mars la Pile, tout près de Tours, sur la rive droite de la Loire. Excellente intuition, car il sera bientôt fermé aux visiteurs, comme beaucoup de « petits » châteaux qui n’ont intérêt à ouvrir qu’entre mai et octobre, mais surtout en raison du temps splendide et presque estival : le château, en effet, se réduit à deux tours étêtées ou “découronnées” (sur ordre de Richelieu, qui avait fait exécuter Henri Ruzé d’Effiat, Marquis de Cinq-Mars, pour haute trahison), mais il y a une très agréable promenade autour des tours, dans les douves herbeuses, puis au-dessus de la terrasse de la Juiverie, et enfin par le bois d’ifs. Nous y avons été accompagnés par le maître des lieux, un chat fort aimable et joueur.
Nous avions été, de prime abord, accueillis par la propriétaire, qui nous a appris que la majorité des visiteurs n’étaient pas de la région, soit que les Tourangeaux ignorassent l’existence même de ce château, soit qu’ils préférassent partir en promenade plus loin et se garder, en quelque sorte, cette excursion voisine pour de plus lointaines journées : c’est tout près, on aura toujours l’occasion de le visiter plus tard… Curieuse mentalité, mais si elle le dit, comment ne pas la croire ?
Du haut de la première tour, on peut observer le panorama. La propriétaire nous avait promis que nous pourrions admirer Villandry, en raison du temps dégagé, mais tout ce que nous avons vu, c’est cette affreuse et immense usine que l’on voit depuis la route qui relie Tours à Saumur. Cette terrasse est toutefois un lieu mémorable et singulier, en raison aussi des nombreux graffiti gravés, parfois fort anciens, et creusés à l’aide d’outils très perfectionnés (burin de marbrier, certainement). Il y a, notamment, une gravure représentant une silhouette assise.
Dans la salle du premier étage sont exposés trois tableaux d’un certain Nicolas Untersteller, notamment une Descente de croix, apparemment des années 1950, très influencée par l’expressionnisme allemand et le nouveau réalisme français d’après-guerre (Hélion, par exemple), mais sur le mode mineur. Comme la propriétaire nous a introduits dans son salon (la demeure occupée par les actuels propriétaires correspond aux anciens communs) et que nous y vîmes chevalet, tableaux, matériel de peinture, nous ne savons si l’artiste est son mari, son père, son beau-père, etc.
Il y a, dans les douves, plusieurs figuiers superbes, aux figues toutefois complètement vertes, ce qui est étonnant.
Après cette visite, nous avons admiré la porte qui ouvre sur la rue de la Juiverie, acheté rillettes et rillons dans la charcuterie locale et pris un verre dans le bistrot complètement désert, et décoré d’affiches dont le thème commun était « le corps féminin fortement dénudé », exposition aussi d’un autre genre.
07:50 Publié dans BoozArtz, Où sont passées les lumières?, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mercredi, 12 octobre 2005
La Pléiade de La Riche & Coco Texèdre aux Bons-Enfants
Sous un soleil toujours magnifique, je me suis rendu, pour la première fois, en ce début d’après-midi radieux, à la Pléiade, la salle de concerts de La Riche, qui est très mal fléchée et devant laquelle, sans être pourtant aveugle ni inattentif, je suis passé deux fois sans la voir : au troisième passage, ayant été renseigné par un piéton, le seul indice fut l’arrêt de bus, qui porte la mention « La Pléiade ».
Revenu à Tours, je me suis arrêté près de la place de Châteauneuf, et j’ai visité, rue des Bons-Enfants, l’exposition Coco Texèdre, dont j’avais annoncé, en fin de semaine dernière, le vernissage. C’est, de fait, une artiste digne d’intérêt. Je n’aime pas tellement les petits formats et les livres accordéons, mais les séries de tableaux de dimensions plus larges sont très convaincantes. J’ai surtout en tête les trois 38 x 58 qui se trouvent sur le pilier de gauche en entrant, les deux 38 x 108 tout à droite près de la fenêtre, la série des huit 26,2 x 75 sur le mur de gauche en allant vers le fond de la salle d’exposition, et enfin, last but not least, les trois remarquables compositions en 26,2 x 75 qui se trouvent sur le mur à droite en face de l’entrée. Je trouve que les plus grands formats offrent à l’artiste un espace plus créatif, une page plus étendue, une plage d’expression qui la contraint à des compositions plus astucieuses, plus complexes, et de cette belle hétérogénéité naît un effet visuel piquant. Ainsi, une seule de ces grandes toiles se subdivise en un cadre empli de calligraphies creusées, une barre de couleur noire, une inscription peinte deux autres cadres plus petits, etc.
Les formats moindres, plus homogènes, donnent une idée plus simpliste du projet esthétique de Coco Texèdre. Le galeriste, très gentil, avec qui j’avais déjà conversé il y a fort longtemps et qui se souvenait très bien de moi (faible fréquentation de la galerie ou excellente mémoire ? les deux, disons), m’a montré le petit catalogue qu’avait édité, lors de son inauguration, la médiathèque de La Riche autour des œuvres de l’artiste.
Il y a aussi une petite commode en bois, avec seize tiroirs cubiques en carton blanc ; chaque tiroir est affecté d’un numéro imprimé à la façon des meubles d’internat de jadis (de naguère ? de maintenant ?) et d’un bouton original (pierres, galets, morceau de bois, etc.). Il s’agit, m’a expliqué le galeriste, d’une variation autour du cabinet de curiosités. De près, pourtant, l’effet du carton blanc n’est pas terrible…
************
En écoute : « Keyornew » (Mathieu Boogaerts. Michel, 2005)
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lundi, 10 octobre 2005
Demande: "The Stray Shuttlecock"
Quelqu'un parmi mes lecteurs connaîtrait-il un moyen de mettre la main sur une reproduction du tableau de Frank Dillon, The Stray Shuttlecock (1878)? Je viens d'en découvrir l'existence, et il pourrait revêtir une certaine importance dans le cadre de mes activités pédagogiques (qui occupent, en dépit des apparences, une part non négligeable de mon temps). Découvert par le hasard du module "Images" de Google, ce tableau n'est disponible, sur la Toile, que dans des proportions minuscules, car il s'agit, à chaque fois, de sites payants.
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Zoffany, David et Goliath
N'est-ce pas une idée curieuse de se représenter en triomphateur de Goliath?
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Blanche Lazzell
Les célébrations à la gomme improbables sont aussi l'occasion de s'instruire, d'ouvrir les yeux, et pourquoi pas, de découvrir l'oeuvre peint de l'Américaine Blanche Lazzell, qui est née il y a cent-vingt sept ans à Maidsville (la ville des demoiselles, ou des vierges (cela ne s'invente pas)) et qui peignit The Violet Jug, fut influencée par Braque dans ses compositions insturmentales (certaines semblant relever aussi du collage?), ou grava, poursuivant sa quête colorée avec des blocs de bois peints, In the Garden par exemple, etc. etc.
08:40 Publié dans BoozArtz, Célébrations improbables | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 07 octobre 2005
Vernissage de l'exposition Coco Texèdre
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Beaux-Arts en deux lieux
Dans le collège de jésuites qu'avaient fréquenté le grand Condé et Bourdaloue himself, fut créée, le 7 octobre 1881, l'Ecole des Beaux-Arts de Bourges, ce qui est l'occasion de saluer les étudiants en arts plastiques qui me lisent par milliers, mais aussi les Berruyers qui sont de proches voisins des Tourangeaux. Coïncidence amusante, c'est ce même jour que fut également fondée l’école nationale des Arts décoratifs de Nice.
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jeudi, 06 octobre 2005
Coco Texèdre aux Bons Enfants
Suite des coïncidences? Je reçois aujourd'hui même de la galerie des Bons Enfants l'annonce suivante:
15:09 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 05 octobre 2005
Coco Texèdre… à suivre…
Je reviens, avec mon fils, de la médiathèque de La Riche, où sont exposées, comme souvent, des œuvres d’artistes locaux, dont il vaut mieux, généralement, se dispenser de parler. (C’est le genre d’œuvres dont nous parlons, avec C., en employant l’expression palette fléchoise en souvenir d’une mémorable exposition de croûtes vue à La Flèche l’été 1994). Toutefois, ce matin, il y avait, le long de l’escalier qui permet d’accéder à l’espace adultes du 1er étage, deux grandes plaques de verre en partie sculptées et recouvertes de peinture rouge ou bleue, et d’inscriptions dans un style voisin d’Alechinsky ou Opalka, toutes proportions gardées. La documentaliste du bureau de prêt m’a dit qu’il s’agissait d’œuvres de Coco Texèdre (?). Je ne suis pas certain de l’orthographe de ce nom, et je vérifierai en cherchant sur la Toile plus d’informations. En tout cas, voilà un nom d’artiste qui ne laisse rien présager de très captivant, et pourtant, l’alliance d’une technique complexe et d’un graphisme subtil m’a tapé dans l’œil.
A consulter: le site de Coco Texèdre.
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Atelier mode d’emploi: Ségolène Garnier et Cécile Cluzan
Mercredi, 11 h 40
Dimanche dernier, en début d’après-midi, dans le cadre d’une manifestation culturelle appelée Atelier mode d’emploi et qui consistait, pour les artistes tourangeaux, à accueillir le public dans leurs ateliers respectifs, nous nous sommes rendu, mes parents, ma compagne, A. et moi, au 32, rue Delpérier, où demeure Ségolène Garnier, qui avait exposé certains de ses mobiles tridimensionnels, et une série fort longue de figures rouges sur supports imprimés retravaillés. C’est, de ses œuvres, cette série que j’ai préférée. J’ai aussi remarqué, sur les rayonnages de sa bibliothèque, qu’elle avait lu Le sujet monotype de Dominique Fourcade, dont j’avais promis de parler mais que j’ai dû rendre, entre-temps, à la Bibliothèque Universitaire (ou S.C.D.).
Auparavant, nous avions été accueillis, dans la courette de l’immeuble, et pendant une battante averse, par l’invitée de Ségolène Garnier, Cécile Cluzan, qui avait édifié une sorte de tente-igloo entièrement constituée de pull-overs et de chandails décousus puis recousus les uns aux autres, dans une sorte de sarabande colorée très insolite. J’ai photographié le reflet, dans la théière, des visiteurs et hôtes assis autour d’un thé fumé sur ce fond multicolore.
Je ne sais si Ségolène Garnier m’autoriserait, elle, à inclure dans ce carnet de toile une ou deux images volées à ses figures rouges ; je vais essayer de retrouver sa trace, afin de lui signaler, au moins, l’existence de cette note.
Après cette incursion dans l’atelier de ces deux jeunes artistes, nous avons profité du soleil revenu pour flâner avant de conduire mes parents à la gare de Saint-Pierre des Corps. Je leur ai montré les bâtisses de style art nouveau de la rue Jules Charpentier ; nous avons visité, dans ces parages-là, un autre atelier dont je préfère éviter de parler.
16:15 Publié dans BoozArtz, Moments de Tours, Où sont passées les lumières?, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 29 septembre 2005
Un jeudi de fin septembre vers huit heures
Ce matin, avec la pluie fine enfin berçant nos visages, il a fallu amener A. à son école avec la voiture, alors que, bien entendu, il tient très fort à la promenade à pied. Hier en fin d’après-midi, vers cinq heures, nous avions fait cette même promenade en vélo, jusqu’au « chantier de l’école », dixit A. J’en ai profité pour prendre quelques images de “mon quartier”, où il n’y a décidément, pas de quoi se rincer l’œil, pas grand-chose à sauver.
Samedi dernier, j’ai reçu une carte extrêmement gentille et même flatteuse de Valérie (VS). Il faut absolument que je retrouve, dans mes fichiers, la photographie que j’ai promis de lui envoyer depuis bientôt trois mois. La carte représente un lieu pittoresque à Chü-Chü, par Wang Mong. Dois-je avouer mon ignorance totale en ce qui concerne cet artiste ? Les divers carmins des arbres, le plissé des rocs, certaines fugitives figures anthropomorphiques dans ces mêmes rocs, tout cela me réjouit profondément, et mériterait d’en voir l’original. Et ces méandres en écailles, est-ce un torrent qui glisse et s’étend de plus en plus vers le bas de l’image ?
Hier, j’ai reçu l’album de Kevin Mark, Rolling the Dice (2004), envoyé gracieusement par François Thiffault et accompagné d’un petit mot signé de Kevin Mark, me remerciant de mes commentaires, ce qui est un comble quand on sait que je n’avais pas été tendre (litote!) avec son groupe il y a une quinzaine. De fait, le disque est nettement plus convaincant que la prestation sur scène au off de Montlouis ; j’en reparlerai en essayant de maintenir un avis aussi peu influencé que possible par la gentillesse du cadeau.
12:00 Publié dans Autres gammes, BoozArtz, Flèche inversée vers les carnétoiles, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 17 septembre 2005
Autosuffisance
Je suis d'une incroyable suffisance!
Je me surprends, depuis deux jours, à attendre la publication, sur le blog de Marione, du portrait imaginaire qu'elle devait faire de moi.
Bon, Marione, je disais ça juste comme ça...
18:15 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
vendredi, 16 septembre 2005
Syntaxe & peinture
Il y a 187 ans, soit onze fois dix-sept années, naissait le peintre Francis Seymour Haden, qui croqua les bords de la Tamise, une église contre une falaise, fut lui-même portraituré par Alphonse Legros, auteur lui-même méconnu d'un assez émouvant Cupidon et Psyché (auquel on peut préférer la plus moderne et colorée version de Basil Rakoczi) ou d'une Communion très influencée par les Préraphaëlites, ce qui nous tire loin du sujet d'origine, la célébration du 16 septembre 1818, quand naquit Francis Seymour Haden.
10:05 Publié dans BoozArtz, Célébrations improbables | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 15 septembre 2005
Jean-Gilles Badaire, suite
09:50 Publié dans BoozArtz, Où sont passées les lumières? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 12 septembre 2005
Il paraît pariétal : hommage aux Chimères domestiques d’Alain Prillard
Une paroi réfléchit vos pugnacités. Ne réfléchit rien. Une paroi, cela ne réfléchit pas.
Où, tout d’un coup, une sarabande s’esquisse. Un défoulement, débandade de petits trolls, folies et férocités.
Celui-ci se crispe, se baisse, se tord – troll comme une sucette fondue. Cet autre se démène, c’est la danse de saint Guy ; cet autre encore me fixe du regard, darde intensément les nuages de mon visage.
Qui croire dans cette diablerie ?
19:25 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 08 septembre 2005
Un diptyque de Badaire
Prise de biais, cette photographie, où l'on aperçoit aussi un fragment de mur, représente l'un des quelques diptyques de l'exposition du château de Tours consacrée au peintre Jean-Gilles Badaire, dont je parlais hier. Le temps de reformater des images plus grandes à partir des fichiers matrices, et vous verrez mieux ces oeuvres...
10:03 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 07 septembre 2005
Jean-Gilles Badaire, le crâne et la glu
[A partir d'une première ébauche, vendredi 2 septembre]
Samedi dernier (27 août), nous avons visité l’exposition rétrospective de Jean-Gilles Badaire, peintre dont je n’avais jamais entendu parler mais qui affirme une œuvre pleine à la fois de constance et de diversité. Je ne sais pas trop si j’ai le droit de mettre en ligne une image, mais je voulais vous donner un aperçu : il me semble que la piètre qualité de mes photos d’amateur ne viole pas la loi sur les droits, et, dans tous les cas, peut susciter le désir, chez mes rares lecteurs, de mieux connaître cet artiste, voire d’acheter certains de ses livres ou des nombreux ceux (dits livres d’artistes, ce phénomène de mode qui participe, chez lui, d’une vraie conviction esthétique et d’un réel dialogue avec les écrivains) auxquels il a participé. Quoi qu’il en soit, c’est de ce désir de partage et cette volonté de faire connaître son œuvre que naîtra, sur l’écran, à partir de demain, une série de reproductions photographiques d'oeuvres. Si M. Badaire vient à passer par ici, et qu’il souhaite le retrait des images, je m’exécuterai aussitôt, bien évidemment.
Ce préambule procédurier passé, voici le vif. L’exposition présentait, dans l’ensemble des salles du premier et du deuxième étages du château de Tours (soit une dizaine de grandes pièces (non, vraiment il faut que vous visitiez ce lieu superbe!)), des œuvres représentatives des différentes séries picturales ou phases de l’œuvre, sans compter, bien entendu, maintes vitrines où étaient exposées des livres d’artistes.
La salle que C. a préférée est celle où sont présentées les « pages de carnet », qui comptent certes d’indéniables réussites, mais auxquelles je préfère les grandes toiles achevées, surtout celles que travaille le motif de l’ossature, du squelette, du crâne. Grands et lumineux lambeaux, vertigineux vestiges qui disent la cruauté du corps, ces peintures s’attaquent à un aspect passablement rebattu et connu de l’art contemporain, mais avec une fraîcheur qui m’a donné une sensation de véritable nouveauté. Voir une image de squelette avec le sentiment d’une expérience entièrement nouvelle, ce n’est pas évident.
Par exemple, la toile carrée Pot, piment et tête de mort est d’une fort belle facture, composition très juste, très resserrée, le crâne exorbité semblant se fondre dans le vase comme en un effroyable sablier noir sur la gauche et d’un blanc tavelé sur la droite. Le fond, ocre et gris, souligne le passage du temps, avec cette inimitable ligne noire diffractée qui parcourt ce fond de gauche à droite, se divisant en deux à droite du crâne et constituant une ébauche de récit.
Des portraits de femmes, je retiendrai la sublime Fille qui se branle, beaucoup plus proche de Klimt ou Soulages, en un sens, que de Schiele (peintre que je n’aime pas) — ou aussi cette énigmatique Louttre, mystérieuse par son titre, bien sûr, avec ce redoublement du t, mais aussi par sa posture, son visage dérobé, obscur, ténébreux et d’où sourd pourtant une force presque joyeuse.
Un pan entier de cette exposition est consacrée à ce que je suis tenté de nommer la période africaine de Badaire, où, sans sombrer dans l’exotisme, ou la référence convenue à certains mythes de l’esthétique occidentale (masques, scènes rurales), Badaire réinvente l’ocre, le gris, la matité des peaux, des contours, des cieux. Bien entendu, cela me parle, comme on dit si vilainement, et je signale aussi que la collaboration continue et plurielle du peintre avec l’écrivain Joël Vernet est liée à ce désir d’Afrique.
Il a aussi signé, chez Fata Morgana, une édition illustrée du texte célèbre de Marcel Griaule, Greniers dogons.
Autant dire que c’était une belle exposition, et que je vous conseille de guetter de prochaines apparitions de cet artiste.
18:12 Publié dans Affres extatiques, BoozArtz, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 02 septembre 2005
L'instar
De vertes plaines arborées, où un chemin se décolore. Une nuée de rides, aux mondes effarés. Une brise lactée, dont l'odeur m'environne. Une boule de feu, qui nous emportera.
16:55 Publié dans BoozArtz, Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
D’un portrait de M.L. par André Masson
Est-ce une torche
Ou un verre renversé
Que vous tenez à la main
Droite, comme la main gauche
Vous dissimule la tronche ?
Ce crayonnageAussi compose volutes
Echappées peut-être d’un
Cendrier fuligineux
Suie de votre personnage.
11:10 Publié dans BoozArtz, Ecrit(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
lundi, 29 août 2005
Discours agile
– Moi, ça m’est égal qu’on soit ou ne soit pas curieux
– Si indifférente ?
– Je hais tous les indifférents, à part un seul, celui de Watteau. Non, mais lorsque quelqu’un me plaît, il devient un mystère si insondable et si passionnant que tout ce qu’il peut m’expliquer sur son caractère me paraît absurde.
(Lise Deharme. Eve la blonde, p.105)
20:20 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
samedi, 27 août 2005
Tatamkhulu Afrika
J'ai dilapidé - dans la fièvre des pierres, la rêverie des terres - une bonne partie de ma soirée à me replonger dans l'oeuvre poétique de Tatamkhulu Afrika. Il y avait quelque temps que je n'avais pas ouvert ces cinq recueils ou plaquettes que S°°° m'avait envoyés il y a trois ans et demi. J'avais découvert là, par-delà mon admiration pour le prosateur hors pair, l'un des plus grands poètes de langue anglaise de ce siècle.
J'ai pour tâche, l'ayant promis à la suite d'une discussion sur le Forum de la SLRC, de retrouver un poème qui célèbre l'amour des garçons, et je penche en faveur de "War Mate", qui se trouve dans le recueil Turning points.
...
Sinon, la journée a été paisible dans les involutions du corps, mais mouvementée pour l'esprit. Plusieurs notes écrites à la main et pas encore recopiées, car il faut bien que C. prépare son cours de rentrée sur Les Châtiments, tout de même. De surcroît, pour répondre à une question posée dans un commentaire, je ne peux toujours pas accéder à mon compte de courrier électronique. Ce soir, le réparateur m'apprend que la panne de mon ordinateur portable concerne l'écran et la "nappe" (?), qu'il y en a généralement pour "dans les trois mille balles" (j'aurais dit "400 à 500 euros", mais bon...). On se dirige droit vers un nouvel achat...
...
Nous avons aussi visité l'exposition Jean-Gilles Badaire au Château de Tours (j'en reparlerai demain, pour son dernier jour (foncez!)).
...
Pour s'y retrouver dans les personnages de ce carnétoile
S°°° est une jeune femme qui a soutenu il y a deux ans une thèse fort brillante sur Breyten Breytenbach, et avec qui j'ai longtemps été en correspondance suivie avant de la perdre de vue ces derniers temps.
22:02 Publié dans BoozArtz, Lect(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 21 août 2005
Chaudron de Chardin
Ce chaudron vivace qui ne
Pourrait en rien être miroir
A ce visage, je m'efface,
A la lame du couteau noir
Donnant ce sein fuligineux
Et poivrier du temps qui passe.
05:55 Publié dans BoozArtz, Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
samedi, 20 août 2005
On enleva Wlérick des nouveaux dictionnaires…
Le sculpteur Robert Wlérick, dont je voulais vérifier les dates de naissance et de mort (car mon beau-père m’apprenait qu’il avait réalisé une série de dessins (exposée en ce moment à Mont-de-Marsan) pour l’édition originale des Fleurs du mal, et j’aurais pensé qu’il était très jeune en 1857)), ne figure ni dans le Petit Larousse 2000, ni (et c’est plus surprenant) dans le Robert des noms propres en cinq volumes…! Là, à la page 3356, entre Lars Wivallious et Wloclawek, une horrible béance!
20:55 Publié dans BoozArtz, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La collection Simonow à Flaran
L’abbaye de Flaran s’enorgueillit, pour sept ans je crois, d’un partenariat avec le collectionneur privé Michael Simonow, dont la collection est exposée par petites touches, selon un principe tournant: chaque année, une partie de la collection s’offre au public. Ce sont environ trente-cinq œuvres que nous vîmes, ce 15 août, à Flaran, outre l’abbaye elle-même et ses bâtiments conventuels, dont je n’avais gardé, je dois l’avouer, qu’un souvenir ténu ou flou depuis ma dernière visite, vers 1994 (mais elle est très belle).
Le plus curieux, c’est que ce collectionneur ne semble pas avoir de parti pris évident, et qu’il fonctionne au coup de cœur, sans réelle cohérence, si ce n’est un intérêt évident pour les portraits et pour le tournant du siècle dernier. Le plus gênant, de mon point de vue, c’est que ses coups de cœur n’entrent que très partiellement en résonance avec mes goûts, et que je n’ai que faire des deux croûtes de Léon-Auguste Lhermitte, par exemple, qui sont ici exhibées. Toutefois, la deuxième salle présente plus d’intérêt, avec, notamment, un Pas de deux ailé de Rodin, époustouflant de grâce. Une Jeune fille de Piazzetta et une nature morte de Suzanne Valadon ont aussi retenu mon attention.
Dans son que nous avions le sentiment d’avoir déjà vu (mais où?), Renoir trace ce mélange de joie et d’inquiétude qui est aussi le propre des scènes maritimes ou florales du sujet. Renoir, d’ailleurs, ne s’est jamais aussi peu regarder peindre que dans ce portrait d’un confrère (puis-je risquer ce mot?).
Nous avons acheté la «jaquette», qui recèle dix reproductions grand format d’œuvres exposées, et plusieurs feuilles photocopiées de format A4, ce qui ne donne pas une très haute opinion de l’investissement du Conseil Général et des instances culturelles dans cette exposition, dont il est fait, par ailleurs, un battage assez impressionnant (jusque sur les murs de Bordeaux, où l’affiche partout s’étale*). Parmi les dix glaçages de la jaquette, la marine de Monet est donnée dans des teintes nettement plus vertes que l’original, à moins que ce ne soit l’éclairage extrêmement sombre qui soit responsable de ce hiatus. Rentré chez soi, n’ayant plus le tableau devant les yeux, on se perd en conjectures.
* La fréquentation assidue du Fou d’Elsa me ferait-elle passer, à mon insu, des alexandrins cachés au vers de seize syllabes?
17:55 Publié dans BoozArtz, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Etamination
S'attirer des trolls, ce n'est pas très agréable. Les refiler aux autres, comme de vils morbacs, c'est moins terrible encore. D'autant que Traube n'a pas compris que, justement, je défendais profondément l'art contemporain, que j'aime, non sans discernement, c'est-à-dire: non sans trouver quelconques ou fades beaucoup d'oeuvres contemporaines.
Je me demande ce qui m'ennuie le plus chez Traube: 1) de ne rien comprendre à ce qu'il écrit, parce que ce n'est pas du français 2) de constater qu'il ne comprend rien à la plupart des notes qu'il commente, aussi chez les autres 3) qu'il pollue la Toile 4) qu'il soit assez bon artiste (parce que le pire, c'est qu'il n'est pas du tout inintéressant, comme artiste, et j'avais même un a priori favorable à son endroit)...
17:01 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Visite de Plieux le jour de l'Assomption
(18 août, cinq heures de l’après-midi)
Quinze août, trois heures. La voiture s’approchait de Plieux, par le même chemin emprunté cinq ans auparavant, et le conducteur s’étonna du carrefour qui indiquait que le chemin de droite conduisait à Plieux (1,8 km) et que celui de gauche était recommandé pour le château (avec le sigle des Monuments historiques). Pourtant, si la visite de 2000 avait capoté car le site était fermé, une chose était sûre: le château était au cœur du village. Y avait-il là un désir particulier que les visiteurs arrivassent d’un côté plutôt que de l’autre, avec telle vue plutôt que telle autre? D’emblée, nous voici dans l’énigme.
Une fois la voiture garée sur la placette qui se trouve au bas du château, le conducteur, qui avait vu le grand portail en contrebas, s’imagina que c’était là la seule entrée, au lieu de se rendre directement au petit portillon situé tout près de la placette. (Dans tous les cas, cela doit ajouter trente mètres à l’itinéraire, et, si je fais remarquer cette autre bévue, c’est qu’elle semble montrer un goût poussé du maître des lieux, Renaud Camus, pour les ambages et bifurcations: pourquoi ce lieu aux choix cachés?)
Sonnons à la cloche! La cloche tinte! Un bruit de pas dans l’escalier. Un jeune homme finement barbu et moustachu vient nous ouvrir: ce doit être Pierre, le compagnon de Renaud Camus. Il nous demande gentiment de patienter en attendant la fin de la précédente visite (des Britanniques) et nous ouvre les deux salles jouxtant la tour, où se trouvent exposées plusieurs œuvres de Marcheschi: de quoi bellement patienter, indeed! Ces murs austères, cette pierre rugueuse et suave se prête merveilleusement aux grandes brûlures, aux jeux ignés et fuligineux du peintre. Longue admiration et déambulation.
Ensuite, notre guide revient, la visite commence, vite interrompue par un couple qui souhaite visiter mais a oublié l’argent dans la voiture. Pendant que le monsieur retourne à la voiture, nous discutons avec notre guide, qui nous explique le sens de la démarche et les techniques de Marcheschi. Trop timide jusque là pour avancer un pion, je lui fais comprendre que je connais l’artiste et la collection de réputation, mais que c’en est la première vision. “Ah, vous êtes des lecteurs du Journal, peut-être?” “Oh, du Journal et des autres pans de l’œuvre…” répondis-je.
Comme Monsieur Pierre (c’est une citation) comprend que je suis membre de la SLRC, il s’avoue confus de nous avoir fait payer. Je ne suis pas à jour de cotisation, mais la vraie raison en est que, parfois, on veut payer. (Je ne suis pas, contrairement à ma mère ou ma sœur, du genre à réclamer ma réduction enseignants à 5% dans les librairies, par exemple.)
Le monsieur revient enfin de son expédition en quête de sous, et la visite peut commencer. Je n’en dirai pas grand chose, car je crois qu’il faut visiter Plieux, non pour l’amour de l’œuvre de Renaud Camus, mais pour la singularité du lieu, qui ne ressemble véritablement à aucun autre château habité par des particuliers et ouvert à la visite que je connaisse. La «décoration» (thanked be Jean-Paul Marcheschi) y est pour beaucoup, bien sûr, et le goût du maître des lieux en matière d’ameublement et d’espaces épurés. Mais la vastitude des pièces et leur faible nombre tracent un trajet sans pareil.
Si l’on connaît l’œuvre du propriétaire, l’attente est sans doute importante, car de nombreuses pages ont servi à dessiner les contours de ce château, à faire deviner tel détail de telle pièce. La contemplation de la bibliothèque, par exemple, prend un sens différent selon que l’on est familier de l’œuvre ou non. Dans mon cas, la surprise est venue de l’escalier et de l’enchaînement des pièces, dont je n’étais jamais parvenu à me faire une idée exacte. Comme mes livres sont à Tours, je n’ai pu vérifier non plus où se trouvaient les pièces de commodité (salle de bains, cuisine), qui, naturellement, ne se visitent pas, et dont je ne parviens pas à comprendre où elles se trouvent. (Bon, j’ai une quasi-certitude, mais, plutôt que d’écrire des âneries, je préfère, pour une fois, passer pudiquement!)
Les Morsures de l’aube et Nuits sont certainement le fleuron des deux étages, mais une autre surprise est venue, pour moi, de nombreuses statuettes ou objets “primitifs”, que je pense africains (mais d’où exactement?), dont un cimier remarquable admiré dans la bibliothèque (et qui a détourné longtemps (longtemps, c’est-à-dire, à l’échelle d’une visite d’une heure au plus (hélas), deux minutes) mon attention des tranches). Héritage d’une “autre vie”, ou goût persistant de Renaud Camus pour l’art africain, dont je n’ai pas gardé le souvenir ou qui s’exprime dans des textes que je n’ai pas lus (ou qui constituerait le vrai jardin secret de l’écrivain…)?
Nous avons dû, évidemment, quitter les lieux à l’issue des quarante minutes de visite, non sans avoir posé plusieurs questions sur tel point d’histoire ou d’architecture (et notre guide fut, comme on pouvait s’y attendre, incollable). Sur le chemin du retour, une énigme n’a pas été résolue: quel pouvait être le Pléiade absent de son boîtier, entre Kafka et Mallarmé? (à vos méninges)
Une autre énigme, de mon point de vue, c’est la présence, sur les rayonnages, de toutes les pièces de Jean-Luc Lagarce, dont je ne connais qu’un seul opus, vu à Beauvais, et dont j’avais conclu qu’il s’agissait d’un dramaturge ultra-mineur, sans inventivité. La pièce que nous avions vue (en 1999) s’intitulait Derniers remords avant l’oubli, était sans intérêt tant pour son texte que pour la mise en scène, et a été montée plusieurs fois depuis, dont l’an dernier à Tours (à moins que ce ne soit une autre du même, j’ai un doute subit).
Cette fois-ci, nous ne nous sommes pas cassé le nez à Plieux. Sur le chemin de retour, nous étions encore sous le charme des prouesses brûlantes de Marcheschi et de cette rencontre curieuse, en léger porte-à-faux, entre une œuvre lue et sa matérialisation partielle.
15:20 Publié dans BoozArtz, Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
dimanche, 31 juillet 2005
Cornue
Où l'on s'interroge sur les tags.
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dimanche, 24 juillet 2005
Antoine d’Abbadie
Je ne connais pas grand chose, honte à moi, de la carrière de ce scientifique souvent “récupéré” par les autorités aquitaines, et je crains même de confondre plusieurs Abbadie: je ne suis pas certain, par exemple, que celui-ci ait un quelconque rapport avec le château du même nom à Hendaye.
Le Dictionnaire universel des noms propres de Paul Robert (1974, 2ème éd. 1983) n’est guère disert: il nous apprend qu’Antoine Thompson d’Abbadie naquit à Dublin en 1810, mourut à Paris en 1897, fut un savant et voyageur français qui, après une mission au Brésil en 1837, passa dix ans à explorer l’Ethiopie (1838-1848); il fut élu à l’Académie des sciences en 1867.
Feuilletant le premier volume du dictionnaire, et notamment le tout début, je découvre, illustrant la liste des académiciens classée par fauteuils et par ordre chronologique, un autoportrait tout à fait saisissant d’Anatole France par Van Dongen. Hélas, la légende indique que France a été élu à l’Académie en 1896, mais ce n’est pas une date plausible pour le portrait. Je m’enfonce donc dans le cinquième et dernier volume, où j’ai la confirmation que, né en 1877, Van Dongen a dû peindre le portrait en question après 1913. Van Dongen n’ayant jamais été, à proprement parler, ma tasse de thé, rien d’étonnant à ce que j’apprenne, là encore, maintes et maintes choses.
Sur la même colonne, se trouve la notice relative à Karel van de Woestijne l’un des rares poètes flamands dont je connaisse assez bien l’œuvre, et l’apprécie. Le dictionnaire est l’école de la contiguïté, et le signe de l’inexhaustibilité de la connaissance.
Cela ne m’avance pas tellement, concernant D’Abbadie. D’où vient, aussi, cet Arrast, en son nom, que donne Laborde-Balen et qu’ignore le dictionnaire, au profit du patronyme à consonances anglaises Thompson ? Il est né à Dublin… Some surfing is in on the agenda…
.........
Si, c'est le même!
Plus d'informations ici, en ce lieu, en cette autre page, ou là encore... à moins que plus ne vous agréent ces biographies des deux frères ou ces ouvrages.
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mardi, 19 juillet 2005
Alain Lestié : Séquence en noirs
Je n’ai pas vu l’exposition d’Alain Lestié, Séquence en noirs, mais je feuillette ce matin le catalogue (Mollat, 2005), qui ne permet guère de s’en donner une idée précise. Ce sont tous des dessins crayonnés sur papier.
Beaucoup de motifs sont empruntés à Magritte (la porte en bois, la fenêtre avec personnage de dos), mais dans une série entièrement en noirs et gris, avec des allusions aux portulans, une passion pour les spirales. «Hiver», avec son panneau central représentant une sombre forêt d’arbres dépenaillés et majestueux, doit faire un très bel effet. «Alphabet» semble jouer sur une logique de la décomposition assez conventionnelle. «Lever du jour dernier…» est, comme bien d’autres dessins, un triptyque, dont le très large panneau central représente une route en ligne droite, avec des bas-côtés réduits à la plus simple expression ; le panneau gauche représente une montre (une boussole ?), tout en bas, sur un fond noir percé d’un halo gris clair ; sur le panneau droit, de même fond, figure une feuille où est crayonné un portrait en fils.
Le rôle des inscriptions ne saute pas aux yeux, ni à l’intellect : formules savantes pour inviter le spectateur à marquer son adhésion à un projet conceptuel ? dépassement de ce rôle de pure référence pour s’échapper vers la pure jouissance du signe ? autre chose encore ? Difficile de trancher.
Ce qui est tout à fait consternant, comme souvent dans un catalogue d’art contemporain et plus encore quand l’on n’a pas vu, au moins, les œuvres exposées, ce sont les textes. La préface, signée d’une certaine Françoise Garcia, affiche une belle cuistrerie en citant Mallarmé de manière à transformer un alexandrin en vers de treize syllabes, supprimant la rime into the bargain. Aussi, rappelons-le, le distique qui ouvre le premier tercet du sonnet «Mes bouquins refermés sur le nom de Paphos» est comme suit :
Ma faim qui d’aucuns fruits ici ne se régale
Trouve en leur docte manque une saveur égale.
Il y a deux autres articles, l’un de Jean-Didier Vincent, qui n’a pas l’air inintéressant, et l’autre d’un certain Patrick Lacoste, qui semble se gargariser de Lacan, et se repaître d’un certain nombre de poncifs sémiotiques (l’indice) ou cognitifs (la translation) pour “happy few” du milieu artistico-philosophique.
On préfère vitement en revenir aux reproductions des dessins, de belle qualité, et où il y a, à tout le moins, matière à mirer, et à s’interroger, à réfléchir, par-delà les écueils de la doxa lacostienne.
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dimanche, 10 juillet 2005
Exposition Chine de Yann Layma (Boulevard Heurteloup)
Avant-hier, nous avons pris le temps, avec Irène et Arbor (anciennement D-el, voir explication ci-avant), de flâner le long du boulevard Heurteloup, avec A., en pleine forme, qui courait en tous sens. Il s’y tient, entre la place Jean-Jaurès et la gare, une exposition de 108 photographies très grand format d’un certain Yann Layma, consacrées à la Chine et prises au fil d’une vingtaine d’années. Il est possible de se faire une petite idée du travail du photographe en consultant son site officiel.
Plusieurs de ces images sont très belles, mais l’ensemble ne m’a pas emballé. Je crains que la raison n’en soit que, si judicieuse soit l’idée de ne pas attendre que le public aille à l’art et, par conséquent, de le lui jeter en pleine face, dans un des lieux les plus passants de Tours, la densité du trafic et de la pollution tant sonore qu’olfactive sur ce paseo tourangeau n’empêche d’apprécier pleinement une exposition qui requiert ou doit instiller, par ailleurs, une grande sérénité. Quel paradoxe de devoir contempler ces grands aplats de couleur, ces vues sobres souvent, ces portraits empreints de plénitude, entre deux allées de poids lourds et de voitures, que les arbres maigrelets ne suffisent pas à abstraire, et même auprès de piétons empressés, affairés, indifférents aux quadrilatères chinois, comme si ces photographies n’étaient pas là, ou parce que ces personnes ont, naturellement, mieux à faire, ou, qui sait, parce qu’elles se sont déjà attardées à regarder les photographies (mais mon naturel pessimiste m’incite à douter de cette dernière hypothèse).
J’aimerais recevoir l’avis sincère des Tourangeaux ou autres hôtes de ces parages, de passage, qui ont vu cette exposition, ou d’autres avant elle sur le boulevard Heurteloup, et savoir si ce lieu se prête réellement à de tels événements, si c’est moi qui ai la berlue, qui suis un grognon impénitent ou un prince au petit pois incapable de se concentrer dans la jungle des villes.
En écoute : « 70073 ½ » (album Le Cercle de Camel Zekri, 2004)
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mercredi, 22 juin 2005
Château de Tours, Bonnefoy et Marione
Il m'arrive, ces temps-ci, quelque chose de curieux, lorsque j'essaie de poster un commentaire sur d'autres blogs que le mien: ça marche mal, ou plutôt: ça ne marche pas toujours bien. Le curseur se déplace dans la fenêtre, mais n'y inscrit rien. De plus, je ne peux sortir de la fenête d'identification pour passer dans les autres (adresse électronique, texte du commentaire).
Perchécet oiseux préambule? Parce que je m'apprête à copier-coller ci-dessous un commentaire assez long, relatif à l'exposition Bonnefoy qui se tient au Château de Tours jusqu'au début du mois de juillet. Il s'agit d'une réponse à Marione, laquelle répondait, sur le blog Oranginal, à une mienne recommandation. Je vous recommande d'aller y faire un tour afin de voir de quoi il retourne.
Voici maintenant le texte de mon commentaire:
Chère Marione (je ne sais jamais si le "e" est une coquetterie, un effet de surnom, ou votre "vrai" prénom, bref...),
ne vous défendez pas de vos goûts, qui sont marqués et que vous justifiez fort bien. Nous retombons sans doute, là, sur la vieille problématique des "goûts et des couleurs". Le plus amusant, dans votre réaction, c'est qu'elle se trouve assez à contre-courant, car beaucoup de personnes trouveraient ou trouvent la poésie de Bonnefoy infiniment plus "barbante" ou, à tout le moins, plus difficilement accessible que les oeuvres représentées dans l'exposition. (D'ailleurs, je serais très curieux de savoir ce que vous avez lu de Bonnefoy qui vous incite à qualifier sa poésie de "farfelue". Je ne suis pas sûr non plus que les quelques heures qui seront consacrées en Terminale à son récent recueil soient suffisantes ou interminables.)
Juste une petite mise au point: cette exposition présente des oeuvres d'artistes avec lesquels Bonnefoy a travaillé ou travaille depuis de nombreuses années. Ce que j'aimerais savoir, c'est ce que vous avez trouvé ennuyeux: les éditions de livres d'artistes, les panneaux avec des traductions de la poésie d'Yves Bonnefoy, les oeuvres plastiques en général, ou surtout celles de X ou Y? Dans une exposition aussi hétéroclite, j'ai du mal à imaginer que vous ayez tout trouvé ennuyeux, sans hiérarchie.
Je reviens deux secondes aux "goûts et couleurs": l'art contemporain et/ou abstrait ne plaît pas à tout le monde. Normal. Parmi les amateurs d'art contemporain, au rang desquels je me compte, la plupart n'apprécient qu'une infime partie de ce qui s'expose. Normal encore. Si j'entrais dans le détail, j'aurais de sérieuses réserves à émettre sur certains des artistes exposés au Château; je pourrais aussi élaborer les raisons qui me poussent à préférer tel ou tel autre. L'intention qui était la mienne en rédigeant le commentaire ci-dessus était surtout de rappeler aux Tourangeaux, et aux autres, que le Château est un très beau lieu d'exposition, gratuit, ouvert à tous, ouvert à la curiosité intellectuelle et esthétique, ouvert aussi aux critiques, voire au désaccord, à la vindicte. D'un certain point de vue, vous n'étiez presque pas la destinataire de mon commentaire, puisque vous connaissez déjà le lieu et connaissiez déjà l'exposition. Je vous remercie de votre réaction, qui m'a permis de préciser ma position.
Ah si, une dernière chose, et je cesse mon bavardage: votre remarque sur l'adolescence relève d'un réflexe d'auto-défense sans doute compréhensible mais superflu me concernant. Enseignant à l'université, je connais beaucoup d'adolescents (car, fort heureusement et contrairement à ce qu'une certaine doxa sociologique voudrait nous faire accroire, on reste adolescent au-delà de dix-huit ans!) et les apprécie, en général. Votre analyse témoigne d'un plus grand intérêt, a priori, pour l'art que l'on n'en trouverait chez pas mal de "vieux" (au rang desquels vous me comptez, ce que j'admets).
Conclusion pour les autres lecteurs de ce trop long commentaire: tentez quand même l'aventure de l'exposition au Château de Tours. Pour les amateurs d'art moins contemporain, celle du Musée est également remarquable.
17:55 Publié dans BoozArtz, Flèche inversée vers les carnétoiles, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 12 juin 2005
Picart Le Doux
Hier soir, après le dîner, je suis allé me promener, dans le quartier, avec ma mère. Nous sommes passés près de la rue Picart Le Doux, toute proche mais où nous n'avons plus jamais l'occasion de nous attarder. En août 2003, j'avais découvert, à cette occasion, les oeuvres de cet artiste, inconnu de moi jusqu'à ce jour.
Certes, ce n'est pas un artiste de premier ordre, mais il ne manque pas d'intérêt, pour ce couple en Arles, aussi, ou, plus étonnant, pour son portrait de Jean-Pierre Brisset.
il me semble toutefois qu'il serait plus évident de louer l'art de son frère (est-ce bien son frère?), Jean Picart Le Doux, longitudinal ou universel marin...
09:10 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Humument IV
A défaut de faire réagir les internautes sur mes petites proses, pour l'instant bien maigres et triviales, il est vrai, j'ouvre un débat sur les magnifiques pages de A Humument.
A vos plumes!
(Ou, comme disent les adolescents sur SKYBLOG, "lâchez vos comms"!)
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